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Kader Bamba : « Si le Real Madrid veut mon petit frère, je lui dirai non »

À la suite du décès de Jeremy Witsen (17 ans, Manchester City), Kader Bamba s’était illustré sur son compte Instagram avec un long texte plein d'humanité. Un peu plus d’un an après avoir signé son premier contrat professionnel à 24 ans, et à l'heure de rendre visite à Marseille pour le compte de la 12e journée de Ligue 1 (17h), l'ailier nantais revient sur sa trajectoire sinueuse et les galères dans les centres de formation.

Qu’est ce qui t’a poussé à réagir au suicide de Jeremy Wisten ?
À son âge, j’ai été viré du centre de formation de Toulouse et j’ai voulu rappeler aux jeunes que ne pas être conservé ne veut pas dire que tout est terminé. Aujourd’hui, avec l’explosion de joueurs comme Mbappé ou Dembélé et des jeunes qui commencent à jouer en Ligue 1 dès dix-sept ans, ceux qui ne sont pas professionnels à cet âge se disent qu’ils ont définitivement échoué et qu’ils ne rebondiront plus jamais. En plus, aujourd’hui, les réseaux sociaux montent à la tête des jeunes. Par exemple, mon petit frère de douze ans connaît tous mes faits et gestes à la minute près, c’est impressionnant.


Sur le coup, comment avais-tu vécu ton départ du centre de formation ?
Quand tu es jeune, tu veux juste t’amuser, tu ne penses pas forcément à ta carrière. À quatorze ans, lors de ma première année au centre de formation de Toulouse, je ne jouais pas du tout. Je regardais mes coéquipiers jouer de ma chambre, sans explication. Avec Hassane Kamara, qui est mon pote et qui était aussi « blacklisté » au TFC, on se préparait déjà au côté sombre de la formation, mais on l’ignorait. Tu quittes tes parents, tu vas à l’autre bout de la France et on t’enlève déjà le plaisir de jouer au football. Mon petit frère veut devenir footballeur, mais aujourd’hui, même si c’est le Real Madrid qui le veut, je lui dirai non. On peut t’enlever le plaisir de ce sport en à peine quelques jours, c’est cruel. Moi par exemple, je ne jouais au foot qu'à la récréation et j'ai pris ma licence après qu'un surveillant m'a conseillé de le faire. Après les cours, on jouait sur le terrain à côté de chez moi, il y avait beaucoup de recruteurs. Des mecs du Paris FC ou du Havre me demandaient de rencontrer mes parents. J’étais tellement insouciant que je disais : « Oui monsieur, attendez deux minutes, je finis le match. » Cette insouciance d'enfant, on peut l'enlever très vite au centre de formation.

Est-ce que pendant ta formation, tu sentais une pression supplémentaire vis-à-vis de ta famille ou de ton quartier ?
J’ai un cercle d'amis très fermé dans mon quartier depuis tout petit, donc cette pression, je ne l’ai pas ressentie. Mais plus tard, après l'échec de mon essai à Auxerre, j'ai eu le droit à pas mal de sous-entendus. Devant eux, je faisais le grand garçon, je restais fort, mais au fond, ça me faisait mal. Moi, je suis quelqu’un de rancunier et de têtu. J’encaisse, puis je me dis : « Ok, toi, tu verras, je vais te montrer qui je suis. » Pour ce qui est de ma famille, ma sœur faisait de l’athlétisme à un très bon niveau, mais elle avait arrêté. Du coup, j’étais le seul sportif et je commençais à me sentir un peu mal, car tout le monde essayait de me rassurer, mais au fond, je sentais de l'inquiétude. Inquiéter ses proches, c’est un sentiment vraiment compliqué à gérer.


Comment tu as fait pour traverser cette période douloureuse ?
J'ai fait en sorte de m’entourer uniquement de mes amis très proches et ma famille. Je savais que le reste pouvait être toxique. Mes potes m'interdisaient d'avoir le même rythme de vie qu’eux, surtout le soir. Mais imaginez quelqu’un qui est mal entouré ? Il sombre directement. Par exemple, après mon renvoi de Toulouse, je voulais retourner jouer dans le club de mon quartier, mais mes potes m'ont dit que c’était un mauvais choix. Après l'épisode du TFC, je n’ai pas eu le temps de douter, car Sedan est venu me chercher. Je faisais mes preuves, mais le club a fait dépôt de bilan. Ensuite, je fais un essai à Auxerre, ça se passe super bien, et une semaine après, on m’appelle pour me dire que c’est mort. Mon ancien entraîneur de Sedan avait intégré le staff auxerrois et leur avait dit qu’avec mon comportement, il ne fallait pas compter sur moi. Quand j’ai appris ça, en revanche, ça a été très compliqué. Pendant un an, j’étais livreur de sushis avec mes potes et je jouais au foot seulement au quartier. Je sentais que j'étais observé. J’étais en roue libre, je m'endormais à quatre heures du matin et je rendais tout le monde triste à la maison. Je voyais de la déception, donc je faisais en sorte de rentrer le plus tard possible pour ne pas croiser leurs regards. Et puis d'un coup, à 23 ans, un agent m’appelle, alors que je joue en D1 District. Il me dit qu’il veut m’envoyer au Mans en N3, et en quelques mois, des clubs de Ligue 2 me voulaient.

