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Zillisheim-Bourtzwiller : la parole est aux héros

Au départ, ce ne devait être qu’une rencontre de District 3, jouée un dimanche matin, à Zillisheim (Haut-Rhin). Puis, l’équipe réserve locale a vu son adversaire, le CS Bourtzwiller, se pointer à huit, jouer avec son coach dans les buts et ramasser la victoire (1-2) la plus dingue de la saison. Les acteurs de l’exploit racontent.

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Casting
  • Toufik Berkat, président du CS Bourtzwiller.
  • Rbehy Berkat, joueur du CS Bourtzwiller II.
  • Faouzi Benhammada, entraîneur de la réserve du CS Bourtzwiller.
  • Michael Lobo, arbitre de la rencontre Zillisheim II-CS Bourtzwiller II.
  • Brian Meyer, capitaine de la réserve de Zillisheim.

    Toufik Berkat : Au départ, ce devait être un match normal. La réserve est une équipe composée de mecs qui ont entre 30 et 40 ans, qui bossent la semaine à l’usine, à la SNCF, qui sont conducteurs de bus... Ils ne s’entraînent pas forcément beaucoup dans la semaine, mais ils se connaissent bien et, comme on a supprimé l’équipe vétéran l’année dernière, l’équipe réserve a une certaine responsabilité. L’objectif, en début de saison, c’était la montée. Il y avait largement la place, on a fait quelques bons résultats, d’autres moins... C’est encore faisable, mais oui, ce match à Zillisheim était important pour pouvoir encore y croire.

    Brian Meyer : Pour nous, c'était important, mais on a la quasi-certitude d'être maintenus. On vient de monter, le club a connu pas mal de succès ces dernières années, a fait un sixième tour de Coupe de France. Là, certains joueurs étaient partis à Lille pour la finale de la Coupe de la Ligue, donc on a pioché quelques joueurs chez les U18 du club.

    Rbehy Berkat : On a l’habitude de jouer l’après-midi, mais là, vu que l’équipe à domicile décide des horaires, le match avait été fixé à dimanche matin, 10h. Depuis quelques semaines, on peine déjà à trouver 14 joueurs, mais on arrive toujours à se débrouiller pour être au moins 12 ou 13. Ce week-end, l’équipe première ne jouait pas, mais comme le règlement le stipule, on n’avait pas le droit de faire redescendre des joueurs en réserve. Alors, il fallait se débrouiller...


    Faouzi Benhammada : J’ai pris l’équipe cette année et là, c’est la première fois que je me suis retrouvé dans cette configuration : un match le dimanche matin. Bon, c’est pas simple, car la majorité des joueurs peinent à se lever le matin... et il y avait le changement d’heure ! La veille, je n’ai pas dormi jusqu’à 1h du matin. Je cherchais des volontaires chez les 18 ans, des joueurs n’étaient pas joignables,
    « Samedi, le gardien est tombé malade et ne pouvait donc pas jouer dimanche. Deux joueurs étaient aussi invités au mariage d’un ami du quartier, ce qui ne facilite pas les choses pour être présent à un rendez-vous à 8h30. Finalement, dimanche matin, on est dans le vestiaire et, à vingt minutes du coup d’envoi, on est sept. À sept, tu ne peux pas jouer, il faut être au moins huit, donc dans notre tête, on n’allait pas pouvoir jouer. »
    d’autres étaient en discothèque, certains avaient éteint leur téléphone... Finalement, je me suis couché en espérant que le problème se réglerait le lendemain matin.

    R.B. : Autre truc qui n’était pas prévu : samedi, le gardien est tombé malade et ne pouvait donc pas jouer dimanche. Deux joueurs étaient aussi invités au mariage d’un ami du quartier, ce qui ne facilite pas les choses pour être présent à un rendez-vous à 8h30. Finalement, dimanche matin, on est dans le vestiaire et, à vingt minutes du coup d’envoi, on est sept. À sept, tu ne peux pas jouer, il faut être au moins huit, donc dans notre tête, on n’allait pas pouvoir jouer. Finalement, un joueur est arrivé et on a presque fait un vote pour savoir ce qu’on devait faire : jouer ou pas jouer ?

