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Ikoné pour briller

Grand artisan de la seconde place du LOSC la saison dernière en Ligue 1, Jonathan Ikoné (21 ans) a vu Didier Deschamps le sélectionner en équipe de France pour les matchs de qualification à l'Euro 2020 face à l'Albanie et Andorre. Et c'est tout sauf illogique lorsque l'on regarde la trajectoire du bonhomme.

Réputé pour ne pas être un homme de surprise, Didier Deschamps affiche pourtant un sourire et un œil malicieux lorsqu'il débarque, jeudi dernier, au centre de la FFF pour balancer sa liste des 23 appelés pour affronter l'Albanie et Andorre. Et si les premiers bruits se font entendre dans la salle de presse lorsque le nom d'Aymeric Laporte est prononcé par la Desch’, l’étonnement est palpable au moment où DD annonce la sélection de Jonathan Ikoné. Un choix que le sélectionneur des Bleus justifie par « son profil de joueur capable d’évoluer sur un côté avec ses qualités spécifiques de vitesse et de provocation, tout en percussion » , mais surtout par des « absences offensives qui sont assez importantes » . Parmi elles, celle d’un certain Kylian Mbappé. Ironie du sort, c’est l’absence de l’attaquant du PSG qui a probablement offert à son ami d’enfance Jonathan Ikoné sa première convocation chez les Bleus. Car oui, bien avant de marcher sur la Ligue 1, les deux hommes s’éclataient du côté de l’AS Bondy. C’est dans cette commune du 9-3, où il est né, que Jonathan Ikoné a donc fait ses premiers pas de footballeur sous les ordres de Wilfried Mbappé. Et à écouter le paternel de Kylian au micro de Goal, les deux gamins qui étaient dans la même classe en CM2 faisaient du grabuge sur un terrain : « On avait Kylian d’un côté et Jonathan de l’autre. Ce sont deux jeunes garçons qui éclaboussaient la Seine-Saint-Denis. Pour nous, Jonathan est une fierté parce qu’on l’a eu depuis tout petit, il a fait quasiment toutes ses classes chez nous. » Et ça, Ikoné n’est pas du genre à l’oublier, lui qui continue de rendre visite à son premier club et à sa ville durant son temps libre.

Crack de la génération dorée du PSG


Si Kylian Mbappé a finalement éclos plus rapidement que son aîné de six mois, Jonathan Ikoné peut se targuer d’être le premier des deux à avoir quitté le cocon de Bondy pour signer dans un centre de formation. Direction le Paris Saint-Germain donc pour celui qui se fait surnommer Jorko par ses potes. Un choix qui lui permet alors de continuer de vivre en Seine-Saint-Denis et d’enchaîner les allers-retours entre Bondy et Saint-Germain-en-Laye. À Paris, Ikoné débarque dans ce que François Rodrigues, ancien coach des U17 et des U19 du PSG entre 2013 et 2018, appelle une « génération dorée » . Pourtant, au milieu de Christopher Nkunku, Odsonne Édouard, Jean-Kévin Augustin, Alec Georgen, Fodé Ballo-Touré ou Dan-Axel Zagadou, Jonathan Ikoné se fait très vite un nom. « Quand je suis arrivé, notre responsable du recrutement Pierre Reynaud m’a fait un topo des garçons que j’allais découvrir. Et il m’a tout de suite parlé de Jonathan qu’il considérait comme un joueur promis à un grand avenir » , se remémore François Rodrigues. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le nouveau directeur de la formation du HAC n’a pas été déçu : « Cette qualité d’explosivité, de vitesse et de percussion, c’est rare à ce niveau-là. Quand l’équipe tournait un peu moins bien, par ses fulgurances, sa technique et sa vitesse, il nous permettait de débloquer des situations. Mais il était aussi capable de participer à des phases de jeu préparés et d’avoir un jeu associatif. Il sait jouer avec les autres et n’est pas seulement un joueur de percussion. »


C’est donc assez logiquement que le Paris Saint-Germain de Jonathan Ikoné finit par toucher le Graal : un titre de champion de France U19 en 2016. Une année où le PSG aurait pu faire le doublé en remportant la Youth League, sauf que Chelsea en a décidé autrement en s’imposant en finale face aux Parisiens (1-2). Un match qui résume assez bien le jeu de Jonathan Ikoné, à entendre François Rodrigues : « Il commence le match remplaçant. Et quand Chelsea passe devant au score, je décide de le faire entrer sur la dernière demi-heure pour qu’il mette le feu. Et c’est exactement ce qu’il a fait. Nous n’arrivions plus à mettre Chelsea en difficulté et avec son côté insaisissable, il a failli renverser le match. Mais "failli" seulement, car il frappe sur le poteau sur un geste presque simple pour lui. C’est encore le gros domaine dans lequel il doit travailler : son efficacité dans le dernier geste et surtout la finition, car il se crée beaucoup d’occasions par match. »


