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Blanc, pas si noir

Les récents échecs du Paris Saint-Germain des dernières années, qu'ils aient été observés sur les scènes continentale ou nationale, ont au moins permis de rappeler une chose : Laurent Blanc avait réussi son passage dans la capitale.

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« Très rapidement, s'il vous plaît. Je vous le dis, je vous préviens » , presse-t-il en tapant dans ses mains pour accompagner du geste ses paroles. En ce 21 mai 2016 vers 23h, Laurent Blanc n'a qu'une envie : aller s'enfiler une nouvelle coupe de champagne, et s'offrir un bon cigare en compagnie de ses joueurs pour fêter le nouveau trophée glané par le Paris Saint-Germain. À savoir une Coupe de France, attrapée sans trop de difficultés devant l'Olympique de Marseille (4-2). Hors de question de perdre du temps dans cette conférence de presse, qui va finalement durer neuf petites minutes. Dans ce laps de temps, l'entraîneur français parvient quand même à défendre son œuvre. Comme si les critiques, que personne ne formule, se présentait dans l'air qu'il respire. « Dans le domaine des blessures, rien n'a été facile, rien ne nous a été épargné cette saison. Même les veilles de match » , note-t-il au moment d'expliquer les absences de Javier Pastore et de Thiago Motta.

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Mais le coach ne s'arrête pas là, et présente d'ores et déjà le programme pour la suite qui se fera de toute façon sans Zlatan Ibrahimović : « L'année a été compliquée. On a eu des déceptions, mais on n'a jamais lâché. Il faudra s'appuyer sur cet esprit de groupe l'année prochaine, même si on va perdre des joueurs très importants et si on va prendre une autre direction. Il faut le faire pour que le PSG reparte de l'avant. Après un cycle où on a sûrement atteint notre maximum, il faut oser repartir sur un nouveau projet. Est-ce qu'on a raison ? Peut-être pas, et je serai alors le premier à en payer les conséquences. Mais je m'en contre-fiche. Donc la saison prochaine, on va davantage mettre l'accent sur le collectif que sur la qualité individuelle. » Sauf que l'ancien défenseur ne va même pas avoir le droit de tenter le virage, intelligemment envisagé. Après trois ans dans la capitale, l'ex-Bordelais est éjecté en échange d'un chèque de 22 millions d'euros par un Nasser el-Khelaifi qui qualifie l'exercice 2015-2016 d'échec.

Le meilleur bilan, tout simplement


Pourtant, Blanc porte à l'époque un bilan que doit fortement jalouser Thomas Tuchel aujourd'hui. À savoir une saison à quatre titres nationaux (Ligue 1, Coupe de la Ligue, Trophée des champions et donc Coupe de France) ponctuée d'un quart de finale de Ligue des champions. Exactement comme lors de l'exercice précédent. Dans les faits, la donne est claire : aucun de ses successeurs n'a fait aussi bien, avec pourtant davantage de moyens. Ni Unai Emery qui a laissé échappé un championnat en 2017 et qui n'a jamais amené Paris plus loin que les huitièmes de finale de C1, ni l'Allemand qui vient d'abandonner la Coupe de la Ligue à Strasbourg et la Coupe de France au Stade rennais tout en se prenant une nouvelle claque en LDC (élimination en huitièmes également).

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Paradoxal, quand on se souvient que beaucoup considéraient l'éviction de l'homme à la touillette comme légitime et qu'ils sont encore nombreux à rester dans cette position. Pourquoi ? Parce que ce dernier n'avait soi-disant pas les épaules suffisamment musclées pour porter le projet PSG sur son dos, argument renforcé par l'infâme brouillon tactique présenté par Lolo (qui avait tenté une défense à trois jusque-là jamais utilisée) en quarts de finale retour de LDC contre Manchester City. « En Europe, on n'a pas atteint notre objectif qui était de rejoindre les quatre meilleures équipes européennes, assumait le principal intéressé, toujours lors de la conférence de presse express. Cet objectif, il faut l'analyser, l'étudier et comprendre comment on peut y parvenir. Mais il faut surtout garder en tête que cette présence dans le dernier carré, elle va être très, très dure à obtenir. »

Aucun progrès visible


À l'heure où la fin de saison 2018-2019 s'approche en même temps que les vacances et alors que les Parisiens s'en prennent plein la tronche à la suite de leur défaite en finale contre les Bretons, deux constats s'imposent : oui, Blanc allait essayer autre chose, car il était pleinement conscient du boulot qui attendait le PSG, et non, le virer n'était pas forcément une bonne idée. Après tout, les humiliations subies par Paris ces dernières années (la remontée barcelonaise, la remontée de Manchester United, la défaite en finale contre Rennes en Coupe de France, le revers 5-1 contre Lille en championnat, la fin de l'hégémonie cassée par Monaco en Ligue 1...) ont eu lieu sans sa présence (même s'il était là lors de la sortie de route à la 87e contre Chelsea à Stamford Bridge). Après tout, les hommes de la capitale jouaient magnifiquement bien avec Lolo. Après tout, il n'y avait pas plus de batailles d'ego dans le vestiaire qu'actuellement.


Enfiler le costume d'avocat maintenant que les autres ont fait moins bien serait trop facile ? Non, c'est seulement que la plaidoirie n'était pas entendue auparavant. Le champion de France aurait-il soulevé la coupe aux grandes oreilles si l'accusé était resté ? Non plus, c'est en tout cas très peu probable. Mais le protagoniste aurait mérité qu'on lui laisse un peu plus de temps à la barre. Car avec Blanc, tout n'était pas noir. Ce qui se rapproche plus de l'euphémisme que du jeu de mots.

Par Florian Cadu Propos de LB recueillis par FC
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Coupe de France - Finale - Rennes-PSG - On re-re-re-refait le match




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