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Jamie Lidell : « J'ai abandonné le foot à cause de l'Allemagne »

Quelques heures avant d'ambiancer le théâtre de verdure de Calvi on the rocks, Jamie Lidell déplace des couverts dans une salle de petit déjeuner. Histoire de se mettre à l'aise pour parler Prince, fierté nationale et Kevin Keagan.

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Mark Ronson, grand fan de Chelsea, joue à Calvi aussi. C'est quoi ton équipe ?
Je fais partie de ces gens qui supportent Nashville.

Nashville ? Nashville, Tennessee ?
Oui, Nashville, USA. Le Nashville FC. C'est là que je vis. Je ne supporte plus d'équipes anglaises. C'est une équipe universitaire. Mais l'Amérique est vraiment en train de se mettre sérieusement au foot, man. Y a un gamin qui joue pour Nashville, il doit avoir 18 ans, il est vraiment incroyable. Comme dans le dernier match que j'ai vu, contre Memphis.

Et comment s'appelle le meilleur joueur de Nashville ?
Malcolm Mutuno. Il a du football dans son nom ! « Je drible et je cours ! »

Tu viens de Huntingdon dans le Cambridgeshire. Les gens sont pour qui là-bas ?
Cambridge United. Cinquième division. C'est le club local, les gens le supportent. Ensuite, j'imagine que tout le monde finit par supporter une équipe de Londres. Bon, moi, quand j'étais gamin, j'étais pour Nottingham Forest. Je ne sais plus pourquoi, j'ai choisi une équipe. Bien plus jeune, j'étais pour Liverpool, Man U, parce que je voulais être pour les vainqueurs. Mais je me fous de Liverpool et Manchester. J'ai grandi à Cambridge, tu dois être pour le côté des vainqueurs. Mais j'ai vite réalisé que je devais supporter une petite équipe ( « the underdog » ), d'où Nottingham. Puis QPR.

QPR est un peu le club des artistes: les Clash, les Libertines…
C'est vrai qu'ils aiment QPR ! Ensuite, c'était le quartier dans lequel je vivais à Londres. Personne n'était pour Chelsea ou Arsenal, là-bas. Mais j'ai toujours bien aimé Liverpool, cela dit. Je veux dire, les Beatles quand même. C'est une ville de musique, et de bosseurs. C'est mon monde. Pas Fulham, pas de « fancy clubs » .

Les frères Lawrence, de Disclosure, sont aussi pour QPR. Tu les connais ?
Ah, je ne savais pas. Non, je ne les connais pas, mais ça fait sens. Je me demande pour qui est Gilles Peterson (influent DJ sur la BBC, fan d'Arsenal, NDLR). Lui, c'est un gros fan de foot. Il arrête tout pour le foot. Et mon pote Paddington Breaks aussi, il est à fond pour Arsenal. Il arrête tout pour Arsenal, ça passe avant la musique.

Tu jouais au foot quand tu étais petit ?
Oui, beaucoup. Je pensais que j'étais bon, d'ailleurs. On jouait beaucoup dans mon petit village jusqu'à ce qu'une famille allemande s'installe dans le quartier. Je crois qu'ils venaient de Stuttgart. Ils nous ont détruits. C'était un autre niveau, man. Ils m'ont impressionné. J'ai un peu arrêté le foot à ce moment, je me suis dit : « Bon, certains sont bien meilleurs, ce n'est pas pour toi. » C'était chiant, on pouvait plus jouer. J'ai abandonné le foot à cause de l'Allemagne, en gros.

Si tu pouvais taper un foot sur la plage à Calvi, tu jouerais avec qui ?
Peut-être Mark Ronson. On est deux dandys. Il pourrait me montrer quelques feintes. Il doit avoir de la ténacité et de la finesse, comme dans son boulot.

Qui est ton joueur anglais préféré ?
Kevin Keegan. Cela a beaucoup à voir avec les cheveux. Il avait beaucoup de cheveux, c'était une partie importante de ce sport, il fut un temps. Il était partout quand j'étais petit. Puis son nom est vraiment bizarre. Keegan. Qui s'appelle comme ça, franchement ?! Tu vois ce que je veux dire. Un sacré nom, des cheveux puissants, très bon joueur. Toujours dans les journaux. Keagan.

