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« J'en ai jamais autant chié que dans le Tourmalet »

Le 21 juillet 1910, pour la première ascension du Tourmalet de l’histoire du Tour, le Français Octave Lapize, en tête au sommet, lança aux organisateurs : « Vous êtes des assassins !  » Ce samedi, le Tour de France s’y donne rendez-vous pour la 14e étape, dans ce qui s’avère aussi être un lieu de préparation physique d’avant-saison pour les footballeurs.

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Casting : Thomas Pradines et Romain Decaro, joueurs du FC Bassin d'Archachon qui ont monté le Tourmalet en juillet 2017



Comment vous vous êtes retrouvés dans cet enfer ?
Thomas Pradines : C’était un défi entre amis. Moi, je l’avais fait deux ans plus tôt avec le Bergerac Foot, dans le cadre d’une préparation collective, mais là on avait envie de se faire mal pendant la préparation individuelle.

Romain Decaro : C’était vraiment le défi de notre été. Au départ, ça devait être toute l’équipe, puis on n’est partis qu’à six. Logistiquement, c’était compliqué, et mentalement, il y en a beaucoup qui ne voulaient pas s’infliger ça. Pour ma part, c'était la première fois que je montais sur un vélo de course. C’est une montée que je connais bien parce que j’y vais beaucoup l’hiver pour faire du ski. Physiquement, je suis pas trop mal, mais là j’en ai chié. (Rires.)

On se sent comment dans la montée ?
Thomas Pradines : Ce qui est atypique c’est qu’on avait loué des vélos tout en bas. L’ascension pure et dure, c’est 19km, mais quand on part de tout en bas, ça doit être 24km. De 24 à 17, honnêtement c’est cool, on roule, on est content. En revanche, au 17e, ça commence à grimper. Là, c’est un enfer. C’est vraiment, vraiment, vraiment très dur, on est obligé d’être sur le plus petit braquet. La danseuse devient obligatoire parce que les cuisses brûlent. Dans les quatre derniers kilomètres il y a des pentes, c’est incroyable, honnêtement. Bon, on était quand même des sportifs, on a tous tenu le coup, mais c’était très difficile.

Romain Decaro : On a dû faire une petite dizaine de bornes avant le début du col, je me sentais plutôt bien. Mais dès que tu attaques le col, tu sens que ça va monter sévère. On m’avait prévenu que les deux derniers kilomètres étaient les pires. Ça a été le cas. À trois kilomètres du sommet, j’ai balancé mon casque. J’ai pris une bouteille d’eau, je me la suis renversé sur la tête. Là c’est l’enfer, c’est que dans la tête. Les jambes, tu sens plus grand-chose. Et en plus, j’étais tout seul parce que j’avais fait une petite échappée en bas. Forcément, je m’étais mis un petit défi d’arriver premier... Mais là, je me parlais tout seul, c’était une horreur. De toute façon, je ne pouvais pas avancer moins vite, sinon je reculais.



Thomas Pradines : J’étais le seul des six à l’avoir fait avant, et toute la semaine je les ai chambrés : « Vous allez voir c’est dur, c’est l’enfer. » Quand on les voit à la TV, les cyclistes, on se dit que c’est pas possible, c’est des extra-terrestres. On a le manque d’air, et les cuisses qui brûlent. Après, quand on n’est pas habitué, c’est con, mais... la selle. On avait de beaux vélos, mais la selle, ça fait un mal de chien.

Romain Decaro : Pour la petite histoire, j’étais parti pour y aller en short de foot, mon petit préféré du PSG. Le mec de la location m’a quasiment obligé à lui acheter un cuissard avec renforcement au niveau du fessier. Et franchement, j’ai pas regretté, parce qu’avec l’état de mon cul à la fin du truc... On n’avait qu’un seul gars qui avait des cale-pieds, et c’est le seul qui s’est ramassé dans la montée. (Rires.) Mon pote lui a dit : « Ça va ? » en le doublant. L’autre l’a regardé, il n’a pas dit un mot et il s’est juste couché sur le côté. (Rires.) Pour te dire l’état de forme du gars. Pourtant, c’est un prof de muscu.

Le tracé est comment ?
Thomas Pradines : C’est des grandes lignes droites jusqu’au début de l’ascension, et après ça zigzague à fond. Puis progressivement, à 3-4km du sommet, ça commence à devenir désert. La végétation disparaît. Et ça grimpe, ça grimpe... En plus, on y est allés fin juin, il faisait chaud. La chance qu’on avait, c’est qu’on avait un ami intendant au club d’Arcachon, qui avait voulu venir avec nous, et il nous suivait avec le minibus du club pour nous ravitailler en eau et en barres de céréales. Ça, c’était top.


Romain Decaro : Moi, je joue milieu gauche, donc je suis un type physique, élancé. J’ai 31 ans, ça fait dix ans que je joue à ce niveau et dix ans que je suis premier aux tests physiques en équipe 1 d’Arcachon. Sans me mousser, hein, c’est juste génétique. J’ai un bon cardio. Mais je n’en ai jamais autant chié de ma vie.

Thomas Pradines : À trois kilomètres du sommet, j’ai fait une fringale. J’avais rien à bouffer, et là c’est fini. Tu veux faire quoi d’autre que monter ? Tout le monde monte, tu peux pas redescendre.



