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  1. // Interview Anthony Réveillère part 2

« J'ai fait huit mois à Naples, mais c'est comme huit ans »

Après Lyon et ses campagnes européennes, Anthony Réveillère revient sur d'autres temps forts de sa carrière : son genou en vrac, son transfert avorté au PSG, ou encore son séjour à Naples. Sans oublier de revenir sur l'épisode du bus de Knysna en 2010.

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En 2008, tu t'es fait les croisés, et tu as opté pour une solution encore aujourd'hui peu répandue : pas d'opération, une densification du quadriceps, et un retour plus tôt que prévu. Ton genou n'a plus lâché depuis ?
Pour clarifier, j'ai toujours le ligament, mais il est distendu. Quand je me suis pété, j'ai vu des images, il n'était pas rompu. Je voulais revenir le plus vite possible, le club avait proposé à Patrick Müller de ne pas l'opérer pour une situation analogue, mais de simplement le rééduquer. Il était dans sa dernière année de contrat. Ils ont tenté un programme avec lui pour qu'il reprenne plus vite. Mais en courant dans l'axe, il sentait son genou bouger, donc il a opté pour l'opération. De mon côté, j'ai voulu tenter, car, avant l'opération, j'ai fait des footings, des appuis, des courses un peu plus longues pour écouter mes sensations. Je me sentais plutôt bien, j'arrivais mieux à courir qu'à marcher. J'ai alors dit au docteur que je voulais éviter l'opération. Au départ, il ne comprenait pas. Cela n'a pas plu à tout le monde à cause des enjeux économiques, et donc au final, vu que je suis borné, j'ai fait cela à ma sauce avec un préparateur qui m'a donné un programme d'appuis et de renforcement musculaire « en douce » . Dans la presse, il y a eu beaucoup de bruits que je faisais en sorte d'ignorer, et finalement, j'ai eu l'aval de la médecine du travail avant de retrouver la compétition. Pour mon premier match, il y avait forcément une appréhension, je sentais que tout le stade scrutait l'état de mon genou.

Tu ne t'es jamais blessé de nouveau au genou...
Non, cela a marché, car mon ligament n'était pas pété. Dans le football, on n'a pas le temps de faire des tests en général. Il y a plus de cas négatifs que positifs quand tu tentes quelque chose de nouveau. Cela aurait pu mal se passer et avoir des conséquences économiques sur le recrutement. Moi, j'avais pensé à ma gueule, car c'était mon corps, mon genou, mais ce n'était pas forcément une prise de risque du goût du club. J'ai assumé ma décision. De toute façon, quand j'en prends une, c'est définitif. Mais j'aurais préféré qu'il y ait un climat de confiance, car finalement, je suis revenu plus tôt que j'aurais dû, le club était gagnant. Cette période a été une expérience qui m'a renforcé mentalement, à mon retour, je profitais de chaque ballon.

Est-ce à cause de ton genou que le PSG a annulé ton recrutement en 2012 ?
À la base, je ne voulais pas partir, car j'arrivais dans ma dernière année de contrat. On m'a proposé l'échange avec Biševac. Je me suis dit que j'avais peut-être fait mon temps à Lyon, car on ne me retenait pas. Pour Biševac, cela se passe bien pour la visite médicale, et moi, de mon côté, je me dis qu'il n'y aura pas de problème, car j'avais fait une visite en 2011 avant de prolonger avec l'OL. Mon genou gauche était bon, mais c'est le genou droit qu'ils ont trouvé abîmé. Je jouais depuis mes 18 ans, j'en avais 32, ils n'allaient pas trouver un genou neuf... J'avais joué quelques jours avant à Rennes, Leonardo m'a même dit : « Je ne comprends pas, tu courais partout à Rennes, c'est quoi le problème ? » Je lui ai répondu que je n'avais pas de problème. J'en ai eu marre d'avoir à me justifier, je suis reparti à Lyon en train. J'ai demandé au coach Rémi Garde de me refaire jouer le plus vite possible. Avant mon départ à Paris, il devait me mettre au repos face à Rennes afin d'éviter que je me blesse. Mais au dernier moment, ils ont eu besoin de moi à cause de plusieurs blessés. J'ai accepté, et donc il me devait « un service » . « Vous devez me rendre un service, me remettre sur le terrain pour que je montre que je n'ai rien. » Le club ne savait pas trop comment se comporter. On m'a envoyé voir un chirurgien à Lyon qui a commencé à vouloir me retourner la tête : « Il va peut-être falloir opérer ! » Je lui ai dit : « Écoutez, je ne me suis pas fait opérer le gauche, je ne vais pas faire le droit. Je viens de sortir un match de malade à Rennes, commencez pas à me parler de table d'opération. » Je me suis un peu emporté, puis je suis allé voir le boss Aulas. « J'ai besoin de jouer, je vais bien, c'est à vous de trancher. » Il a dit « Ok, pas de soucis, rejoue. » J'ai rejoué le week-end suivant et j'ai fait six mois en pleine forme. Je n'ai pas de regret, si ce n'est de me dire que j'aurais pu être dans une équipe qui gagnait elle aussi tous les titres. Finalement, j'aurais même pu prolonger à Lyon, mais j'avais fait dix ans et je voulais découvrir autre chose humainement. Ce qui est marrant, c'est que ni à Naples ni à Sunderland, mon genou n'a posé problème. Mais à Marseille si, à l'été 2013.

