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Hernán Crespo : « Mon style ? Un mélange de Mourinho, Bielsa, Ancelotti »

En Argentine, derrière Marcelo Gallardo ou Gabriel Heinze, il est l’un des entraîneurs qui montent. Après un court passage en Italie, Hernán Crespo (45 ans) est rentré au pays pour apprendre son nouveau métier. D’abord à Banfield, puis aujourd’hui à la tête de Defensa y Justicia, l’ancien attaquant de l'Inter ou Chelsea n’a pas changé. Même sur un banc, il veut être une machine à buts. Son objectif ? Se faire les dents, avant de revenir en Europe par la grande porte. Première partie d'un entretien avec un type qui ne sait pas parler de foot sans avoir le sourire, « El Profe » Crespo.

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Il paraît que tu n’aimes pas qu’on te dise ex-joueur...
C’est que pour moi, tu es joueur toute la vie. On ne dit jamais, par exemple, ex-architecte ou ex-médecin ! Pourquoi je devrais être ex-joueur ? Que je me sois réinventé comme entraîneur, c’est une chose. Mais même si tu n’exerces plus la profession de joueur, tu n’arrêtes jamais d’être joueur.

« Ce n’est pas la même chose de jouer avec Salas ou Vieri, Robben ou Shevchenko, Drogba ou Bati. »
Qu’est-ce que l’entraîneur Crespo a du joueur, alors ?
Beaucoup de choses. Je suis forcément un peu différent dans la tête, c’est aussi l’âge qui fait ça. Et puis, je me suis beaucoup préparé pour être entraîneur. C’est inévitable qu'à un moment, dans la gestion d’un groupe et dans les explications que tu donnes, tu te serves de ce que tu as vécu. Pas seulement sur le terrain, mais aussi en dehors. Parfois, il faut rouvrir la boîte à souvenirs pour pouvoir penser : « Qu’est-ce qu’il m’est arrivé quand j’avais 21, 27 ou 30 ans ? Qu’est-ce que je sentais, à ce moment-là ? » Je peux parler de la pression de jouer devant beaucoup de personnes ou comment aborder des matchs importants, des situations de jeu spécifiques ou la gestion de l’entourage. Même si un entraîneur doit développer d’autres aspects, j’utilise ces outils et des moments de ma vie pour transmettre de la sérénité à mes joueurs tout en leur expliquant des choses.


Comme joueur, tu as souvent mis en avant le fait que tu n’étais peut-être pas le plus rapide ou le plus puissant, mais que tu avais cette faculté à t’adapter aux autres.
Oui, je n’avais pas cette particularité physique au-dessus de la moyenne. Par exemple, je n’avais pas le puissant tir du droit de Batistuta, la frappe du gauche de Messi ou la détente de Bierhoff. Mais je tirais bien et j’avais un bon jeu de tête, quand même ! J’essayais d’être complet, et surtout d’avoir le plus d’informations possibles sur mes partenaires d’attaque pour pouvoir m’adapter à eux. Ce n’est pas la même chose de jouer avec Salas ou Vieri, Robben ou Shevchenko, Drogba ou Bati ! J’avais cette faculté de pouvoir jouer avec tout le monde, parce que je m’adaptais aux capacités et aux qualités des autres. J’observais beaucoup. Pour m’améliorer et pour gagner ce centimètre qui pouvait me permettre d’arriver avant sur un ballon, j’ai dû analyser et étudier. C’était quelque chose de naturel, pour moi. Aujourd’hui, comme entraîneur, je fais toujours attention à ces petits détails qui peuvent faire la différence. J’ai gardé cet aspect-là.

