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Joël Ndzana : « Cordonnier, c’est un beau métier, non ? »

Pendant plus de six mois, de mars à octobre, Joël Ndzana, le défenseur de 27 ans de Panthère du Ndé (Ligue 1 camerounaise) n’a pas touché un franc CFA de salaire, à cause de la crise sanitaire. Plutôt que d’emprunter de l’argent à droite ou à gauche, il a préféré travailler, en ouvrant un commerce de cordonnerie en plein air. Une expérience qui lui a permis de nourrir sa famille et qu’il n’hésiterait pas à renouveler.

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À partir de quand avez-vous cessé de toucher votre salaire de joueur professionnel ?
Le championnat camerounais a été arrêté en mars. Mon club venait de me verser quelques arriérés de salaire. Mais à partir de fin mars, je n’ai plus rien touché. Le club n’avait visiblement plus d’argent pour payer ses joueurs. Je me suis retrouvé sans salaire – je gagne 180 € par mois – avec une femme au chômage et deux enfants.

Avec un salaire aussi modeste, on peut supposer que vous n’avez pas de grosses économies...
Exactement. J’ai un loyer de 30 €, les factures, la scolarité des enfants, etc. Je n’ai pas les moyens de me payer une voiture, je me déplace en taxi, en bus. Je suis professionnel depuis quelques années – j’ai été champion du Cameroun en 2015 avec le Cotonsport Garoua –, mais ici, les salaires sont modestes. Oui, j’ai un peu de sous de côté, mais l’objectif n’était pas de rester sans rien faire et de ne vivre que sur cet argent. Il fallait que je fasse quelque chose pour gagner ma vie. Au début du mois de mai, la fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a versé une aide de 80 € à chaque joueur professionnel.


Et c’est là que vous avez décidé de devenir cordonnier...
Oui. Avec cette somme, j’ai acheté un parasol, du matériel de cordonnerie, et j’ai loué un emplacement dans un quartier assez animé au sud de Yaoundé, le quartier Nsimeyong Olympique. J’avais décidé de m’installer juste à côté d’un terrain de foot, où beaucoup d’habitants vont jouer. Et comme beaucoup ont des chaussures déjà abîmées, c’était pour moi une bonne idée de m’installer là.



Mais pourquoi cordonnier ?
Quand j’étais adolescent, j’avais un oncle qui réparait des sacs. Il m’avait appris comment coudre sur du cuir. Et même quand je suis devenu joueur, il m’arrivait de réparer mes chaussures ou celles de certains de mes coéquipiers.

« J’ai mis ma fierté de côté. Au début, bien sûr, ce n’était pas évident. Je suis footballeur professionnel, et je me suis retrouvé obligé de réparer des chaussures dans la rue. »

Qu’a pensé votre entourage de cette initiative ?
Ma mère m’a encouragé. Ma femme était beaucoup plus réticente. Mais comme elle est sans emploi – elle est esthéticienne –, je lui ai dit qu’il fallait absolument que je travaille. Je me suis donc installé dans le quartier Nsimeyong Olympique, et j’ai travaillé. J’ai mis ma fierté de côté. Au début, bien sûr, ce n’était pas évident. Je suis footballeur professionnel, et je me suis retrouvé obligé de réparer des chaussures dans la rue. Mais quand il faut gagner de l’argent pour vivre, on met tout ça de côté. Cordonnier, c’est un beau métier, non ? Il n’y a pas de sot métier. En tout cas, je n’ai jamais hésité. Je suis un bosseur, un type débrouillard. J’ai été élevé comme ça. Je suis quelqu’un de très humble.

Vos coéquipiers étaient au courant ?
Oui, bien sûr. Je n’allais me cacher. Et ils m’encourageaient. Ils disaient que j’avais raison de faire ça.


À quoi ressemblaient vos journées ?
Je suis un lève-tôt. Comme je voulais garder une certaine forme physique, je faisais tous les matins un footing. Puis j’allais travailler vers 7 ou 8 heures, jusqu’à la fin de la journée. Car il y a des jours où je travaillais bien, et d’autres moins, où les clients étaient plus rares. Donc, parfois, je ne gagnais de 2 € par jour, d’autres 3 ou 4 €. Mais au moins, j’avais l’argent tout de suite. Pas comme au foot, où on ne sait jamais quand le salaire va tomber.

« Je ne voulais pas que mes enfants n’aient pas à manger tous les jours. Ce n’était pas possible pour moi. »

Votre femme a été convaincue ?
En fait, avec l’argent que j’ai commencé à gagner, je lui ai acheté de quoi faire du poisson braisé, un met que les Camerounais adorent. Du coup, elle a pris un emplacement juste à côté du mien, et elle vendait son poisson braisé. Grâce à ces deux métiers, nous avons pu gagner de quoi faire face à nos charges. Je ne voulais pas que mes enfants n’aient pas à manger tous les jours. Ce n’était pas possible pour moi. Et si je devais le refaire, car on ne sait pas ce qu’il va se passer à l’avenir, je le referais sans hésiter. Car vous savez, en Afrique, beaucoup de joueurs ont été touchés par la crise. Déjà qu’en temps normal c’est difficile, avec les salaires qui tombent en retard... Mais avec le coronavirus, l’arrêt des compétitions, le confinement, tout cela a aggravé les choses.


Vous avez repris la saison avec votre club, et vous êtes même devenu international avec l’équipe locale...
Oui. On a repris les entraînements, puis le championnat. J’ai rejoint mon club, qui est situé à Bangangté. Ma famille est restée à Yaoundé. Le président de Panthère me loge dans un hôtel qui lui appartient. Je touche de nouveau mon salaire, j’ai été appelé avec les locaux en octobre pour jouer contre le Soudan du Sud en amical (0-0). J’espère disputer le CHAN en janvier prochain, au Cameroun. J’ai enfin retrouvé mon vrai métier, mais je ne regrette rien !

Propos recueillis par Alexis Billebault
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