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Il y a 20 ans, la Lazio remportait le Scudetto

Le 14 mai 2000, il y a vingt ans jour pour jour, la Lazio décrochait le deuxième Scudetto de son histoire. Le dénouement de l'une des journées les plus folles de l'histoire de la Serie A.

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Vingt ans plus tard, les supporters de la Lazio se souviennent encore de tout. De l'heure exacte, 18h04.
« Gagner le Scudetto avec la Lazio a été l'un des meilleurs moments de ma vie. Je me rappellerai toute ma vie de l'accolade du président Cragnotti. » Sven-Göran Eriksson
De ce sentiment d'attente interminable. De cette tension. Et puis de cette explosion. Une explosion que le peuple laziale avait attendue 26 ans. Du 12 mai 1974 au 14 mai 2000. De Giorgio Chinaglia à Alessandro Nesta. De Tommaso Maestrelli à Sven-Göran Eriksson. L'histoire d'un Scudetto improbable, quasiment inimaginable quelques semaines encore auparavant. « Gagner le Scudetto avec la Lazio a été l'un des meilleurs moments de ma vie. Je me rappellerai toute ma vie de l'accolade du président Cragnotti, des joueurs, de Spinosi, de tout le staff. Je me rappelle chaque moment » , avait raconté Sven-Göran Eriksson, en 2013, aux micros de Lazio Style Radio. Le couronnement de trois années de travail, et d'un long et coûteux investissement.

De la victoire en Coupe à la remuntada du Milan


Retour en arrière d'une trentaine d'années. Au début des années 1990, la Lazio remonte en Serie A après des années 1980 très compliquées, passées la plupart du temps en Serie B (scandale Totonero, etc.). Un nouveau président, Sergio Cragnotti, débarque, avec la ferme intention de faire de la Lazio le plus grand club italien. Il construit une jolie équipe qui, avec des joueurs comme Beppe Signori, Gigi Casriaghi ou Paul Gascoigne, va venir titiller les gros du championnat. Mais il manque ce petit quelque chose. Ainsi, à l'été 1997, Cragnotti débauche l'entraîneur suédois Sven-Göran Eriksson et ramène par la même occasion Roberto Mancini, Vladimir Jugović ou Almeyda. L'équipe est ambitieuse, va réaliser une deuxième partie de saison magnifique, couronnée par une victoire en Coupe d'Italie (premier titre depuis le Scudetto de 1974) et une finale de Coupe UEFA perdue contre l'Inter de Ronaldo. Les reins de Luca Marchegiani s'en souviennent encore.



À l'été 1998, Cragnotti décide de passer à la vitesse supérieure. Le recrutement est pharaonique : Salas, Mihajlović, Conceição, De la Peña, Stanković et Vieri débarquent dans la capitale italienne. Le début de saison est hésitant, mais lorsque Alessandro Nesta et Christian Vieri reviennent de blessure, au mois de décembre, la Lazio devient une machine de guerre.
« À l'été 1998, le recrutement est pharaonique : Salas, Mihajlović, Conceição, De la Peña, Stanković et Vieri débarquent dans la capitale italienne. »
Au mois de mars, elle caracole en tête de Serie A, avec une avance de sept points sur l'AC Milan, deuxième. Mais à cause de deux faux pas face à la Roma et la Juventus, les Biancocelesti voient les Milanais recoller à un point. Cet écart d'un point est maintenu jusqu'à l'avant-dernière journée. Une journée terrible pour les hommes d'Eriksson, qui font match nul à Florence pendant que Milan déglingue Empoli (4-0) et s'empare, pour la première fois de la saison, de la première place. La semaine suivante, les Milanais s'imposent 2-1 à Perugia, et sont sacrés champions d'Italie. Une désillusion terrible pour les Laziali, en tête de janvier à mai, et qui se sont écroulés sur la dernière marche. Seule la victoire finale en Coupe des coupes permettra aux tifosi de sécher quelque peu leurs larmes.

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Neuf points de retard, puis six, puis trois...


Mais Cragnotti n'en démord pas. Pendant l'été, il se sert de la revente de Vieri à l'Inter pour acheter Veron, Simone Inzaghi, Sensini et Diego Simeone. La saison commence par une victoire en Supercoupe d'Europe face à Manchester United (1-0). Un match qui laissera un joli souvenir à Sir Alex Ferguson qui, quelques années plus tard, déclarera que « cette Lazio est l'équipe la plus forte qu'(il) ai(t) jamais affrontée » . Désormais sûre de sa force, l'équipe d'Eriksson démarre la saison tambour battant et s'empare vite de cette première place qu'elle avait abandonnée sur la maudite pelouse de l'Artemio Franchi. Un mano a mano débute avec la Juventus, et les Bianconeri profitent d'un coup de mou des Laziali à l'hiver pour prendre de l'avance en tête du classement. Le 19 mars, la Lazio perd 1-0 sur la pelouse du Hellas Vérone, et voit la Juve s'envoler à +9. Neuf points de retard à huit journées de la fin : les jeux semblent faits. Pourtant, Eriksson y croit encore. « Qui a arrêté d'y croire ? Qui a arrêté de rêver ? Certainement pas moi » , déclare-t-il à l'heure d'affronter la Roma. Un derby que les Biancocelesti remportent 2-1, profitant de la défaite de la Juventus face au Milan pour revenir à six longueurs.

