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Ibou Kebe : « Je n’ai pas le profil pour jouer en France »

Agent d’entretien, livreur de pizza ou encore équipier McDonald il y a à peine sept ans, Ibou Kebe est aujourd'hui attaquant à Quang Nam, au Vietnam. Du championnat Excellence alsacien à un titre de meilleur buteur de deuxième division slovène, en passant par Chypre puis le Hanoï FC, où il a tout gagné, Ibou a depuis bien baroudé. Entretien.

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Il y a encore sept ans, tu étais agent d'entretien à Strasbourg et aujourd'hui, tu es champion en titre du Vietnam. C’est un parcours plutôt inattendu ?
J'ai aussi été livreur chez Dominos Pizza lorsque je jonglais entre les U19 excellence et les senior DH à Colmar. Parcours inattendu oui et non, car au fond de moi, je savais que j'allais réussir. Je ne savais pas quand, mais j'étais déterminé, je n’ai jamais lâché. Le chemin que j'ai emprunté était vraiment difficile et a été long. Le vrai déclic, ça a été chez Dominos un matin, un des gérants m'avait fait une réflexion, je l'ai mal pris, mais je le remercie aujourd'hui. Il disait aux autres collègues : « Ibou il joue en DH, pourquoi il vient ici ? Il n'a pas besoin d'argent. » Et je me suis dit qu'il avait raison, que j'avais une chance et que je pouvais réussir. Le soir même, j'ai fini le service et je ne me suis plus jamais revenu. En DH à l'époque, je touchais 500 euros. Ce que je touche ici, personne en France ni en Europe ne peut me le donner.

Combien, sans indiscrétion ?
Au Vietnam, tu touches entre 50 000 et 70 000 à l'année. Sauf à Hanoï. C'est la plus grosse équipe, donc c'est comme le PSG : les salaires sont beaucoup plus importants.

« Le titre de champion, c'était bizarre parce qu'on a été sacrés à huis clos. À trois journées de la fin on a été champions, moi je saute partout, je suis content, mais les autres, rien. »
Tu es arrivé au Vietnam en 2019, à Hanoï justement. Dès ta première saison, tu finis champion du Vietnam. Comment l'as-tu vécu ?
J'avais célébré une montée en Slovénie, des montées avec des petites équipes, mais la saison dernière, avec Hanoï, c'était mon premier titre chez les professionnels. Mes premiers, puisqu'on a fait le triplé : championnat, coupe, Supercoupe. Le titre de champion, c'était bizarre parce qu'on a été sacrés à huis clos. À trois journées de la fin on a été champions, moi je saute partout, je suis content, mais les autres, rien. Mais c'était parce qu'ils l'avaient déjà gagné quatre fois. Et sans les supporters, on ne savait pas comment fêter le titre. En revanche, la coupe nationale, ils ne l’avaient jamais gagnée, et c'est moi qui leur donne. Je fais buteur, passeur en finale, et là, c'était la fête.

Début juin 2020, tu as été prêté à Quang Nam FC, avant-dernier du championnat et qui lutte pour se maintenir. Choix étonnant.
En fait, c'est une des équipes qui appartient au président d'Hanoï. Leur attaquant s'est blessé, et mon club m'a demandé si le challenge m'intéressait, tout en sachant que j'aurais plus de temps de jeu à Quang Nam. J'ai accepté parce que j'aime les challenges et la difficulté. À Hanoï, j'ai tout gagné, donc je me suis dit qu'il fallait que je tente l'expérience à Quang Nam.

La V-League est l’un des seuls championnats au monde à avoir repris avec du public.
Je crois même qu'on est les seuls. Les stades sont toujours pleins au Vietnam, ils vivent pour le football. Quand les A de la sélection ou même les U20 jouent, tout le monde s'arrête de travailler et il y a des écrans géants dehors. Ils aiment sincèrement le foot.

