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« L’identité ukrainienne est devenue plus forte que l’identité d’ultra »

Avant, les groupes ultras basés en Ukraine entretenaient des rivalités profondément enracinées. Mais les événements de 2014 les ont poussés à se rassembler et, depuis, ils sont unis face à un ennemi commun : le voisin russe. Décryptage avec Olga Ruzhelnyk, chercheuse spécialiste des mouvements ultras ukrainiens, enfin revenue à Paris après avoir vécu plusieurs jours d’angoisse à Kharkiv.

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Tout d’abord, comment allez-vous ?
Maintenant que je suis rentrée à Paris avec ma mère, ça va mieux. Mais à Kharkiv, nous avons passé dix jours dans une cave, à subir des bombardements toutes les deux heures. On ne pouvait ni se reposer, ni sortir. C’était une torture psychologique. Avec ma mère, nous avons fini par nous rendre à la gare et nous avons passé 36 heures dans un train, sans possibilité de nous allonger. Mon cousin est resté à Kiev, il est engagé dans l’armée et est très motivé pour se battre.

« Les ultras étaient à la marge de la société, ils renvoyaient une très mauvaise image. Mais avec l’Euromaïdan et le conflit qui a suivi, ils ont accédé à une forme de normalisation. »

En tant que chercheuse spécialisée dans l’étude des mouvements ultras ukrainiens, vous allez sans doute étudier l'implication de ces derniers dans la guerre contre la Russie, non ?
Je vais probablement pousser en post-doctorat, oui, et donc poursuivre mes recherches sur le sujet (sa thèse, soutenue en juin 2021, s’intitule Ultras du football ukrainien et reconfigurations politiques autour du Maïdan : genèse et transformations d’une figure politique collective en Ukraine post-soviétique, NDLR). Mais là, je n’ai pas assez de recul pour m’exprimer sur les événements actuels, revenez me poser la question dans un an et demi ! La seule chose que je peux dire, c’est qu’aujourd’hui, tous les Ukrainiens, ultras ou non, sont déterminés à défendre leur pays.

Comment avaient réagi les ultras au moment de l'Euromaïdan, entre fin 2013 et début 2014 ?
À cette époque, les étudiants qui manifestaient contre la décision de Viktor Ianoukovytch (proche du Kremlin, le président ukrainien avait choisi de suspendre l’accord d’association entre son pays et l’Union européenne, NDLR) ont été victimes de violences policières. Or, la police, c’est l’ennemi ultime de l’ultra. Les différents groupes y ont vu une injustice et se sont impliqués pour protéger les manifestants face aux forces de l’ordre. Ensuite, la guerre a éclaté dans le Donbass. Les ultras ont alors été nombreux à rejoindre les unités paramilitaires engagées sur le front, comme les bataillons Azov ou Dnipro, tout en conservant leur sous-culture, leur esprit de groupe. Avant, ces supporters étaient à la marge de la société, ils renvoyaient une très mauvaise image. Mais avec l’Euromaïdan et le conflit qui a suivi, ils ont accédé à une forme de normalisation. Reste à savoir si celle-ci sera éphémère ou va encore durer.



« Avant Maïdan, les ultras appartenaient à un groupe, qui se battait face au groupe rival ou contre la police. À partir de 2014, ils ont changé de logique. »

On imagine pourtant qu’il doit y avoir des rivalités historiques entre groupes, des sensibilités politiques différentes. Comment expliquer qu’ils soient unis depuis huit ans ?
Il y a eu une « re-hiérarchisation » de l’identité. Avant Maïdan, les ultras appartenaient à un groupe, qui se battait face au groupe rival ou contre la police. Je précise qu’en Ukraine, ultra et hooligan veulent dire la même chose. À partir de 2014, ils ont changé de logique. L’identité ukrainienne est devenue plus forte que l’identité d’ultra. Prenons l’exemple du Dnipro Dnipropetrovsk et du Metalist Kharkiv. Leurs groupes de supporters entretenaient une rivalité forte depuis la fin de l’URSS. C’était une haine très violente, vraiment. Mais dans les rangs du bataillon Azov, on a retrouvé des ultras du Dnipro à côté de ceux du Metalist. Ils sont devenus combattants ensemble. Et sans aller jusqu’à prendre les armes, d’autres groupes rivaux ont organisé des marches communes avant les matchs, derrière le slogan « Pour l’Ukraine unie » . C’est comme si une trêve avait été signée en 2014. La situation est similaire à ce qu’il s’est passé en Turquie avec Istanbul United, en 2013. Les fans de Fenerbahçe, Galatasaray et Beşiktaş s’étaient unis pour prendre part à un mouvement protestataire. Cela montre bien que le supporter ultra peut, dans beaucoup de pays, changer son identité quand l’objectif est politique.

Quid de l’attitude des ultras des clubs situés dans les territoires séparatistes du Donbass (Shakhtar Donetsk, Zorya Luhansk), ou en Crimée (FK Sébastopol, Tavria Simferopol) ? Étaient-ils prorusses ?
Absolument pas. Ils étaient extrêmement pro-ukrainiens, très patriotes, et ils le sont toujours. Des ultras du Shakhtar et du Zorya se sont engagés contre les troupes séparatistes. En Crimée, la majorité des ultras ont été classés personae non gratae par les autorités russes après l’annexion. Ce qui signifie que s’ils retournent sur la péninsule, ils vont directement en prison.

Des supporters du Zorya Luhansk en déplacement à Rome, en 2021.


« Avec l’indépendance de l’Ukraine, les ultras sont devenus antirusses, anti-Kremlin et même anti-Moscou. »

En filigrane, on comprend que la défiance vis-à-vis de la Russie ne date pas de l’annexion de la Crimée.
Ça remonte même à l’époque de l’Union soviétique. Les ultras étaient anticommunistes. Avec l’indépendance de l’Ukraine, ils sont devenus antirusses, anti-Kremlin et même anti-Moscou. C’est d’ailleurs un sentiment assez commun, que l’on peut aussi retrouver dans d’autres anciennes républiques socialistes, comme aux pays baltes ou en Géorgie. À la fin de l’URSS, il y avait une union anti-Moscou, avec les supporters du Dynamo Kiev, du Dnipro, de Lviv, des Lettons du Skonto Riga et des Lituaniens du Jalgiris Vilnius. Quand l’une de ces équipes affrontait un club de Moscou, les autres ultras de cette alliance faisaient le déplacement pour la soutenir.

Existait-il des liens d’amitié entre groupes ultras ukrainiens et russes, malgré tout ?
Il y avait une connexion, oui. Avant l’Euromaïdan, les ultras du Tchernomorets Odessa et du Metalist Kharkiv étaient amis avec un groupe du Spartak Moscou. Mais évidemment, tout cela a changé. Bien sûr, à l’intérieur même des groupes russes, certains supporters sont contre Vladimir Poutine. Mais ils ont peur. D’ailleurs, ça s’est vu récemment : ils ont préféré attendre cinq heures pour prendre un dernier Big Mac (avant la fermeture de tous les McDonald’s implantés en Russie, NDLR) que de manifester contre leur président.

Des supporters du Dynamo Kiev au Parc des Princes, en 2009.


Propos recueillis par Raphaël Brosse
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