« Pour me présenter, je voulais dire que j’aimais le traitement humain d’Ancelotti avec les joueurs et les méthodes de travail de Mourinho. »
C’est parfois difficile de sortir de son passé pour entrer pleinement dans son nouveau rôle d’entraîneur, on l’a par exemple vu avec Thierry Henry à Monaco. Comment transmettre à tes joueurs, en sortant du prisme du footballeur que tu étais ?
C’est pour ça que c’est important d’être bien préparé. Même si j’ai été footballeur et que je sais ce qu’ils peuvent sentir, mon intention est que mes joueurs soient au même niveau, sinon plus forts que ce que j’ai été. Aujourd’hui, je me vois comme un professeur et une figure paternelle qui transmet à ses gamins devant eux aussi vivre leur propre expérience. C’est à nous, les coachs, de trouver les outils pour qu’ils soient meilleurs. Il faut les aider à raisonner sur pourquoi on travaille de telle ou telle façon, donner des explications sur ce que les anciens faisaient peut-être de manière naturelle afin qu’ils le comprennent et l’intègrent à travers des exercices. L’important, c'est qu’il ne faut pas faire comme si on parlait entre collègues ou entre gens qui savent, mais comme un entraîneur qui cherche à ce que ses joueurs soient meilleurs. Si un ou deux individus s’améliorent, le groupe va petit à petit être meilleur. Si le groupe est meilleur, l’équipe est meilleure. Et si l’équipe est meilleure, l’institution est meilleure. Et si tout le monde s’améliore, alors les gens vont dire : « Wow, quel entraîneur ce Crespo ! » Je veux qu’on parle de moi en dernier, tu comprends ? C’est une réaction en chaîne, ma préoccupation est de chercher le meilleur moyen d’améliorer un joueur.


C’était évident, pour toi, d’être entraîneur ?
D’un côté, oui. Parce que je suis un passionné de football, j’ai toujours aimé regarder et surtout étudier le jeu. J’adore ce sport. De l’extérieur, on m’a souvent vu comme un mec qui étudiait le foot. Mais pour moi, c’est une partie de ma vie. Quand j’ai arrêté de jouer, j’ai eu la chance de parler et d’avoir des conseils de Carlos Bianchi. Il m’a dit : « Hernán, tu veux être entraîneur ? » J’ai acquiescé, il m’a répondu : « Alors commence à préparer tes valises, parce que tu vas devoir voyager partout. » Quand tu arrêtes le foot, surtout avec la carrière que j’ai eue avec beaucoup de changements de pays ou de villes et les nombreux trajets en avion pour jouer avec la sélection, tu as besoin de repos et de stabilité. De rester à un endroit, et en même temps de continuer à étudier. C’est ce que j’ai fait et maintenant, je me sens prêt pour aller n’importe où dans le monde si le projet est intéressant. J’adorerais répéter ma réussite de joueur comme entraîneur, je veux d’abord commencer en Argentine et faire les choses comme il faut pour arriver en Europe en essayant de gagner des choses.

« Soit tu es un chef, qui dit : "Faites ce que je vous dis." Soit tu es un leader, qui montre le chemin. »
Lors de ta première conférence de presse comme entraîneur à Banfield, tu as dit que tu aimais « la façon de coacher d’Ancelotti, la méthodologie de travail de Mourinho et comment Bielsa améliore un joueur » .
Quand je suis arrivé en Argentine, personne ne m’avait vu entraîner. Pour me présenter, je voulais dire que j’aimais le traitement humain d’Ancelotti avec les joueurs et les méthodes de travail de Mourinho par rapport à la progression dans les exercices. Je me rappelle m’être dit, quand j’étais joueur avec lui : « Ah, j’aime bien ça ! » J’ai aussi aimé, avec Bielsa, sa façon de faire progresser tous les joueurs qu’il a. Je veux essayer de faire ce mélange, et pouvoir dire : « Ça, c’est le style Crespo ! » Conceptuellement, c’est ce que j’ai fait comme joueur. J’ai grandi en admirant Van Basten, Papin ou Francescoli. Je savais que je ne pouvais pas être comme eux, ils sont uniques et inimitables. Alors, je me suis dit : je vais prendre un peu de lui, d’un autre et encore un autre. Finalement, qu’est-ce que tu as ? Crespo ! C’est plus ou moins pareil, au poste d'entraîneur.

