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Lailapas-Karsiyaka, le match débuté il y a 90 ans

En 1930, il y a tout juste 90 ans, pour pacifier les relations géopolitiques entre les deux pays, un match amical est organisé entre les Grecs de Lailapas et les Turcs de Karsiyaka. Interrompu au bout de quelques minutes, il ne reprendra que... 84 ans plus tard.

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Au large, un bateau blanc, bleu et gris s’approche des côtes de l’ile de Chios, à l’extrême Est de la Mer Egée. Il pleut, un désagréable crachin, mais à bord, tout le monde est heureux. Cirés et k-way sur les épaules, les joueurs de Karsiyaka SK, équipe de la ville d’Izmir en Turquie, font crépiter les flashs des appareils photos à mesure que le rivage se rapproche. S’ils sont si enthousiastes, c’est qu’ils sont venus disputer un « match de l’amitié » face au club grec local, les amateurs du FC Lailapas. Et ils n’ont pas fait le déplacement seuls, puisqu’ils ont ramené avec eux (pas sur le même bateau, fort heureusement), quelque 1500 supporters, tous armés de maillots et d’écharpes rouges et vertes, les couleurs du club, et de drapeaux turcs et grecs. Pour un simple match amical face à des amateurs ? C’est en réalité un peu plus que cela. En ce mois de mai 2014, tout ce petit monde est venu assister à l’écriture d’un moment d’Histoire. La fin d’un match dont le coup d’envoi avait été donné... 84 ans auparavant.

Guerre d’indépendance, pierre fondatrice et match amical


L’histoire de la Grèce et la Turquie est, depuis des siècles, intimement liée. Pour cause, à partir de la Prise de Constantinople en 1453 par les troupes ottomanes, la Grèce passe sous domination turque. Celle-ci durera jusqu’à la guerre d’indépendance grecque au début des années 1830. L’île de Chios, située à 8 kilomètres des côtes turques, sera d’ailleurs le théâtre d’un massacre tristement célèbre, en avril 1822, au cours duquel l’Empire Ottoman fera tuer près de 25 000 Grecs et en capturera 45 000 autres. Et les relations ne vont pas s’arranger au cours du XXe siècle, avec de nombreuses guerres qui aboutiront en 1920 à la signature du Traité de Sèvres, qui oblige l’Empire Ottoman à céder à la Grèce de nombreux territoires, dont l’Anatolie et les îles de la Mer Egée (dont Chios). Mais les nationalistes turcs, peu enclins à ce traité, reprennent les armes, donnant lieu à la meurtrière Guerre gréco-turque (1919-22, 45 000 morts). « Cette guerre a été ponctuée par la ‘Grande Catastrophe’, qui provoquera d’importants bouleversements politiques en Grèce, explique Yannis Makridakis, historien et écrivain grec. Cela aboutira finalement à la chute de la monarchie et l’instauration de la République en 1924. » La République, mais aussi la signature du Traité de Lausanne, en juillet 1923, qui restitue à la Turquie ses territoires perdus trois ans plus tôt… à l’exception des iles de la Mer Egée, qui demeurent des territoires grecs.

C’est dans ce contexte géopolitique plus que tendu que le premier ministre grec fraîchement élu, Elefthérios Venizélos, tente un premier rapprochement. En août 1928, il rédige une lettre au président du Conseil turc, Ismet Pasha, lui faisant part de son « vif désir de contribuer à un règlement des rapports entre les deux pays  » . Gagné : deux ans plus tard, Venizélos se rend à Ankara pour rencontrer le président de la République, Kemal Ataturk, et y signer la Convention d’Ankara, pierre fondatrice des nouvelles relations amicales entre les deux nations. Et comme le football est rassembleur, il est décidé d’organiser de nombreux matchs amicaux entre des équipes turques et grecques : Fenerbahçe/Aris, Altay/Panathinaikos et, donc, un certain Lailapas/Karsiyaka le 7 décembre 1930. Un match d’autant plus symbolique qu’il oppose le club de l’île de Chios à une équipe bâtie en 1912 par des jeunes Turcs d’Izmir, alors que, jusque là, tous les clubs de la ville avaient été fondés par les minorités grecques, arméniennes et britanniques. « Selon les journaux de l’époque, la ville de Chios était remplie pour l’occasion de drapeaux grecs et turcs, raconte Makridakis. Un dîner officiel a même été offert aux hôtes turcs » . Un match pour célébrer la paix, mais une rencontre qui ne va malheureusement durer que trois minutes.

