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  2. // 8e de finale
  3. // Allemagne/Algérie (2-1 ap)

L'Allemagne chourre la victoire

Dans une rencontre longtemps vierge, mais d'une intensité rare, la Mannschaft est venue à bout d'une équipe algérienne héroïque (2-1). Une sortie avec les honneurs des Fennecs qui laissent désormais place à un quart de finale chargé d'histoire : France-Allemagne.

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Allemagne - Algérie
(2-1)
A. Schürrle (92'), M. Özil (120') pour Allemagne , A. Djabou (120') pour Algérie.


Comment croire à l'aventure algérienne ? Cet après-midi, au détour des cafés, autour de la photocopieuse, à la maison, il ne faisait aucun doute : la France et l'Allemagne allaient se retrouver en quarts de finale, pour un ultime remake de leurs pérégrinations en Coupe du monde. Et puis, la France a dû lutter pour se défaire du Nigeria. Comme un signe. Comme le signe que cette année au Brésil, la compétition n'est régie par aucune logique. Alors, l'espoir de quelques Fennecs fanatiques s'est étendu aux plus pragmatiques. Annoncée comme ultra favorite, la montagne teutonne pouvait ce soir se prendre en pleine face celle de l'Atlas. Alors à 22h, sans aucune autre logique que celle qui guide les partisans, l'Algérie est entrée sur le terrain avec une autre stature. Celle d'une équipe prête à bousculer l'ogre prétendu pour écrire les plus belles pages de son histoire. Et l'aventure prit presque forme.

L'école de la rue


À Porto Alegre, deux coachs pénètrent sur la pelouse. D'un côté, Joachim Löw, chemise bleue satinée, présente sa moumoute bien peignée. De l'autre, coach Vahid, chemise blanche de circonstance, présente sa chevelure inégale. Et si la tendance veut que l'on moque les dégarnis, l'opposition capillaire est pourtant symbolique. Aux Allemands les classiques, aux Algériens le cheveu fou. En effectuant 5 changements par rapport à la qualification héroïque face à la Russie, l'ancien technicien parisien a fait des choix. En face, seul Kedhira manque à l'appel, remplacé par Schweinsteiger. Mais le rouleau compresseur allemand peine à prendre ses marques face à la tactique de l'injustement moqué Halilhodžić. Car comme prouvé ces derniers temps, l'école guardiolesque est à la peine. Déchaînés, les Fennecs mettent une pression folle à la Mannschaft, venue pour développer son jeu tout en possesion et projection rapide vers l'avant. Et rien ne passe. S'enfonçant inexorablement vers une défense de guerriers, Özil et ses partenaires comprennent alors que la soirée sera un combat. Un combat presque mortel, tant Feghouli par ses dribbles, Slimani sur une tête plongeante malheureusement signalée hors-jeu et Ghoulam sur un tir en angle fermé, tentent d'assassiner une équipe qui ne s'attendait certainement pas à autant d'ardeur.

Chaleur allemande


Mais habituée des joutes, l'Allemagne ne peut ignorer les assauts répétés de son adversaire. Réveillés par les sorties kamikazes de Neuer, les hommes de Löw sortent peu à peu les armes. Les estocades ne sont pas toutes tranchantes, mais M'Bolhi se doit tout de même de sauver la patrie en réalisant quelques envolées lyriques. Sans abandonner, les Fennecs se doivent de courber l'échine. Car après la pause, le contrôle des opérations est teuton. Plus précis, moins pressés aussi, les Allemands enchaînent débordements et frappes lointaines. Lahm, Kroos, Müller, tous s'essaient à l'exercice sans y trouver la réussite nécessaire. Mais il y a toujours un pied, une tête, un gant : tout semble s'opposer à l'inévitable parachèvement du destin allemand. Comme s'il ne voulait pas de cette victoire attendue. Comme si cette année, le football avait décidé de redistribuer les cartes pour récompenser le courage du faible en lieu et place du talent du puissant. Ainsi, quoi de mieux qu'une prolongation pour juger de la véracité d'une prophétie.

Froideur teutonne


L'un des entrants n'a pourtant rien à foutre de ces destinées glorieuses. André Schürrle, frais comme un gardon, aborde les trente dernières minutes comme il a fini la partie : avec fougue et talent. Sans doute trop heureuse d'avoir entendu le coup de sifflet mettant fin au temps règlementaire, l'Algérie lâche pour la première fois. Une échappée de Müller, un centre au cordeau, but d'André (93e). Mais il faut croire que le destin est taquin. Au duel, c'est d'une Madjer à moitié ratée que le joueur de Chelsea parvient à trouver les ficelles. Les Fennecs ne se remettront jamais de cette ouverture du score. Après avoir tenu, résisté et même inquiété cette Mannschaft, les partenaires d'Essaid Belkalem ne peuvent contrarier l'histoire qui s'écrit sous leurs yeux. Ainsi, ils observent Özil mettre fin au ballet héroïque d'une lourde frappe dans le but vide. Ou presque. D'une reprise rageuse, Djabou met un point d'honneur à ne pas laisser l'Algérie sans une dernière once de bonheur. Pas suffisant certes, mais symbolique. Et Dieu sait que dans une aventure, le symbole vaut parfois plus que le résultat.

Par Raphael Gaftarnik
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