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Iniesta, c’est quoi le problème ?

Pendant que ses représentants galèrent à lui trouver un accord sur une prolongation, Andrés Iniesta est en retrait en ce début de saison. Une situation étrange que n’arrange pas les bruits l’envoyant à Manchester. État des lieux.

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Samedi soir, estadio de Vallecas, 19h59. Chasuble au corps, maillot en main, coincé entre Alexis Sánchez et Tello, Andrés Iniesta est entré dans le plus grand anonymat sur la pelouse du Rayo Vallecano. Remplaçant, il ne fera son entrée que dans le dernier quart d’heure de jeu. Depuis le début de saison, Don Andrés a déjà connu deux fois le banc de touche en cinq matchs. Pis, il n’a joué l’intégralité d’une rencontre qu’à une seule reprise (à Valence). En soit, rien de bien méchant. La saison est encore longue et Andrés Iniesta devrait prendre part à chaque gros choc. L’arrivée de Tata Martino a également redistribué les cartes. Adepte d’un plus grand turn-over, l’entraîneur argentin va soumettre Xavi, Iniesta et Fábregas au jeu des chaises musicales. Surtout, la situation sportive coïncide avec une période de flottement contractuelle. En pourparlers avec la direction blaugrana pour une prolongation, Andrés et ses représentants éprouvent les plus grandes peines du monde à trouver un terrain d’accord avec Sandro Rosell. Alors, simple coïncidence ou relation de cause à effet ?

Martino : « Un joueur titularísimo »

Pas plus tard qu’hier, Tata Martino a décidé de mettre un terme au débat. « Sur Andrés, personne ne peut penser que d’être sur le banc pendant quelques matchs ne fait pas de lui un joueur titularísimo (plus que titulaire, ndlr), a assuré le coach barcelonais. Certains joueurs, comme lui, ont réalisé beaucoup d’efforts entre la saison passée et la Coupe des confédérations. Ils ont besoin de temps pour être au meilleur de leur forme. » À vrai dire, Andrés Iniesta est sans doute l’un des joueurs ayant le plus joué ces dernières saisons. Depuis la saison 2005-2006, il n’a connu qu’un exercice à moins de 50 matchs. C'était en 2008-2009. Il n’avait pris part « qu’à » 49 rencontres. Un peu de repos ne ferait pas de mal à un joueur qui enchaîne les matchs comme un forcené. Pour sûr, ne pas l’aligner face à Levante (7-0) ou au Rayo Vallecano (4-0) ne devrait pas perturber la marche barcelonaise. Surtout, du repos lui permettrait d’arriver bien plus frais pour les mois décisifs de février à mai. Une stratégie de rotation que n’a jamais mise en place Tito Vilanova. À tort.

À en croire l’attitude de l’enfant de Fuentealbilla, rien n’indique qu’il soit contre ce statut d’intermittent. Avec un corps qui a longtemps été lâche, et à quelques mois du Mondial brésilien, ce repos lui est bénéfique. Plus étrange, cette période de fin de pré-saison de Don Andrés correspond à celle d’une prolongation de contrat avec le FC Barcelone. Lié jusqu’en juin 2015 avec l’entité catalane, il est en train – enfin ses représentants – de négocier avec la direction de Sandro Rosell. Les deux parties souhaitent poursuivre l’aventure ensemble. Problème, le club n’est pas enclin à lui délivrer le salaire qu’Iniesta pense mériter – environ 17 millions d’euros brut à l’année. Ex-meilleur joueur de l’UEFA, Iniesta aimerait se voir attribuer le deuxième plus gros pactole du club, derrière Leo Messi. Depuis l’arrivée de Neymar et ses émoluments mirobolants, difficile pour le Barça de lui faire gober l’excuse d’une trop grosse masse salariale. Surtout que depuis quelques saisons déjà, Iniesta est bel et bien le rouage le plus important du tiki-taka.


Les deux Manchester à l’affût

Depuis le début des négociations, Ramon Sostres, agent du joueur, a déjà refusé une offre de la part du Barça. Une offre à hauteur de 12 millions d’euros net par an. Il n’en fallait pas plus pour que les deux clubs mancuniens sortent du bois. United comme City sont capables de s’aligner sur les exigences du joueur. Surtout, Andrés Iniesta est encore très proche du duo catalan à la tête de l’organigramme des Citizens : Ferran Soriano, directeur exécutif de City, et Txiki Bergiristain, directeur technique. Deux hommes proches de l’ex-président du Barça, Joan Laporta. Bref, ce début de feuilleton remet au centre de tout Sandro Rosell. Après avoir échoué à retenir Víctor Valdés, un départ libre d’Andrés Iniesta ferait plus que tâche, surtout qu'on parle là d'un des plus beaux touchers de balle du monde. Si ce n'est le plus beau. Et quand on sait que l’homme de La Mancha est réputé très proche du gardien catalan... En toile de fond de ces tractations se joue la peau d'une direction déjà très contestée. Que ce soit sur le plan économique – Sandro Rosell – comme sur le sportif – Andoni Zubizarreta. Un joyeux bordel en perspective.

Par Robin Delorme, à Madrid
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