Finalement, Naples, c'est Marseille en version exacerbée ?
J'étais là-bas en famille, je ne sortais donc pas beaucoup. La moindre sortie au restaurant, cela devenait la folie. À mon échelle hein, car pour Cavani, Lavezzi, Hamšík ou Higuaín, c'est encore pire. J'ai fait un resto avec Insigne et Inler, on n'était pas des stars internationales, mais on y était allés pour faire plaisir à des coiffeurs. J'explique, des coiffeurs venaient nous coiffer gratuitement, on ne pouvait pas les payer, car c'était un honneur pour eux de nous coiffer. Donc ils nous avaient demandé d'accepter une invitation dans la pizzeria d'un de leurs amis. Même la pizza, on ne la payait pas. On a eu la bonne idée d'y aller un samedi soir, dans un coin qui bougeait pas mal. On voit que tout le monde nous reconnaît, mais personne ne nous dérange. Mais une fois, le dernier bout de pizza terminé, tout le monde se lève : photos et tout, c'était le bordel. Il y avait un gros respect pour la pizza. Mais on ne savait pas qu'il y avait 1000 personnes devant le restaurant. Le patron a dû appeler la police pour qu'ils fassent un cordon de cinq mètres de large pour que l'on arrive à atteindre notre taxi. Un peu comme pour des rock stars. C'était dingue, je n'ai connu ça nulle part ailleurs. On n'osait même pas sortir en boîte. En France, tu vas en boîte, des gens font des selfies avec toi. À Naples, tu ne ressors pas de la boîte. C'est même flippant. Ce sont des passionnés, des fous. À Lyon, j'ai encore des gens dans la rue qui m'arrêtent pour me dire merci. J'ai fait dix ans et gagné des titres. Mais à Naples, je n'ai fait que huit mois. En ayant l'impression d'avoir fait huit ans. Quand tu as porté le maillot de Naples, tu es napolitain pour toujours. En plus, quand je suis parti, j'ai fait mes adieux à la radio, dans une interview. J'ai dit ce que je pensais : une expérience magnifique, j'ai adoré la ville, les Napolitains, le San Paolo, la Serie A... Que j'étais fier d'avoir joué dans le club de Maradona, que ma famille était heureuse ici, que les gens étaient serviables. Sur les réseaux sociaux, cela s'est enflammé, on m'a dit que j'étais napolitain pour la vie. Je n'ai fait que huit mois, on n'a gagné que la Coupe d'Italie, j'ai joué beaucoup à gauche et Benítez faisait beaucoup tourner. Bref, pas une saison de folie, mais aux yeux des Napolitains, d'avoir respecté leur maillot fait qu'ils m'ont adopté.

« Quel que soit le pays, on te prend la tête avec ton âge, c'est pour ça que j'ai arrêté. On ne regarde pas ta condition physique, ou alors on te félicite d'en avoir une bonne à ton âge. » Anthony Réveillère

Si tu as fait l'essentiel de ta carrière à Lyon et Rennes, ton club formateur, tu as eu l'opportunité en moins de trois ans cumulés de découvrir trois championnats étrangers : Espagne avec Valence, Italie donc avec Naples et Angleterre avec Sunderland. Lequel tu as le plus aimé ?
J'ai bien aimé les trois, après ils sont totalement différents. L'Espagne, c'est un truc de fou, cela va à 2000 à l'heure, tous les joueurs ont du ballon, c'est très technique. Et cela joue. Les six derniers mois de la saison en France, une équipe de bas de tableau se déplace pour prendre un point. Là-bas, pendant 20-30 minutes, ces mêmes équipes te font l'amour avant de repartir avec un 4-0. Ils ont joué et ils sont morts avec leurs idées. Cela m'avait frappé. La Premier League, c'était oui direct quand Sunderland s'est manifesté, car je voulais connaître ça. Beaucoup d'intensité, de tacles. Les défenseurs centraux ne sont pas techniques, mais c'est tout à l'impact. Il y a beaucoup de pertes de balle, car il y a de gros pressing, mais quand tu es un peu technique, forcément, tu sors rapidement du lot. Sunderland, c'est une bonne expérience, j'ai même failli prolonger. Mais j'avais un choix familial à faire, car j'étais sans ma femme et mes enfants. Et humainement, je n'aimais pas vraiment l'entraîneur. Ce qui est marrant, c'est qu'au moment de signer à Sunderland, Hanovre m'a contacté, un autre championnat que je ne connaissais pas. Mais la Premier League, c'était le championnat plus qu'un autre sur lequel je peux rester scotché un après-midi entier. La Premier League, c'est l'ADSL. La Ligue 1, c'est le bas débit. Quant à Naples, c'était un énorme championnat. Chaque grande ville a deux clubs qui sont dans les dix premiers. C'est assez tactique et cela se porte vite vers l'avant. Mais quel que soit le pays, on te prend la tête avec ton âge, c'est pour cela que j'ai arrêté. On ne regarde pas ta condition physique, ou alors on te félicite d'en avoir une bonne à ton âge, mais quel que soit le pays, les clubs veulent acheter un jeune et faire une plus-value. Ce qui est sympa en jouant à l'étranger, c'est que tu pratiques les langues étrangères, tu découvres de nouvelles cultures...