    F.B. : J’ai dit aux joueurs que de toute façon, on était réveillés, qu’on avait fait le déplacement, donc autant tenter notre chance et qu’au pire, on arrêterait la rencontre.

    Michael Lobo : Dans ma carrière d’arbitre, j’ai déjà vu des matchs où il manquait un joueur ou deux. Mais là, au départ, ils n’étaient que sept. J’ai dit qu’on pouvait attendre quinze minutes supplémentaires pour voir. Honnêtement, ils étaient partis pour faire forfait.

    R.B. : Je peux te dire qu’on n’a pas parlé de foot une seule seconde avant la rencontre. Le coach tentait surtout de trouver des joueurs, d’en réveiller d’autres. On a commencé à huit contre onze, en 4-2-1, avec un attaquant de pointe et la consigne, pour les autres, c’était simplement de bloquer. Comme on n’avait pas de gardien, le coach a enfilé mon survêtement d’échauffement et a récupéré des gants dans son coffre.


    F.B. : Moi, je n’avais jamais joué gardien de ma vie, c’était vraiment nouveau. Mais bon, j’étais obligé. J’ai demandé aux joueurs de rester en place, de ne prendre aucun risque. Il fallait tenir et piquer en contre. Si tu y réfléchis, comment tu veux faire autrement ?

    T.B. : Vu de l’extérieur, c’était assez lunaire. L’équipe ne s’est pas échauffée et les mecs en face étaient persuadés qu’ils allaient nous exploser. C’est légitime.

    B.M. : Avant le match, je discute avec le capitaine de Bourtzwiller et il me dit : « Je préfère jouer avec huit guerriers que onze mecs qui n'en ont rien à faire. » C'est un peu notre bête noire, mais aussi une équipe de briscards, avec des grands gabarits derrière.

    R.B. : Le match commence et on se rend compte
    « Quand tu es onze, qu’un mec ne fait pas l’effort, ça se voit. Alors, quand tu es huit ou neuf, si un joueur lâche, c’est pire : tu es mort. On commence la deuxième mi-temps comme des guerriers et d’un coup, notre latéral droit, Saber Jedidi, se blesse à la cuisse... Il ne peut plus rien faire ! Il sort, on est de nouveau à huit... C’est l’enfer. »
    que c’est assez équilibré, qu’on tient le coup. Plus le temps avance, plus la motivation augmente. L’idée, c’était de ne pas prendre une valise, on ne voulait pas en prendre dix... Un nul, c’était déjà magnifique. La victoire ? Impossible d’y croire. Et là, au bout d’un quart d’heure, notre attaquant se fait une élongation. S'il sort, on doit arrêter le match parce qu’on se retrouve à sept, donc il passe au but et notre coach passe libéro pendant que le central de base va en pointe. Puis, à la 35e, un autre joueur, Bob, qui s’était planté avec le décalage horaire, arrive et entre. On est neuf sur le terrain, on lui demande de garder le ballon, on cherche le contre. À la mi-temps, ça fait 0-0.

    B.M. : Quand on rentre aux vestiaires, on se dit que ça va le faire : on a la possession, on a des occasions et, même s'ils essaient de gagner du temps à l'expérience, on se dit que ça va se débloquer. Le problème, c'est que quand tu n'arrives pas à marquer...

    F.B. : Là, je suis fier de mes gars. Tenir le 0-0 dans de telles conditions, c’est héroïque. Je ne sais pas si on peut imaginer ce que ça représente de jouer à huit contre onze.