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Pour gérer un groupe comme Ancelotti, il faut trouver le bon équilibre. Comment ne pas tomber dans le piège d’être un entraîneur trop proche des joueurs ?
C’est une manière de diriger. Soit tu es un chef, qui dit : « Faites ce que je vous dis. » Soit tu es un leader, qui montre le chemin. J’essaie d’être un leader, c’est une question de convictions. La façon de diriger dépend beaucoup du caractère, je ne peux pas imiter un autre. Je suis ce que je suis, j’essaie de m’informer le plus possible et d’être proche des joueurs. S’ils ont le moindre problème sur et en dehors du terrain, je veux qu’ils sachent que ma porte est ouverte 24 heures sur 24. Certains viennent, d’autres sont plus timides. Mais mon idée est de les aider à 360 degrés, dans la limite du possible. Je veux les aider à avoir une meilleure carrière, ma satisfaction passe par le fait d’avoir fait progresser un joueur. Qui, du jour au lendemain, peut accéder à la sélection ou participer à une Coupe du monde. Ça, c’est gratifiant.

« De tous les entraîneurs que j’ai eus, il y a des choses que je garde, car tous m’ont enseigné quelque chose. »
Ça fait des années qu’on entend que Mourinho est devenu has-been et pourtant, il est encore là. Qu’est-ce qui fait que sa méthode est encore moderne, au point de t’inspirer ?
Je parle de ce que j’ai vécu il y a plusieurs années, je ne sais pas ce qu’il fait aujourd’hui lors de ses entraînements. Mais lorsque je l’ai eu à Chelsea et à l’Inter, il m’a ouvert les yeux. J’ai compris, peut-être aussi parce que j’étais plus âgé à ce moment-là, que l’entraîneur n’est pas seulement le type qui choisit les titulaires. La façon de communiquer avec ton groupe et avec la presse, comment stimuler un joueur pour qu’il pense qu’il est le meilleur... Tout ça, je l’ai appris de lui. Avant, il y avait un ou deux journalistes. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux en plus, il faut plus que jamais savoir communiquer pour pouvoir bien affronter certaines situations. Comment parler avec les supporters, les dirigeants, les médias, les joueurs ? Il faut se préparer à ça. Pour certains, c’est naturel. Pour d’autres, non.



Et Bielsa continue de t’inspirer, avec ce qu’il fait avec Leeds ?
Bien sûr, tout le travail qu’il a fait avec Leeds ou à Bilbao ont un écho sur mon présent. Mon présent, c’est diriger une équipe comme Defensa y Justicia qui n’est pas un grand comme River Plate ou Boca Juniors. Pouvoir transformer tes joueurs, ce que l’on est en train de réussir en Copa Libertadores pour notre première participation, c’est quelque chose de très fort au niveau émotionnel et sentimental. Mais il faut avoir une base solide du jeu que tu veux proposer, et la chose la plus fondamentale, c’est respecter ton identité. Alors évidemment, ce que fait Bielsa est inspirant.

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« J’aimerais qu’une de mes formations participent un jour à une Ligue des champions, ou à une Coupe du monde. »
En revanche, tu ne garderas pas forcément sa façon de communiquer... (En 2018, pendant une conférence de presse de Leeds, Bielsa s’était publiquement excusé auprès de Crespo pour lui avoir menti quand il était joueur, N.D.L.R.)
De tous les entraîneurs que j’ai eus, il y a des choses que je garde, car tous m’ont enseigné quelque chose. Il y a des méthodes avec lesquelles je suis d’accord, d’autres pas. En repensant à mes coachs, je me dis : « Ça, j’aime bien. Ça, je préfère ne pas le faire. » Je forme ainsi ma propre identité.



Tu as passé tes diplômes d’entraîneur en Italie, en 2013. Dans ta promotion, il y avait Cannavaro, Pippo Inzaghi, Materazzi, Zambrotta... C’était qui, le meilleur ?
Logiquement, moi ! J’ai été un très grand élève, le meilleur ! (Rires.) Plus sérieusement, je suis très reconnaissant envers le centre technique de Coverciano pour l’enseignement. C’était comme aller à l’université. Quand tu commences à étudier, le plus important est de comprendre, apprendre et ensuite d’être capable de poursuivre soi-même sa formation. Maintenant, je tente de faire le mieux possible pour que mes équipes puissent jouer de grandes compétitions. J’aimerais qu’une de mes formations participent un jour à une Ligue des champions, ou à une Coupe du monde. Aujourd’hui, je suis en Copa Libertadores. J’adore ça, c’est comme revenir à un endroit que j’ai déjà connu quand j’étais jeune, mais où je dois me réinventer depuis une autre position.

