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Jeff Reine-Adelaïde : « Un vrai défi d’aller se qualifier à Turin »

Bonne pioche du dernier mercato estival de l’OL, Jeff Reine-Adelaïde a traversé une saison aussi prometteuse que gâchée par une grave blessure. Mais à 22 ans, le milieu est aujourd’hui de retour pour rattraper le peu de temps qu’il a perdu. À commencer ce vendredi face à Juventus, où il y a un huitième de finale à finir.

Comment te sens-tu après six longs mois, loin des terrains ?
Honnêtement, je me sens à 100% de mes capacités. J’ai joué mon premier match en juillet lors du stage de préparation à Évian contre Port-Valais (club amateur suisse, score final : 12-0, N.D.L.R) où j’ai retrouvé de bonnes sensations. Et puis, on prend aussi beaucoup de plaisir à se retrouver sur le terrain et de rigoler ensemble. Trois mois et demi sans voir ses coéquipiers, c’était long.*

« Avec Memphis, on s’appelait régulièrement pendant notre rééducation pour savoir où on en était, pour se motiver l’un et l’autre »
Le 15 décembre dernier contre Rennes, tu as été victime d’une rupture des ligaments croisés, le même jour que Memphis Depay. Vous vous êtes entraidés dans cette épreuve ?
On s’est soutenus, on a beaucoup échangé et on s’est fixé des objectifs en commun. On n’était pas ensemble tout le temps - j’ai commencé ma rééducation à Lyon avant d’aller à Clairefontaine -, mais on s’appelait régulièrement pour savoir où on en était, pour se motiver l’un et l’autre. Ça a été un vrai plus et aujourd’hui, on est très heureux de pouvoir être de retour sur le terrain, en forme.


Est-ce que tu as appris des choses sur toi pendant cette expérience ?
Déjà, on en apprend beaucoup sur son propre corps. C’est une blessure pas comme les autres, l’opération est difficile, tu traverses des mois de douleurs. Donc ça t’apporte beaucoup de connaissances sur la façon dont il faut gérer son corps, travailler sur la récupération, la musculation... Ça m’est arrivé à un jeune âge, donc ça me forge mentalement et physiquement pour la suite.



Cette blessure devait te priver initialement des huitièmes de finale de la Ligue des champions et des Jeux olympiques avec la sélection espoirs. Mais le coronavirus est passé par là. Dans tout ce malheur, tu ne prends pas ça comme "une chance" ?
Oui bien sûr. Même si ça a été une période compliquée pour tout le monde, à titre personnel, cette interruption m’a donné l’opportunité de ne pas rater trop de matchs. En temps normal, ce genre de blessure vous prive d’une demi-saison minimum. Là, j’ai cette chance de pouvoir reprendre à temps pour réaliser les objectifs que je m’étais fixé, que ça soit avec Lyon et l’équipe nationale.

Dans ces objectifs, il y a le huitième de finale retour contre la Juventus, ce vendredi à Turin. Tu attends quoi de cette rencontre ?
Ce qui me réjouit le plus, c’est de pouvoir aider le collectif. On est en bonne position aujourd’hui, parce que l’équipe a fait le match qu’il fallait à l’aller (1-0, le 26 février, N.D.L.R.). C’était incroyable, parce que tout le monde nous donnait perdants. Moi, j’étais parti en vacances pour prendre un peu le soleil, mais j’ai quand même suivi le match avec attention. Tactiquement, c’était très intéressant, on a su maîtriser notre sujet pendant la première mi-temps et être solidaire défensivement quand ça allait moins bien en seconde. Maintenant, ça va être un vrai défi d’aller se qualifier chez eux. Il va falloir mettre toutes nos forces pour passer.


Comment as-tu vécu le confinement ?
J’ai eu la chance de pouvoir sortir de chez moi pour aller au centre de formation pour m’entraîner et poursuivre ma rééducation. J’aurais eu du mal à rester toute la journée à la maison. Mais après, ça se résumait à regarder la télé, jouer à la console avec ses potes, passer du temps avec ma petite soeur.

« Cette interruption m’a donné l’opportunité de ne pas rater trop de matchs. »
Tu aurais aimé pouvoir reprendre le championnat ou c’est une bonne chose de l’avoir arrêté ?
De mon point de vue, cette décision a été prise un peu trop tôt. Les autres grands championnats ont repris et ça donnait envie. On a beaucoup critiqué le président Aulas, qui a tout fait pour essayer de continuer la saison, mais la manière dont les choses ont évolué lui donne raison. Après, on ne peut pas revenir en arrière, il faut faire avec.



Ça a été une saison globalement difficile à Lyon cette année. Comment as-tu vécu tout ça, toi qui découvrait ce club ?
Ce sont des choses qui arrivent dans n’importe quel grand club. L’arrivée de Rudi Garcia nous a fait du bien. Il est arrivé avec des méthodes tout à fait différentes de celle de l’ancien coach, Sylvinho. C’est un coach qui a apporté toute l’expérience qu’il a pu accumuler dans d’autres clubs d’envergure. Certains matchs ont servi de déclic, notamment celui de Leipzig, où on se retrouve à terre avant de revenir à 2-2 et se qualifier pour la suite. Sur les dernières semaines avant l’interruption, il y a eu du mieux, avec des joueurs importants qui ont rejoint l’effectif, comme Karl Toko-Ekambi et Bruno Guimarães. Ça nous a apporté de la fraîcheur et du renouveau. Aujourd’hui, il va falloir rebondir très rapidement et pour ça, on a la chance de pouvoir jouer la Ligue des champions. À nous de saisir cette chance.

