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La nouvelle hype russe

Cet été, le championnat russe a attiré de nombreux joueurs en provenance d'Europe occidentale. Tirée par le Zénith et par les clubs moscovites, la Premier League russe serait-elle en train de devenir la nouvelle destination à la mode ?

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Il y a quelques années, un joueur comme Matias Suarez n'aura jamais signé en Russie. Meilleur joueur du championnat belge, le buteur argentin d'Anderlecht, convoité par de nombreux clubs européens, aurait filé à l'Inter, au FC Valence ou au Bayern Munich. Oui. Mais ça, c'était avant. Car en ce mois de juillet 2012, Matias Suarez a choisi une toute autre destination. Pour 15 millions d'euros, il s'est engagé avec le CSKA Moscou. Un choix que l'ancien buteur de Belgrano a justifié de deux façons. 1-le championnat de Russie va lui donner une plus forte visibilité au niveau international. 2-l'Espagne l'aurait bien tenté, mais « il n'y a pas d'argent en Espagne, aucune offre ne m'est parvenue » , dixit l'intéressé en question. Deux raisons fortes. La plupart des clubs russes, notamment les équipes de Moscou, ne sont pas autant touchés par la crise que peuvent l'être les clubs espagnols et italiens. Par conséquent, ils peuvent se permettre de débourser de coquettes sommes pour enrôler des joueurs qui, il y a encore dix ans, auraient snobé ce championnat, dans un pays où il fait beaucoup trop froid. Ainsi, Suarez est loin d'être le seul. Kim Källstrom a quitté Lyon pour signer au Spartak Moscou, Rasmus Elm a salué l'AZ Alkmaar pour venir au CSKA Moscou, le défenseur de la sélection croate Gordon Schildenfeld a choisi le Dynamo Moscou, le Monégasque Koman débarque à Krasnodar, Ibrahima Baldé passe d'Osasuna au Kuban Krasnodar, le Lokomotiv Moscou fait venir Corluka (Tottenham) et N'Doye (Copenhague) tandis que les Espagnols Orbaiz et Marcano choisissent le Rubin Kazan. Destination phare de l'été.

Saint-Pétersbourg vs Moscou (x4)

L'intérêt grandissant du championnat russe passe forcément par des clubs « locomotives » . La loco principale, c'est évidemment le Zénith Saint-Pétersbourg. Le club saint-pétersbourgeois domine outrageusement le championnat russe depuis l'arrivée sur son banc de Luciano Spalletti, en décembre 2009. Double vainqueur du championnat, vainqueur de la Coupe de Russie en 2010 et de la Supercoupe en 2011, le Zénith détrône les clubs moscovites dans la hiérarchie du football russe. Pour ce, les dirigeants, hommes de la société pétrolière Gazprom qui contrôle le club depuis 2005, ont su mettre les moyens au fil des années. Depuis l'arrivée de Spalletti, le Zénith a déboursé quelque 60 millions d'euros pour renforcer l'équipe avec des Kerzhakov, Bukharov, Bruno Alves, Semak et autres Criscito. Et cela fonctionne, puisque la saison dernière, le Zénith, au terme d'un championnat interminable (30 journées + 14 matches de play-offs) a été sacré avec trois journées d'avance, comptabilisant finalement 13 points d'avance sur son dauphin, le Spartak Moscou. Cette année, l'objectif est évidemment le même : gagner, encore et encore.

Derrière le Zénith, il y a les clubs moscovites. Le Spartak, le Dynamo, le Lokomotiv et le CSKA. Eux aussi ont tous recruté pendant l'intersaison, histoire de combler le gouffre qui les sépare du champion. Le CSKA, avec l'arrivée déjà citée de Suarez, semble d'ailleurs s'imposer comme l'outsider numéro 1. Éliminée en huitièmes de finale de C1 par le Real Madrid l'an dernier, l'équipe de l'Armée Rouge peut compter sur quelques éléments forts, comme le jeune Dzagoev, le Japonais Honda, le buteur Doumbia, les jumeaux Berezutski ou le gardien Akinfeev. De quoi rétablir la suprématie moscovite. Même si le Spartak aura son mot à dire, tout comme le Lokomotiv, qui a tout de même sorti 20 millions de sa poche pour faire venir Samedov, N'Doye, Corluka et Kresic (pas Krasic, hein). Les joueurs et le coach sont prévenus : 20 millions, c'est au moins le prix d'une qualification en Ligue des Champions.

L'Anzhi vers les sommets


Mais le championnat russe ne se limite pas à la lutte entre le Zénith et les clubs de la capitale. Désormais, il y a l'Anzhi Makhachkala. Racheté par le milliardaire Suleyman Kerimov, le club du Daguestan a fait grimper en flèche sa réputation l'été dernier en faisant signer Samuel Eto'o. Un énorme coup de mercato, qui n'a toutefois pas permis a l'équipe de se qualifier pour la Ligue des Champions, malgré les renforts au mercato hivernal de Christopher Samba (Blackburn) et Georgiy Gabulov (Alaniya) et l'arrivée sur le banc de Guus Hiddink. Pour ce marché des transferts, on pensait que l'Anzhi allait réaliser un nouveau coup flamboyant. Dani Alvès a d'abord été évoqué, puis ceux de Maicon, Sneijder, Tevez et encore Michel Bastos. Finalement, rien. Enfin, presque rien. L'Anzhi a recruté au pays, en faisant signer le grand espoir russe Fyodor Smolov, et surtout le buteur ivoirien Lacina Traoré, auteur de 18 buts l'an passé avec le Kuban Krasnodar. Et le duo Eto'o-Traoré n'a pas tardé à faire des étincelles. Lors des 4 premiers matches officiels de la saison 2012-12, la paire a déjà scoré à 5 reprises. Et l'Anzhi se pose également comme un sérieux candidat au trône de Russie. Un de plus.

Derrière, il y a encore d'autres clubs intéressants à suivre. Pas forcément très sexy, le Kuban Krasnodar a, l'an dernier, surpris tout le monde en se classant à la huitième place. Une équipe qui a su séduire Ibrahima Baldé, ancien buteur d'Osasuna et Daniel Niculae, un habitué de la Ligue 1. Suffisant pour rééditer une belle saison ? A voir. Également à suivre : le toujours intéressant Rubin Kazan, qui est véritablement monté en puissance au cours des années 2000, avec deux titres de champion en 2008 et 2009 et une Coupe de Russie en mai dernier. Le club de Kazan s'est même permis de remporter la Supercoupe de Russie, il y a quelques jours, contre le Zénith. Une victoire qui laisse augurer de belles choses pour la suite de la saison. Enfin, le Terek Grozny suscite toujours l'intérêt et l'interrogation. Bah ouais. Demandez donc à Ruud Gullit, viré l'an dernier, comme cela se passe avec le président Ramzan Kadyrov, il vous en racontera certainement des belles. Ou bien il se taira. Par peur.

Eric Maggiori
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