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L’Angleterre délaisse-t-elle son foot amateur ?

Le foot amateur outre-Manche perd-il pied ? Clubs en galère financière, nombre de joueurs qui dégringole, terrains délabrés et à des prix exorbitants, infrastructures qui laissent à désirer : la vie n’est en effet pas rose pour les amateurs de « pied balle » , qui demandent des comptes.

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«  Ça devient plus difficile chaque année...  » Frank Felix, trésorier et coach du Rippleway AFC, apparaît désabusé. Ce club, situé dans l’un des quartiers les plus défavorisés de la banlieue Est de Londres, fêtait il y a un an ses 50 ans. Une histoire pleine de trophées régionaux et de fiertés locales : Alex Iwobi, Chuba Akpom ou encore le jeune Stephy Mavididi, parti cet été à la Juventus, ont notamment fait leurs gammes sous les couleurs blanche et rouge. Mais aujourd’hui, le Rippleway AFC se retrouve dans une situation financière plus qu’inconfortable. « Le nombre d’équipes de jeunes au club a beaucoup baissé, quelques sponsors locaux sont partis à cause de la crise et les prix de location des terrains ont flambé  » , décrit le coach. « East Ham Rovers, Riverhawks, Fairbairn : dans le quartier, plusieurs clubs ont disparu du fait de ces problèmes, développe Frank, qui conclut : Cela fait une bonne dizaine d’années que je travaille pour Rippleway, j’espère ne pas être le dernier.  »

Entre 2005 et 2015 : 180 000 licenciés en moins


Le foot amateur à l’anglaise serait-il donc en crise ? C’est en tout cas le terme utilisé par Kenny Saunders, fondateur du mouvement Save Grassroots Football ( « Sauvez le foot amateur » ), lors d’une audition en juillet dernier par le ministère des Sports anglais. Et ce déclin n’est pas nouveau. En 2013, Patrick Vieira, alors entraîneur des U21 de Manchester City, estimait même que le monde amateur en Angleterre avait « trente à quarante ans  » de retard, tant en matière de coaching que d’infrastructures. Cette crise s’est traduite ces dernières années par une forte baisse du nombre de joueurs : depuis 2005, la Fédération anglaise (FA) a perdu 180 000 licenciés, surtout chez les adultes. Autre chiffre alarmant : 2360 équipes amateurs ont disparu entre 2012 et 2015.


Les raisons sont multiples. Un des facteurs souvent mis en avant : l’évolution des pratiques socio-culturelles, qui éloigne les individus de leurs racines locales et les rend plus réticents à s’inscrire et s’investir dans un club amateur. De même, futsal et foot à 5, jugés moins contraignants et plus faciles à organiser, ont progressivement empiété sur le traditionnel foot à 11. Adrian Bevington, ancien responsable à la Fédération anglaise de football, la FA, le reconnaissait en 2017 : « On doit comprendre que de plus en plus de personnes n’ont plus l’opportunité ou l’envie de consacrer leur dimanche matin ou soir à jouer au foot.  » Mais si le foot à 11 classique a perdu de sa stature, peut-être est-ce aussi du fait d’une dégradation générale des conditions de jeu.

Un terrain sur trois dans un état « convenable »


En Angleterre, le gazon a toujours été la norme. Au cours des années 2000, les instances ont négligé le mouvement général d’artificialisation des terrains – le pays ne compte que 883 synthétiques, soit plus de deux fois moins qu’en Allemagne. Un problème, quand on connaît les conditions météo outre-Manche et l’état des gazons anglais qui laisse plus qu’à désirer. « La plupart des terrains en herbe ont été délaissés pendant 40 à 50 ans, sans véritable entretien » , explique Daniel Parnell, chercheur à l’université de Manchester.



En 2014, Pete Ackerley, alors cadre à la FA, s’indignait de « l’état répugnant » des terrains anglais. Car selon la Fédération, un seul terrain sur trois se trouve actuellement dans un état « convenable » . Un enjeu conséquent pour les joueurs, « alors qu’un match sur six se trouve annulé en raison de l’impraticabilité des terrains » , selon Luke Thomson, de la section londonienne de la FA. Ce qui représente quand même 150 000 matchs, en particulier lors de la période hivernale. Pour Daniel Parnell, « ces frustrations et mauvaises expériences de foot au quotidien sont un facteur qui pousse les joueurs à arrêter les frais  » .

« Des décennies de sous-investissement »


Qui est donc responsable de cette situation ? Si les conseils municipaux sont chargés de la gestion des terrains, ils ne sont néanmoins pas les premiers à blâmer, dans un contexte d’austérité qui s’éternise depuis la crise de 2008. « Les conseils municipaux ont subi les coupes budgétaires des différents gouvernements, décrit Luke Thomson, et les premiers budgets sacrifiés par les conseils sont généralement ceux alloués à l’entretien des parcs et terrains. » Des sacrifices compréhensibles, quand ces conseils locaux ont aussi à gérer des enjeux de société comme la forte crise du logement qui touche le Royaume-Uni.