Tu as été testé à plusieurs postes, que ce soit dans le secteur central derrière l’attaquant ou sur un côté. Où te sens-tu le mieux ?
Je préfère jouer au milieu de terrain, derrière les attaquants ou en relayeur. C’est là où j’ai été formé et où j’ai le plus de repères.


Le directeur sportif Juninho a regretté à plusieurs reprises qu’il manquait de leaders dans cette équipe et parle d’un manque de motivation chez certains...
C’est le ressenti qu’il peut avoir, mais je ne suis pas d’accord avec ça. C’est peut-être ce qui peut paraître depuis l’extérieur, au vu des résultats, mais je sais qu’à l’intérieur du groupe, il y a de fortes personnalités sur lesquelles on peut compter. Marcelo, Jason Denayer, Memphis, Anthony Lopes, Léo Dubois sont importants dans ce rôle-là. Chacun avec sa spécialité : certains sont des leaders techniques sur le terrain, d’autres prennent la parole... Il y a différents types de leaders et il y en a beaucoup dans notre équipe.

« Pour prétendre devenir un leader, il faut faire ses preuves et montrer à ses coéquipiers qu’ils peuvent compter sur toi. »
Pourrais-tu, à l’avenir, en devenir un ?
Ça va dépendre de mes performances. Pour prétendre devenir un leader, il faut faire ses preuves et montrer à ses coéquipiers qu’ils peuvent compter sur toi. En équipe de France espoirs, je suis le capitaine, ça veut dire que j’en ai les capacités. Mais il faut que je franchisse un cap avec Lyon pour être considéré comme tel. Pour ça, je vais devoir notamment progresser sur le plan statistique. Je me crée pas mal d’occasions, je me projette pas mal dans la surface, mais c’est à moi de travailler pour devenir quelqu’un qui marque des buts ou qui fait des passes décisives.



Quels seront tes objectifs pour la suite ?
Je ne l’ai jamais caché : je veux devenir un joueur clé de l’équipe, un joueur sur lequel on peut compter dans n’importe quelle situation. Ça va dépendre de mes performances, mais avec tout ce qu’il m’est arrivé, tout ce qu’il s’est passé, j’ai pris conscience de beaucoup de choses et je suis prêt à assumer ce que le coach peut me demander. Je suis quelqu’un qui essaye de prendre les choses les unes après les autres, d’être le plus performant possible sur le terrain et de m’épanouir.


Tu es parti très jeune à Arsenal, où tu n’as pas vraiment eu ta chance. Si c’était à refaire, tu referais les mêmes choix ?
Ça n’a pas été facile de quitter la France si jeune, mais je ne le regretterai jamais. J’ai pu apprendre auprès d’un grand coach comme Arsène Wenger, fréquenter de grands joueurs comme Santi Cazorla et Mesut Ösil, m’entraîner avec eux, les observer au quotidien... C’était extraordinaire. J’étais le plus jeune dans le vestiaire et j’ai pu aussi compter sur le soutien des Français de l’effectif comme Alexandre Lacazette. Si j’ai choisi de rentrer en France, c’est pour avoir du temps de jeu. C’est toujours compliqué de quitter Arsenal pour un club moins huppé comme Angers, mais ça dépend où on veut aller. Moi je le savais et c’était le seul choix à faire pour rebondir.

« Angers est le club qui m’a fait éclater donc je leur dois toute la réussite que je connais aujourd’hui. »
Visiblement, tu as fait l’unanimité au SCO. Stéphane Moulin a dit qu’il a « rarement vu, à Angers, le public se lever pour un joueur comme il l’a fait pour [toi] » et plusieurs joueurs étaient émus lors de ton départ... Cette expérience t’as rassuré ?
C’est le club qui m’a fait éclater donc je leur dois toute la réussite que je connais aujourd’hui. Ça n’a pas toujours été évident tous les jours, mais j’ai toujours été proche de mes coéquipiers et du staff. À Angers, tout le monde m’a conseillé de la meilleure des manières pour aller toujours de l’avant. Tout ce qui a pu m’arriver depuis, la signature à Lyon, jouer l’Euro espoirs en 2019, c’est grâce au SCO et aux performances que j’ai réalisées là-bas.


Que penserait le Jeff de 10 ans du Jeff Reine-Adelaïde d’aujourd’hui ?
Il se dirait qu’il y a eu une belle évolution, mais que les gens n’ont pas encore tout vu de mon potentiel et que j’ai encore de belles opportunités mon le montrer.

Passion ballon orange
Pour Jeff Reine-Adelaïde, il n’y a pas que le foot dans la vie : « Je suis très fan de basket et je suis de très près la NBA » . C’est donc avec des yeux écarquillés qu’il a pu rencontrer en vrai Tony Parker, la légende des Spurs de San Antonio, actuel président de l’ASVEL et pressenti pour succéder à Aulas dans quelques années, à la tête de l’OL. « Il est passé plusieurs fois dans le vestiaire après les matchs, raconte JRA, évidemment enthousiaste. C’est incroyable de pouvoir le côtoyer, même si on n’a pas encore eu le temps de discuter basket. Mais ça arrivera. »
Propos recueillis par Mathieu Rollinger Entretien extrait du dernier numéro de SO FOOT CLUB, toujours en kiosque.