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Guy Roux : « Jean-Claude Hamel m'a fait 39 fois la gueule »

Au bout du fil, Guy Roux a la mémoire intacte, ou presque. Fouiller à travers quatre décennies d’histoire avec le même président, Jean-Claude Hamel, c’est à coup sûr tomber sur quelques pépites. Des repas au garage du président en passant par la moissonneuse sur le terrain de l’Abbé-Deschamps à la rupture brutale entre les deux hommes un soir de juin 2005, Guy Roux a pris le temps de poser les mots sur une tristesse infinie. « J’ai eu des rendez-vous téléphoniques pour des causes moins tragiques. » On veut bien vous croire, Guy.

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Guy, c’est clairement un pilier de l’AJ Auxerre qui s’est éteint hier...
Bien sûr. Dans l’ordre chronologique, c’était presque le plus âgé, même s’il y avait Jean Garnault, 94 ans, qui a aussi fait une carrière prestigieuse, il a été le grand financier de Clairefontaine. Jean-Claude Hamel, qui lui a succédé, était l’âme de l’AJA. L’un des onze qui a décidé en 1961 de me nommer à la tête de l’équipe comme entraîneur-joueur. Ce n’était pas évident parce qu’il y avait des anciens pros comme Jean Baratte, l’avant-centre de Lille. J’ai été élu parce que j’étais le moins cher avec 600 francs par mois.

« La première fois qu’on s'est rencontrés, j’étais soldat. Auxerre venait faire un match amical en Allemagne parce qu’il y avait un jumelage. J’étais alors entraîneur des forces françaises là-bas et j’ai traversé tout le pays pour jouer ce match. »
Et c’est aussi Jean-Claude Hamel qui vous ramènera en 1963 au sortir de votre service militaire...
Je suis parti à l’armée en Allemagne. Jean-Claude est devenu président en 1963, après que Jean Garnault a été nommé à la tête de la Ligue de Bourgogne. La première fois qu’on s'est rencontrés, j’étais soldat. Auxerre venait faire un match amical en Allemagne parce qu’il y avait un jumelage. J’étais alors entraîneur des forces françaises là-bas et j’ai traversé tout le pays pour jouer ce match. Cette première rencontre s’était très bien passée. Et puis j’ai repris l’équipe vraiment en juin 1964. Si mes relayeurs, qui ont été quatre durant ces deux saisons où je suis parti faire mon service, avaient été champions, je n’aurais jamais repris l’équipe. C’est le destin.


Ça ressemblait à quoi l’AJA en 1964 ?
C’était une équipe de division d’honneur avec des gars qui travaillaient tous à l’usine ou dans d’autres entreprises. Ils étaient bénévoles. Il y avait un comité d’administration d’une douzaine de personnes avec des commerçants notamment. Le stade, c’était une tribune de 200 places qui est d’ailleurs toujours là et a été intégrée dans les différentes rénovations. Il y avait un terrain annexe, c’était extrêmement rudimentaire. On attendait la fin des moissons pour qu’un agriculteur vienne tondre le terrain. Le jour de mon intronisation, il y avait trois ballons dont deux crevés. Au total, ça représentait à peine une centaine de licenciés répartis dans cinq équipes. Nous jouions devant 500 spectateurs de moyenne.

« Jean-Claude répondait à toutes mes demandes, il se battait comme un chien pour trouver de l’argent. Nous n’avions pas d’éclairage au début. Il a installé le premier mât en faisant un emprunt à la Banque populaire et chaque mois il allait demander à des copains de lui filer 200 francs pour pouvoir rembourser. »
C’était une autre époque...
Clairement... Jean-Claude Hamel était garagiste, il vendait des camions, des Berliet, et ses frères s’occupaient des voitures. Toute sa famille travaillait là-bas. Le week-end, le garage nous prêtait des voitures d’occasion qui avaient été retapées la semaine afin qu’on aille en déplacement à travers toute la Bourgogne, parfois sur 250 kilomètres. Bon parfois, les voitures n’étaient pas révisées et on tombait en panne. (Rires.) Jean-Claude était toujours présent, sauf le dimanche, lorsque c’était la période de chasse. Heureusement pour lui, quand on est montés en troisième division, on jouait le samedi soir. Il pouvait assister au match et aller chasser le lendemain. Mais Jean-Claude répondait à toutes mes demandes, il se battait comme un chien pour trouver de l’argent. Nous n’avions pas d’éclairage au début. Il a installé le premier mât en faisant un emprunt à la Banque populaire et chaque mois il allait demander à des copains de lui filer 200 francs pour pouvoir rembourser. Heureusement, il connaissait beaucoup de monde. Sa famille était installée là depuis la guerre.


Entre vos deux caractères, ça faisait des étincelles parfois ?
Nous n’avions pas des caractères opposés, mais ce sont deux caractères forts. Pour autant, il y a toujours eu le respect de ce qui avait été décidé. On m’a nommé en deux heures, l’histoire a duré 43 ans. Moi je m’occupais du foot, lui des finances. Jamais il ne s’est mêlé de l’équipe. Parfois il venait au match, il ne connaissait pas la composition de l’équipe. Idem en début de saison, lors des repas de présentation, il ne savait pas qui étaient certains gars. Mais son grand plaisir était d’être avec nous, notamment au midi les jours de rencontre. À aucun moment, pourtant, il ne parlait du match du soir. Il abordait plutôt la chasse, la vie à Auxerre, mais pas le football.

