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Jorge Griffa : « Les formateurs ne sont pas au niveau »

Son palmarès ressemble à un tapis rouge du football mondial. Batistuta, Pochettino, Balbo, Heinze, Banega, Gago, Tévez, Barco : Jorge Griffa a découvert toutes ces pépites. Maître à penser de Marcelo Bielsa, le chercheur d’or continue à parcourir le pays comme il le fait depuis plus de quarante ans, y compris lors de la Copa América, et prévient : le football argentin est en danger.

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Vous avez un jour déclaré que la seule chose qui vous rendait un peu nerveux dans la vie était la sélection argentine. Vous avez dû vous sentir assez mal pendant la dernière Coupe du monde, non ?
Non, à mon âge, c’est fini. Je le vis tranquillement, maintenant. Je vois assez clairement les choses qui vont et celles qui ne vont pas. Lors du dernier Mondial, le football proposé et le travail réalisé en amont m’ont paru très faibles, et cela ne correspondait pas à l’identité du football argentin. Après, il y a le problème de l’entraîneur... Mais tu sais, quand tu as de bons joueurs, même si le coach est limité, il a peu de chances d’échouer. Et un super entraîneur avec de mauvais joueurs bah, mon vieux, il va descendre. Pour moi, le problème que nous avons en Argentine se situe au niveau de la détection et de la formation. Sans ça, tu peux travailler autant que tu veux, ça ne va jamais marcher.

Qu’est-ce que vous feriez pour y remédier ?
Notre problème, c’est que les formateurs ne sont pas au niveau. Il faut donc commencer par enseigner à ceux qui enseignent. Or il y a beaucoup d’entraîneurs, comme Menotti, comme Basile, comme Bianchi, qui connaissent mieux le football que quiconque et qu’on ne prend pas en compte. Là, Menotti a été nommé DTN à la fédé, mais je ne comprends pas comment ce phénomène, qui sait tout, pouvait ne pas travailler. Si on écoutait plus ces personnes-là, si on leur permettait d’encadrer de jeunes entraîneurs, on gagnerait énormément de temps. Tu sais, je dis souvent qu’à 30 ans, on pense qu’on a tout compris. À 40 ans, on se rend compte du peu qu’on sait pour devenir entraîneur. À 50, on comprend qu’il nous reste tout à apprendre. À 60 ans, on est dans son meilleur moment. Mais il faut continuer à étudier.


Et à 80 ans ?
(Rires.) Je continue à vivre avec cette manière de penser ! Les joueurs, les entraîneurs, les dirigeants se croient tous infaillibles. Mais ça ne marche pas comme ça. Il faut dédier sa vie au football pour être prêt le moment venu. C’est ce qui nous manque aujourd’hui : ne forme pas un joueur celui qui veut, mais celui qui peut. C’est très facile de dire : « Moi, je vais le former, ce joueur. » Non, negro, non.
« Or il y a beaucoup d’entraîneurs, comme Menotti, comme Basile, comme Bianchi, qui connaissent mieux le football que quiconque et qu’on ne prend pas en compte. Là, Menotti a été nommé DTN à la fédé, mais je ne comprends comment ce phénomène, qui sait tout, pouvait ne pas travailler. Si on écoutait plus ces personnes-là, si on leur permettait d’encadrer de jeunes entraîneurs, on gagnerait énormément de temps. »
Tu dois être préparé pour former les jeunes joueurs.

N’y a-t-il pas également un problème de messianisme en Argentine, en football comme en politique d’ailleurs, qui fait qu’on attend toujours d’un homme qu’il soit le sauveur ?
C’est évident qu’on attendait beaucoup de Messi. En même temps, on attendait aussi beaucoup de Maradona, et il a su répondre présent. C’est une question de mentalité. Maradona provoquait des situations. Messi est trop prudent, timide, pour être un grand leader.

Le leadership, ça s’enseigne ?
Bien sûr. Je dis toujours la même chose aux formateurs auxquels je donne des cours : il faut former les jeunes au niveau technique, au niveau physique, mais aussi au niveau psychique. C’est cet équilibre qu’il faut trouver. Et il faut convaincre les joueurs de devenir des gagnants.

