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Le Bayern, la force de l'habitude

Sous les feux des projecteurs l'été dernier après un triplé et l'arrivée de Pep Guardiola, le club munichois effectue cette année sa préparation sans faire de bruit. Mais c'est bien connu, il faut se méfier du Pep qui dort.

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Lorsque le Bayern a annoncé la signature en janvier 2013 de Pep Guardiola pour la saison suivante, la Bavière est devenue soudainement la nouvelle place forte des observateurs de tout bord. Et les interrogations ont fleuri : « Va-t-il implanter le tiki-taka ? Combien d'Espagnols va-t-il ramener ? Peut-il gagner en dehors du Barça ? Le Bayern peut-il s'adapter ? Sera-t-il toujours aussi fort ? Qui va faire les frais de l'arrivée du Catalan ? » et ainsi de suite. Surtout que la signature de Götze dès fin avril et le triplé réalisé par les hommes de Jupp Heynckes rendaient l'attente d'autant plus difficile. Voire insoutenable lorsque Pep a ramené son petit protégé Thiago Alcántara et a commencé à l'aligner en 6 d'un 4-1-4-1 flambant neuf. Et puis finalement, on a eu des réponses. Mario Gómez et Luiz Gustavo, déjà en manque de temps de jeu et vraisemblablement pas assez fins techniquement, ont pris la sortie. Thiago et Götze, deux milieux centraux d'1m70, étaient les recrues phares du mercato. La possession est devenue dogmatique et la passe systématique, au grand dam des amateurs de Bundesfrappes. Müller est devenu un faux 9 par intermittence, tout comme Götze, et Lahm, le « joueur le plus intelligent  » qu'ait jamais vu le Philosophe, un milieu défensif. Surtout, à l'exception de la DFL-Supercup fin juillet contre le BVB, le Bayern a continué de gagner. Encore plus qu'avant. En marquant plus et en encaissant moins. À tel point que le Bayern est rapidement devenu un très clair prétendant à un nouveau triplé. Impression confirmée le 25 mars, avec un nouveau titre empoché en Buli et un record de précocité. Sauf que la belle machine s'est déréglée fin avril à cause d'un Real un peu trop foudroyant en contre-attaque.

Des transferts sans vague


Et maintenant ? Maintenant, rien, ou si peu. Pendant que le Real et le Barça se battent à grands coups de 90 millions, Chelsea rachète la moitié de l'Atlético et United essaye de se remonter une équipe, le Bayern n'intéresse, lui, plus personne. Recrue phare, Robert Lewandowski n'a pas coûté un DM, et son arrivée était prévue de longue date. Le Polonais a beau être le Torschützenkönig en titre, il ne fait pas rêver. Et en plus, c'est logique. Parce que lui, habitué à participer au jeu et à délivrer des caviars (huit assists la saison passée) est un buteur parfait pour le système de Pep. Tout le contraire de Mandžukić, à qui « le style de jeu de Guardiola ne convient tout simplement pas » selon ses propres mots, et donc prié de quitter le club. À part ça, le Bayern a bien fait parler de lui sur le marché des transferts, mais c'était dans la colonne départ et celui de Kroos au Real. Avec ces deux opérations, les Bavarois ont récupéré 47 millions ; et économisé deux salaires. Et qu'est-ce qu'ils en ont fait ? Toujours rien, ou pas grand-chose. Sebastian Rode, en fin de contrat à l'Eintracht Frankfurt, est arrivé en même temps que Lewandowski. Rode, c'est un prometteur milieu défensif de Bundesliga, pas très grand en plus, qui devrait faire le nombre. Un peu comme si le PSG recrutait Stambouli en gros. La seule recrue à avoir coûté de l'argent (on parle d'environ dix millions), c'est Juan Bernat, un latéral gauche espagnol dans le style Alba, piqué à Valence pendant la Coupe du monde lorsque personne ne regardait. Vraisemblablement une doublure pour Alaba.

Une infirmerie enfin vide


Cela ne veut pas dire que le Bayern doit d'ores et déjà être rayé de la liste des prétendants au sacre en Champions League, et évidemment encore moins en Bundesliga. Tout simplement parce que les joueurs ont maintenant digéré les préceptes de Guardiola, et que les autres sont partis. Plus important encore, le Catalan récupère un groupe à peu près complet. Parce qu'on a tendance à l'oublier, mais Lahm n'aurait peut-être jamais joué 6 si Schweinsteiger, Thiago et Javi Martínez n'avaient pas collectionné les blessures tout au long de la saison. Si on ne peut nier son goût pour les fantaisies tactiques, Guardiola a bien souvent dû jongler avec un effectif finalement pas si garni et parfois piocher dans les jeunes. Comme Højbjerg, qui devrait voir du terrain cette saison. La meilleure nouvelle de ce côté-là est évidemment le retour sur le pré d'Holger Badstuber, enfin remis de sa double rupture des ligaments croisés. Le 18 juillet, le joueur formé au club a rejoué en amical pour la première fois depuis 594 jours. Un retour bienvenu, Van Buyten ayant quitté le club et les options en défense centrale se faisant rare. On continue donc comme avant ? Même pas sûr : le Bayern a joué quelques-uns de ses amicaux en 3-4-3. Dont le dernier contre Chivas le 31 juillet, avec une défense Rafinha/Javi Martínez/Alaba. Deux latéraux et un milieu défensif. Tout est encore possible.

Par Charles Alf Lafon
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