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I Muvrini : « Le stade est une école »

Adepte de la non-violence qu'il prône chez les jeunes du centre de formation de l'AS Saint-Étienne et immense groupe musical corse, I Muvrini voue une grande amitié pour l'ASSE avec qui il vient de sortir une chanson et pour le football en général. Jean-François Bernardini raconte.

Vous êtes né près de Bastia, vous chantez parfois en français et vous supportez Saint-Étienne. Il est loin, le cliché du profil type corse !
Bien évidemment, le Sporting est mon club de cœur ! Bastia, c'est un membre de la famille. Ce sont des pages d'histoire, des joies, des larmes, des échecs, des trous noirs... C'est également la preuve merveilleuse que le petit peut renverser le plus grand, le symbole du point fort du football : tout est possible. Même un club qui vient d'une ville de 50 000 habitants peut renverser des montagnes, et vivre des moments incroyables.


Vous-même, vous avez tapé le cuir ?
J'aime profondément le foot. Pendant toute mon enfance, je me suis entraîné à frapper des coups francs contre une porte de garage avec ou sans gardien dans mon petit village de Taglio-Isolaccio. Je rêvais d'avoir un vrai ballon que je n'avais pas, et qu'il existe un vrai terrain qu'il n'y a jamais eu. On organisait des matchs sur une ancienne aire de battage de blé, sorte de petite colline. On jouait au sommet, avec des balles qui partaient de tous les côtés et dans la descente. C'était la plus belle pelouse du monde ! Oui, le foot est une passion. C'est un sport populaire, auquel on peut jouer partout à tout moment. Sur cent mètres carrés, avec un banc... On joue encore pendant les tournées, notamment quand on passe à Saint-Étienne.


« Quand le public italien siffle l'hymne français, qu'est-ce qu'on peut faire ? Rien, on est dépassé. Gianluigi Buffon, lui, se met à applaudir l'hymne à ce moment-là. Il est suivi par ses partenaires, et ensuite par tout le stade. Ce n'est pas génial, ça ? »
D'où vient justement votre lien, visiblement fort, avec l'ASSE ?
Avec les Verts, c'est une histoire d'amitié et de respect. Elle a commencé quand Bernard Champion nous a entendu parler de non-violence durant un concert, il y a environ six ans. Il est venu nous voir en nous disant qu'il y avait des choses à faire dans le foot sur cette thématique, notamment chez les jeunes. Sainté a été le premier club de France à déclarer que le foot avait besoin de la non-violence et à m'inviter pour parler de ça auprès de ses jeunes, de ses cadres et de ses supporters. Avec l'Afc-UMANI, association que je préside, nous avons donc organisé des journées là-dessus. Je suis allé à de multiples reprises parler non-violence au centre de formation, lors des stages puis dans des lycées de ville. Puis à Auxerre, puis au Sporting... Ont suivi des concerts, des événements. Depuis, il nous arrive de faire escale chez eux lorsque nous sommes dans la région. Les valeurs de la non-violence, dont le foot a tout à gagner, nous ont réunis comme une famille.



« Les rivalités ne devraient rester que sportives, mais comme les gens sont de plus en plus mal équipés et qu'ils ne se servent que de leur cerveau reptilien... »
Les jeunes sont réceptifs, à votre discours ?
Complètement, il restent pendant deux heures à vous écouter avec les yeux grands ouverts ! Ils ont besoin d'être libérés, car la violence constitue une aliénation de toi-même. Le stade est une école, où tu as droit à toutes les émotions, mais pas à tous les comportements. Le foot divise parfois, mais il rassemble surtout. Comme nous tous, les jeunes sont sensibles aux exemples. Prenons l'amical opposant l'Italie à la France en 2016, à Bari. Quand le public italien siffle l'hymne français, qu'est-ce qu'on peut faire ? Rien, on est dépassé. Gianluigi Buffon, lui, se met à applaudir l'hymne à ce moment-là. Il est suivi par ses partenaires, et ensuite par tout le stade. Ce n'est pas génial, ça ? Ça signifie qu'un geste sur une pelouse a un poids énorme, et qu'il peut tout renverser. Il balaye la bêtise, il change tout et il fait gagner tout le monde. Il s'agit du pas de côté, comme on dit pour la non-violence. Il n'y a pas que « Je m'écrase ou je frappe » , pas du tout. Les siffleurs ne sont pas bornés, ce ne sont pas des cons qui squattent les tribunes : il est possible de renverser une foule. Cette culture-là nous réconcilie avec nous-mêmes. Tu apprends à jongler avec le ballon, mais aussi à jongler avec tes émotions : tu as le droit d'être énervé contre un arbitre parce qu'il s'est trompé, mais pas de lui cracher à la gueule.

