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Gueules noires et fumée blanche

Historiquement tapi dans l’ombre du Standard de Liège, le Sporting de Charleroi s’apprête à participer aux play-offs 1 pour la troisième fois en cinq ans. Une constance devenue la norme pour un club dont le développement se fait en parallèle de celui d’une ville qui se défait petit à petit de l’image sinistrée qui lui colle à la peau.

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Un clash face au rival du Standard, voilà ce qui attend le Sporting de Charleroi ce vendredi soir. De quoi inaugurer en grande pompe une deuxième partie de saison que les Carolos espèrent conclure par une qualification en Coupe d’Europe et prouver que la place de premier club wallon leur revient désormais. Car en dépit d’un palmarès vierge de tout titre majeur, les Zèbres s’imposent comme l’un des cadors de la Jupiler Pro League depuis leur remontée dans l'élite en 2012 et une seule saison terminée en seconde moitié de tableau.

Rêver réaliste

Lors d'un point presse, l'administrateur délégué du club, Mehdi Bayat, confiait avoir répondu à un dirigeant d'Anderlecht qu'il serait « très fier si [s]on Sporting était un jour en crise parce qu'il était troisième » . Car malgré la troisième marche du podium au classement général, les Carolos ont terminé leur saison régulière en roue libre : aucune victoire lors des sept dernières journées, soit une série aux antipodes d’une saison exceptionnelle dans l'histoire du club. En tribunes, le public répond présent et plafonne désormais à environ 10 000 spectateurs par match. « Cela fait chaud au cœur de voir de nouvelles têtes, commente Michel*, qui fréquente les travées du Mambourg depuis dix ans. Mais il ne faut jamais oublier qu'il y a six ans, on était encore en D2, bien loin de notre situation habituelle. C'est important de se rappeler d'où l'on vient. »


Arrivé au club après la remontée, Mehdi Bayat a apporté dans ses valises un plan baptisé « 3-6-9 » , censé donner un nouveau souffle financier et logistique au club. Avec succès : les comptes sont dans le vert, les partenariats potentiels affluent et l’effectif est stable, à commencer par l’entraîneur Felice Mazzù, en poste depuis 2013. Le Sporting veut désormais participer aux play-offs 1 chaque année et augmenter son budget pour atteindre quinze millions d'euros en 2021, tout en développant la formation de ses jeunes et en modernisant ses infrastructures. Une réussite sur le plan humain également. « Depuis l’arrivée de Mehdi Bayat, les relations avec les supporters se sont détendues. À l’époque où son oncle Abbas était aux commandes, il les considérait comme des criminels et refusait tout dialogue » , se souvient Michel.

Felice Mazzu

Élue ville la plus laide du monde

Cette success-story s’est accompagnée d’un slogan percutant : « Carolos are back ! » Car un Sporting qui gagne, c’est toute une ville qui sourit. « Depuis la fin de l’industrie minière, l’image de Charleroi s'est détériorée » , explique Michel, qui rappelle qu’une chaîne de télévision l'a un jour élue « ville la plus laide du monde » . « La plupart des gens n’y ont jamais mis les pieds et se fondent sur des idées reçues, alors que certains quartiers du centre de Bruxelles sont tout aussi dangereux. On ne peut pas dire que Charleroi soit particulièrement plus sinistrée qu’une autre ville. » Qu'un club de foot aide une ville à transformer son image, Mehdi Bayat l'accepte volontiers : « Moi aussi, j'ai souffert du complexe carolo. J'ai vu et entendu comment les gens de l'extérieur parlaient de Charleroi. Les gens ne doivent pas avoir peur d'y investir et même de revenir y vivre. Plus que jamais, il faut être fier d'être carolo. » Et quelle plus belle preuve d’engagement que de multiplier les apparitions publiques de l'effectif lors de manifestations culturelles et caritatives locales, ou d’enregistrer une version collective de Pays de Charleroi, l’hymne du club ?


Sortir de l’ombre

Après deux nuls, les Zèbres auront ce vendredi une troisième chance de l'emporter face au Standard, dont la victoire en Coupe de Belgique a sauvé la saison. Un match qui sentira le soufre dans l’enfer de Sclessin, face à un public réputé comme étant le plus chaud de Belgique. « Mais nous, on est juste derrière ! » , assure Junior*, un autre habitué du Mambourg, qui constate, malgré des affluences encore moyennes, que l’ambiance devient progressivement à la hauteur des résultats sportifs : « Dans le kop, les acharnés sont devenus encore plus acharnés, et l’ambiance s’exporte même en latérale. Ça chante de la première à la dernière minute, il n’y a qu’à la mi-temps qu’on prend une pause, et encore... »

Mehdi Bayat

Mais toute médaille a son revers : à côté de cette ferveur nouvelle, certains constatent une certaine forme d’embourgeoisement du public vis-à-vis de son équipe : « Le supporter carolo est devenu plus exigeant : avant, on sifflait l'équipe parce qu'on se gelait les couilles dehors et qu'on se prenait 0-4 par Louvain, maintenant, on siffle quand on ne ramène pas les trois points contre Anderlecht » , résume Junior. Et même si les nombreux titres du Standard le placent dans une catégorie à part, le Sporting a remporté la bataille de la stabilité, avec cet ancrage local qui le caractérise. « Les trois quarts de nos supporters proviennent de Charleroi, conclut Michel. En tribune, on n’a pas tous les mêmes objectifs, mais on est quand même nombreux à venir pour représenter notre ville. Peu importe si on joue la Ligue des champions ou pas. »



Par Julien Duez * Les prénoms ont été modifiés à la demande des interlocuteurs.

Propos recueillis par JD, sauf ceux de Mehdi Bayat, tirés du Moustique et de conférences de presse.
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