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L'amour et la violence en Libertadores

La Copa Libertadores continue d'avoir de belles histoires à raconter. Au programme : de la violence, beaucoup de violence, et un peu de fraîcheur pour adoucir les mœurs.

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Une minute de silence observée dans un stade à huis clos. C'est dans cette ambiance plombante que le champion en titre et champion du Monde, Corinthians, a disputé le premier match à domicile de sa campagne 2013 de Libertadores. La semaine précédente, une tragédie avait endeuillé son entrée en lice, sur le terrain de San José (Bolivie). Un supporter de 14 ans était décédé après avoir reçu une fusée envoyée par un fan du Timao. Sanction de la CONMEBOL : les matches de Libertadores des Corinthians se joueront à huis-clos pendant deux mois. Une décision qui rendait caducs les 80 000 billets déjà vendus par le club paulista pour sa phase de poules. Mais la sanction a finalement été annulée, ou plutôt modifiée, jeudi, par la CONMEBOL. Le reste des rencontres à domicile des champions du monde se jouera bien avec le soutien de leurs supporters, mais ceux-ci ne pourront plus se déplacer pour soutenir le Timao pendant 18 mois. Face aux Millonarios, l'unique rencontre finalement disputée à huis clos, quatre fans du Timao sont tout de même parvenus à prendre place au sein du Pacaembu. Un recours devant la justice, pour faire valoir leurs droits de consommateurs, leur a permis d'assister à la victoire de leurs protégés (2-0). Une centaine d'autres torcedores se sont massés à l'extérieur du stade et ont célébré les buts d'Alexandre Pato et de Paolo Guerrero. En Bolivie, douze supporters des Corinthians sont toujours emprisonnés. Un fan de 17 ans s'est pourtant présenté, à São Paulo, en compagnie des avocats du club, pour se déclarer coupable du crime. Des aveux, peut-être pas si sincères, qui n'ont pas convaincu la justice bolivienne. Au Brésil, un mineur ne peut être extradé.

Violence toujours. La rencontre entre Peñarol et Vélez Sarsfield a dégénéré en tribunes. La mesure semblait pourtant à l'ordre du jour. Après la tragédie survenue en Bolivie, les supporters manyas avaient ainsi décidé de n'utiliser aucun engin pyrotechnique. Mais quand les riverains du Rio de la Plata se frottent, les étincelles tardent rarement à jaillir. Dès la première période, les échanges de projectiles ont débuté : des pierres et des sièges. Au terme de la rencontre, les hinchas du Fortin ont saccagé des loges du stade Centenario, avant d'aller en découdre à l'extérieur avec les fans carboneros, d'autant plus remontés après la défaite des leurs (0-1). Sur le terrain, l'ambiance a également été tendue. En témoigne, ces crampons de Dario Rodriguez imprimés dans la cuisse de Francisco Cerro (voir vidéo, 1'55). Une intervention irrégulière qui boxait dans la même catégorie que celle tant commentée du défenseur d'Arsenal Sarandi sur Ronaldinho. Autre victime de la bouillante soirée au Centenario, Fernando Gago, sorti dès la première période. Fidèle à ses bonnes habitudes, l'ex Merengue et recrue phare de Vélez, s'est blessé tout seul. L'attitude belliqueuse des fans du Fortin n'a pas été sans conséquence. La CONMEBOL a décidé que le match retour face à Peñarol se disputerait à huis clos, et les hinchas de Vélez seront privés de déplacement jusqu'à d'éventuelles demi-finales. Une sanction définitive ?

Vidéo

Un peu de fraîcheur dans ce monde de brutes. Tout d'abord avec les clubs vénézuéliens. A l'image de la Vinotinto, ils ont troqué leur statut de victime expiatoire pour se convertir en adversaires contrariants. Ainsi, pour la première fois de leur affligeante histoire en Libertadores, les clubs vénézuéliens ont enchaîné trois rencontres sans connaître la défaite. Le Deportivo Lara a signé la performance la plus remarquable en dominant le Newell's Old Boys de Gaby Heinze et Maxi Rodriguez (2-1), avant d'arracher un match nul sur le terrain miné de l'Olimpia, triple vainqueur de la Libertadores. La série a pris fin quelques heures après l'annonce du décès d'Hugo Chavez, avec une correction reçue par le Caracas FC face au Gremio de Ze Roberto (4-1, doublé pour l'ex du Bayern). Au préalable, l'ex employeur du Nantais, Fernando Aristeguieta, avait défait Huachipato, le surprenant champion chilien, qui a tenu en échec, mercredi, le Fluminense de Fred (1-1).

Mais la vraie belle histoire de cette Libertadores n'est pas vénézuélienne. Elle est péruvienne. Le Real Garcilaso en est l'auteur. Un club inconnu de tous il y a peu. Et pour cause, il a été créé en 2009. Cette jeune institution doit son existence à un groupe d'ex élèves du Colegio Garcilaso de la Vega, établissement scolaire privé de Cuzco, l'ex capitale de l'empire inca. Avec un effectif où prédominent Péruviens et Paraguayens, le vice-champion national survole, pour le moment, le groupe 6 de la Libertadores. Pas timide, le néophyte à l'ascension éclair est allé s'imposer par deux fois sur terrain adverse : face au Cerro Porteño (Paraguay) et au Deportivo Tolima (Colombie). Une victoire à domicile lors de la phase retour suffira à qualifier les Incas pour les huitièmes de finale. Le stade du Real Garcilaso culminant à 3200 mètres, au moins un adversaire devrait s'y asphyxier.

Par Thomas Goubin
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