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Justine : « On a organisé un match entre 11 punkrockers et 11 mineurs isolés »

Les fils spirituels de François Bégaudeau, chantres du « punk-rock à une touche de balle » , tranchent avec la scène punk où le foot est souvent mal perçu. De l'amateurisme aux exploits du FC Nantes, le ballon rond est pourtant présent partout dans les textes de Justine, qui revendique le mélange entre foot et politique. Entretien à crête et sans contrôle.

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Comment le foot est devenu un de vos thèmes récurrents ?
Alex : Olive joue avec son frère et d’autres gars de Treillères, à coté de Nantes. Moi aussi, jusqu’en seniors. Il y a une grosse communauté de punk-rockers qui joue au foot là-bas. Le club de foot du village a été un gros lieu de sociabilité. Et comme c’était la période glorieuse du FC Nantes, on allait voir le club latter tout le monde à la Beaujoire avec ce jeu qui était absolument incroyable. Dans l’idée du punk-rock, il y avait cette idée de force du collectif, d’envie de faire les choses à plusieurs, on a un peu pris cette image-là, du jeu à une touche de balle.

Vous avez eu un retour sur la chanson Jean-Claude Suaudeau qui apparaît dans votre album Accident n°7 ?
« Sur le même album, on parle aussi de Chris Waddle et Tony Vairelles. D’un coté le jeu esthétique et fou, de l’autre la puissance, le cheval qui va tout droit. »
Alex : Il y a une rencontre qui a failli se faire, puisqu'on avait un pote qui jouait à Orvault Sports, entraîné à l’époque par Georges Eo. Il lui a passé la chanson, on sait que Jean-Claude la connaît, mais la rencontre ne s’est jamais faite. Je crois que ça l’a amusé. D’ailleurs, ce texte est parti d’une interview de Suaudeau faite par François Bégaudeau dans So Foot ! Pour nous, c’est devenu un titre phare, l’un des hymnes du groupe. Sur le même album, on parle aussi de Chris Waddle et Tony Vairelles, des mecs qui sortaient du lot dans les années 1990. D’un côté le jeu esthétique et fou, de l’autre la puissance, le cheval qui va tout droit. Leurs âmes, ce qu’ils dégageaient comme personnes, ça m’intéressait.

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Dans votre premier album, il y a une chanson qui s’appelle L’Équipe C, qui parle de l’esprit de lose dans les catégories amateurs. C'est le foot que vous aimez ?
Alex : L’Équipe C, c’est un collectif qui dysfonctionne. Ça renvoie à notre propre pratique. On essaye de voir avec humour comment certains se prennent le chou. C’est un récit assez littéral de ce qu’on peut vivre quand on joue dans la troisième équipe de la Sympho Foot de Treillères...
FX : Dans le troisième album, il y a toute une esthétique, avec la pochette par exemple, autour du foot.
Olivier : On a même poussé le truc jusqu’à faire des petites vignettes de nous, du genre album Panini, que les gens pouvaient échanger pendant les concerts.
Alex : À chaque fois, le texte sert à tirer quelque chose du football pour aller vers les questions politiques. Sur l’album D+ / M-, il y a une chanson qui s’appelle Viva World Cup, qui parle de cette coupe des États non reconnus par l’ONU. La première année, c’étaient les Padaniens d’Italie du Nord qui ont gagné, qui sont plutôt des gros fachos. Dans notre dernier album, il y a aussi une référence au Red Star et au stade Bauer. J’habite dans le 93 maintenant, je me demande s’ils n’ont pas fait exprès de redescendre de Ligue 2 pour pouvoir quitter le 16e arrondissement.

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Vous avez aussi repris l’hymne de la Beaujoire, en changeant le dernier couplet pour vous payer les maires de Nantes et Notre-Dame-des-Landes.
FX : Au départ, on voulait le faire « droit » , sans changer les paroles, alors qu’Alex voulait tout changer. Il y a eu un compromis.
Alex : Ça a un peu choqué quand c’est sorti, certaines personnes ne comprenaient pas le mélange entre foot et politique. Je voulais carrément faire un texte sur le passé colonial de Nantes en y allant à fond sur le passé critiquable de la ville, mais en montrant qu’on adorait toujours l’équipe. Ce sera peut-être pour une autre fois...

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C’est quoi vos meilleurs souvenirs du FC Nantes ?
« Mon idole, c’était Pedros... Même s’il a tout foiré une fois qu’il est parti de Nantes. »
Alex : Moi, j’étais au stade pour la demi-finale de Ligue des champions contre la Juve en 1996. On avait perdu à l’aller et on gagne 3 à 2 au retour, mais pas assez pour se qualifier. Mon idole, c’était Pedros. Sur le terrain, je me prenais pour lui. Je voulais faire la belle passe... Même s’il a tout foiré une fois qu’il est parti de Nantes.
FX : Pour moi c’est Leverkusen, la défaite en quarts de finale, l’année d’avant. J’étais avec mon père, je ne comprenais rien, mais j’étais triste. Je crois que depuis, je n’aime pas Leverkusen et je ne sais toujours pas le placer sur une carte. Et puis l’invasion de la pelouse pour la remontée en Ligue 1, c’était un bon souvenir. J’adorais Landreau moi, je ne comprends toujours pas pourquoi il est parti.