« Pour moi, le formateur se doit de te regarder dans les yeux et de te demander : "Si je te vire demain, tu comptes faire quoi ?" Si tu ne prépares pas les jeunes, c'est impossible qu’ils sachent ce qu’ils comptent faire après le centre. »

Est-ce que tu ressens le besoin de prévenir des dangers du football ?
Quand je les croise, je parle aux petits du centre de formation, car j’aime discuter et rigoler avec tout le monde. Mais la plupart de ces petits ne connaissent pas ma trajectoire atypique, donc tant qu’ils n’abordent pas le sujet, je ne dis rien. Pour te dire, Jean-Kevin Augustin, qui vient de signer à Nantes, a été choqué de mon parcours. Il est allé demandé à tout le monde pour savoir si c'était vrai. Les jeunes au centre de formation, ils n’aiment pas parler de leur vie, donc tant qu’ils ne viennent pas te voir, tu ne rentres pas dans les sujets sensibles. Après, si demain, l’un d’eux vient me voir pour des conseils, ce sera avec grand plaisir que je prendrai le temps de répondre.

Est-ce que tu as vu des jeunes mal tourner parce qu'ils n'avaient pas réussi à passer pro ?
Clairement, oui. Certains étaient surclassés et jouaient même en équipe de France. Aujourd’hui, ils ne touchent plus un ballon, il sont dégoûtés à vie du football. Si t’es pas costaud dans la tête et que t’es mal entouré, tu vas couler. Tes potes jouent au foot, toi t’es rentré au quartier avec ta valise. Tu deviens fou.

Est-ce que tu as été aidé lorsque que tu étais au centre de formation ?
À mon époque, c’était bien entendu le foot en priorité. Ils abordaient avec nous le fait qu’il fallait être bon à l’école, mais c’était histoire de dire « regardez on les pousse à étudier aussi » , alors qu’en réalité, c’est hypocrite. Pour moi, le formateur se doit de te regarder dans les yeux et te demander : « Si je te vire demain, tu comptes faire quoi ? » Si tu ne prépares pas les jeunes, c'est impossible qu’ils sachent ce qu’ils comptent faire après le centre. Moi, après avoir été écarté, je n’ai pas reçu d'appel. Tu es laissé dans la nature. En plus, aujourd'hui, il y a des agents qui prennent beaucoup de place. Je pense que les formateurs se disent que de toute manière, tu as un agent qui s’occupera de toi.

« Le petit, il est à Manchester City, dans l'un des meilleurs clubs du monde, il se dit qu’il a les capacités pour réussir, et un jour, on lui demande de faire ses valises. Il faut savoir relativiser, mais à 17 ans, tu ne réfléchis pas pareil, surtout quand tes potes sont encore au centre... »

Comment les centres de formation pourraient-ils être améliorés ?
Il faudrait prévenir les jeunes qu'ils ne vont pas forcément réussir. Quand tu arrives en centre de formation, tu te dis que tu vas réussir puisque tu as été pris là-bas. Alors qu'en réalité, c’est seulement un joueur sur quatre ou sur cinq qui va passer professionnel. Si on prévient qu’il y a un risque d’échec, tu peux envisager peut-être déjà une autre alternative. Le plus dur, c’est de retourner chez soi. Moi, ce qui m’a aidé, c’est que je m’en fichais. Quand je suis sorti du bureau et qu’on m’a dit que je n'étais pas gardé, les autres jouaient à la Play. Je suis revenu, je leur ai dit : « Les gars, je m’en vais. » Personne ne me croyait, j’ai fait mes affaires, je suis venu leur dire au revoir et je suis rentré chez moi. Et encore, moi, c’est Toulouse, mais là, imagine, à Manchester City... Le petit, il est dans l'un des meilleurs clubs du monde, il se dit qu’il va réussir, qu’il a les capacités pour, et un jour, on lui demande de faire ses valises. Il faut savoir relativiser, mais à 17 ans, tu ne réfléchis pas pareil, surtout quand tes potes sont encore au centre.


Est-ce que tu y croyais encore quand Nantes t’a fait signer ?
Je n’étais pas surpris. Je n’avais pas que Nantes. L’année d’avant, j’avais déjà des propositions de clubs de Ligue 2.

Si tu n'avais qu'un seul conseil à donner aux jeunes en centre de formation, ce serait quoi ?
Persévérer quoi qu’il arrive. Que tu échoues ou que tu réussisses, charbonne, car même si tu deviens professionnel, il faudra que tu continues de travailler. Attention, moi, je ne l’ai pas fait, mais finalement, ça reste mon conseil. Pendant longtemps, je me suis dit que comme j'étais fort, j'allais forcément réussir.


« En France, on ne parle jamais des petits qui sont mis dehors. Un suivi, même minime, c'est important. Ça ne coûterait rien aux clubs d’appeler une minute un petit qui n'a pas été conservé pour lui permettre de garder de l’énergie et du courage. »

Est-ce que selon toi, les jeunes des centres de formation sont assez sensibilisés à la question de la dépression ?
Non. Quand j’étais à Toulouse, personne n'en parlait. Tous les gens te disent que t’es fort, que t’es le meilleur, mais du coup, c’est dangereux pour toi. Tu te dis qu’il ne peut rien t’arriver, mais du jour au lendemain, un meilleur joueur que toi peut débarquer, et c'est fini pour toi. Maintenant, je suis loin de tout ça, mais c'est vrai qu'en France, on ne parle jamais des petits qui sont mis dehors. Un suivi, même minime, c'est important. Ça ne coûterait rien aux clubs d’appeler une minute un petit qui n'a pas été conservé pour lui permettre de garder de l’énergie et du courage. Si tu as un entraîneur qui te dit ça, forcément tu vas être reboosté.

Sur un plan plus personnel, est-ce que toi tu as connu des phases de dépression ?
Non. Je dirais plutôt des périodes compliquées. Parfois, je vivais vraiment en décalé par rapport à ma femme. Au lieu de m’endormir le soir comme tout le monde, je me couchais à 8h et je me levais quand les gens allaient dormir.

Propos recueillis par Julien Bialot et Diren Fesli
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