Et en matière de recrutement, comment ça se passait ?
Il participait à tout. Je l’avertissais de mes désirs, on faisait une évaluation, et quand on passait à l’acte, le joueur négociait avec lui ses conditions. La majorité des joueurs, je ne connaissais pas leur salaire. Jean-Claude avait un point fort : il était réputé comme très dur en négociations, mais il tenait toujours sa promesse. Avec Hamel, tu pouvais y aller, quand il te serrait la main, c’est que ton contrat était signé. En ce qui me concerne, parfois on oubliait de renouveler mon contrat. En novembre, je disais à Jean-Claude, « mais on n’a pas resigné pour cette saison ? » Et il me répondait, « c’est pas grave, on verra ça à la rentrée de janvier » . La Fédération appelait parce qu’elle ne recevait pas mon contrat. Les augmentations, c’était un peu compliqué. (Rires.) J’ai commencé à 600 francs par mois, dix ans plus tard j’étais à 850.


Il était dur en affaires...
C’est très simple, Jean-Claude avait deux proverbes : « je ne donne pas ce que je n’ai pas » et « je ne veux pas monter les marches » . Il faisait référence aux marches du palais de justice d’Auxerre qu’il ne voulait pas monter, car ça aurait été signe de liquidation du club.

« Sa femme était une cuisinière hors pair. Chez eux, c’était la meilleure table d’Auxerre. Quand on était invités avec Gérard Bourgoin, c’était quelque chose, mais Jean-Claude ne buvait jamais avec excès. Toujours un bon vin, mais jamais de trop. »
C’était aussi un épicurien...

Oui, mais raisonné. Souvent le midi, j’allais au garage le rejoindre. Sa femme mettait une petite nappe sur le bureau, trois assiettes. Si c’était à l’heure actuelle, on aurait eu une tranche de melon, une autre de jambon cru, un flanc et un café. Mais à côté de ça, c’était un grand chef d’entreprise. Il avait 75% des ventes de camion dans l’Yonne et était capable d’aller manger dans un trois-étoiles. Sa femme était par ailleurs une cuisinière hors pair. Chez eux, c’était la meilleure table d’Auxerre. Quand on était invités avec Gérard Bourgoin, c’était quelque chose, mais Jean-Claude ne buvait jamais avec excès. Toujours un bon vin, mais jamais de trop.

Vous estimez qu’il est votre grand frère. Pourquoi ?
Il avait neuf ans de plus que moi, donc il ne pouvait pas être mon père, mais plutôt un grand frère. Il a été le détonateur, l’accompagnateur numéro un de ma réussite. En 1998-1999, on se maintient de justesse en battant Rennes. À l’époque, il y avait un gros peloton pour descendre. En février, nous étions troisièmes et au fur et à mesure on se retrouve relégables. Tout le club a lâché, sauf lui. Même si nous étions descendus, il m’avait assuré que je serais resté sur le banc.

« Les contacts avec Jean-Claude ont été très compliqués durant cinq-six ans. Et après son départ de l’AJA, on s’est retrouvés. (...) Ces derniers temps, il était dans une clinique à Appoigny, dans mon village. Je suis allé le voir il y a quelques semaines, mais ensuite en raison de l’épidémie, les visites n’étaient plus possibles. »
En 2005, à l’issue de la finale de Coupe de France remportée face à Sedan (2-1), vous annoncez votre départ. Et là, ça se passe mal...
C’est un moment que Jean-Claude n’a pas compris parce que je me suis mal expliqué. Nous avions fini troisièmes de la phase de poules de Ligue des champions, on avait fait un quart de finale de Coupe UEFA face au CSKA Moscou où nous avions été floués. Après ça, je voulais absolument gagner la Coupe de France. J’étais aussi fatigué, presque 67 ans. J’avais décidé d’arrêter parce que je ne voulais pas faire l’année de trop. Pourtant, personne ne souhaitait que j’arrête. Je n’ai rien dit à personne, même ma femme ou mon fils. Personne n’était au courant. C’est mon ami Christian Jeanpierre sur TF1 qui a lancé cette rumeur en commentant la finale. Après le match, au restaurant, je retrouve Jean-Claude. Je lui donne une lettre non pas de démission, mais de remerciement pour toute la confiance qu’il m’avait accordée. Il a eu un regard qui était davantage qu’un regard noir et il m’en a voulu très longtemps de ne pas lui avoir dit. J’ai été jeté du club durant plusieurs mois. Les contacts avec Jean-Claude ont été très compliqués durant cinq-six ans. Et après son départ de l’AJA, on s’est retrouvés.

L’aviez-vous vu encore récemment ?
Il était dans une clinique à Appoigny, dans mon village. Je suis allé le voir il y a quelques semaines, mais ensuite en raison de l’épidémie, les visites n’étaient plus possibles. Avant, on se voyait tous les mois, notamment au stade. On aimait bien pronostiquer le résultat.

Si vous deviez retenir un moment dans cette immense boîte à souvenirs...
Jean-Claude adorait la Coupe de France et au début de l’aventure, on se faisait toujours battre dans les premiers tours. En 1978-1979, on arrive en finale face à Nantes (défaite 4-1 après prolongation, N.D.L.R.). Au même moment, avant le match, Jean-Pierre Soisson, ministre des Sports et maire d’Auxerre, Valéry Giscard d’Estaing, président de la République, Louis Fonteneau président de Nantes et Jean-Claude Hamel montent dans la tribune. Quand je me suis retourné et que j’ai vu le sourire de Jean-Claude, j’ai compris qu’il vivait un grand moment de bonheur de voir l’AJA à ce niveau-là. C’est à cause de lui que je me suis autant investi en coupe. Quand on perdait en championnat, il ne faisait aucune remarque. En revanche en Coupe de France, c’était autre chose. J’ai fait 43 saisons avec Jean-Claude et je n’ai gagné seulement que quatre Coupes de France. Donc il m’a fait 39 fois la gueule...

Propos recueillis par Florent Caffery
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