« Je me dis que quand je vais aller en Europe, tout va me sembler beaucoup plus facile. »
Tu as commencé à diriger en Europe avec les jeunes de Parme, puis à Modène en deuxième division. Pourquoi as-tu décidé de revenir en Argentine, pas forcément le chemin le plus facile ?
Pour ça, justement. Après mes deux premières expériences, je me suis rendu compte qu’il me manquait des choses. J’ai senti qu’il fallait que je revienne à mes racines, en Argentine. Je me suis dit : « Reprends ce chemin qui t’a mené au succès comme joueur, retrouve tes origines et reconnecte-toi avec ce que tu es afin de revenir ensuite en Europe. » Je veux revenir, mais de la bonne manière. Par la grande porte, avec un parcours derrière moi. Je crois que les difficultés en Argentine, au niveau du pays ou du football, vont être très formatrices. Si tu survis à toutes les galères qui existent ici, tu es prêt pour aller en Europe. À titre personnel, j’avais aussi une envie profonde de rentrer chez moi pour retrouver mes parents et ma famille. En revenant ici, je voulais former mon équipe, que l’on rêve et que l’on y arrive tous ensemble. En sortant d’Argentine, je veux que l’on soit préparé et que l’on ait étudié d’autres langues pour arriver de la meilleure des façons sur le Vieux Continent. Endroit où j’ai été très heureux, et où je sais comment fonctionnent les choses. Je ne veux pas le faire tout seul, mais avec mon staff.

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Le football argentin, que tu as retrouvé après tant d’années, a beaucoup changé ?
Je trouve que la préparation s’est beaucoup améliorée, ça continue d’être un football qui développe des joueurs et vend. Il y a les très jeunes qui ont à peine débuté, ceux qui arrivent à maturité pour partir, ceux qui reviennent d’Europe et aussi ceux qui n’ont jamais pu quitter l’Argentine. Tout ça donne un mélange où il peut se passer n’importe quoi, c’est une gymnastique. Ton cerveau est constamment en train de s’adapter à des situations, parce que chaque joueur a une vision différente. C’est une des choses les plus compliquées du foot argentin, mais c’est hyper stimulant ! Je me dis que quand je vais aller en Europe, tout va me sembler beaucoup plus facile. Là-bas, les clubs payent tous les mois, les calendriers sont faits correctement, tu sais à quelle heure tu vas jouer, et les joueurs sont pour la plupart formés et au top de leur carrière.

« Tu construis ton équipe, tu te qualifies pour la compétition continentale pour la saison suivante et boom ! Tout le monde s’en va ! »
Douze joueurs de ton équipe sont partis, depuis le début de la pandémie...
Oui, je te laisse imaginer. Il faut se réinventer, ça fait partie du jeu et ce n’est pas très grave. L’important est d’avoir une idée directrice, celui qui est resté a déjà compris. Avec les autres, c’est comme un professeur avec une classe de trente élèves. Certains apprennent vite, d’autres moins. Ce que je ne peux pas me permettre, c’est que certains restent à la traîne. Je ne vais pas laisser quelqu’un sur le bord de la route, on apprend tous ensemble et on va tous dans une direction. Chacun à son rythme, mais on y va tous ! Cette difficulté est une des raisons qui m’ont décidé à revenir en Argentine, ce genre de choses n’arrive qu’ici. Tu construis ton équipe, tu te qualifies pour la compétition continentale pour la saison suivante et boom ! Tout le monde s’en va, douze s’en vont et d’autres arrivent. Vamos ! Tu n’as pas le temps de t’énerver, il faut s’adapter et recommencer à zéro. En Europe, je ne dis pas que ce sera facile non plus. Mais bon...

Pour lire la deuxième partie de notre entretien avec Hernan Crespo, c'est par ici !


Propos recueillis par Georges Quirino-Chaves, à Buenos Aires
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