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La Françafrique est morte, vive la France frileuse

À son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy jurait vouloir en finir avec la Françafrique. On ne sait pas s'il a tenu parole, on sait en revanche que la Ligue 1 s'est détournée du continent où elle a longtemps fait son marché pour pas cher. Explications.

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Une nuée de Vénézuéliens sur Nantes, du Colombien sur le Rocher, de l'Uruguayen à Saint-Germain en Laye, de l'Argentin comme s'il en pleuvait, et même des Espagnols ou des Portugais qui se sont décidés à quitter la Liga, le championnat le plus technique du monde, pour venir en France. L'été 2013 a ressemblé à une grande révolution du côté des effectifs des clubs de la Ligue 1, habitués à pleurer le coup d'envoi de la CAN, le départ de leur 4 ou 5 internationaux en janvier et leur retour tardif à l'entraînement début mars derrière l'excuse des festivités au pays. Comme si ce mercato estival avait sonné la fin d'une époque, celle de la Françafrique du football, de l'importance des flux entre l'Afrique et la Ligue 1, directs ou indirects, en passant quelques fois par la Belgique ou l'Ukraine, qui avaient fini par qualifier le football français et ses techniques d'import-export. Un deal longtemps gagnant-gagnant. Il y a quelques saisons, José Mourinho, à qui on avait demandé ce qu'il pensait du niveau des joueurs français, avait répondu : « Pour moi, les meilleurs, ce sont les joueurs africains formés en France. » Traduction : ils ont tout ce que j'attends d'un joueur. Force, explosivité, rigueur tactique. Le coach portugais ne s'était d'ailleurs pas gêné pour en profiter en exigeant d'Abramovitch qu'il lâche le chéquier pour faire signer Michael Essien et Didier Drogba.

Reléguée dans le deuxième panier du foot européen, la Ligue 1 a longtemps joué son rôle d'accélérateur de particules et de carrières pour les joueurs africains, aussi bien francophones qu'anglophones. Un championnat où « les diamants bruts » du continent, comme on les décrivaient avec un joli regard néocolonial, venaient prendre un peu de la rigueur nécessaire au football de haut niveau, avant de s'envoler vers d'autres contrées pour mettre la famille à l'abri pendant plusieurs générations. Sauf que le souvenir d'un Jean-Michel Aulas encaissant 38 millions pour revendre Michael Essien à Chelsea est désormais bien loin. Cela fait longtemps qu'un club français n'a pas sorti ou développé un joueur africain du calibre de ses prédécesseurs. Retour de bâton, cette Françafrique du football a longtemps servi d'excuse facile et rapide pour expliquer la pauvreté technique de la Ligue 1. Ce qu'avait candidement déclaré Carlo Ancelotti à la Gazzetta en 2012, au bout de quelques mois d'observation depuis le banc parisien : «  En France, c'est plus physique et moins technique, il y a plus d'Africains et moins de Sud-Américains. » Sauf qu'à l'orée de cette nouvelle saison, les clubs français semblent avoir coupé les liens avec cette Françafrique qui a longtemps permis de boucler les budgets au moment de présenter les comptes devant la DNCG.

« Le niveau des jeunes en Afrique a baissé »


Fini le temps où les joueurs africains, notamment les Sénégalais, les Camerounais, les Ivoiriens et les Maliens, représentaient entre 40 et 50% des étrangers de la Ligue 1. Cet été, les clubs ont varié les AOC. Reste à savoir si ce changement de politique relève plus d'une volonté des clubs de jouer différemment, quitte à s'exonérer de leur propre responsabilité dans cette affaire, de la fin de rapports privilégiés ou, paradoxalement, serait le signe que les clubs français crèvent la dalle. Miser sur des jeunes joueurs africains, c'était aussi prendre le temps d'assurer la post-formation et la perspective d'une belle revente. Ce n'était pas forcément une logique cynique, mais au moins une vision à quelques années. La Françafrique est en train de s'éteindre peut-être parce que le temps de l'Afrique est passé. Le potentiel, décelé dans les années 90 par les clubs européens, a produit son lot de révélations, mais aussi de déceptions, à la manière des 18 millions lâchés par l'OL pour Kader Keita.