Le Vietnam a été un des pays à recenser le moins de cas de Covid-19, comment ça se déroule sur place ?
Les masques en Asie, c'est dans la culture, du coup tout le monde en portait déjà. Donc on n’a pas trop senti de différences par rapport à ça. On a fait trois mois sans cas, mais récemment il y a eu deux cas, donc là où je suis, ils ont fermé la ville et reporté le match de ce week-end. Je pense que c'est le pays qui a le mieux géré la Covid. Il n’y a eu aucun décès et on a dû avoir 400 cas sur 95 millions d’habitants.

« C'est souvent compliqué pour les joueurs européens d'aller en Asie, et souvent les clubs asiatiques font passer des essais aux européens mêmes confirmés, car ce n’est pas sûr qu'ils s'adaptent aux conditions climatiques. »
Tu peux nous parler des particularités du football vietnamien ?
Au début, pour être honnête, ça a été un choc. La qualité de l'herbe déjà, j'avais du mal à jouer sur certains terrains à cause de ça. Puis la chaleur et l'humidité, il te faut un bon mois pour t'adapter. C'est souvent compliqué pour les joueurs européens d'aller en Asie, et souvent les clubs asiatiques font passer des essais aux européens mêmes confirmés, car ce n’est pas sûr qu'ils s'adaptent aux conditions climatiques. De mon point de vue, le niveau est haut de tableau National, bas de tableau Ligue 2. Sauf Hanoï et Ho-Chi-Minh qui ont le niveau Ligue 1.

Comment s'est fait le lien avec le Vietnam ?
Youssouf Touré, avec qui je jouais à Colmar, est parti en premier là-bas. J'étais souvent au téléphone avec lui et il me disait de venir. Quand je finis ma saison à Chypre, un agent m'appelle et me parle du Vietnam. Je me suis dit pourquoi pas. J'y vais, je fais un essai à Thanh Hoa qui se passe bien, mais je me blesse. Je n’arrivais pas à me soigner là-bas, je suis rentré en France me soigner et deux jours après ils ont fait signer quelqu'un à ma place. Derrière, un agent m'appelle et me propose trois équipes dans trois pays. Je choisis la Slovénie, car ça me paraît correspondre à mon style de jeu. J'y vais et je fais une grosse saison au NK Tabor Sezana. Je termine à 24 buts en 25 matchs de deuxième division, je fais monter l'équipe en première. Trois jours après la montée en juin 2019, quelqu'un du club d'Hanoï m'appelle pour me dire qu'ils avaient entendu parler de moi et qu'ils avaient besoin d'un attaquant. Quelques jours après, j'ai signé là-bas et j'ai joué tout de suite.



Tu as des amis ou des compatriotes dans le championnat vietnamien ?
Oui, j'ai des amis comme Youssouf Touré qui joue dans un club situé pas loin du mien. Les étrangers du championnat, on se connaît tous. À force de jouer les uns contre les autres, on discute un peu de nos situations similaires. À Quang Nam, quand je suis arrivé, il n'y avait que des Vietnamiens et un Brésilien qui ne parlait que portugais, donc je ne pouvais pas trop parler avec eux. Mais récemment, ils ont recruté deux étrangers qui parlent anglais, donc ça va.

« Quand j'essaye de parler viet, ils sont touchés, parce que ça prouve que j'essaye de m'intégrer. »
Comment tu te débrouilles avec la barrière de la langue ?
Je parle un peu viet. Il ne faut pas oublier que je suis dans leur pays, donc c'est à moi de m'adapter, de faire un pas vers eux et de m'intégrer. Les Vietnamiens, quand je parle avec eux, ils sont contents parce qu'ils trouvent que je suis quelqu'un avec la main sur le cœur. Quand j'essaye de parler, ils sont touchés, parce que ça prouve que j'essaye de m'intégrer, ce qui n'est pas le cas de certains joueurs. Les coachs sont généralement vietnamiens et ne parlent pas anglais, mais on a des traducteurs.


