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Julien Mette : « Des potes m’ont demandé ce que j’allais faire à Djibouti »

Julien Mette (37 ans) est arrivé à Djibouti en janvier dernier, après deux expériences plus ou moins heureuses au Congo. À la tête d’une sélection qui a disputé lundi face à la Somalie en amical (1-0) son premier match depuis juillet 2017, l’Aquitain est aussi le premier coach occidental d’une équipe habituée aux profondeurs du classement FIFA. Et qu’il aimerait bien voir s’en éloigner.

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Vous avez été nommé en janvier, mais c’est seulement le 22 juillet dernier que Djibouti a joué son premier match. Qu’est-ce que vous avez bien pu faire pendant tout ce temps ?
(Rires.) Sur mon contrat, je suis aussi sélectionneur des moins de 17 ans. Quand je suis arrivé, la sélection A était suspendue par la Confédération africaine de football (CAF). Car en juillet 2017, en qualifications pour le CHAN, elle avait perdu (1-5) à domicile contre l’Éthiopie au match aller. Et je crois que le ministère des Sports avait décidé de ne pas l’envoyer à Addis-Abeba pour le match retour, histoire d’éviter de prendre une branlée, sans doute. Et la sélection avait été dissoute. Début juillet, nous avons appris qu’on pourrait jouer les qualifs du CHAN. Mais en sept mois, je ne suis pas resté inactif. J’ai vu beaucoup de matchs de championnat, j’ai organisé un rassemblement à Ali Sabieh, dans le sud du pays, en mars. Et en juin, nous devions disputer deux matchs amicaux à Dubaï contre l’Ouganda et le Turkménistan, mais nous n’étions pas prêts. J’ai aussi bossé avec les jeunes. Bref, je n’ai pas chômé.

Donc, lundi 22 juillet, Djibouti a battu la Somalie en amical (1-0)...
Oui. Cela faisait deux ans et demi que la sélection n’avait plus gagné un match (2-0 face au Soudan du Sud en qualifications pour la CAN 2019, défaite 6-0 au retour, N.D.L.R.). Le stade était plein, et nous avons fait un match intéressant, qu’on aurait pu remporter plus largement. Tout le monde est content, mais on ne va pas s’enflammer. On sait que ce sera difficile face à l’Éthiopie. On part de loin. J’ai dit aux joueurs et au président de la Fédération qu’il ne faudrait surtout pas se décourager lors de la prochaine défaite.

Racontez-nous un peu comment vous êtes devenu le premier sélectionneur occidental de Djibouti.
C’est via un agent, qui m’a dit que la Fédération cherchait un sélectionneur, mais qu’elle n’avait pas les moyens de payer un gros salaire. Moi, ça m’a tout de suite intéressé. Mes potes m’ont demandé ce que j’allais faire là-bas. J’ai répondu que j’aimais ce genre de défi. J’ai passé six jours sur place, et je me suis dit que ça valait le coup d’y aller. J’ai un salaire tout à fait correct (3500 €, selon nos informations, N.D.L.R.), des primes, une maison en bord de mer, une voiture, et des billets d’avion pour ma compagne, mon fils et moi. Le président de la fédé m’a dit qu’il en avait un peu marre que Djibouti encaisse de lourdes défaites, et qu’il souhaitait que l’équipe progresse. Sans me dire qu’il fallait qu’on se qualifie pour la CAN ou la Coupe du monde.

