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« L’argent de Colony Capital ne posait de problème à personne parce que l’équipe était nulle »

Cinquantenaire du Paris Saint-Germain oblige, Damien Dole-Chabourine, journaliste à Libération, et Philippe Goguet, fondateur du webmédia CulturePSG, publient Rouge & Bleu. Un ouvrage de quelque 250 pages qui retrace le demi-siècle d'histoire du club de la capitale par le prisme de ses supporters. L'occasion de se pencher avec les deux compères sur l'aboutissement d'un travail de deux ans et demi.

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Pourquoi avoir voulu mettre les supporters au premier plan dans ce livre ?
Damien Dole-Chabourine : L’histoire officielle du PSG est déjà racontée, on ne voyait pas vraiment ce qu’on avait à apporter en plus. Prendre les supporters, regarder l'histoire par le bas, c’est aussi un procédé qu’on voit en sciences sociales. On peut raconter le Classique annulé de 2009, où ça finit en bataille générale, avec la police, l’AFP, les journalistes qui étaient sur place, mais faire intervenir quatre supporters parisiens qui étaient tous à Marseille à ce moment, à des endroits différents, ça permet de prendre de la substance.


Vous dites que « la vie d’un supporter de foot est souvent incomprise » , en citant le quotidien cadencé par les matchs ou le prénom d’un enfant inspiré par une idole. Vous ressentez aussi cette incompréhension personnellement ?
D.D. : Le prénom inspiré d’une idole, je suis totalement concerné puisque mon fils s’appelle Marco. Ce n’est pas du tout anodin, j’ai un peu arnaqué ma femme sur ce coup, c’était vraiment pour Verratti. (Rires.) Des fois, quand je raconte ça, on me dit que je suis un peu débile, alors que d’autres ont décidé d’appeler leur fils par le prénom d'un acteur, d'un personnage de série... Il y a une forme de mépris pour les supporters. Alors qu'il suffirait juste d’écouter les gens parler de leur passion. Très souvent, il en sort de belles choses.

Parmi tous les témoignages présents dans le livre, lequel vous a le plus marqué ?
Philippe Goguet : Ce n’est pas un entretien, mais quand Damien est allé chez la mère de Momo (Mohamed Sayah, supporter historique du PSG décédé en 2016, N.D.L.R.), c’était un moment très particulier, très beau, mais très dur aussi. Elle a revu toute la vie de son fils, alors qu’elle l'a perdu, ça va au-delà du football.
D.D. : J’ai pleuré à chaudes larmes plusieurs fois, on ne va pas se mentir. Elle savait que son fils était fan absolu du PSG, mais elle a réalisé la place qu’il avait dans le supportérisme parisien au moment de son décès. C’est lui qui conservait la quasi-totalité des photos des Supras Auteuil, alors quand tu te retrouves chez elle avec tous les souvenirs de son fils, tu te prends des décennies de supportérisme dans la tête. Si la maman de Momo ne nous avait pas ouvert ses portes, toute une partie des photos qui n’avaient jamais été éditées jusqu’ici ne seraient pas dans le bouquin. Voilà aussi pourquoi cette rencontre est particulière.


« Au début, le PSG de QSI était la risée des équipes adverses, à raison parce que c’était ridicule. On entendait les mouches voler. »

En matière de supportérisme, le Parc des Princes a connu bien des évolutions dans les années 2010, du plan Leproux au retour des ultras. Quel regard portez-vous sur cette période ?
P.G. : Déjà, il faut saluer les types qui sont restés cinq à six ans dehors pour leur liberté, pour leur droit de rentrer au stade. Ces gens-là ont beaucoup travaillé pour retrouver un stade, une ambiance. Au début, le PSG de QSI était la risée des équipes adverses, à raison parce que c’était ridicule. On entendait les mouches voler à une époque. Il faut tirer un grand coup de chapeau à ces gens qui ont mené la contestation. Personnellement, j’ai beaucoup de bienveillance pour ceux qui animent aujourd’hui le Parc. Je suis très content pour la jeune génération qui peut découvrir le stade, c’est beaucoup mieux. C’est de nouveau une des belles ambiances de France, et ce n’est pas rien vu d’où on partait.