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« Quand tu joues contre Lyon, tu as le droit de vouloir gagner dix fois plus qu'en temps normal. »
Vous devez être triste, quand vous voyez certains Lyon-ASSE ou quand Furiani devient le lieu de scènes observées durant le dernier OL-Bastia...
Les rivalités ne devraient rester que sportives, mais comme les gens sont de plus en plus mal équipés et qu'ils ne se servent que de leur cerveau reptilien (selon la théorie discutée du cerveau triunique, N.D.L.R.)... Si vous êtes enfermés dans un comportement tribal et que vous n'utilisez que le premier étage de votre cerveau, un vert fonce sur le rouge dès qu'il le voit tel un taureau. Heureusement, l'être humain est capable de mieux que ça.

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D'où l'intérêt d'éduquer dès le plus jeune âge.
D'où l'importance, oui. Il n'empêche que quand tu joues contre Lyon, tu as le droit de vouloir gagner dix fois plus qu'en temps normal. Il n'y a pas de problème, c'est une rivalité compréhensible. La seule erreur intervient quand la violence s'en mêle.



Quel regard avez-vous sur le foot actuel ?
Il y a le pire et le meilleur, n'oublions pas que l'argent y a fait une telle intrusion que l'enjeu est devenu supérieur au jeu. Ainsi, on retrouve dans les tribunes des comportements que nous n'avons pas envie de voir au sein de la société. Le stade représente un lieu social, où l'on retrouve une appartenance. On le sent d'ailleurs bien à Bastia, ou à Saint-Étienne. Cette appartenance est très intéressante, on en a besoin. Mais si votre appartenance à l'humanité se réduit au club de supporters du virage Nord du Paris Saint-Germain ou autre, l'appartenance devient pauvre. Vous avez donc l'impression que votre vie se joue pendant le match, que vous êtes mort si votre club perd et que le gars en face est votre ennemi. Bah non, ce n'est pas ton ennemi, mon pote... S'il y a question de vie ou de mort, je suis prêt à aller choper l'autre pour me battre. Le foot devient alors le réceptacle de cette pauvreté-là. Tu mérites plus que cette seule appartenance pauvre, mon ami.


« On a fait un premier clip, puis les Verts nous ont appelés pour l'enregistrer eux aussi en studio. Ils ont trouvé le message important, et ont joué le jeu alors qu'ils auraient pu avoir peur de chanter. »
Vous alliez à Furiani, petit ? Comment vous le voyez, maintenant ?
Oui, et je n'ai jamais rompu avec les stades. On a souvent fait de Furiani un épouvantail, à juste titre. Tout stade est d'abord l'endroit d'une compétition incommensurable, amplifiée à Bastia d'un certain contexte. Il existe un traumatisme Corse-France inconscient, un non-dit historique comme s'il y avait un compte à régler. Il faut lire l'histoire, pour comprendre... C'est « Tu n'as jamais reconnu ce que tu m'as fait dans l'histoire » , comme si les deux camps étaient encore ennemis. La rivalité entre équipes corses et continentales, des deux côtés, s'en trouve particulière. Ça se transfère dans certains esprits isolés, alors que 98% des fans de Bastia viennent au stade avec passion, mais sans souhaiter la casse. Contre Lyon, il n'a fallu que deux mecs pour refléter ce trauma et pour que tout se brise. Ce trauma gouverne des comportements incompréhensibles pour celui qui vient de l'extérieur. Je crois que quelques arbitres viennent en Corse comme s'ils débarquaient en terre ennemie, et que quelques Corses qui vont jouer contre une équipe continentale ont l'impression d'affronter des ennemis. Sauf que ces quelques-uns suffisent à faire dégénérer les choses. Mais le foot peut trouver le moyen de soigner tout ça, et même de le guérir. La preuve avec Saint-Étienne, qui dépose une gerbe à chaque fois que l'équipe vient à Bastia.


« Moi, je ne ferais pas le malin si je devais tirer un penalty à la 88e minute ! »
Voilà notamment pourquoi vous chantez en retour « Allez peuple vert, allez peuple frère, allez peuple terre » dans votre dernière « Chanson d'après » , qui rend hommage à la lutte contre le coronavirus et qui donne le micro à plusieurs acteurs du foot (Roland Romeyer, Loïc Perrin, Julien Sablé, Jean-Michel Larqué, Aimé Jacquet...) ?
À l'origine, c'était un projet participatif qui a eu beaucoup de succès. On en a fait un premier clip, puis les Verts nous ont appelés pour l'enregistrer eux aussi en studio. Ils ont trouvé le message important, et ont joué le jeu alors qu'ils auraient pu avoir peur de chanter. Moi, je ne ferais pas le malin si je devais tirer un penalty à la 88e minute ! Ils apportent le poids de leur personnalité, et donnent un écho non négligeable aux paroles. On dit qu'ils poussent la chansonnette, mais ils ne poussent pas que la chansonnette : ils poussent la conscience, et c'est important de le faire ensemble.

Propos recueillis par Florian Cadu, à Bastia
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