Et dans le sillage des débats sur les quotas, des déclarations de Jean-Pierre Louvel, le président du Havre, sur les équilibres ethniques nécessaires à l'harmonie du vestiaire, les clubs de Ligue 1 semblent s'appliquer à désormais repousser ce qu'ils ont longtemps adoré au nom de critères sélectifs souvent assez éloignés du terrain. « Les joueurs français de l'Île-de-France pour la plupart d'origine africaine et les joueurs du continent représentent souvent 75% de l'effectif » , lâche un agent français : « Aujourd'hui, les clubs veulent alléger cette proportion, souvent pour ce qu'ils considèrent comme des problèmes de comportement. » Les grands joueurs de la dernière décennie, El Hadji Diouf, Drogba, Adebayor, Seydou Keita étaient pourtant tous passés, à part Samuel Eto'o, par notre bon vieux championnat. Y compris Yaya Touré, actuellement le seul joueur de classe mondiale du continent, après une furtive saison à l'AS Monaco qui a surtout démontré qu'il pouvait monter bien plus haut. Depuis, la relève se fait attendre et pas seulement en France. « Le niveau des jeunes en Afrique a baissé » , estime Fabien Piveteau, l'agent de Michael Essien et qui a longtemps bénéficié d'une quasi-exclusivité sur les espoirs ghanéens vers l'Europe, « alors que les prix se sont envolés. Liberty Professional demande par exemple 3,5 millions d'euros pour Ezequiel Assifuah, son avant-centre de 19 ans qui a terminé meilleur buteur de la Coupe du monde des U20 en Turquie. Ce n'est pas le prix du marché actuel. »

« Pas une volonté générale de changer de profils de joueurs »


Et puis la France, comme les autres pays, doit désormais composer avec la loi. Au nom de la protection des mineurs, les règlements de la FIFA empêchent désormais de faire signer un joueur étranger avant sa majorité. Les grands clubs contournent l'interdiction en faisant déménager la famille ou un parent, en offrant une belle caisse et un boulot à la maman. Les autres clubs, notamment affiliés à des fédérations pas trop pointilleuses sur les textes pondus à Zürich, font les margoulins, comme le résume un agent : « Dans certains pays, on fait venir les jeunes avec des visas touriste, on leur fait signer un contrat qu'on garde au chaud et on les enregistre seulement à la majorité. En France, c'est pas possible de faire ça, on est beaucoup plus surveillé, même si je suis sûr qu'ils vont s'y mettre bientôt. » Arrivés à l'âge de la majorité, les joueurs ont désormais deux ou trois ans au maximum pour répondre aux attentes et justifier le montant des salaires. «  La fenêtre est donc réduite » , résume l'agent Bruno Satin qui ne voit pas de tendance forte : «  On a toujours eu en France des Africains, mais aussi des joueurs scandinaves, de l'Europe de l'Est ou du Portugal. C'est vrai qu'on a encore quelques clubs qui ont des recruteurs spécialisés sur l'Afrique, comme Lyon ou Lille, mais globalement, je ne crois pas qu'il y ait une volonté générale de changer de profils de joueurs pour changer la manière de jouer. Ceux qui décident, à l'arrivée, ce sont les entraîneurs. Et de ce côté, on est toujours sous l'influence de la frilosité de la DTN qui n'est pas loin de devenir la secte des "restez bien en place ".  » Pour Fabien Piveteau, les clubs français sont toujours à la recherche « de la perle » . « C'est le joueur moyen qui disparaît des effectifs français. Maintenant, on va le retrouver dans les championnats des pays de l'Est ou en Scandinavie.  » Faute de pépite, les clubs français semblent avoir abandonné le coupé-décalé pour se chauffer aux déhanchements latinos, en espérant peut-être refaire le coup de Dario Cvitanich, acheté 400 000 euros grâce à l'œil d'un stagiaire. À bientôt 30 ans, l'Argentin n'est sûrement plus un espoir, mais le retour sur investissement a été immédiat. « C'est la clef » , estime Franck Sale, responsable de la cellule recrutement de l'OGC Nice : « Aujourd'hui, les clubs n'ont plus de patience et, un gars comme Dario, c'est effectivement un rapport qualité/prix fabuleux. Après, un entraîneur comme Claude Puel, vous lui mettez n'importe quel joueur talentueux, il se moque de la provenance. »