Et la Slovénie, comment c’était ?
Comme aux Pays-Bas, le football est très ouvert et il y a beaucoup de buts. Ils privilégient l'attaque à la défense. Là où j'ai fait la différence, c'est parce que j'étais plus rapide qu'eux, dans mes enchaînements et mes déplacements, j'étais plus vif. La formation française m'a aidé là-dessus. J'ai beaucoup aimé la Slovénie, on m'a bien accueilli. C'est pour ça que j'ai fait une grosse saison je pense, parce que je me sentais bien.

Et Chypre ?
J'étais au Mans, je me fais les ménisques. Je me disais qu’ils n’allaient pas me garder et j'ai eu une proposition d'un agent pour Chypre. C'était le bon moment de partir, j'étais sorti de mon Alsace depuis un an et je sentais que c'était le bon moment pour partir à l'étranger. Le cadre de vie est magnifique à Chypre. Niveau foot, on fait une belle saison en étant deuxième à un point du premier et je suis deuxième meilleur buteur du championnat. On loupe la montée d'un point. Le problème, c'est que je devais toujours leur courir après pour les salaires, et ça m'a freiné un peu. J'ai eu des propositions en première division, mais j'ai refusé. Chypre, je savais que c'était un tremplin dans le monde pro pour aller plus haut.

« Ce qui m'a impressionné, c'est qu'en Corée et au Turkménistan, les supporters sont classés par couleur de vêtements et il y avait un orchestre au stade. »
Tu as pu découvrir des pays où l’on met rarement les pieds.
La saison passée avec Hanoï, on a disputé la Coupe de l’AFC, l'équivalent de la Ligue Europa. C'était la première fois qu'Hanoï sortait des poules et on est allés en demi-finales. On a visité le Turkménistan et la Corée du Nord. D'où je partais, c'était inimaginable de penser qu’un jour, j’allais jouer en Corée du Nord ! Quand on est arrivés en Corée du Nord, ils m'ont fait un visa sur un bout de papier et quand on est partis, ils l'ont gardé. Alors que les autres avaient la trace sur leur passeport, mais moi non. En demi-finales de l’AFC, on a joué contre April 25 dont les trois quarts des joueurs sont en équipe nationale. Sur place, c'était bizarre. À l'aéroport, ils regardent ton téléphone, les photos, les vidéos. On ne pouvait pas filmer, il n'y a pas internet, on était escortés partout où on allait. Ça te met une pression. Pas de téléphone pendant huit jours, donc on est allé à l'ambassade du Vietnam pour envoyer juste un message à nos proches pour dire que tout allait bien. Ce qui m'a impressionné, c'est qu'en Corée et au Turkménistan, les supporters sont classés par couleur de vêtements, et il y avait un orchestre au stade. Je suis nostalgique parce que c’étaient des moments magiques. C'est une fierté parce que ma famille a pu suivre mes matchs à la télé.

Justement, comment ça se passe avec ta famille, ces changements réguliers de pays ?
Ma femme et mon fils sont venus vivre ici en début de saison. Mais avec le coronavirus, je leur ai dit de rentrer. Finalement, c'était au Vietnam que c'était le plus sûr. J'attends de finir la saison pour rentrer en Alsace. C'est la vie d'un footballeur, tu es obligé de faire des sacrifices. Il y a le téléphone pour communiquer, ce n’est pas pareil, mais c'est mieux que rien.

Tu as de nouveaux objectifs pour la suite, peut-être découvrir un autre pays et un autre championnat ?
J'y réfléchis. Est-ce que je reste ici ou j'essaye de gagner ailleurs ? Ce qu'il faut retenir de tout ça, ce n’est pas l'arrivée, mais le parcours. J'étais en Excellence à 22 ans, et mes coéquipiers me disaient : « Pourquoi tu t'entraînes autant ? Fais comme tout le monde, va travailler, parce que le foot c'est fini pour toi. » Je n’ai pas le profil pour jouer en France avec contrôle, passe, respecter le système à la lettre. Il me faut une part de liberté. C'est pour ça je pense que j'en suis là. Et tout ça, au fond, je le fais pour ma mère.

Propos recueillis par Alexandre Delfau
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