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Krimau : « Pourquoi le Maroc ne pourrait-il pas refaire comme en 1986 ? »

Alors qu’ils affrontent le Portugal dans une rencontre déjà capitale, les Marocains peuvent toujours croire en une qualification. La preuve, en 1986, les Lions de l’Atlas terrassaient le Portugal pour se qualifier en 8es de finale. Entretien avec Abdelkrim Merry dit « Krimau » , buteur en 1986 et l’un des plus beaux noms du football marocain.

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Alors Krimau, comment tu la sens, cette Coupe du monde 2018, pour le Maroc ?
« On ne pourra juger la campagne du Maroc qu’à la fin du match contre l’Espagne. À ce moment-là, on pourra faire un bilan. »
C’est une équipe jeune et talentueuse. L’avenir de notre football passe par des participations en Coupe du monde, en Coupe d’Afrique, pour acquérir de l’expérience dans les grands rendez-vous. Cette défaite contre l’Iran est arrivée, c’est frustrant, mais c’est le football. On prend un but contre notre camp, mais qui n’a jamais marqué un CSC ? On est tous passés par là. Avec toutes les surprises qu’il peut y avoir, le Mexique qui bat l’Allemagne, le Japon qui bat la Colombie... Le plus important, c’est d’enchaîner de la meilleure des manières. Et ça passe par une victoire contre le Portugal. On ne pourra juger la campagne du Maroc qu’à la fin du match contre l’Espagne. À ce moment-là, on pourra faire un bilan.

Quelles sont les qualités de cette équipe ?
Défensivement, ils sont solides, ils ne prennent pas beaucoup de buts. C’est une qualité d’être généreux, mais ça ne remplacera pas l’expérience du haut niveau mondial. Pour la plupart des joueurs, c’est leur première Coupe du monde. Pour le moment, mon bilan est mitigé, mais il y a la place d’aller gratter quelque chose.


Objectivement, ça va être très dur d’aller chercher une qualification...
Évidemment, mais comme ça, ça t’oblige à aller chercher les trois points. Et ils le savent. Une réunion a été faite avec le président et les joueurs, pour mobiliser tout le monde. Il ne faut pas penser qu’on joue contre les champions d’Europe. On joue contre onze types et, à partir de là, tout est possible. On l’a bien fait en 1986, alors pourquoi on ne pourrait pas rééditer ce même résultat ?

D’ailleurs, comment vous vous sentiez avant d’arriver à cette Coupe du monde 1986 au Mexique ?
Nous étions confiants et préparés, que ce soit au niveau physique ou mental. Nous sommes partis trois semaines avant le début de la compétition. Nous étions basés à Monterrey et on a bossé comme il le fallait. On avait de très bons joueurs et certains, qui étaient déjà professionnels, amenaient ce petit plus. Les conditions étaient délicates pour les nations européennes. La chaleur était terrible, mais on avait l’habitude au Maroc. on joue souvent entre midi et deux heures où il fait 38°. Donc la chaleur n’était pas un facteur qui jouait contre nous.



Quelles étaient les grandes qualités et les grands défauts de votre équipe ?
« Notre plus grande qualité était qu’on était présents dans les grands jours. On était une équipe généreuse, offensive et qui ne se posait pas de questions. »
Il y avait trois-quatre joueurs qui évoluaient en France, pas plus. Les locaux étaient très bons en championnat et étaient de vrais stars chez nous. Notre plus grande qualité était qu’on était présents dans les grands jours. On était une équipe généreuse, offensive et qui ne se posait pas de questions. On essayait de pratiquer un football-spectacle. Mon seul défaut est que je suis quelqu’un qui ne dit jamais non. C’est le problème de ma carrière et de ma vie privée. Bien sûr, ça a pu me faire défaut, mais c’est la vie. Nous avons été habitués par nos parents à être disponibles pour les gens, à aider les autres.