Un mot sur l'équipe de France. Tu as connu trois sélectionneurs : Santini, Domenech, Blanc... Avec le second, tu dis avoir une relation bizarre, tu peux t'expliquer ?
Depuis tout jeune, il me traite de « touriste » , il me disait que j'avais des qualités et me contentais du minimum. Peut-être qu'il n'avait pas tort. Avec les Espoirs, il nous faisait participer à des débats tactiques par rapport au foot. Quand tu es jeune, c'est intéressant, d'apprendre à s'appuyer sur les qualités des autres. Mais quand il gérait les A et qu'il retenait François Clerc, alors que c'était moi le titulaire à Lyon, je ne comprenais pas. Je m'étais blessé avant la Coupe du monde 2006, je n'ai ensuite pas forcément été aidé pour revenir. Mais le pire, c'était l'Euro 2008. Il y a même des mecs dans l'équipe qui m'avaient dit ne pas comprendre que je n'y sois pas. C'est moi qui ait joué les deux derniers mois à Lyon avant l'Euro, mais c'est Clerc qui a été pris. Je ne fais pas la campagne pour le Mondial 2010, puis je finis dans la liste, alors que je m'en serais bien passé. Pour le dernier match de la Coupe du monde, au vu du contexte, il donne du temps de jeu à tout le monde, sauf à moi. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais même si tu lui poses la question, pas sûr qu'il sache te répondre...


Comment tu as vécu l'histoire du bus ?
On a voulu jouer la solidarité vis-à-vis d'Anelka et cela a pris des proportions folles. Mais on en est arrivés là car il y a des choses qui auraient dû rester dans le vestiaire. (Il réfléchit) Je ne prends le parti de personne, mais en voyant les matchs de qualification et certains comportements à ce moment, Knysna n'a rien de surprenant, car il n'y avait aucun cadre. Cela m'a toujours surpris avec Domenech : on m'a toujours dit que le joueur taclait à la gorge, que c'était un fou furieux avec sa grosse moustache... Mais en fait, avec cette sélection, on avait l'impression que certains avaient des passe-droits. Ce qui est arrivé à Knysna, c'est comme l'éducation d'un enfant : on fixe des règles et on s'y tient. Là, tout le monde pouvait faire ce qu'il voulait, donc c'est parti dans tous les sens. Mais ce n'était pas ainsi qu'à la Coupe du monde, c'était déjà comme ça en amont. Après, on me dit que Domenech est un mec bien. Moi, je ne connais pas l'homme, je n'ai jamais eu de vraie discussion avec lui. C'est forcément compliqué de gérer des ego, prendre des décisions, mais quand on fait le métier, on doit avoir ces aptitudes. À l'Euro 2008, il y avait déjà des problèmes. En 2010, on n'en parle pas. Quant à 2006, cela s'est bien passé aussi parce qu'il avait trois monstres dans le vestiaire avec qui cela ne bougeait pas une oreille.

Le monde du foot, tu vas y replonger comme entraîneur ou dans un autre rôle ?
Entraîneur, non. Si j'ai pris la décision d'arrêter, c'était aussi pour pouvoir passer du temps avec mes enfants. Ce n'est pas pour devenir entraîneur et ne jamais être là. Recruteur pourquoi pas, mais j'envisage surtout de passer d'ici deux ans le diplôme de manager-directeur sportif. Cela m'intéresse plus d'être dans la gestion d'un club, d'un recrutement. J'ai aussi pas mal tourné sur des plateaux télés et cela me plaît pas mal de parler sans langue de bois, d'analyser les matchs. Quoi qu'il en soit, je veux rester dans le milieu du foot, car c'est ce que je connais le mieux, même si je n'aime pas tous ses aspects.

À relire : la première partie de l'interview

Propos recueillis par Nicolas Jucha
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