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Une semaine plus tard, le 1er avril, c'est la confrontation directe au stadio delle Alpi. Un match déterminant, que les joueurs d'Eriksson remportent 1-0 grâce à un coup de casque de Diego Simeone. Une victoire qui relance tout, puisque les Romains reviennent à trois points du leader.


Débute alors une course poursuite folle. Trois points d'écart, puis à nouveau cinq, puis deux à la suite de l'inattendue défaite de la Juventus sur la pelouse du Hellas Vérone (2-0).
« Dans les rues de Rome seront même organisées "les funérailles du football", avec un joli cercueil. C'est dans ce climat que se tient la dernière journée de championnat, le 14 mai 2000. »
Il reste alors 180 minutes, et la Lazio y croit plus que jamais. À l'avant-dernière journée, elle s'impose 3-2 sur la pelouse de Bologne, pendant que la Juve mène 1-0 face à Parme... jusqu'à la 92e minute. Sur un ultime corner pour les Parmesans, Fabio Cannavaro s'élève, smashe le ballon de la tête et égalise. Mais l'arbitre de la rencontre, Massimo De Santis, annule le but. Hors-jeu ? Faute ? Personne ne le saura jamais. Les tifosi de la Lazio deviennent dingues et protestent pendant toute la semaine. Dans les rues de Rome seront même organisées « les funérailles du football » , avec un joli cercueil. C'est dans ce climat que se tient la dernière journée de championnat, le 14 mai 2000.

Le déluge, et Calori


Cette journée, aucun joueur de la Lazio ne l'a oubliée. Les Laziali affrontent la Reggina et mènent rapidement 2-0. Très vite, le match qui se tient au stadio Olimpico passe au second plan. Tous les spectateurs, une radio à la main, tendent l'oreille vers ce qui se passe à Perugia. Car oui, ironie du calendrier, c'est encore sur la pelouse des Griffoni
« C'était encore plus stressant qu'une finale de Ligue des champions aux tirs au but. » Juan Sebastián Verón
que se joue le titre. L'année d'avant, Milan y avait été sacré, et tout le peuple laziale a peur que le même scénario ne se répète. Pourtant, à la mi-temps, le score est de 0-0 entre Perugini et Juventini. Le classement récite : Lazio 72, Juventus 72. Les éléments s'en mêlent alors. Tandis qu'à Rome, le soleil est resplendissant, à Perugia s'abat un incroyable déluge. Les joueurs attendent que cela se calme dans les vestiaires, pendant que la pelouse se gorge un peu plus d'eau à chaque minute. À Rome, après avoir attendu en vain que le match de Perugia reprenne, la rencontre redémarre. La Lazio inscrit un troisième but et s'impose donc 3-0. Quand l'arbitre siffle la fin, à Perugia, il pleut toujours. L'arbitre, M. Collina, tente de faire rebondir le ballon sur le terrain. Raté. Deuxième essai dix minutes plus tard. Guère plus concluant. Pourtant, après plus d'une heure d'interruption, les deux capitaines acceptent de reprendre.


Dans des conditions chaotiques, la Juve va alors perdre le plus invraisemblable Scudetto de son histoire. La faute à Alessandro Calori, un joueur qui va sans le vouloir devenir le héros des supporters de la Lazio. C'est en effet Calori qui, à la 50e minute, ouvre le score d'une frappe croisée, sur un mauvais renvoi d'Antonio Conte.
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La Juve est sous le choc. Elle tente de réagir. Mais ni Zidane ni Inzaghi ne parviennent à égaliser. À Rome, les supporters sont descendus des gradins pour s'amasser sur la pelouse. Certains joueurs sont dans les vestiaires, d'autres dans les gradins. « On regardait le match dans les vestiaires et il y avait un silence incroyable, racontait Juan Sebastián Verón dans une interview à Four Four Two. C'était encore plus stressant qu'une finale de Ligue des champions aux tirs au but. » D'autres, comme Nesta, sont même déjà partis du stade. « Et puis, dans ma voiture, j'ai entendu à la radio qu'il se passait quelque chose et j'ai fait demi-tour » , racontait-il dans une interview à So Foot en octobre 2012.



Les secondes passent, interminables. Et puis, à 18h04, le coup de sifflet final de Pierluigi Collina. Perugia a battu la Juventus. La Lazio est championne d'Italie. « Ce n'était pas de la chance, nous l'avons mérité, assure Roberto Mancini dans une interview au Corriere dello Sport. La vie est étrange, le destin nous a restitué ce qu'il nous avait ôté l'année précédente. » Le héros du jour, Calori, déclarera quelques années plus tard que le président de Perugia, le regretté Gaucci, avait su trouver les mots avant la rencontre pour motiver ses troupes :
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« Est-ce qu'on était motivés avant le match ? Oui. Avant de jouer, le président Gaucci nous a menacés de nous envoyer en stage... parce qu'il détestait la Juventus.  » Quelques jours plus tard, la Lazio remporte aussi la Coupe d'Italie, pour un doublé historique. Vingt ans plus tard, elle était, pour la première fois depuis 2000, en course pour la Scudetto. Cette fois-ci, ce n'est pas un déluge qui s'en est mêlé, mais le coronavirus... Par Éric Maggiori