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« Le Camp Nou est devenu un resto à touristes »

Allez voir un match au Camp Nou, qui vous écrase de sa splendeur et de son patrimoine. L'expérience reste un must have du vrai footeux. Même la génération YouTube s'est vu expliquer mille fois à quel point ce stade et surtout son club restaient à part. Toutefois, derrière la magie et l'histoire désormais se cachent aussi le petit train touristique du ballon rond et les places achetées sur internet depuis le Japon.

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À quelques jours du match, le site du FCB n'affichaient plus que quelques places disponibles, à 80 euros, derrière les buts, plutôt en hauteur, à se fier au plan tout du moins. Supporter de l'Espanyol, le chauffeur de taxi depuis l'aéroport se veut pragmatique : « C'est plus simple de venir nous voir, on a moins de supporters dans le monde... Essayez peut-être autour du stade, mais c'est risqué. Sinon parfois, certains abonnés qui partent en vacances essaient de revendre leurs places. De toute façon, en début de saison, le Camp Nou, c'est un peu comme le bar à tapas du quartier gothique. En fait, le Camp Nou est devenu un resto à touristes. » La tendance ne s'avère pas franchement une surprise. Alors que le Britannique sue sang et eau pour payer son abonnement, souvent en coloc, les Asiatiques s'offrent des circuits avec matchs inclus au plus près du kop et le texte de You'll never walk alone sur appli.


La bascule touristique est d'autant plus prégnante en été quand les débuts de saison permettent de joindre l'utile à l'agréable : remplir les gradins et faire plaisir à un public qui s'est internationalisé. Sans oublier le quidam seulement de passage, et qui sait dorénavant, sans avoir besoin de lire Lonely Planet, qu'il faut au moins visiter la cathédrale catalane du FCB et si possible assister à une rencontre officielle, bref le post incontournable sur Instagram.

« On veut Mbappé »

Même si ce fut en 2017 une finale surprenante de la Copa del Rey, la rencontre entre le Barça et les Basques du Deportivo Alavés (3-0) ne constitue par ailleurs pas franchement une grosse affiche de la Liga. En tout cas pas suffisante pour raccourcir ses congés ou peut-être s'imposer la présence trop voyante des ultras Airbnb. Sur la ligne 3 du métro, les maillots siglés Messi jactent donc toutes les langues, avec une petite dominante anglaise et peaux blanches rosifiées. Les fidèles des fidèles sont pourtant toujours là. Deux familles avec enfants affichant du Suárez et du Vidal sont plantées au milieu des envahisseurs, malgré l'heure tardive – la rencontre se déroule à 22h15. D'une amabilité d'un autre temps, ils acceptent sans sourciller le rôle de guides improvisés qui regardent les billets et indiquent à laquelle des trois stations il est préférable de descendre. Le fiston explique qu'il est venu voir Lionel. Dans un français hésitant, une des mamans rétorque presque un sacrilège : « Il n'est plus aussi génial. » « Vous êtes de Paris, vous avez Neymar maintenant. » « Reprenez-le ! » « Non c'est bon, on veut Mbappé. » Le mercato continue.

Dans la foule clairsemée qui se rend dans le calme vers l'enceinte qui se devine à peine, les « firmes » d'un soir s'interpellent selon la langue. Après avoir développé une théorie du complot sur la victoire du PSG en Ligue 1 la saison dernière, Christophe, Toulousain qui supporte Marseille, avoue qu'il commence à être un habitué des lieux : « Je suis déjà venu trois fois au Nou Camp. C'est un peu le passage obligé des vacances, j'ai même pu voir la finale entre Real et Barça, où Ronaldo a retiré son maillot. Après y a le Vélodrome, c'est autre chose... »



Devant le stade, des fans chinois se pressent à tour de rôle en levant le pouce pour prendre des selfies devant les statues de László Kubala, à deux pas des brasseries. Le genre de scènes qu'on ne voit pas au Parc des Princes. On comprend mieux l'enjeu de disputer un Trophée des champions dans l'empire du milieu... Dans les tribunes, le public international se révèle d'une politesse à toute épreuve, s'installant à sa place précise, bien que les travées affichent un grand nombre de sièges vides.

Marseillaise pour Dembélé

Dès le coup de sifflet, le Barça fait bien les choses, même un petit bataillon d'ultras garantit l'authenticité du spectacle. Les chants résonnent. L’hymne du club s'entonne. Les stars sont bien présentes dans la compo aussi – qualité garantie –, dont les deux champions du monde tricolores, Samuel Umititi et Ousmane Dembélé, qui a droit à son nom décliné sur l'air de la Marseillaise. Seul bémol, à distiller leur éternel tiki taka comme un copyright, les Catalans en oublient de marquer devant leurs clients. On assiste surtout au festival du gardien d'Alavés, Fernando Pacheco, un ancien du Real Madrid. Pacheco fera moins le beau à la 64e minute, quand Messi ouvrira le score sur coup franc. « Le 6000e but des Blaugrana en championnat national » , clame au passage l'écran gênant (génération data). L'Argentin clôturera même le score à la 92e minute, après avoir vu Philippe Coutinho faire le break. Cela ressemble à un sans-faute au niveau du service, on en viendrait presque à chercher le panier garni sous le siège et où laisser le pourboire.

Il est temps de rentrer. Les Anglais hèlent les taxis. Les Allemands prennent le bus. Les Français marchent. Sur le chemin, on croise une fête anarchiste contre la police avec sound system et bière équitable. La nuit se fait douce. Les maillots du Barça se font plus rares. Un jeune homme bien coiffé et bronzé porte toutefois fièrement un T-shirt du club. Ah non, il s'agit de celui de l'AS Roma...

Par Nicolas Kssis-Martov, à Barcelone
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