« Ce que les ultras ont fait du Parc était de l’or. Robin Leproux, Colony Capital et les pouvoirs publics l’ont recouvert de boue. » Vous employez des mots assez durs.
D.D. : Qui sont totalement assumés. Il y a eu un mort, il fallait évidemment réagir, mais eux ont voulu réagir vite et fort, sans aucune considération pour les nuances. Dans les 13 000 personnes virées du Parc, il n’y avait pas que des ultras durs, il y avait des personnes abonnées à Auteuil ou Boulogne depuis 1970. Ce sont des libertés complètement bafouées. Le PSG a toujours été mon club, mais j’ai pu de nouveau faire corps avec lui quand Leproux a été viré. On ne dit pas qu’il ne fallait rien faire, mais c’était totalement disproportionné. Dire que les seules options étaient soit de laisser les gens s’entretuer, soit de virer tout le monde, c'est être incompétent.


« Quand il y a eu des rumeurs d’un rachat de l’OL par la Chine, les supporters ne parlaient pas de la dictature en place ou des Ouïghours. »

Au sujet du fait que le PSG soit financé par le Qatar, vous écrivez : « Que ceux qui jettent la pierre à la face des Parisiens se demandent auparavant dans quelles conditions sont fabriqués leurs vêtements ou leur smartphone. » Il y a de l’hypocrisie pour vous ?
P.G. : Oui, évidemment. C’est une jalousie un peu mal placée. La plupart des supporters reprochent le Qatar au PSG parce qu’ils n’ont pas un rond. Quand les Saoudiens étaient soi-disant sur le point de racheter Marseille, certains étaient prêts à s’acheter un drapeau et partir à Riyad pour aller leur embrasser les pieds. Quand il y a eu des rumeurs d’un rachat de l’OL par la Chine, les supporters ne parlaient pas de la dictature en place ou des Ouïghours. C’est pareil partout. Ça fait partie du football. Dans les critiques sur le Qatar, je vois surtout des jalousies parce que le PSG peut s’offrir des stars que tu rêves d’avoir dans ton équipe.
D.D. : Colony Capital était un fonds d’investissement qui a pu causer de manière directe ou indirecte le licenciement de plusieurs milliers de personnes à travers le monde. Est-ce qu’on a lu ou entendu que le PSG était le club de ceux qui licencient des ouvriers à l'époque ? Non, rien du tout. L’argent de Colony Capital ne posait de problème à personne parce que l’équipe était nulle. S'ils avaient balancé 500 millions à leur arrivée, bizarrement, il y aurait peut-être eu des enquêtes. Il y a une grande part d’hypocrisie et de jalousie, qui est encore une fois de bonne guerre.

« Okocha, Anelka, Ronaldinho... Dix ans avant l’arrivée du Qatar, certains oublient que Paris signait déjà des joueurs qui faisaient rêver la plupart des fans de foot du monde entier. » La petite phrase de Zlatan est encore en travers de la gorge ?
P.G. : Pour le coup, pas du tout. C’est juste un simple rappel que le PSG, à toutes les époques, a eu des joueurs stars, des joueurs dominants. Ça n’a pas forcément toujours donné de grandes équipes, mais sauf quelques exceptions, le PSG a toujours eu un, deux, trois joueurs de haut niveau, qui auraient été titulaires dans toutes les équipes de France. Ça n’a pas toujours été une équipe qui a gagné, mais c’est quasiment systématiquement une équipe qui a eu une grosse star.

« À un moment donné, Rothen a été pris en grippe par une partie des virages, alors que c’est un mec qui aime le club, on le sait. Il y a ce côté un peu éruptif au PSG. »

Vous évoquez « une tifoseria qui brûle ses idoles pour un détail ou un mot de travers » . C’est propre au PSG ?
D.D. : Je ne suis pas spécialiste des autres tifoserias, mais pour le PSG, c’est quand même assez bluffant. La caisse de résonance est encore plus dingue avec les réseaux sociaux, mais on a pas mal d’exemples dans l’histoire. C’est aussi parfois de la faute des joueurs, quand (Fabrice) Fiorèse fait ce qu’il fait, évidemment qu’il mérite toute notre détestation. À un moment donné, (Jérôme) Rothen a été pris en grippe par une partie des virages parce qu’il avait balancé un tract à la tête d’un supporter. Alors que c’est un mec qui aime le club, on le sait. Il y a ce côté un peu éruptif au PSG.