Puisque vous avez observé beaucoup de matchs du championnat, dites-nous en un peu plus sur le niveau du foot djiboutien...
Il y a une Division 1, une Division 2 et une Division 3, cette dernière étant réservé aux moins de vingt ans.
« En D1, il y a des clubs qui ont des moyens intéressants, car ils sont liés à des entreprises puissantes, comme le Port de Djibouti ou les Telecom. Dans certaines équipes, les joueurs sont payés uniquement pour jouer au foot. »
En D1, il y a des clubs qui ont des moyens intéressants, car ils sont liés à des entreprises puissantes, comme le Port de Djibouti ou les Telecom. Dans certaines équipes, les joueurs sont payés uniquement pour jouer au foot. Ou alors, ils sont semi-pros et bossent dans l’entreprise qui possède le club. Le joueur djiboutien type, on voit qu’il a commencé le foot dans la rue. C’est technique, vif, créatif. En revanche, comme il n’y a pas ici de vraie formation, les mecs ont des lacunes tactiques. Donc, pour moi, c’est super intéressant : je peux mettre mes idées en place, définir une stratégie de jeu, faire travailler les joueurs tactiquement, physiquement, mais en leur disant de jouer comme ils savent le faire. Et je peux vous dire qu’ils ouvrent toutes grandes leurs oreilles quand on bosse sur certains thèmes. Mon but, c’est aussi de trouver en Europe des joueurs d’origine djiboutienne. Il y en a déjà un qui est en Belgique et qui est d’accord pour nous rejoindre.

Et vos dirigeants vous suivent ?
Oui. Quand j’ai signé, le président de la fédé m’a dit que jamais un salaire aussi important n’avait été versé à un sélectionneur. Cela veut sans doute dire qu’ils me font confiance, qu’il y a une forme d’investissement. Donc, quand je demande quelque chose, je l’ai. J’ai conscience que la Fédération n’a pas de gros moyens financiers. J’essaie d’apporter des choses qui rendent le fonctionnement de la sélection plus professionnel. Par exemple, on a acheté des mannequins pour travailler les coups francs, des boissons isotoniques, des paperboards. On se débrouille toujours pour trouver le matériel. Et on va utiliser les dates FIFA. En septembre, à l’invitation de la Fédération du Qatar, on va y aller en stage et jouer un ou deux matchs amicaux.

La communication est-elle aisée avec vos joueurs ?
Pas avec tous. J’en ai une bonne dizaine qui parlent bien ou très bien français. Pour d’autres, c’est beaucoup plus compliqué, et mon adjoint fait la traduction. J’ai aussi des joueurs d’origine somalienne ou éthiopienne, quatre au total. Avec eux, je dialogue surtout en anglais.

Comment est la vie quotidienne à Djibouti ?
Les gens sont cool. Il faut tenir compte du climat.
« La chaleur est étouffante, écrasante. On m’a dit que les Tunisiens, qui étaient venus jouer un match ici il y a quatre ans, avaient dit aux Djiboutiens que leur pays, c’était l’enfer ! D’ailleurs, je viens de choper une bronchite : la chaleur, la clim', le chaud, au bout d’un moment, ce n’est pas très bon... »
En ce moment, et depuis quelques mois, il fait une chaleur de fou. C’est pour cela que les Djiboutiens se lèvent tôt et vivent tard le soir. Car entre dix ou onze heures du matin et 16-17 heures, tout est au ralenti. La chaleur est étouffante, écrasante. On m’a dit que les Tunisiens, qui étaient venus jouer un match ici il y a quatre ans, avaient dit aux Djiboutiens que leur pays, c’était l’enfer ! D’ailleurs, je viens de choper une bronchite : la chaleur, la clim', le chaud, au bout d’un moment, ce n’est pas très bon... Sinon, la capitale est une ville très sûre. Je sais qu’il faut éviter certains endroits, notamment près des frontières avec la Somalie et l’Érythrée. Ce qui m’a aussi marqué, c’est la très forte présence militaire étrangère à Djibouti. On les voit pas mal. Sauf les Américains, qui restent entre eux. En revanche, quand tu montes dans ta bagnole le matin, tu peux tomber sur leur propre station de radio ! (Rires.)

