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  1. // Ballon d’or 2018

Hegerberg : Ada racontée par Andrine

Quadruple championne de France en titre avec l'OL, triple meilleure buteuse de D1, triple championne d'Europe, Ada Hegerberg, 23 ans, a été élue lundi soir premier Ballon d'or féminin de l'histoire. Sa sœur, Andrine, joueuse du PSG, la raconte.

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Ma sœur Ada et moi-même avons grandi dans une petite ville du nom de Sunndal. Personne n’est capable de la situer sur une carte. Même les Norvégiens ne le savent pas. C’est un endroit avec une rivière sauvage remplie de saumons que notre grand-père fait fumer et des montagnes qui peuvent donner le vertige rien qu’en les regardant. Aujourd’hui, Ada et moi vivons toutes les deux en France. On joue pour deux des plus grands clubs d’Europe. En gros, on a échangé nos montagnes et une population de 7500 habitants pour la tour Eiffel et 2,2 millions d’âmes. Et le plus fou, c’est qu'en 2016, ma sœur s’est vue décerner le prix de meilleure joueuse de l’année par l’UEFA. Ce n’est pas pour me vanter ou être niaise, mais je trouve ça remarquable que ce soit possible.


C’est à Sunndal qu’Ada et moi avons acquis des valeurs fondamentales qui nous ont permis d’arriver là où on en est aujourd’hui. C’est là-bas, aussi, que j’ai commencé à jouer dans des équipes mixtes, puis à l’âge de 9-10 ans on nous a séparés par sexe. Enfin presque, parce qu’il y avait quand même une fille dans l’équipe des garçons : moi. J’avais des cheveux courts qui me permettaient de passer inaperçu par rapport à mes coéquipiers. Je n’avais pas choisi cette coupe par honte de mon genre, mais pour copier mon idole, mon grand
« En 2016, ma sœur s’est vue décerner le prix de meilleure joueuse de l’année par l’UEFA. Ce n’est pas pour me vanter ou être niaise, mais je trouve ça remarquable que ce soit possible. »
frère, plus vieux de six ans, que j’ai suivi partout pendant des années. J’étais toujours sur ses talons, du coup, quand il utilisait le gel le plus collant du marché pour ses cheveux, je faisais pareil avec les miens. Ada était loin de tout ce mimétisme. Au début, elle ne partageait pas ma passion pour le foot. C’est arrivé plus tard lorsque ma mère, ancienne meilleure buteuse du championnat norvégien avec Trondheims-ørn, venait assister à mes entraînements et me poussait à relever des défis. À l’époque, on s’organisait des séances supplémentaires : ça pouvait être des exercices dans le jardin ou des randonnées en montagne. Ada a commencé à y prendre part. J’adorais ces treks, c’était une manière de nous mettre au défi, en nous battant contre nous-mêmes, en essayant d’atteindre le sommet plus vite que la fois précédente.


J’ai découvert le foot féminin par l’intermédiaire du film Joue-la comme Beckham. Ça a tout changé pour moi. Comme les personnages du film qui se battent pour devenir pro, j’ai moi-même été confrontée à des obstacles. Certains hommes, plus âgés, se plaignaient de voir une fille jouer avec des garçons. Je ne sais pas exactement ce qu’elle a dit ou fait, mais j’ai pu rester dans l’équipe des garçons grâce à ma mère, ce qui a été fondamental pour mon développement futur.



J’avais quinze ans lorsqu'on a déménagé à Oslo. Ça nous permettait de nous rapprocher de Kolbotn, qui était l’une des meilleures équipes de football féminin de toute la Norvège. À cette époque, notre père nous organisait des séances d’entraînement personnalisées. Pendant des années, on a fait la même chose, différemment. Dès qu’on maîtrisait quelque chose et qu’on atteignait le niveau qu’on voulait, on le modifiait légèrement. Chaque fois qu’on passait à la vitesse supérieure dans un exercice et qu’on ne le réussissait pas aussi bien qu’on le voulait, on n’en faisait pas un plat. Dans ces cas-là, on travaillait les fondamentaux. Aujourd’hui, je vois souvent des joueuses insister sur certaines choses, alors qu’elles n’ont pas les compétences nécessaires. Au lieu de faire une pause, respirer et retourner aux gestes de base, elles laissent une énergie négative se développer. Je ne dis pas qu’il ne faut pas chercher à dépasser ses limites, il faut le faire, mais à un niveau raisonnable.


Après Kolbotn, Ada et moi avons signé toutes les deux à Stabæk, puis au Turbine Potsdam allemand. De là, nous nous sommes séparées pour la première fois.
« Avec ma sœur, je partage des souvenirs de réveils à 5h30-6h du matin lors de vacances en famille. On s’entraînait avant qu’il ne fasse trop chaud. Je me rappelle aussi du goût du sel aromatisé au citron que mon père nous faisait avaler avant l’entraînement pour qu’on puisse s’entraîner convenablement. À travers des années à tester ces limites, on a bâti une relation unique et très forte. »
Je suis partie à Kopparbergs/Göteborg, en Suède, où j’ai passé trois ans avant d’être transférée à Birmingham City, puis au PSG en février dernier. Jusqu’ici, je suis contente de mon parcours, même si une carrière peut être dure à vivre. Tu peux te sentir seule, rater plein de choses qui se passent chez toi, et en même temps, c’est ça que je trouve fascinant avec le foot, le sport en général. Chaque petit morceau brillant de la médaille a une histoire unique. Certaines histoires peuvent avoir été écrites en silence. Derrière chaque sourire sur le podium, il y a souvent des larmes, de la sueur et du sang. Avec ma sœur, je partage des souvenirs de réveils à 5h30-6h du matin lors de vacances en famille. On s’entraînait avant qu’il ne fasse trop chaud. Je me rappelle aussi du goût du sel aromatisé au citron que mon père nous faisait avaler avant l’entraînement pour qu’on puisse s’entraîner convenablement. À travers des années à tester ces limites, on a bâti une relation unique et très forte. Sur et en dehors du terrain. Ces dernières années, elle m’a fait énormément de passes décisives et vice versa. Je ne connais pas le nombre exact, en fait je me souviens surtout des discussions qui ont débouché à certains buts décisifs. « Pourquoi tu n’as pas fait ça ? » , « fais la passe, tu sais que je prendrai toujours l’espace » , etc. Ce ne sont pas les conversations les plus agréables à avoir, mais elles nous ont toujours permis d’atteindre les objectifs qu’on s’était fixés. Parfois, il faut savoir avaler son ego pour avancer.


Je parle souvent à ma sœur. Et pas seulement de football. Notre relation est forte. Le 18 mai dernier, on a joué l’une contre l’autre pour la toute première fois de nos carrières. Pendant les 90 minutes de ce PSG-OL, nous n’avons pas été des sœurs. C’est le jeu. Respect everyone, fear no one.



Par Andrine Hegerberg, traduit par Inès Roy-Lewanowicz Texte extrait du SO FOOT n°155, publié en avril 2018.
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