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Jill Ellis, le rotor de la fille prodigue

Impeccable dans son costume de commandante de bord du navire américain, Jill Ellis croise ce soir un rocher qui doit lui rappeler vaguement quelque chose. Et pour cause, la sélectionneuse américaine est née et a grandi dans le sud de l'Angleterre, avant de se construire sur le Nouveau Continent.


Pour une ligne sur un passeport et quelques années d’existence, Jill Ellis (52 ans) fera face ce soir à son pays de naissance, l’Angleterre. Elle, la native de Portsmouth, élevée à Cowplain, littéralement la « plaine des vaches » . Pourtant, à Lyon, bien à l’aise dans son survêt' brodé à l’effigie de la Team USA, la sélectionneuse américaine compte bien repousser ce semblant de conflit d’intérêt. « Je suis complètement américaine, sauf quand je vais faire mes courses au supermarché avec mon caddie » , rigole-t-elle en repensant au bacon ou aux beans qu’elle peut acheter pour son petit-déjeuner. Car pour le reste — c’est-à-dire sa passion, sa carrière et sa raison d’être —, c’est bien aux États-Unis qu’elle le doit. « C’est grâce à ce pays que j'ai pu devenir footballeuse, puis coach, ce qui n'était pas prévu au départ. Même si l'Angleterre, c'est beaucoup de souvenirs. »


Les souvenirs en question ? Un père vétéran de la Royal Marine, les années 1970, et la pratique presque contrainte du hockey sur gazon et du netball, rares sports collectifs où les filles étaient admises. Le soccer là-dedans est pourtant une tradition familiale. « J’ai grandi avec des garçons, j’adorais jouer dans la cour. » Dès qu’il faut faire le nombre dans une équipe, Jillian répond présent et grandit balle au pied en jouant avec son frère Paul dans le jardin familial. Il faut dire que Paul et Jill ont de qui tenir. Car au-delà de ses galons, et depuis sa retraite militaire, le paternel est chargé par le gouvernement britannique de développer le foot à l’étranger, des Antilles à Singapour. Une activité de soft-power comme une autre. Et quand la famille s’installe en 1981 de l’autre côté de l’Atlantique, plus précisément à Manassas, en Caroline du Nord, où son père ouvre une académie, c’est un nouveau monde qui s’ouvre à la jeune Jill.

Ellis, ça glisse


« Si j’étais restée au Royaume-Uni, je ne suis pas sûre que j’aurais embrassé la même carrière, admet-elle aujourd’hui. Là, c’était une occasion en or. » Car dès 1984, Jill Ellis met le pied à l’étrier et devient une joueuse incontournable dans ses équipes universitaires : capitaine de la Robinson Secondary School de Fairfax, championne de Virginie, championne nationale U19 avec les Braddock Road Bluebelles, attaquante titulaire à la Willian & Mary Tribe... Une référence, tout en poursuivant des études de littérature — prolongées jusqu’en 2016 avec un doctorat à la clé. Mais très rapidement, elle suivra les pas de son père et de son frère, devenu coach universitaire. Dès 1988, elle prend les rênes de l’équipe de l’université de la North Carolina pour ne plus jamais lâcher le banc. Et du haut de ses 248 victoires, 63 défaites et 14 nuls en universitaire, celle qui est désormais naturalisée américaine dirige alors les sélections américaines U20 et U21 et « participe à la structuration du football féminin aux États-Unis » . Un prolongement direct de la mission de son père.


La sélection des grandes lui ouvre ses portes en 2008, lorsqu'elle devient l’adjointe de la légendaire suédoise Pia Sundhage, avec deux titres olympiques consécutifs à la clé. Son tour, en tant que numéro 1, viendra quand l’Écossais Tom Sermanni sera limogé à la suite d'une série de piètres performances, dont une septième place à l’Algarve Cup 2014. Au départ intérimaire, Jill Ellis impose rapidement son style. « Mon boulot, c’est de créer un environnement où mes joueuses peuvent potentiellement souffrir, voire échouer, afin de les forcer à puiser au plus profond d’elles » , posait-elle en mai dernier. Les internationales américaines ont pu s’en apercevoir, Jill Ellis est du genre exigeante, si ce n’est rugueuse. Après avoir reposé les États-Unis sur le toit du monde, la sélectionneuse a dû faire face à l’échec des JO de Rio en 2016, avec une défaite en quarts de finale face à la Suède. Pas de tergiversation, elle s’est attelée à faire un grand ménage dans ses rangs. Exit Hope Solo, l’iconique gardienne devenue ingérable en dehors du terrain.


Jill Tonic


Aujourd’hui, seules les cadres Megan Rapinoe, Carli Lloyd et Alex Morgan sont des incontournables dans son groupe. « Il n'y a plus vraiment d'écart entre nous et les autres, concédait-elle dimanche. Il y a d'excellentes équipes aujourd'hui. On peut le voir dans les grands tournois et aux Jeux olympiques. Les autres nations et leurs clubs ont investi. En Europe par exemple, l'Espagne bénéficie de cette stratégie avec des joueuses qui progressent sans cesse. Les Pays-Bas aussi ont progressé. »


Et si elle soutient aujourd’hui ses joueuses dans leur action collective face à leur Fédération, Jill Ellis joue le rôle de marionnettiste insensible à la pression, comme une soupape pour un moteur. Parce que c’est inévitablement cette passion et ces responsabilités qui l’animent. « Souvent, je me dis "Le football est quand même fou." Mais je sais pourquoi j’entraîne : c’est à cause de l’inconnu, je suis accro à ce sentiment, confessait-elle. Tu as beau avoir bien préparé ton match, quand tu es sur le bord du terrain, tu ne sais jamais comment cela va se dérouler, tu espères juste que tu peux avoir une influence. » Pour cette demi-finale, Jill devrait forcément avoir quelques billes sur l'Angleterre.

Par Mathieu Rollinger, à Lyon Tous propos recueillis en conférences de presse
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