Vous sortez un peu ?
Déjà, je fréquente surtout des locaux. Lesquels m’ont sorti dans quelques restaurants. Surtout des restaurants yéménites. Ici, on mange bien, du très bon poisson. Mais sinon, je sors peu. Je bosse beaucoup à la fédé, et le soir, chez moi, il est fréquent que j’aie encore des choses à faire, comme de la vidéo ou de l’administratif. Je vais prendre le temps d’aller visiter un peu le pays, aller voir les requins-baleines de la baie de Tadjourah. Il y a aussi le lac de sel... Mais j’avoue que depuis que je suis arrivé, j’ai peu visité. J’ai beaucoup à faire.


Djibouti n’est pas votre première destination africaine, puisque vous avez vraiment commencé votre carrière d’entraîneur au Congo...
Oui. Moi, je suis né près de Bordeaux, j’étais un joueur de niveau régional, à Saint-André-de-Cubzac. Puis j’ai rejoint Libourne-Saint-Seurin, qui était en Ligue 2, pour m’occuper des moins de 15 ans notamment. Là-bas, j’avais rencontré un jeune joueur, congolais, qui vivait avec sa mère à Bordeaux. J’avais gardé contact avec lui, et un jour, en 2014, il m’a dit que son père, numéro 2 dans un ministère, était aussi propriétaire d’un club de D1, l’AS Tongo, et qu’il cherchait un entraîneur. Au début, ça ne me branchait pas trop. Puis j’ai accepté d’y aller, pendant deux mois, en juillet-août. Un job d’été, quoi ! J’ai entraîné les seniors, puis je suis rentré en France. Quelques mois plus tard, le club m’a rappelé, car l’équipe n’était pas bien au classement. On a réussi à se maintenir, mais j’ai démissionné, car je n’étais plus payé. À un moment, il était aussi question que je devienne sélectionneur des moins de 17 et moins de 20 ans, mais ça ne s’est pas fait. Il y a eu des ingérences politiques. Là-bas, ce sont les politiques qui dirigent, pas la Fédération.

Puis vous avez signé à Otoho...
Une vraie galère. Un club avec des moyens importants, mais... On m’a proposé un poste de manager général. Je devais donc entraîner l’équipe, m’occuper du recrutement, etc. mais le président avait recruté deux autres entraîneurs. Et à tous, il avait dit : « Tu seras numéro 1 ! » Résultat, deux sur trois, dont moi, n’étaient pas numéro 1, et on a fait la gueule toute la saison... Et puis, j’ai vu des choses pas très nettes, que je ne voulais pas cautionner.

« Ils faisaient venir des joueurs âgés, pour je ne sais trop quelles magouilles, plutôt que des jeunes, ce que je préconisais. Je n’étais pas d’accord, et l’agent qui avait manigancé tout ça m’a menacé de mort deux fois. »
Lesquelles ?
Dans le domaine du recrutement. Ils faisaient venir des joueurs âgés, pour je ne sais trop quelles magouilles, plutôt que des jeunes, ce que je préconisais. Je n’étais pas d’accord, et l’agent qui avait manigancé tout ça m’a menacé de mort deux fois. C’était galère, vraiment...

Il y aussi eu cette défaite face au MC Alger (0-9), en Ligue des champions, en 2018...
Ah oui... On gagne l’aller 2-0, mais j’avais dit au président que le MC Alger, ce n’était pas n’importe qui, qu’il fallait aller le superviser, voir le stade du 5-Juillet... «  Pas la peine » , m’a-t-on dit. Ils pensaient que le résultat de l’aller suffirait. Dans l’avion pour Alger, il y avait dix ou quinze marabouts, c’était folklo... Et on prend une branlée. Moi, j’étais bien content d’être en tribune officielle plutôt que sur le banc. Au bout d’un moment, il fallait partir de là-bas. C’est pour cela que je préfère être à Djibouti, avec des choses à construire, un défi à relever, avec des gens qui veulent avancer, plutôt qu’à Otoho, où il y avait des moyens, mais où je me suis fait chier pendant un an.

Propos recueillis par Alexis Billebault
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