Vous avez encore le temps de jouer ?
Alex : Moi, je fais du five à Aubervilliers, mais pas plus d’une fois par mois.
FX : Quand j’étais petit, je faisais du rink hockey, mais je me suis mis au foot depuis un an parce que je fais de l’accueil de migrants mineurs isolés et que c’est une activité qui marche avec eux. À Nantes, on a même organisé un match entre onze punk-rockers et onze mineurs isolés. Le score était assez serré, mais il y avait du gros niveau dans l’équipe des mineurs. Comme ils se font chier ici, ils s’entraînent toute la semaine et ils sont bons !

Vous contrastez avec le reste de la scène punk-rock française, qui crache généralement sur le foot.
Alex : Il y a plein de mecs qui font du sport à côté du punk, mais qui n’en parlent pas dans leurs textes. Il y a quand même les Zabriskie Point, un groupe nantais qu’on écoutait en étant plus jeunes, dans lequel chantait François Bégaudeau. Eux, ils en parlaient. Pour nous, c’était une volonté d’en parler aussi. Le sport, ça organise la vie de beaucoup de gens, qui se socialisent comme ça.

FX : Ils pratiquent ça de la même manière qu’on pratique la musique. Un club amateur qui va se taper 50 bornes pour faire un match le dimanche, c’est comme nous qui faisons des bornes pour aller faire un concert. Certains groupes de la scène parlent de sport : Santa Cruz avec le basket, Charly Fiasco voulait faire un truc autour du cyclisme. Je pense que le foot, c’est plus compliqué, par rapport au business.

Ce n’est pas difficile à tenir cette position quand on est dans un mouvement de contre-culture ?
Alex : Bah ouais... Mais dans L’Équipe C, on parle du foot amateur. On pourrait dire que dans certains groupes de rock, il y a un côté business qui est comparable à ce qui se passe dans le foot. Mais on n’a jamais été emmerdés par des gens qui nous disent qu’on leur casse les couilles avec le foot.
FX : À l’inverse, je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de footballeurs qui écoutent du punk-rock... Qui écoute Justine ?
« Le hip-hop commercial a moins de culpabilité à s’emparer du foot parce que c’est les même champs : faire du fric, s’afficher, se montrer. »
Alex : À mon avis, aucun. Mais l’argent, les salaires, ça a parasité l’appropriation d’un sport qui est populaire à la base. Le hip-hop commercial a moins de culpabilité à s’en emparer parce que c’est les même champs : faire du fric, s’afficher, se montrer.
FX : Dans d’autres pays, il y a des ponts qui se font. En Angleterre, il y a The Addicts qui a repris You’ll Never Walk Alone, en Allemagne il y a le FC Sankt-Pauli qui a cette culture politique d’extrême gauche et une imagerie très « rock » . Peut-être que le punk-rock français, c’est nul en même temps. (Rires.) Peut-être que ça n’aurait jamais dû exister.

Si vous deviez recruter un cinquième membre pour Justine parmi les joueurs pros, vous prendriez qui ?
Alex : Je prendrais la paire Iniesta-Xavi. Je leur ferais ranger le camion.
FX : Moi, je prendrais Giovinco. Je suis tombé amoureux de ce joueur sur FIFA, alors que je pense que je ne l’ai jamais vu dans un vrai match. Parce que ça joue beaucoup à FIFA ici, mais ça joue nul. Il court hyper vite, alors je le ferais courir partout.
FX : Avec le chanteur d’Ultra Vomit, on avait monté une ligue en ligne avec un tableau Excel et 120 matchs à faire pour finir le championnat, parce qu’on était beaucoup et qu’on avait trois équipes à gérer. C’était un peu chronophage, mais on a fait sept saisons. J’étais souvent dans les derniers, mais j’aime bien le jeu.
Olivier : Moi, j’aurais dit Matuidi. Parce qu’il a l’air vraiment trop sympa. J’aimerais bien manger un petit repas tranquille avec lui. Et dans Justine, il y a un petit côté branleur, nonchalant, qui cadrerait bien à Pogba. Mais il est trop grand pour se ranger dans le camion.
Alex : Après, si on devait choisir le footballeur le plus punk, ce serait Suárez, avec son côté sauvage.
Olivier : Ou Nainggolan, pour le look.

Propos recueillis par Léo Ruiz
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