Quel est l’apport d’un tel effort dans le cadre d’une préparation physique ?
Romain Decaro : C’était deux semaines avant la préparation collective, et je pense honnêtement que ça nous a vraiment fait du bien. C’est long et intense, donc c’est très bon pour les cuisses. Et puis il y a un défi vraiment mental, celui d’arriver en haut sans mettre pied à terre. Moi quand j’en chie physiquement à l’entraînement, je repense à ce moment où je me parlais tout seul quand il restait quatre bornes : « Allez, lâche rien Romain, faut aller en haut. » Et je me dis que je préfère être sur le terrain que là-bas.

Thomas Pradines : Oui, en fait, c’est surtout une préparation mentale. Parce que sur le vélo, t’es tout seul. Forcément dans le groupe de cinq, il y en a qui vont plus vite que d’autres, et le groupe s’éclate. Tu te retrouves vite solo, et dans les dix derniers kilomètres, mentalement, c’est très dur. Quand t’es footballeur en N3 ou N2, t’as quand même une condition physique qui te permet de le faire. Mais avec Bergerac, les défenseurs galéraient plus que les attaquants, par exemple.

Comment c'est tout en haut ?
Thomas Pradines : C’est nu, haut, et bondé. Mais quand t’es en haut, c’est le délire. T’arrive, t’es fier.

Romain Decaro : (Rires.) On respire. Il y a du vent, on est contents. On est à pied, déjà. C’est chouette parce que nous, on avait nos petits maillots, et les gens t’applaudissent. Bon, ça fait un peu mal de se faire doubler par deux VTT, mais tu ressens de la fierté. Tu fais la photo avec le panneau « col du Tourmalet » , la classe.

Vous compareriez ça à quel match de foot de votre carrière ?
Thomas Pradines : Le match de la montée contre le FC Tartas. On était en DH l’année dernière, et il fallait absolument qu’on gagne le dernier match et que Marmandes ne gagne pas pour monter en N3. À la mi-temps, on perd 2-0 et Marmandes perd 1-0. On passait totalement à côté ! Alors qu’on avait été premiers 90% de la saison. 50e : 3-0 pour Tartas. Bon, bah là c’est fini. Et là, en quinze minutes, on a marqué quatre buts. Une remontada folle. C’est un peu comme le Tourmalet parce que t’es tout le temps mené 2-0 dans la montée, en fait. Mais tu lâches pas, tu te bats, et t’y arrives.



Romain Decaro : Oui, moi je comparerais ça au match le plus intense que j’ai pu faire. En Coupe de France contre une CFA, Bayonne, il y a trois ou quatre ans. Ça n’arrêtait pas. N’importe quelle touche, corner, arrêt de jeu, j’étais content, parce que j’arrivais à reprendre mon souffle. Mais le Tourmalet, ça reste quand même le plus gros effort que j’ai fait de ma vie.

D’ailleurs vous faites quoi dans la vie ?
Romain Decaro : Moi je suis sapeur-pompier. Je fais au moins une à deux heures de sport par jour, 365 jours par an. Mais c’est plus dur que des parcours du combattant, ou des petites formations en incendie que j’ai pu faire en sous-oxygène. C’est clair qu’au niveau des cuisses, ça reste la référence.

Thomas Pradines : Et moi je suis agent immobilier...



On n’a pas l’habitude de voir des footballeurs faire du vélo. En général, ça se limite à des sorties en VTT à Clairefontaine...
Thomas Pradines : Oui, parce que c’est plus utilisé dans le cadre de la récupération. Ça n’est pas le même effort. Parce que l’effort de la montée, c’est très violent pour les muscles. Tes cuisses se gorgent de sang, hein. Ça brûle. Quand je l’avais fait avec Bergerac dans le cadre d’une prépa physique, on l’avait fait sur deux jours. Le premier jour, on avait fait le Tourmalet, et le deuxième on avait fait une randonnée, où on avait dormi dans un chalet. C’est vrai que c’est plus un stage cohésion qu’un pur stage physique où tu ne fais que courir.


Romain Decaro : Je suis d’accord. Le faire avec tout le groupe, ça aurait été génial, parce que tout le monde doit se dépasser. L’année dernière on a fait plein de choses en prépa : pousser des pneus, monter la Dune du Pilat en courant... Ben, quand on arrive en haut, on se tape dans les mains et on est tous contents d’avoir réussi. C’est ce qui nous a beaucoup rapprochés aussi, pour la cohésion de groupe. Entre ceux qui sont plus faciles, moins faciles... C’est dans ces moments-là qu’on arrive à se rapprocher.

Vous allez mater l’étape aujourd'hui ?
Thomas Pradines : Oui, c’est sûr. Mais tous ceux avec qui on l’a fait à Arcachon, chaque année on en parle, et chaque année on regarde, parce que ça nous a tous marqués. De toute façon, c’est toujours le même constat : les mecs sont beaucoup trop faciles par rapport à nous.

Romain Decaro : Pareil, c’est peut-être la seule que je vais regarder, d’ailleurs. Pour l’avoir fait, je vais sûrement être dégoûté de la vitesse à laquelle ils vont monter, surtout vu le nombre de bornes qu’ils auront fait avant. Je peux pas te donner de favoris, j’y connais vraiment pas grand-chose. Je vais te dire Cavendish, mais tu vas te foutre de ma gueule.

Propos recueillis par Théo Denmat
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