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La leçon de pragmatisme d’Élie Baup

Moqué pour ses aptitudes et sa dégaine avant son arrivée à Marseille, Élie Baup, sa casquette et son pragmatisme, sont en train de faire beaucoup de bien à l’OM. Invaincu en huit matchs officiels, l’ancien entraîneur de Bordeaux semble avoir trouvé la bonne formule. Pourvu que ça dure.

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Après sa mise en examen pour escroquerie en plein milieu de l’été, beaucoup promettaient à Élie Baup, nouvel entraîneur de l’OM, un cas évident de récidive. Au menu, non pas un problème avec les impôts, mais plutôt un cas classique d’arnaque à l’entraîneur dans un club sans le sou. Au jour de la nomination d’Élie Baup à la tête de l’OM, beaucoup doutaient, pas forcément à juste titre. Aujourd’hui, l’escroquerie, c’est surtout un type pénalisé par sa dégaine d’entraîneur de PH dans le Val-de-Marne, et des années passées plus près des micros que des bancs de touche. Tapi dans l’ombre estivale de ses dirigeants, il a bossé. Tranquillement. Et les résultats se font sentir. Conscient des forces et des faiblesses de son effectif, l’homme à la casquette tient de main de maître le gouvernail d’une équipe dont la trajectoire étonne. Au fond, la réussite d’Elie le pragmatique est à l’image de celle de son club après quatre journées : plus logique qu’on ne le voudrait.

Invaincu depuis son arrivée

« Marseille a un dispositif qui fait qu’ils ne bougent plus quand ils mènent au score. On est menés au score face à une équipe que ne bouge pas, avec deux milieux défensifs qui ne sortent pas, qui attend son heure. » Avec ses déclarations amères suite à la défaite d’un Rennes pas vraiment assez flamboyant pour se permettre ce genre de propos, Frédéric Antonetti a une nouvelle fois déclaré sa flamme à son ennemi chauve. Baup, un entraîneur chahuté, que beaucoup n’aiment pas ou ne respectent pas. La marque des gens intéressants, quelque part. Car à défaut d’avoir le bagage technique de Sacchi ou le bagout de Mourinho, Baup effectue des débuts retentissants à la tête de l’OM. C’est simple, avec la qualification en Europa League, mais aussi et surtout le quatre sur quatre en championnat, une première depuis 1932, Baup, c’est six succès et deux nuls depuis son arrivée. De quoi fermer des bouches et mettre les points sur les i. Les meilleures dispositions pour travailler sereinement à l’OM, quelques semaines après son arrivée.

Du boulot, Elie en avait pas mal. Après le règne de Didier Deschamps et les titres amassés, le mandat promis à Baup avait tout de celui que s’apprêtait à prendre Hollande : un traquenard. Mais avec un optimiste certain et ce réalisme qui lui est cher, capitaine Baup a su passer outre l’assainissement financier qui a plombé le mercato marseillais, le rendant – le cas Barton mis à part – quasi invisible. Sans Mbia, Diarra et Azpilicueta, l’ancien entraîneur de Toulouse parvient à tirer la quintessence d’un effectif quasiment similaire à celui qui a connu le plus gros trou d’air de Ligue 1 la saison passée. Depuis le début de l’année, la machine semble plus saine et semble mieux marcher. Les visages arborent à nouveau des sourires sincères, l’envie dans le remplacement est là, et la soif de vaincre a fait son retour sur la pelouse du Vélodrome. Des choses que l’on ne voyait pas la saison passée, de l’aveu même de joueurs qui n’ont que les mots « solidarité » , « collectif » et « plaisir » à la bouche. Un renouveau humain voulu par le nouvel entraîneur de l’OM, aux allures de véritable réussite.

Un OM compétitif


Outre cet aspect humain, c’est également dans le jeu que l’arrivée de Baup a changé des choses. Celui-ci n’est pas forcément plus flamboyant, mais les consignes, claires, sont respectées. « J’insiste toujours sur la récupération du ballon et son utilisation. On veut avoir de la qualité dans le jeu. Et cela passe aussi par simplifier certaines situations » confiait le coach marseillais dans une interview accordée à Sportmag. « Je ne crois pas aux schémas tactiques purs et durs, mais vraiment à l’animation du jeu. J’essaye d’avoir un projet de jeu qui corresponde au potentiel de l’équipe. 4-4-2, 4-3-3, 4-3-2-1, peu importe, tant qu’il y a l’adhésion des joueurs » poursuit-il. Toujours aussi réaliste, Baup attend la dixième journée pour tirer les premiers enseignements de la saison. Les objectifs, eux, restent en off. Et ça vaut peut-être mieux, car la France du football n’est peut-être pas prête à les entendre. Car à trop descendre l’OM en flammes, on oublie que Nkoulou, Valbuena, Ayew, Rémy, Gignac, Cheyrou, Mandanda, pour ne citer qu’eux, sont toujours là. Compétitif tant qu’il reste loin des blessures, ce Marseille-là est beaucoup moins mauvais qu’on veut bien le croire. Comme Elie, en fait.


Par Swann Borsellino
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