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  2. // Millwall
  3. // 11 décembre 1991

La tanière des Lions enterrée

Il y a 24 ans jour pour jour, décision était prise pour Millwall de quitter son stade maléfique qui a fait sa sulfureuse réputation : The Den, l’antre des hooligans les plus cinglés du Royaume, un repère mal famé qui incarne aujourd’hui le lointain souvenir de ce que fut le football anglais d’avant la création de la Premier League.

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L’Angleterre est incontestablement aujourd’hui ce qui se fait de plus moderne en matière de football. De plus pro, de plus rentable, de plus classe, de plus exportée partout dans le monde. Les gazons sont toujours splendides, les stades sont tous ou presque de grande qualité, les tribunes garnies de gens enthousiastes, polis et bien mis, les joueurs sont tirés à quatre épingles, comme sortant de chez le coiffeur et du mall plutôt que des vestiaires. Tout est nickel, tellement nickel qu’on en oublierait presque qu’il s’agit de sport et qu’il est question de puer un minimum la sueur à la fin du match. Propre jusqu’à l’aseptisation diront ses détracteurs. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. L’Angleterre a longtemps incarné une autre modernité en matière de football, celle d’un sport de prolos, où les terrains du Royaume étaient ravagés encore plus qu’ailleurs par le climat humide du coin. Où les grands stades plus vieux que la guerre des tranchées étaient cabossés et de couleur rouille et béton. Où, dans les tribunes, se serrait debout un public passionné, mais n’hésitant pas parfois à sortir quelques insanités avec un accent incompréhensible et à donner du coup de poing s’il le fallait quand l’honneur de son club était en jeu. Où les joueurs avaient des trognes improbables, barbes de clochard, cheveux filasses et yeux pochés, comme sortant d’un pub à 3h du matin ou d’un fish and chips graisseux plutôt que des vestiaires. Tout était crade, tellement crade que ça n’avait pas forcément à voir avec la conception du football comme une activité sportive et donc saine. Non, il s’agissait d’abord et surtout de dégouliner de sueur, de s’envoyer sa dose hebdomadaire d’adrénaline et de défendre l’honneur de sa ville ou de son quartier. Et ce football-là, affreux, sale et méchant, qui a connu son apogée dans les années Thatcher, c’est peut-être dans une enceinte nommé The Den qu’il s’est le mieux exprimé dans toute sa splendeur et sa violence.

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De 88 à 90, deux saisons en élite


The Den, c’était l’antre de Millwall FC, un club londonien aujourd’hui oublié de beaucoup, y compris d’une partie de ses anciens fans désabusés par les résultats décevants de l’équipe, actuellement engluée en League One, la D3 anglaise. Le 11 décembre 1991, il y a 24 ans jour pour jour, était officialisée la vente de son stade que l'on appelle désormais « The old Den » , pour ne pas le confondre avec The new Den qui fut construit deux ans plus tard et qu’occupe encore aujourd’hui Millwall. Une nouvelle enceinte plus moderne, plus impersonnelle aussi. L’ancienne a été détruite depuis. Il ne reste que les images d’archives, quelques documents d’époque et le souvenir des anciens pour rappeler ce qu’elle était. Construite en 1910 dans un quartier de dockers et de sans-le-sou nommé New Cross, au sud de la Tamise, cet old Den n’avait déjà pas coûté très cher à l’époque et n’a pas tellement été rénové dans les décennies qui ont suivi. Il a pourtant subi le poids des âges et même les intenses bombardements de l’armée allemande pendant la guerre, mais Millwall n’est pas un de ces grands clubs de la capitale londonienne qui pouvaient se permettre de moderniser régulièrement leur enceinte. Une rénovation majeure est tout de même à signaler, en 1953, grâce à l’aide des supporters qui ont donné un coup de main pour embellir leur seconde maison. Après cette date, le Den low cost est resté dans son jus, se dégradant progressivement, à mesure que la crainte des équipes et supporters adverses grandissait à son égard. Dans sa tanière, Millwall a réalisé des miracles, depuis les près de trois ans d’invincibilité d’affilée au début des années 60 jusqu’à l’accession historique en élite pour deux saisons à la fin des années 80. Rares sont les équipes dont les résultats doivent à ce point au poids de leur stade et à la crainte qu’il génère chez l’adversaire.

Donjon, Cascarino et Millwall roar


« Le vestiaire adverse était comme un donjon, sans lumière et sans fenêtre. Les douches étaient horribles. De là, vous partiez pour affronter des Lions prêts à s’abattre sur vous. C’était l’un de nos meilleurs atouts. » Ainsi en parle Eamon Dunphy, un des cadres de Millwall dans les années 60 et 70. Certains adversaires parmi les plus intimidables et aimant le moins la castagne avaient pour habitude de faire leur plus mauvaise prestation de la saison au Den. Pour ne pas subir les foudres d’un public bien énervé, parfois déguisé en chevalier médiéval, derrière les mains courantes de couleur jaune, toujours une pinte de bière à la main, prêt à la jeter à qui le mérite, mieux valait se cacher sur le terrain… « Je me souviens m’être dit que ce n’était peut-être pas une bonne idée de marquer dans cet endroit » , dira Gary Lineker d’un lieu qu’il a découvert avec Leicester à la fin des années 70. La fin de la décennie suivante fut donc celle d’un éphémère passage en D1 entre 1988 et 1990. Deux petites saisons pour permettre à deux jeunes attaquants de lancer leur carrière, Teddy Sheringham et Tony Cascarino. L’occasion aussi pour les supporters de se foutre sur la gueule avec leurs meilleurs ennemis, les hools de West Ham, Charlton ou Chelsea, et leur faire connaître la trouille de leur vie lors du court déplacement dans ce Den flippant où résonnaient les hurlements maléfiques du public local – le fameux « Millwall Roar » – et les chants à la gloire de la misanthropie, dont le célèbre devenu slogan « No one likes us, we don’t care » .

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Par Régis Delanoë
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