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Jorge Valdano : « Mourinho ne m'a pas surpris »

À part jardinier et cuisinier, Valdano a tout été au Real : joueur, formateur, entraîneur, dirigeant. Valdano a aussi été champion du monde en 1986 avec Maradona. Mais Jorge, c'est surtout un type qui aime à la fois l'odeur des vestiaires et celle des bibliothèques. Conversation de football.

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Au Real, tu as occupé presque toutes les responsabilités. Quelle est celle que tu as préférée ?
Être footballeur. C'est ma vocation. Tout le reste n'est qu'une succession de tentatives pour oublier qu'un jour j'ai été joueur.

Tu n'as jamais eu envie de faire autre chose, de monter une librairie par exemple…
(Il rit) Je le fais. J'ai une entreprise de ressources humaines, une autre de consulting. La première est une entreprise qui associe le sport et le management. L'autre se dédie au consulting sportif.

Le discours des valeurs y est aussi présent ?
(Il redevient sérieux) Pour moi c'est fondamental. Il n'y a pas de leader sans crédibilité. Et il n'y a que la défense des valeurs qui donne de la crédibilité à long terme. Tu n'as qu'à regarder le monde de ces derniers temps. La corruption a pris des proportions bibliques et a fini par créer un problème à l'échelle mondiale.

En fait, tu es une espèce de prophète que personne n'écoute…
Non, non. Moi, j'ai toujours eu le même discours pendant toute ma vie. Chacun choisit en fonction de sa sensibilité. De ce point de vue, je suis subjectif et je ne prétends en aucun cas à l'objectivité. Je recherche ce qui est plaisant et a de la valeur pour moi seul. Je n'évangélise pas. Je ne veux pas que les gens pensent comme moi. Je dis seulement ce que je pense et n'oblige personne. Je déteste moi-même ceux qui imposent une manière de penser. Personne ne m'imposera jamais ce que je dois penser. Ça, je le décide tout seul.

Pourquoi tu continues à parler, écrire, t'exposer ? Tu n'as pas peur de te cramer ? La dernière fois qu'on t'a vu sans cravate, c'est lors de ta dernière conférence de presse au Real. Tu venais de te faire virer…
(Il se marre et regarde sa cravate bleue) Tous les jours où j'ai mis une cravate, c'est pour faire honneur au Real Madrid. Aujourd'hui, je la porte parce que je reviens d'une réunion importante, sinon je ne la porterais pas. Mais c'est vrai que le jour de conférence de presse, le fait de ne pas porter de cravate était une manière de dire « Je parle à nouveau en mon nom et pense par moi-même. » Si je parle c'est parce qu'on me le demande. Je dis vingt fois non et une fois oui.

Tu aimes les mots, c'est assez rare dans le monde du football.
C'est vrai que je pense que le football sans les mots, ce n'est pas grand-chose. Je suis né dans un petit village très loin d'une quelconque ville ou d'un club professionnel. Jusqu'à l'âge de 15 ans, je n'avais jamais vu un match à la télévision. Le premier match que j'ai vu à la télé, c'était le Mondial 1970. Jusqu'à l'âge de 15 ans, la seule information de football que je recevais, c'était par la radio ou les revues sportives comme Grafico ou les journaux. Pour cette raison, les mots ont toujours été quelque chose qui venait compléter le football. J'aime bien parler de foot.

C'est une façon presque théâtrale de donner autant d'importance aux mots dans le football.
Je vais te raconter ce qui m'est arrivé lors du Mondial 1986, dans le vestiaire juste après la finale. Je suis dans le vestiaire, c'est le moment de la sublimation et de la célébration. Je vais pleurer. Je dois pleurer. Si je ne pleure pas à ce moment-là, je ne pleurerai jamais. Dans le vestiaire arrivent alors Goygochea, Burruchaga et Maradona. Tous les trois se mettent autour de moi et m'embrassent en pleurant. Et moi, impossible. Je n'arrive pas à pleurer.

Pourquoi ? Par flegme ?
Je ne sais, les larmes ne me venaient pas. Deux ans plus tard, ma famille m'envoie des cassettes avec de la musique ou des messages enregistrés. Je les écoute dans mon walkman pour aller courir dans les parcs de Madrid. Je venais d'arrêter le football professionnel. Dans une de ces cassettes, mon frère me glisse le récit en direct de mon but lors de la finale de 86. Je l'écoute. Je fonds en larmes en plein milieu du parc. C'était comme si le fait de l'écouter à la radio avait permis de boucler le cycle et d'intérioriser la culmination de ma carrière sportive. Comme si, sans les mots, il avait été pour moi impossible de saisir la dimension de ce que j'avais réussi.

