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Il faut sauver le soldat Chauvin

La France vient d'entrer dans une parenthèse. Pendant quelques jours et en toute impunité, nous allons pouvoir ramener nos fromages et notre football sans être ridicules. Ou presque.

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La France prépare le Mondial et il est temps, où que l'on se trouve, de hisser les drapeaux et d'oublier nos années de plomb. Après les déceptions et les humiliations successives, le temps de l'espoir est revenu. Il ne durera peut-être qu'un seul match, alors profitons un peu du temps où être bienveillant envers Mathieu Valbuena n'est plus un défaut. Remémorons-nous les célébrations qu'on avait eues en 98, en 2000, en 2006 et qu'on aura peut-être à nouveau dans quelques semaines, si on est sages. Pendant quelques jours, on se force à oublier 2002, 2010 et puis toutes ces pensées qui polluent notre mémoire collective depuis des siècles. Il n'y aura plus jamais de Corée, de Knysna, de Grèce, de Séville. Il n'y aura plus dans nos esprits que Bruxelles, Berlin, 1984, Guadalajara et deux buts en finale. Avec Didier Deschamps, on voudrait croire que Franck Ribéry reviendra comme Zidane en 2006 ou Platoche en 1986. On se dit que si l'on s'y mettait tous un peu, les blessures finiraient bien par se guérir et, ainsi unie dans une même foi, l'équipe de la France passerait les tours comme les autres les épreuves de la vie sans jamais s'inquiéter du lendemain, sans jamais plus en vouloir à Patrice Évra ou à Hugo Lloris de porter sur leurs visages les stigmates des frustrations passées. À dix jours du début du Mondial, on a enfin le droit d'être ringards. Profitons-en encore un peu, soyons chauvins.

Le meilleur d'entre nous

Le chauvinisme est entré officiellement dans notre langue en 1832. Nous le devons à Nicolas Chauvin, soldat inconnu des armées révolutionnaires, mais à la postérité immense. Chauvin était une sorte de Franck Ribéry des armées de la Révolution et de l'Empire. Certains historiens partirent un jour à la recherche du glorieux caporal dans les archives de l'armée, mais le retrouvèrent à l'infirmerie. Voici notre héros à tous : « Dix-sept blessures, toutes reçues par devant, trois doigts amputés, une épaule fracturée, un front horriblement mutilé, un sabre d'honneur, un ruban rouge, deux cents francs de pension, voilà le vieux grognard qui se repose au soleil de son pays, en attendant qu'une croix de bois protège sa tombe... Le Chauvinisme ne pouvait avoir un plus noble patron » (Gérard de Puymège, « Le soldat Chauvin » in P. Nora (dir), Les Lieux de mémoire). Le soldat Chauvin était un paysan né à Rochefort (on ne sait pas bien à quelle date, peu importe à vrai dire), tout heureux de servir la nation dans l'armée de son très cher empereur Napoléon. Sa réputation en Europe fut si grande que son obsession donna son nom à ce patriotisme un peu hystérique, mais toujours loyal envers son drapeau. Le « chauvinisme » était une vertu tellement française qu'elle fut recueillie rapidement par toutes les langues occidentales : l'allemand (Chauvinismus), l'anglais (chauvinism), l'espagnol (chauvinismo), l'italien (sciovinismo), le russe (chauvinismus), le polonais (szowinism), le tchèque (sovinismus).

L'équipe de la France

Alors pour Chauvin, imaginez un peu : une Coupe du monde, c'est au moins une campagne impériale. Elle mérite la plus grande loyauté et une absolue admiration. Plus personne ne se moque. Plus personne ne réprouve. Ceux qui riaient de Valbuena ou de Ribéry, ceux qui réclamaient la sélection de Samir Nasri au nom du génie et la technique, ceux-là sont redevenus de bons soldats. Ils trouvent maintenant que Bacary Sagna a quand même progressé, que Giroud porte beau le maillot bleu et que Ribéry est « vraiment » indispensable. Quand l'équipe de France devient l'équipe de LA France, notre entendement est le récipiendaire de toute une montagne de sensations inconnues jusqu'à présent. Par la grâce d'une identification mystérieuse avec ces joueurs, notre âme devient celle de cette équipe. Il n'y a plus de différence entre notre destin et celui de ces 23 joueurs. Nous étions circonspects et dubitatifs sur les chances de cette équipe ? Nous sommes tout à coup bienveillants et magnanimes. Nous ne supportons plus les remarques pessimistes des mutins qui s'obstinent à démoraliser les troupes.


On est les champions

Quand la France entre dans le jeu du monde, Chauvin n'a plus le droit de s'en foutre. Même le président Hollande nous a prévenus : « L'équipe de France doit être pour tous un motif de fierté, d'unité, de mobilisation. Ce qui compte, au-delà du résultat, c'est l'image d'une équipe combative, solide, enthousiaste. » Les ordres sont clairs. Il est temps maintenant de s'abandonner au patriotisme braillard du soldat napoléonien. Pendant quelque temps, nous ne dirons donc plus « ils » avec cet air de ne pas y toucher. Cette nouvelle proximité de sentiments nous autorisera, pour quelque temps seulement, à dire « nous » quand nous parlerons de cette équipe. Nous oublierons tout ce que nous pensions de Didier Deschamps, Noël Le Graët, Christian Jeanpierre ou Bacary Sagna. On s'enthousiasmera devant n'importe quelle victoire 1-0 sur corner. On se serrera les coudes au moment d'entamer une campagne qu'on imagine déjà victorieuse. « Le Chauvinisme, écrit Lorédan Larchey, a son côté ridicule, mais il a aussi sa grandeur. On s'est trop moqué, et cette réaction a été mille fois pire, mais la science du juste milieu n'est pas une qualité française. » (Les Lieux de mémoire, idem) Alors détendons-nous un peu. Et recevons la Jamaïque.

Par Thibaud Leplat
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