Mais le problème est plus global : « Aucune véritable politique nationale pour le foot amateur n’a vu le jour depuis les années 1960  » , critique Daniel Parnell, qui dénonce le manque de moyens et de ligne directrice. Un constat partagé par Rory Carroll, qui s’occupe de la communication de la Football Foundation, la plus grande organisation caritative sportive du Royaume-Uni : « Le foot amateur anglais a subi des décennies de sous-investissement, ce qui nous laisse avec des infrastructures en piteux état.  »

Louer un terrain : 2000 £ en 2010, trois fois plus aujourd’hui


Autre problème majeur en partie lié aux coupures budgétaires, mais aussi à la privatisation des synthétiques : le prix de location des terrains, qui a explosé dans une grande partie du pays. « Avant, on payait 2000 £ pour louer quatre terrains chaque semaine, décrit Frank Felix. Maintenant, pour ce prix-là, on ne peut plus en louer qu’un seul. » Idem aux alentours de Liverpool, où les prix ont augmenté d’environ 150% sur douze ans. Nombre de clubs galèrent donc et doivent augmenter leurs frais. « Liée à l’évolution des pratiques et à la mauvaise qualité des terrains, cette augmentation des prix fait partir les joueurs vers d’autres alternatives » , explique Luke Thomson.

Le Rippleway AFC, qui s’entraîne désormais dans les environs de West Ham, a ainsi été contraint d’augmenter l’abonnement mensuel des joueurs de cinq livres par mois. Pas facile, dans une localité où la communauté est parmi les plus pauvres de Londres. Les plus défavorisés – les « hard-to-reach » dans le jargon politique anglais – restent parmi les premiers touchés par la situation, alors que des études récentes ont montré que la participation des groupes les plus pauvres stagnait du fait des mesures d’austérité. Et ce, malgré les vœux pieux des récents gouvernements britanniques, qui, depuis les JO de Londres en 2012, ont régulièrement appelé à développer la pratique physique des jeunes, surtout pour les classes populaires.

Mais que fait la Premier League ?


À chaque discussion autour du « grassroots football » , le sujet revient sur la table : pourquoi n’observe-t-on pas plus de ruissellement depuis l’opulente Premier League vers le foot amateur ? Alors que beaucoup dénoncent un manque de participation des divisions professionnelles, des mouvements comme Save Grassroots football ont lancé ces dernières années plusieurs pétitions adressées au gouvernement. Signées par des dizaines de milliers de personnes, elles demandent à l’État de réguler la situation et de sauver le foot amateur, dénonçant les « coupes budgétaires » dans un contexte où les clubs de Premier League se gavent. Pourtant, les clubs pros commencent à s’investir. En 2016, la Premier League a annoncé qu’elle allait réinvestir au moins un milliard de livres sur le deal de 5,5 milliards des revenus télé 2016-2019, soit une augmentation de plus de 40% de son précédent engagement. L’élite anglaise finance aussi des programmes de rénovation des infrastructures avec la FA. La Fédération, elle aussi, semble enfin réagir. Après avoir vu plus de 5% de son budget amputé en 2014 par le gouvernement pour son inefficacité à redresser la courbe de participation dans le foot amateur, la FA s’est réorganisée et a pris conscience de l’ampleur de la tâche, investissant dans des nouveaux programmes.



Finalement, ce sont plusieurs acteurs qui commencent à collaborer ensemble pour trouver une solution, de la FA à la Premier League en passant par Sport England, organisme public qui relève du département des sports. Un exemple : la Football Foundation, cet organisme caritatif créé au début des années 2000 et financé en partie par la Premier League, la FA et le gouvernement. À sa création, plus d’un tiers des terrains était sans vestiaire et plus de neuf terrains sur dix n’avaient aucun éclairage. « Autant dire que le travail était colossal » , avoue Rory Carroll. Mais en 18 ans, l’organisme a réussi à lever un milliard et demi de livres au total pour endiguer les problèmes d’infrastructures. « Je n’aurais pas dit cela il y a cinq ans, mais progressivement, les instances du foot prennent le taureau par les cornes. On observe beaucoup plus d’investissements de la part des instances. »

L’aubaine Wembley ?


Puis en avril dernier, la FA a sorti de son chapeau la vente de Wembley, présentée comme la future poule aux œufs d’or pour le foot amateur. Propriétaire du stade qui accueille les matchs de l’équipe d’Angleterre, la Fédération anglaise est en discussions avancées avec le propriétaire de Fulham Shahid Khan, pour vendre son bien pour 600 millions de livres. Officiellement, cette somme permettrait d’augmenter le financement du monde amateur, à hauteur de 70 millions de livres par an pendant vingt ans.


Mais les critiques sont nombreuses, et des personnalités sont montées au créneau pour défendre un des joyaux du football anglais. C’est notamment le cas de l’ancien Mancunien Gary Neville. Dans une audition parlementaire lors de laquelle il a pu présenter des alternatives pour le financement du foot amateur – comme une taxe sur les frais des agents – le désormais commentateur s’est indigné contre une vente qu’il considère comme un « plan à court terme, que nous regretterons à jamais » . Une gestion plus durable et une vision à long terme : n’est-ce pas justement ce dont aurait besoin le foot amateur anglais ?

Par Nathan Gallo
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