Tu as dû te sentir un peu bizarre au milieu de Burruchaga, Maradona…
Je me suis senti comme un imbécile, comme un être incapable d'exprimer mes émotions. J'ai toujours été une personne contenue, je l'ai démontré d'ailleurs lors de ma dernière année au Real Madrid. C'était difficile de me contenir plus que ce que je ne l'ai fait lors de cette année. (Rires) On pouvait me piquer le bras, je n'avais même plus de sang dans les veines. Mais quand tu gagnes un Mondial comme joueur, cet évènement mérite un peu plus de sincérité. Au fond, cet évènement parle assez mal de moi.

Mais si tu aimes autant les mots ou l'art, comment tu t'adresses à un type comme Maradona ?
S'il y a des gens avec qui j'ai eu le plus de facilité pour communiquer, ce sont bien les footballeurs. Quand j'étais dirigeant au Real, il était pour moi beaucoup plus facile de parler avec un joueur qu'avec un autre dirigeant. Quand j'allais à une réunion du conseil d'administration, mon langage ne pouvait pas être le même que celui que j'utilise pour parler à un vestiaire, là où les grossièretés font partie du vocabulaire courant. La profession de dirigeant est une profession dans laquelle il faut apprendre à se dédoubler et à être un peu schizophrène. J'ai été joueur pendant plus de 20 ans, j'ai donc beaucoup plus de complicité avec un joueur qu'avec un dirigeant.

Tu te sens appartenir au monde du football ?
Je me sens toujours footballeur. Je me sens appartenir à la communauté footballistique. Mais je n'aime pas la nostalgie. Je n'aime pas regarder derrière. Non, je préfère regarder devant. Pour cette raison, je ne joue plus au foot, je ne vais pas aux réunions de vétérans pour parler du passé. Le problème des footballeurs est qu'il nous arrive des choses très importantes très jeunes. Le risque c'est que, dans ta vie, il ne t'arrive plus rien d'aussi important. Si tu passes ton temps à parler de toutes les choses qui te sont arrivées de bien dans le passé, il y a de fortes chances qu'il ne t'arrive plus jamais rien de bien.

Le fait d'avoir dû te retirer du football pour une maladie (une hépatite B) a-t-il quelque chose à voir avec cela ?
Cette décision fut très difficile. Musculairement, je me suis formé très tard. À 20 ans, je suis arrivé en Espagne à Vitória, une ville où il pleuvait beaucoup. La première année, j'ai eu 12 blessures musculaires parce que j'avais des jambes très fines. Je n'ai terminé véritablement ma formation musculaire que vers 24-25 ans. À 30 ans, je vivais donc mon meilleur moment physiquement. Jamais je n'aurais imaginé abandonner le foot. J'ai contracté une hépatite. Je pensais que c'était l'affaire de deux ou trois mois et qu'après je reviendrais. Mais elle est devenue chronique. Six mois plus tard, j'ai dû annoncer ma retraite du football. D'ailleurs, très peu de gens savent que j'avais signé alors un pré-contrat de trois ans avec le FC Nantes.

Nantes ?

À cause de Burruchaga, certainement, et un directeur sportif ou entraîneur qui, à force de voir Burruchaga avec moi, avait fini lui aussi par me prendre sous son bras (Il se marre). Il avait bien compris qu'entre Burruchaga et moi, le plus important, c'était moi. (Il se marre à nouveau) C'est ma vengeance personnelle contre lui parce qu'il ne m'a pas passé le ballon sur le troisième but en finale du Mondial contre l'Allemagne.

Tu ne te sens pas comme un drôle d'oiseau au milieu du monde du football ?
Dans cet immense zoo qu'est le monde du football, chacun a une identité précise : l'un est un âne, l'autre est malin, un autre est drôle et un autre est intellectuel.

Toi, tu glisses dans la main comme une savonnette… (Il rit) Lors de ta dernière année au Real, tout le monde voyait bien les efforts que tu faisais pour te contenir. C'est à ce moment-là qu'on a compris ce que tu appelles l'éthique…
Quand je me suis senti autant mis en doute à l'intérieur du club, une fois encore j'ai trouvé mon refuge dans les valeurs. Je sais ce qu'est le Real Madrid, ce qu'il représente et la seule chose que je ne voulais pas me permettre était de trahir ce qu'est cette institution. L'effort a été très douloureux.

Tu t'es senti trahi par la direction ?
Je n'aime pas juger les gens. Je ne me suis pas senti trahi par Mourinho. Mourinho a été la personne à laquelle je m'attendais. Il ne m'a pas pris en traître. En revanche à d'autres niveaux du club, je ne m'attendais pas à certaines réactions. Je ne donnerai pas de nom.

Extraits de : Clásico Barcelone-Madrid, la Guerre des mondes - Thibaud Leplat - Hugo Sport - 256 pages - 15,95€ - En librairie le 14 février.

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Propos recueillis par Thibaud Leplat
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