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L'OM et le goût de la feta

Face à une équipe surcotée dont le principal danger reste le public, l'OM doit aller chercher sa première victoire de la saison. Plus pour se mettre dans une bonne situation dans son groupe que pour se lancer sa saison, contrairement aux idées reçues.

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Ce qui est bien avec la Ligue des Champions, c'est que l'on peut encore jouer sur les apparences. Nouveau survêtement, nouveau protocole, nouvel ambiance... Après ce piteux début de championnat, on pourrait presque faire croire qu'une nouvelle vie s'amorce dès qu'apparait la piste aux étoiles. Sauf qu'il n'y a pas de quoi faire les malins. Parce que si aucune statistique n'a été sortie, lorsqu'on est entraîneur et qu'on attend la Ligue des Champions pour obtenir le premier succès de son équipe, généralement, on ne passe pas l'hiver sur le même banc de touche. Albert Emon peut en témoigner, lui qui s'était fait éjecter peu après une victoire sur le Besiktas en 2007. Hier, lors du traditionnel point presse de veille de match, Steve Mandanda y faisait d'ailleurs référence : «  On avait vécu une période similaire. Derrière, c'est le même groupe qui a redressé la tendance » . Au détail près que c'est Gerets qui s'était alors mis à diriger les séances...


A la différence d'Emon il y a quatre ans, Didier Deschamps n'est pas menacé. Il a un contrat béton, et le tandem Labrune-Margarita ne jure que par lui. Mais force est de constater que depuis quatre jours, son avenir est au centre des débats. Et ce n'est jamais bon signe. Surtout qu'il faut être honnête, la Dèche navigue à vue. Jeudi, il se déclarait intimement convaincu par son projet de jeu, et que ses joueurs feraient bien de s'y faire parce qu'il n'allait pas lâcher. Un peu plus de 48 heures plus tard, à la fin du match contre Rennes, il concédait avoir pensé à changer de schéma. S'il ne l'a pas fait, c'est, soi-disant, parce qu'il n'avait pas envie de perturber ceux qui étaient déjà sur le pré. Pourtant, il y avait de quoi bousculer les idées en place. Par exemple, Morgan Amalfitano, censé remplacer Valbuena sur l'aile droite au bout de 20 minutes, a systématiquement joué à deux mètres de Lucho, obligeant son entraîneur à bricoler en seconde période. Et finalement, le Vélodrome s'est retrouvé avec Kaboré dans le couloir droit. A l'issue de la rencontre, le coach a préféré protéger sa recrue lorientaise, mais il lui a quand même mis une mandale : « Il a joué à droite, comme c'était prévu. Après, je sais qu'il préfère une position plus axiale. Kaboré aussi. Maintenant, ce n'est pas moi qui vais jouer à droite » .


Hier encore, il n'était pas certain de reconduire son 4-3-3. «  Je réfléchis, je pèse le pour et le contre, je vois de quel côté ça penche. Le plus important, c'est de garder confiance, de s'appuyer sur ce qu'on a fait de bien et de corriger les erreurs qu'on a pu commettre. On aborde une compétition plus élevée, il faut continuer à faire les efforts ensemble » expliquait-il lors du point presse. Au vrai, ce mardi soir, la compétition n'est pas nécessairement plus élevée, parce qu'objectivement, l'Olympiakos n'est pas du niveau de Rennes (là, pas de M'Vila ou de brochette d'attaquants rapides). Au Pirée, François Modesto joue quand même milieu de terrain. Mais voilà, en C1, contrairement à la Ligue 1, il n'y a pas 33 journées pour se rattraper. L'OM doit donc faire un coup d'entrée pour ne pas retomber dans ses travers. Avant l'arrivée de Deschamps, les Phocéens étaient incapables de prendre les six points face à l'adversaire le plus faible de leur poule, ce qui leur valait souvent une élimination rageuse. Malgré l'ambiance grecque, malgré les hésitations en défense qui ont coûté cher ces dernières semaines, l'OM fera l'aller-retour pour récupérer les trois points ce soir. Et dans le contexte actuel, ça représenterait peut-être plus qu'une victoire.

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