Est-ce que des entraîneurs argentins continuent à faire le travail de détection que vous avez mené avec Marcelo Bielsa à Newell’s ?
Pas suffisamment. Avec Marcelo, ce que nous avons inventé, c’est d’aller chercher des joueurs dans l’intérieur du pays. Ne pas les attendre, mais aller les chercher. J’ai ensuite continué à le faire à Boca, sous la présidence de Mauricio Macri (l’actuel président de la République, N.D.L.R.). C’est là que se trouve le vivier du football argentin, dans les ligues intérieures des provinces. Il faut aller dans toutes les régions du pays, une par une. Et ensuite, c’est notre responsabilité d’assurer le développement de ces gamins qu’on fait venir de l’intérieur. Pour moi, en tout cas, c’est un engagement personnel, je veux leur offrir le maximum de possibilité de percer en première division. Ce sont des années cruciales pour ces adolescents qui pensent parfois plus à leur téléphone qu’au foot. Ils peuvent se fourvoyer. Avant, tu allais à l’école et en sortant tu allais jouer au foot sur le potrero jusqu’à ce que la nuit tombe. Aujourd’hui, il y a moins de potreros et plus de téléphones. Sauf que, pour réussir, le football demande une dévotion totale. C’est pour cela qu’il faut aussi, en parallèle, les faire étudier : sur une génération de moins de 16 ans, combien vont percer ? Trois ou quatre, au maximum. Les autres resteront sur le bord de la route. Il faut leur donner une alternative.


On voit de plus en plus de jeunes joueurs partir très tôt dans des championnats de seconde zone. Ça a été le cas de Zárate, parti à 20 ans au Qatar, ou récemment celui d’Ezequiel Barco, qui a signé à Atlanta à 19 ans. C’est difficile à comprendre, non ?
Parce que tu ne sais pas d’où vient Barco ! C’est moi qui l’ai amené à Independiente. Barco, il vient d’une famille très, très, très pauvre. Et il faut aussi prendre en compte la situation des clubs argentins, qui sont toujours confrontés à des problèmes économiques. Independiente s’est fait une tonne d’argent grâce à ce transfert. Des joueurs comme Barco qui viennent des villas miserias, j’en ai eu beaucoup.
« Je vivais, je mangeais football. Le midi, je ne déjeunais même pas, je prenais des notes pour pouvoir me rappeler et transmettre tout ce que je voyais. Et la nuit, je rêvais beaucoup, de tout un tas de choses, mais tout était lié au football. »
Si tu les laisses marcher seul, ils vont sans doute prendre le mauvais chemin et se piquer parce que les amis les poussent dans la mauvaise direction et que leurs familles, même si elles veulent le meilleur pour eux, ne savent pas comment faire.

Vous pensez à qui ? À Carlos Tévez par exemple ?
Oui, ou à Julio Zamora. Je l’ai eu à Newell’s Old Boys. Un jour, il a cessé de venir à l’entraînement. 3 ou 4 jours plus tard, j’ai pris ma voiture et je me suis mis dans la villa. Il était chez lui. Il m’a dit : « Jorge, il n’arrête pas de pleuvoir, mes habits sont mouillés, je n’ai pas de vêtements de rechange à me mettre pour m’entraîner. » Alors je lui ai acheté de quoi s’habiller, et il est revenu. On avait aussi le flaco Bulleri (Enzo Bulleri, qui a ensuite joué à River Plate et au Celta de Vigo, N.D.L.R.). Lui venait de Pujato, avec une vielle voiture, une Peugeot 403 je crois. Il faut se rappeler l’époque : on n'avait pas un rond, on n'avait même pas de terrain d’entraînement à Newell’s, on s’entraînait entre les arbres. Le flaco a également arrêté de venir à l’entraînement, parce qu’il n’avait plus d’argent pour mettre de l’essence. Mais moi non plus, je n’avais plus grand-chose en poche. Je lui ai dit : « Bon écoute, on va faire la chose suivante. On va mettre dix litres d’essence et cinq de kérosène pour que ça nous coûte moins cher. » La voiture marchait bien, mais l’argent continuait à manquer. Alors je lui ai dit : « Flaco, on va mettre dix litres d’essence, et dix de kérosène. » Jusqu’au moment où on a mis que du kérosène, et où le Flaco est venu à pied en me disant : « Jorge, c’est fini pour la voiture. » À cette époque, je vivais pratiquement au club. J’arrivais à 7h du matin et je rentrais à 22h chez moi.


Vous rêviez de football ?
Je vivais, je mangeais football. Le midi, je ne déjeunais même pas, je prenais des notes pour pouvoir me rappeler et transmettre tout ce que je voyais. Et la nuit, je rêvais beaucoup, de tout un tas de choses, mais tout était lié au football. Il n’y avait rien d’autre, et il n’y a toujours rien d’autre.

Propos recueillis par Pierre Boisson et Cristian Pereira, à Buenos Aires.
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