Tu parlais de beau jeu : à l’époque, le coach de la sélection était le Brésilien José Faria. C’est lui qui vous a inculqué cette culture ?
Bien sûr ! Lui, son plaisir, c’était le beau jeu. Pour moi, le beau football, c’est un jeu offensif, avec des buts. Il ne faut jamais donner l’impression de défendre à dix. Parfois, il y a des matchs qui sont d’un ennui monstre. Les deux équipes prennent plus soin de défendre que d'attaquer. À partir de là, les supporters regardent la rencontre d’une autre manière. Ce n’est pas du spectacle. La Coupe du monde 1958, celle de Pelé, c’était un football d’aura. L’Argentine 1978 aussi, c’était un football d’inspiration. Maintenant, c’est le football « schéma » . On ferme tout derrière, on cadenasse et puis voilà. Nous regrettons beaucoup la mort de Faria, c’est quelqu’un qui nous a beaucoup apporté, au niveau du football.


Tu te souviens précisément du contexte du match contre le Portugal, en 1986 ?
« En allant à Guadalajara, on s’était acclimatés à l’altitude et on était beaucoup mieux qu’eux, sur tous les points. »
Bien sûr. On avait fait deux nuls contre la Pologne de Boniek (0-0) et l'Angleterre de Lineker (1-1). Avec ces deux nuls, il nous fallait aller chercher la victoire contre le Portugal pour se qualifier. Alors, on est allés la chercher. En allant à Guadalajara, on s’était acclimatés à l’altitude et on était beaucoup mieux qu’eux, sur tous les points. D’ailleurs, ça se voit vite car au bout de vingt minutes, il y a déjà 2-0...

C'est toi qui marques le troisième but marocain.
Tout part d’une superbe action à une touche de balle. Je crois, d’ailleurs, que tous nos joueurs touchent le ballon durant cette phase de jeu. Alors que je suis en pleine course, on m’adresse un centre, je le contrôle et je finis plat du pied. En revanche, je trouve que la passe qu’on me fait est plus belle que le but !



Qu’est-ce que tu te dis quand tu marques ce but ?
Je pense à ma carrière, à ma famille, au football marocain, à tous les gens qui m’ont soutenu... En l’espace de trente secondes, tu te repasses ta carrière, tu te dis que t’as marqué un but en Coupe du monde et en plus, un but qui fait gagner le Maroc. La cerise sur le gâteau, c’est qu’on devient la première équipe africaine à passer le premier tour. Tout ça, tu te le rentres dans le cerveau et tu te dis « Merci bon Dieu » .

Qu’est-ce que vous avez fait après cette victoire ?
« L’objectif, c’était d'entrer dans l’histoire et de montrer à l’Afrique que c’était possible de passer un premier tour. »
On dansait dans les vestiaires, on faisait la fête... on était heureux ensemble. On a même reçu un coup de téléphone de Sa Majesté. Bon, ça, c’était un plus. C’est surtout le fait de voir 35 millions de personnes heureuses, au Maroc. Tout le monde était sorti dans la rue pour y faire la fête. Jamais on avait vécu ça, tout le peuple marocain était dans la rue ! (Rires.) L’objectif, c’était d'entrer dans l’histoire et de montrer à l’Afrique que c’était possible de passer un premier tour.


Vous êtes ensuite éliminés par l'Allemagne en huitièmes. Quel a été l’accueil, lors de votre retour au pays ?
On a été accueillis par 100 000 personnes dans un stade, avec le Roi. On faisait des tours de terrain pour remercier les gens. Jamais je ne pourrai oublier ce moment. C’est quelque chose qui reste gravé. On a représenté l’Afrique dignement et on a été récompensés à notre retour, à Casablanca. Même aujourd’hui, les gens continuent à nous parler de cette Coupe du monde 1986. Dès que je sors de la maison, les gens viennent m’en parler. Les Marocains adorent le foot et leurs joueurs. Les gens nous aiment et on aime les gens.





Propos recueillis par Gad Messika
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