Vous parlez de Kylian Mbappé comme d’un « cheval de Troie dans toutes les régions de France qui permet aux Rouge et Bleu d’inscrire leurs couleurs dans le décor, y compris en Provence » . C’est l’atout n°1 du club aujourd’hui ?
P.G. : C’est sûr. Mbappé est le meilleur argument de vente du PSG en province. Des maillots Mbappé, tu en vends partout, absolument partout. C’est un international français qui brille à la fois en club et en équipe de France. Il est bon, il est populaire, il a une très bonne image, et le PSG en profite. Un père de famille qui ne blaire pas le PSG, si son gamin aime Mbappé, quelque part, c’est déjà le PSG qui entre dans sa maison. Mbappé a tout pour plaire, ça parle à beaucoup, il permet de rentrer chez des gens qui n’auraient pas forcément apprécié d’autres joueurs du PSG.



Pour faire écho au découpage de votre ouvrage, quels sont votre chouchou et votre ambiance la plus mémorable ?
D.D. : Pour moi, la meilleure ambiance, c’est clairement PSG-Twente 2008. On sortait de la pire saison de l’histoire du club et c'était absolument dingue. Je descends de six rangs quand Peguy Luyindula marque, et à la fin, c’est le KO absolu. Ce match n’a aucune importance dans l’histoire sportive du PSG. En revanche, tous ceux qui étaient au stade te disent que c’est une ambiance marquante. Pour le chouchou, Bernard Lama. Je me rappelle des envolées assez irréelles. Quand je voyais partir une balle en lucarne et qu’il la captait en plongeant, il y avait un côté superhéros.
P.G. : Pour tout ce que ça représente, et surtout la libération au coup de sifflet final, la finale de Coupe de France contre Marseille en 2006 restera un très grand moment. C’était le match qu’il ne fallait surtout pas perdre. Même après le 4-0 contre le Barça, l’euphorie n’était pas la même. C’était vraiment un moment comme tu n’en vis qu’une fois dans ta vie. Et le chouchou, Luis Fernandez. C’est le seul qui a marqué les cinq décennies, qui a été présent tout le temps. Il y a à boire et à manger, je l’ai parfois détesté, mais j’ai appris à l’apprécier avec le temps.


Vous reprenez une citation de Santiago Bernabéu, qui s’adresse aux premiers dirigeants du PSG en 1969 : « Commencez au plus bas comme nous l’avons fait et un jour, peut-être, nous retrouverons-nous face à face au plus haut. » . A posteriori, cette phrase n’est pas loin de résumer l’histoire du club ?
D.D. : Oui, le PSG est vraiment parti de tout en bas, deux fois puisqu'il est redescendu après la scission avec le Paris FC. Selon moi, le PSG qatari, c’est là où doit être le PSG. Je suis un profond amoureux de Paris, de cette région, je l’estime hautement, donc ça me semble légitime et naturel que le PSG occupe cette position de plus grand club français actuel. Et l’un des plus gros clubs européens aujourd’hui.
P.G. : Pour l’instant, le PSG n’est pas encore au sommet comme Santiago Bernabéu le laissait espérer à l’époque. Il y a encore beaucoup à faire. Les dirigeants actuels ont beaucoup d’ambition et c’est ce qui pouvait arriver de mieux à ce club : continuer d’avancer, de vivre avec ce feu intérieur qui est parfois problématique, mais qui le rend aussi très attachant.





Rouge & Bleu : 50 ans d'histoire du PSG racontés par ses supporters, par Damien Dole-Chabourine et Philippe Goguet, aux Editions Marabout.

Propos recueillis par Quentin Ballue
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