« Ce match peut avoir lieu, il doit avoir lieu »


De fait, alors que Lailapas mène déjà 1-0, un terrible orage s’abat sur Chios. L’arbitre interrompt la rencontre après seulement 200 secondes de jeu, et renvoie tout le monde à la maison. Makdridakis, encore : « Les deux équipes étaient d’accord pour continuer le match quelques jours plus tard, mais pour des raisons qui demeurent inconnues, ce n’est jamais arrivé, et cet événement a été oublié avec les années » . Plus personne n’entendra parler de ce match amical jusqu’en 2005, lorsque Yannis Makridakis, justement, en découvre l’existence lors de ses recherches à propos de son livre 10.516 jours, histoire de Chios moderne, 1912-1940.



Il souhaite en informer le club de Lailapas, mais celui-ci a disparu en 1980 à cause de problèmes financiers. « Pendant 29 ans, le club a cessé d’exister, jusqu’à ce que cinq jeunes potes décident de le refonder en 2009, atteste Michalis Kottakis, actuel président d’honneur du club. Monsieur Makridakis est alors venu les voir pour leur raconter l’histoire de ce match interrompu en 1930. Cela a rendu tout le monde très fier, mais ça n’est pas allé plus loin. Quand je suis arrivé au club en 2012 en tant qu’entraîneur, j’ai été mis au courant de cette histoire. Des gens m’ont dit : ‘Imagine ce que ce serait de terminer ce match’. Je leur ai répondu : ‘Pourquoi vous imaginez seulement ? Ce match peut avoir lieu. Il doit avoir lieu’. »

Une nouvelle interruption


Kottakis prend alors les choses en mains. Il contacte le club de Karsiyaka, et se rend à Izmir en février 2014 pour se mettre d’accord avec le président du club turc. « Le président a dit oui tout de suite, ce qui nous a surpris parce que Karsiyaka est un club professionnel de D2, alors que nous sommes une équipe amateur de cinquième division » assure Kottakis. La date est posée : le match reprendra le 10 mai 2014, à Chios, très précisément 30 470 jours après son interruption. Kottakis renchérit : « Le club de Karsiyaka a informé tous les médias turcs, donc l’information est allée partout. Cela a été très émouvant, un vrai moment d’Histoire pour les relations entre la Grèce et la Turquie » . Le jour du match, l’île de Chios est en fête, et, malgré la bruine, ils sont des centaines à venir accueillir le bateau transportant les joueurs de Karsiyaka. « Sur la côté ouest de la Turquie, beaucoup de gens ont des racines grecques : ce sont les enfants ou les petits-enfants des populations échangées entre les deux pays, qui ont grandi en écoutant les histoires de leurs ancêtres provenant des Balkans et des îles grecques. C’est aussi pour cela que le match a provoqué autant d’émotions » atteste Ilkay Yildiz, réalisateur du documentaire 87 Minutes, qui retrace l’histoire du match.


Vidéo

Dans un stade anormalement rempli, la rencontre reprend donc à la 4e minute. Le premier but du match est inscrit par Yusuf Simsek, actuel entraineur de Balıkesirspor, en D2 turque. Lailapas égalise par l’intermédiaire de Hüseyin Mutlu Akpinar, maire du district de Karsikaya à Izmir, qui a porté le maillot des adversaires pour la bonne cause. A la 65e minute, le score est de 5-5, lorsque les supporters grecs et turcs envahissent pacifiquement le terrain. « Nous interrompons à nouveau le match car nous aimerions inviter Lailapas à Izmir pour le terminer » explique Okan Kimaci, président de l’association des supporters de Karsiyaka KS. « L’histoire ne termine jamais. Même si la suite du match a lieu dans 84 ans, ce sera toujours aussi beau et émouvant » lâche Makridakis. Plus que 78 années à attendre, alors.



Article initialement paru dans le SO FOOT #129 de septembre 2015

Par Eric Maggiori, avec Alexandros Kottis et Ceyhun Kaplan. Propos de Yannis Makridakis recueillis par EM, de Michalis Kottakis et Ilkay Yildiz par AK, et d’Okan Kimaci issus du reportage 87 Minutes.
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