L'exemple de Cvitanich, qui appartenait à l'Ajax d'Amsterdam au moment de son transfert, ressemble aux coups de moulasse dont le FC Porto s'est fait spécialiste pour dégoter des talents au fin fond de la pampa et faire des culbutes X30 deux ans plus tard. Sauf qu'en France, on a la culture du chef tout puissant, et les postes de recruteurs servent surtout à offrir une reconversion au joueur emblématique qui vient de partir à la retraite. « C'est l'hypocrisie majeure des clubs de Ligue 1. Les transferts se règlent entre présidents. Ils se mettent autour d'un table, tu me donnes celui-là, je te donne celui-là. Ils ont des cellules de recrutement, mais les présidents se foutent de leurs recommandations » , estime Bruno Satin, pour qui la crise peut être salutaire. « Comme 80% des clubs n'ont plus un rond, ils vont bien être obligés de faire sérieusement de la formation et d'écouter leurs recruteurs pour faire des coups. »

« En France, c'est la peur qui gouverne dans le jeu »


Le PSG et l'AS Monaco n'ont pas ses problèmes de crevards. Et les signatures de Falcao, Cavani, Marquinhos ou James Rodríguez laissent planer l'impression que les deux clubs les plus blindés de la Ligue 1 regardent désormais vers l'Amérique du Sud. « C'est vrai que c'est un peu plus diversifié avec des Colombiens, Vénézuéliens ou Uruguayens, mais les Argentins et les Brésiliens ont toujours été nombreux en Ligue 1 » , estime Omar Da Fonseca : « La différence aujourd'hui se situe au niveau du vécu. En Amérique du Sud, les jeunes apprennent très vite la gagne, contrairement à l'Afrique où les compétitions structurées sont plus rares. Et puis, un pays comme l'Argentine produit tellement de joueurs qu'il est bien normal que le trop-plein se retrouve dans les clubs européens, même plus modestes. » Si les clubs français dépourvus de mécènes russes ou qataris tirent la langue, ils profitent pourtant d'opportunités dans les effectifs de clubs espagnols ou portugais encore plus à la ramasse financièrement. « Quand le Stade Rennais parvient à faire signer Nelson Oliveira, c'est surtout parce qu'il n'a pas reçu de salaire pendant les six derniers mois de son contrat à La Corogne » , relève Bruno Satin. L'agent ne croit pas un instant à un inversement de tendance dans le jeu que laisserait présager l'arrivée de ces joueurs soi-disant techniques qui manquaient tant à la Ligue 1. «  Les entraîneurs en France ne prennent pas de risques. Ils encouragent le non-jeu. Pour eux, la tactique se limite à bien défendre. Parce que cela garantit la sauvegarde de leur contrat. Quand tu vois que Philippe Montanier a préféré quitter la Real Sociedad qualifiée pour la Ligue des champions pour obtenir trois ans de contrat à Rennes, tu peux te poser des questions. » Même son de cloche chez Omar Da Fonseca : « Je vois l'arrivée de ces joueurs sud-américains comme un épiphénomène sans prolongement technique. En France, c'est la peur qui gouverne dans le jeu. On est content d'avoir gardé sa cage vide. Si un entraîneur argentin se félicitait d'avoir obtenu un 0-0, il se ferait retourner la voiture par les supporters. »

Par Joachim Barbier
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