Coéquipier modèle


Et quand il n’est pas en train d’humilier un adversaire à l’entraînement ou en match, Jonathan Ikoné passe son temps à « taquiner ses coéquipiers, danser ou chanter. D’ailleurs, je pense qu’il faut qu’il progresse en chant. Car je l’ai entendu plusieurs fois chanter dans les vestiaires et il est meilleur footballeur que chanteur » , rigole François Rodrigues. Boute-en-train dans le vestiaire, travailleur à l’entraînement, Jonathan Ikoné aurait alors tout de l’équipier modèle. C’est en tout cas l’avis de Jordan Rambaud, qui l'a côtoyé en équipe de France U17 : « C’est une crème. Quand j’étais en équipe de France, c’était difficile pour moi, car je suis très famille. Et lui, il venait me voir, il était gentil avec tout le monde et puis il est très ouvert d’esprit. » Altruiste dans la vie, Jonathan Ikoné l’est aussi sur un terrain, lui qui a toujours confié préférer la passe décisive au but. Et lors du championnat d’Europe U17 en 2015 remporté par la France, c’est Odsonne Édouard qui profite des offrandes de son coéquipier (8 buts). Mais le vrai patron offensif de cette équipe reste Jonathan Ikoné selon Jordan Rambaud : « Lorsque l’on affronte l’Allemagne en finale, dès le début du match, il accélère, il dépose tous les Allemands. Et là, tu te dis que c’est impossible que l’on perde, car il va faire la différence. » Une différence qui ne se traduira pourtant pas dans les statistiques, même si la France s’impose 4-1 grâce notamment à un triplé d'Odsonne Édouard.

Ikoné les baux


Coéquipiers en équipe de France, Jordan Rambaud et Jonathan Ikoné se sont affrontés lorsque le premier évoluait chez les jeunes de Guingamp. Pour le plus grand malheur de l’actuel attaquant de Vertou : « Paris joue un corner à deux. Et c’était à moi de sortir sur Jonathan. Sauf qu’il me met une feinte de partir à droite et il part à gauche. Je n’ai pas bougé, j’étais scotché au sol. Et derrière, il marque et à la fin, il m’a bien chambré. (Rires.) » Comme l'indique cette action, les équipes de jeunes du Paris Saint-Germain deviennent très vite trop petites pour Jonathan Ikoné. Sauf que l’équipe première reste encore trop grande malgré son contrat professionnel signé en juin 2016 et une tournée estivale qui l’aura vu notamment planter un but au Real Madrid. Et malgré quatre apparitions en Ligue 1 et deux minutes disputées en Ligue des champions face à Ludogorets, Ikoné est alors prêté à Montpellier en janvier 2017. Alors gardien du MHSC, Laurent Pionnier revient sur le premier contact avec le jeune homme : « Tu as toujours un a priori lorsqu'un jeune arrive d’un grand club en prêt. Sauf que dès que je lui ai serré la main, cet a priori m’a été enlevé. Humainement, c’est quelqu’un d’extraordinaire. »




Présent à la Paillade depuis 1997, Laurent Pionnier a vu défiler des tas de jeunes joueurs talentueux. Un statut qui a permis au néo-retraité de sortir immédiatement Ikoné du lot : « Ce n’est pas facile d’éclore d’un centre de formation d’un grand club. Et quand tu te fais prêter dans un club moins huppé, on te met tout de suite l’étiquette du club duquel tu viens, alors que tu n’as pas éclos encore. Et là, soit tu prends tout le monde de haut, soit tu as l’état d’esprit de Jonathan et tu te dis : "J’arrive dans ce club, mais je ne suis pas grand-chose encore." Tu es donc à l’écoute, tu travailles. Tout en étant conscient de tes qualités. » De quoi expliquer la persistance de Montpellier pour se faire prêter Jonathan Ikoné une saison de plus. Et si la progression du natif de Bondy est palpable, elle ne se ressent pas dans les chiffres, puisque le joueur ne marque que deux pions et ne délivre que deux passes décisives en 32 matchs de Ligue 1. Ce n'est pas de la faute de celui qu’il aimait appeler son "papy", qui ne cesse de lui rabâcher de frapper plus au but : « Il voulait toujours faire la passe après avoir éliminé l’adversaire. Il ne voulait jamais tirer. Alors qu’il mettait des buts à l’entraînement ! J’insistais alors en lui disant qu’il avait aussi le droit de frapper. Que c’est bien d’être passeur, mais quand tu es en position de frapper, il faut tirer. »

Et les buts dans tout ça ?


Des conseils qui n’ont pas encore fait mouche malgré un départ au LOSC (contre 5 millions d’euros) sous les ordres de Christophe Galtier. « Un entraîneur qui travaille bien et qui a le bon feeling avec les jeunes. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. Il a fait passer un vrai cap à Jonathan et l’a fait progresser » , confie François Rodrigues, qui insiste sur les bons choix de carrière de son ancien poulain. Pour preuve de ce manque de réalisme, la saison dernière, Jonathan Ikoné n’a marqué "que" trois buts. Pour 10 passes décisives. Au grand bonheur de ses compagnons d'attaque Nicolas Pépé et Jonathan Bamba qui profitaient de l’altruisme de leur collègue pour gonfler leurs statistiques. Le premier parti à Arsenal, Christophe Galtier s’est alors montré clair en conférence de presse de début de saison sur ses attentes envers Jonathan Ikoné : « J'attends de Jonathan qu'il soit aussi créatif que la saison dernière, mais qu'il marque plus. On travaille dans ce sens sur le plan technique et mental, il faut qu'il aille chercher au fond de lui-même la joie de la sensation qu'on a quand on marque. » Et si c’était pour ses débuts en équipe de France ? Histoire d’obliger Didier Deschamps à le sélectionner de nouveau et l’aligner à côté de son copain d’enfance Kylian Mbappé. À moins que cette réunion se fasse au PSG comme l’imagine François Rodrigues : « C’est bien connu, les grands esprits se rencontrent. Peut-être qu’à un moment donné, Jonathan va retrouver son club de cœur. Je sais qu’il est très attaché à Paris... »

Par Steven Oliveira Tous propos recueillis par SO, sauf mentions.