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Iturbe peut-il trouver son salut en Angleterre ?

Lâché par Rudi Garcia et les tifosi giallorossi, Juan Iturbe vient de s'engager en faveur du promu anglais Bournemouth jusqu'à la fin de la saison. Le temps pour l'Argentin de retrouver du temps de jeu et, surtout, une confiance perdue quelque part dans les travées de l'Olimpico.

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Il était une époque pas si lointaine où Juan Manuel Iturbe, aujourd'hui tombé en désuétude après dix-huit mois calamiteux à Rome, était considéré un peu partout comme « le nouveau Messi » . Messi pour les origines, tout d'abord. Né à Buenos Aires un 4 juin 1993 de parents paraguayens, le petit Jean-Emmanuel fait ses classes au pays de José Luis Chilavert (Club Universal, Trinidense, puis Cerro Porteño) avant d'être naturalisé argentin et de goûter à l'euphorie de la Primera División sous les couleurs de River Plate l'année de ses vingt ans. Messi pour le talent, ensuite. Repéré – puis acheté – par le FC Porto dès ses débuts à Cerro Porteño, Iturbe est ensuite prêté à droite à gauche (Cerro Porteño, puis River, donc) avant de rejoindre la Botte et le Hellas Vérone dans les dernières heures du mercato 2013. Une fois sur le sol italien, le jeune attaquant voit sa cote de popularité grimper en flèche. Auteur d'un but dantesque face à l'OM quelques semaines plus tôt avec Porto, l'Argentin ne met qu'une petite heure à trouver le chemin des filets sous ses nouvelles couleurs. Trente-trois matchs de Serie A et huit buts plus tard (dont quelques merveilles), le Hellas lève l'option d'achat et fait gagner onze millions de bénéfices aux Dragões qui l'avaient payé quatre en 2011. Cette fois, c'est sûr, «  le nouveau Messi  » est en marche.

Rome, chronique d'un échec


Comme pour beaucoup de joueurs élevés précipitamment au rang de prodige, il y a un « mais  » dans la jeune carrière de Juan Iturbe. Sitôt après sa bonne saison à Vérone et, donc, le rachat définitif du Hellas, les ténors du Calcio commencent à draguer avec insistance la pépite. À commencer par cette Vieille Dame qui s'imagine déjà débuter la saison avec une attaque 100% argentine. Mais alors que la Juve semblait en pole position, Conte démissionne, et Iturbe jette finalement son dévolu sur la Roma qui n'hésite pas à poser 22 millions d'euros sur la table. Galvanisés par le projet de jeu et la hype Garcia qui ne cesse de croître en Italie, Iturbe et les tifosi giallorossi voient alors le quatrième Scudetto du club leur tendre les bras. Sauf que l'idylle ne se déroule pas exactement comme prévue.


Sous les ordres du Français, l'attaquant de poche ne parvient que très rarement à faire valoir le montant de son transfert que beaucoup jugent exorbitant. Tiraillé entre le capitaine Totti, le jeune Mattia Destro, son poulain Gervinho et cette recrue onéreuse, Rudi Garcia teste plusieurs dispositifs sans jamais trouver en Juan Iturbe l'étoffe d'un titulaire indiscutable. Cantonné la plupart du temps à des fins de match, l'Argentin prend tout de même part à 27 rencontres de championnat et aux six matchs de poule disputés par la Louve l'an dernier. Mais malgré un temps de jeu correct pour une première « grosse saison » européenne, Iturbe n'est que trop rarement décisif (4 buts et 4 assists en 37 apparitions), ce qui a le don d'énerver le coach et les tifosi. Avec les arrivées de Mohamed Salah, d'Edin Džeko et de Iago Falqué l'été dernier, les chances de voir éclore «  le nouveau Messi  » se sont encore plus réduites. Alors, après une expérience de dix-huit mois globalement ratée, il était sans doute temps, effectivement, de mettre les voiles.

Yes He Can !


Quiconque a suivi un tant soit peu la Serie A lors des deux dernières années peut néanmoins reconnaître les qualités intrinsèques du petit Argentin. Car si Garcia n'a jamais vraiment su le faire rayonner dans son équipe (l'inverse est vraie aussi), son année au Hellas couplée à ses quelques entrées explosives l'an passé ont suffi à entrevoir le potentiel de l'ancien Dragon. Prêté depuis le début du mois au surprenant club de Bournemouth moyennant 2 millions d'euros, Iturbe va maintenant chercher à se reconstruire dans une équipe à taille humaine, un peu à la manière d'un Destro parti se refaire à Bologne, après ses flops à la Roma et au Milan.


Puissant, explosif, technique, rapide, voire même un peu bourrin sur les bords, Juan Iturbe a toutes les qualités pour s'imposer outre-Manche. Barré par la forte concurrence dans la capitale italienne, l'Argentin devrait ce coup-ci avoir le champ libre dans l'effectif sans prétention d'Eddie Howe. Le promu, qui souhaitait récemment enrôler Jermain Defoe, cherche toujours le buteur qui lui manque depuis les lourdes blessures de Callum Wilson et Max-Alain Gradel. Or si l'Argentin de 22 ans n'a jamais marqué plus de huit fois dans une saison (la faute à sa position d’ailier ?), gageons qu'il constituera un atout offensif de poids dans le onze du jeune technicien anglais. Car avant d'être le Messi de demain, il faut déjà retrouver le Juan Iturbe d'hier.


Par Morgan Henry
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