    R.B. : Quand tu es onze, qu’un mec ne fait pas l’effort, ça se voit. Alors, quand tu es huit ou neuf, si un joueur lâche, c’est pire : tu es mort. On commence la deuxième mi-temps comme des guerriers et d’un coup, notre latéral droit, Saber Jedidi, se blesse à la cuisse... Il ne peut plus rien faire ! Il sort, on est de nouveau à huit... C’est l’enfer. Bon, on continue et à vingt minutes de la fin, je fais une longue transversale vers notre attaquant, qui décale l’un de nos défenseurs, Adama Sy, qui ouvre le score. Là, c’est le bordel.

    M.L. : Quand j’ai vu les joueurs de Bourtzwiller à la mi-temps, ils avaient l’air d’y croire. Et, quand j’ai vu le premier but, ceux de Zillisheim se sont décomposés... J’ai dû rappeler les mecs de Bourtzwiller pour qu’ils se replacent. C’était comme s’ils venaient de marquer un but en finale de Coupe du monde, c’était un peu fou comme ambiance. Et bon, c’était pas forcément un match très dur à arbitrer.

    R.B. : Après l’ouverture du score, tu sens que la tension monte d’un cran. On est à huit contre onze, on mène 1-0 chez eux... Alors, le coach demande à ses joueurs de faire tourner le ballon, mais nous, on a une énergie tombée de je ne sais où et on est partout. On avait envie de prouver aux joueurs qui ne s’étaient pas levés qu’on pouvait le faire. En face, ils mettent le paquet, mais on tient et notre défenseur sorti sur blessure, Saber, demande à revenir sur le terrain pour nous filer un coup de main. Il se met en pointe,
    « Je suis supporter du PSG et, ce jour-là, j'ai compris ce que les gars ont pu ressentir contre le Barça ou Manchester United. C'est le match que tu joues 100 fois et que tu gagnes 99 fois sauf que cette fois, tu le perds. Il y a eu ce premier but, puis le second... »
    comme ça il monopolise un joueur, même en boitant. Et, à la 85e minute, Bob est de nouveau excentré, fixe le gardien et centre en retrait pour... Saber ! Il vient de marquer le 0-2 en boitant...

    T.B. : À 0-2, ils étaient K.-0. debout. Faut imaginer, en face, ils jouaient à onze, avec deux remplaçants... La fin de match était angoissante, l’arbitre ne voulait pas siffler, il y avait eu plein de coupures, ils ont réduit la marque sur un corner... C’est tellement improbable comme situation.

    B.M. : Je suis supporter du PSG et, ce jour-là, j'ai compris ce que les gars ont pu ressentir contre le Barça ou Manchester United. C'est le match que tu joues 100 fois et que tu gagnes 99 fois, sauf que là, tu le perds. Il y a eu ce premier but, puis le second... Ils ont fait le match parfait, le match absolu et c'est dur à avaler. En fait, on espère surtout qu'on en rigolera en fin de saison. Pour le moment, on n'en rigole pas trop et on sait que c'est inadmissible.

    F.B. : J’ai 45 ans, je joue au foot depuis mes 7 ans, ce qui fait 38 ans de foot. Bah, en 38 ans, je n’ai jamais vu ça. C’est juste exceptionnel. On a fait la fête dans le vestiaire derrière le match, on va organiser un barbecue pour le match contre Zimmersheim. C’est la preuve que le foot, ça se joue sur un terrain, pas avant. Les mecs d’en face nous ont félicités après la rencontre, ça fait du bien pour la confiance parce qu’à ce niveau, c’est pas toujours simple...


    R.B. : Sur le 2-0, on était pliés en quatre. On se demandait ce qu’on était en train de faire... Finalement, malgré les conditions, on a fait un bon match, il faisait beau. En sortant, l’arbitre était sur le cul. Moi, j’ai jamais vécu ça et j’ai 40 ans. Quand il manquait un joueur, on prenait toujours des valises normalement. Là, on a braqué le truc, entre potes. C’est cool pour le club. Il nous reste quelques journées, ça peut être un déclic et ça nous rajoute des anecdotes. On a écrit notre histoire à nous.

    Propos recueillis par Maxime Brigand
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