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La Roja prépare sa relève

Bousculée à l’aller, l’Espagne espère ramener les trois points de son déplacement en Finlande et composter quasi définitivement son ticket pour le Mondial brésilien. Par là même, Vicente del Bosque rajeunit son effectif et s’apprête à opérer des changements plus que symboliques.

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À côté de ses talents de tacticien, Vicente del Bosque s’avère être aussi un fin psychologue. Depuis sa prise de pouvoir au lendemain du sacre européen de 2008, il n’a jamais suscité le moindre doute. La gagne aidant, les médias le dorlotent, et le grand public l’idolâtre. Au sein du groupe, les remous semblent rester secrets et ne sont pas encore apparus au grand jour. Bref, avec sa tête de copain du village, Vicente del Bosque paraît être le sélectionneur parfait. Qui plus est, le patron de cette Roja est un homme prévoyant. Disposant d’un réservoir de talents exceptionnels, il sait sélectionner tel joueur au moment opportun ou se passer des services d’un autre lorsque ses prestations l’imposent. À l’exception de certains cadres, à l’image d’un Xavi ou d’un Casillas, aucun international n’est un intouchable, les passe-droits sont proscrits. Un management que se permet Vincent du Bois grâce aux nombreux jeunes qui frappent à la porte. Et qui oblige tout son monde à rester alerte. Ce déplacement en Finlande ne fait pas exception à la règle. Pis, il pourrait se trouver être un pont pour préparer la relève.

Valdés, vraie première ?

La méthode Del Bosque se veut dans la douceur. Ainsi, le moustachu le plus célèbre d’Espagne ne brusque jamais son effectif. De cette liste de 23, onze étaient déjà présents en 2008. Bref, le changement dans la continuité. Avec parcimonie, l’ancien du Real amène des petits jeunes faire leurs classes tout en évitant de froisser l’égo des vieux loups du vestiaire. Cette paix du vestiaire n’est pas sans risque. «  Nous avons des doutes sur quelques postes, mais pour le gardien, nous savons qui sera titulaire, mais tant qu’eux-mêmes ne seront pas au courant, nous ne l’annoncerons pas publiquement » , assurait-il hier en conférence de presse. De ce choix compliqué découleront de nombreuses conclusions, foireuses ou non. Car entre un Víctor Valdés dans la forme de sa vie et un Casillas actuellement sous la guérite du Bernabéu, l’état de forme parle en faveur du Barcelonais. Néanmoins, difficile d’imaginer pour un match de cette importance San Iker sur le banc. Comme il serait tout aussi incompréhensible de ne pas donner sa chance au portier catalan alors qu’il sort d’un début de saison époustouflant. En soi, un choix tout ce qu’il y a de plus politique.

Autre dilemme pour Vicente del Bosque, son milieu de terrain. Certes, l’Espagne regorge des meilleurs milieux de la planète, il n’en reste pas moins que son épine dorsale ne sera pas là ce vendredi à Helsinki. Avec un Xabi Alonso out pour de longues semaines et un Sergio Busquets en délicatesse avec des liaisons musculaires, la Roja sera orpheline de son binôme régulateur. Une importance vitale que n’a même pas essayé de relativiser Del Bosque, jugeant que « le corps de notre sélection est basé sur Busquets et Alonso, qui ne sont pas là  » . Javi Martínez, successeur tout trouvé, vient lui de subir une intervention chirurgicale au niveau de ses adducteurs. Ne restent alors plus que Javi García et Mario Suárez, deux quasi-novices à ce niveau, pour compléter la paire. De fait, le sélectionneur et son staff devraient opérer des changements tactiques dans le XI aligné ce vendredi soir – une défense à trois ? Des changements qui peuvent brouiller des cartes à moins d’un an de l’échéance brésilienne. Il n’en fallait pas plus à Marca pour nommer cette sélection de 23 la « nouvelle Espagne » .


Des minots qui ont faim

Cette Roja new-look l’est également par l’âge des joueurs appelés. Sur cette dernière liste, trois sont fraîchement auréolés du titre de champion d’Europe U21 (Isco, Koke, Nacho). D’autres ont déjà connu les joies d’une sélection (Íñigo Martínez, Thiago Alcántara, Tello) ou sont en passe de les connaître (Illarramendi). D’encore plus jeunes sont également appelés à avoir un destin international (Oliver, Deulofeu, Jese). En gros, l’embarras du choix… Ou pas ! Car la convocation à l’ultime minute du jeune Madrilène Nacho Fernandez n’est pas sans rappeler que certains postes peuvent être touchés de pénurie. Avec seulement une dizaine de matchs de Liga dans les guiboles, le Merengue n’a encore rien prouvé. Pis, il était même remplaçant lors du dernier Euro Espoir, le titulaire étant le Barcelonais Bartra. Sa sélection, pas encore un signal d’alarme, montre que la Roja n’est pas encore prête à se passer du service de ses vieux briscards. Que Piqué, Xabi Alonso, Busquets ne s’inquiètent guère, ils seront du voyage au Brésil. Reste à savoir qui sera à leurs côtés ?

Par Robin Delorme, à Madrid
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