Tu avais des posters de lui dans ta chambre ? D'autres joueurs ?
Non, absolument pas. J'avais Prince sur mon mur, man. Prince qui portait un blazer. Je n'avais pas beaucoup de trucs masculins. Ma chambre était couleur pêche, déjà. Prince a vraiment perturbé ma sexualité. Enfin, je n'ai jamais été gay, ou même proche d'être gay, mais Prince faisait comme s'il n'avait pas de sexualité. C'est pour ça qu'il est célèbre. À l'époque, les musiciens étaient plutôt « anti-sport » . C'est moins vrai aujourd'hui.

L'Angleterre regagnera-t-elle un jour une compétition majeure ?
Oui, bien sûr. Bon, ça prendra au moins vingt ans. On ne sait jamais. Je repense à ce gamin à Nashville, il est putain de bon. Qui l'eut cru, à Nashville ? Il aurait pu grandir à Cambridge et être sous le feu des projecteurs. Ce gamin arrive sur le terrain et la magie opère toujours. Les gens deviennent fous, et il pousse les autres vers le haut. Tout est possible.

Donc l'Angleterre peut gagner la Coupe du monde au Brésil ?
Absolument pas. Ça, c'est impossible. Ce serait un miracle. L'Angleterre n'y est plus du tout. Ils se sont trop longtemps glorifiés d'avoir inventé le jeu, tout ça, mais ils n'ont rien gagné depuis 1966…

On parle souvent du fighting spirit anglais. Mais dans une grande compétition, dès qu'ils prennent un but il n'y a plus personne…
Oui, c'est vrai, je ne sais pas d'où ça vient. C'est de la peur… Un genre particulier de peur, ça doit venir du mot « sorry » . On est le pays qui dit « désolé » tout le temps. Ça doit être dur de perdre ça totalement. Le foot est une chose étrange, il faut de la finesse et un contrôle total. Tu ne peux pas dire «  On va marquer, allons-y ! » Il faut de folles combinaisons de finesse et d'aptitudes mentales. Dès que les Anglais se concentrent sur le mental, ils perdent leur finesse. Et vice-versa. Ils ne trouvent pas l'équilibre.

Les gens de Calvi sont en majorité pour Bastia. Tu connais l'équipe ?
Pas vraiment. J'aurais dit Pietra, mais c'est une bière, hein ? Je ne dois pas confondre. C'est une bonne chose à savoir. Et donc ils sont rivaux avec Ajaccio, j'imagine ? Je ne dois pas confondre. « Bastia ! Bastia ! Bastiaaa !  »

Qui va gagner la Premier League ? Et la Coupe du monde ?
Pour la Coupe du monde… Le Brésil, j'imagine. Qui ne voudrait pas que le Brésil gagne ? Sinon ce sera l'Allemagne. Mais le Brésil est à la maison. Il y a tellement de passion là-bas. Et ce, malgré toutes ces manifestations, que je comprends par ailleurs. Les Jeux olympiques me dégoûtent parfois. C'est décadent, vraiment décadent. Même si ça aide pour l'image du pays. Je comprends qu'il y ait de la fierté, je n'aime pas la fierté de toute façon. C'est une chose horrible. Ça enlève le courage, et la fierté nationale engendre toujours des guerres, plein de merdes. J'ai passé beaucoup de temps à Berlin, et la fierté nationale est quelque chose de très difficile à assumer là-bas. Je vivais dans un quartier turc, et quand la Turquie gagnait, c'était la folie. Quand les Allemands gagnent, c'était plus un petit « Yes » , discret, en serrant le poing. Ils reposent leur poing et boivent leur bière. On ne voyait pas de grands drapeaux voler et de gens gueuler dans les voitures. Ils ne peuvent pas faire ça. Rien que le fait de brandir un drapeau, on dirait qu'ils se disent : « Wow, un instant. Il va y avoir une révolution et les nazis vont débarquer. » Un cauchemar. Mais j'aime ça quelque part, qu'ils soient conscients que la fierté nationale est assez moche. Donc dépenser tout cet argent, pour du luxe, c'est assez moche. Ils ne le retrouveront pas, man. C'est un peu foutu. Oui, foutu.

C'est marrant que tu n'aimes pas la fierté. Alors que tu viens un peu du « pays de la fierté » et que tu vis dans un pays très patriotique.
Oui. Je trouve tout ça révoltant. Les drapeaux qui volent, « On est Américains, fuckers ! » C'est une blague. C'est drôle en même temps. Et c'est drôle de supporter l'Angleterre, il faut bien que quelqu'un le fasse, surtout quand ils perdent. Ils ne vont plus jamais gagner en fait…

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Propos recueillis par Thomas Andrei, à Calvi
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