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Guardiola/Mourinho : l'amour vache

Ce soir, 20h45, Pep et José se disputent la Supercoupe d'Europe. Une énième page de leur folle histoire d'amour, mais une grande première pour leur vie commune. Retour sur la telenovela la plus connue du football mondial. Entre rencontres, déchirements et retrouvailles…

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« A-t-il choisi un championnat où je ne suis pas ? Je ne sais pas. Mais ce qui est certain, c'est qu'il peut rester tranquille, je n'entraînerai jamais en Allemagne…  » Interrogé en janvier dernier sur le choix de carrière de son ennemi intime, José Mourinho ne peut s'empêcher d'en glisser une petite sous la ceinture de Guardiola. Si, à première vue, l'attaque sonne comme un uppercut bien vicelard, elle n'est en fait rien d'autre qu'une petite caresse sur les parties. De la tendresse entre hommes, et une façon comme une autre de lui dire « je t'aime » . Oui, son Pep lui manque, exilé dans son château de Bavière. Et oui, s'il a rempilé à Chelsea cet été, c'est peut-être aussi parce qu'il brûle d'impatience de le revoir. Pas un hasard donc, si cette Supercoupe d'Europe se dispute dans une ville aussi romantique que Prague.

Pourtant, à l'approche de leurs retrouvailles, c'est d'abord la rancune qui pointe en premier. Celle du Mou, évidemment, qui ne trouve rien d'autre qu'un laconique : « Le Bayern de Jupp Heynckes était la meilleure équipe d'Europe. Avec un nouvel entraîneur et de nouveaux joueurs, je ne suis pas sûr qu'il soit toujours aussi bon  » , pour exprimer son sentiment d'abandon. De son côté, Guardiola, fautif, sait qu'il va devoir cravacher pour renouer ce fil de confiance franchement étiolé, et se fend alors d'une déclaration en guise de main tendue : « Chelsea a un très grand entraîneur, le Bayern aussi… Le passé fait partie du passé, dans ma tête et dans mon cœur… » Touchant. Tel Roméo et Juliette avant eux, enfin libérés des carcans imposés par leur familles respectives, ils ont désormais toutes les raisons de vivre leur idylle comme bon leur semble. De consommer cet amour qu'ils ont toujours assumé, au gré des tempêtes.

« El Traductor  »

D'ailleurs, à la veille de leur tout premier Clásico en tant que cornacs des deux ogres ibériques, José rappelait déjà à Pep que leur histoire pouvait résister à plus d'un siècle de rivalité : « Si j'étais Sandro Rosell, le président du Barça, je demanderais à Guardiola de prolonger pour 50 ans. C'est quelqu'un qui est tombé dans la marmite barcelonaise à sa naissance. C'est un culé dans l'âme. Il connaît la maison et sait exactement le jeu qu'attendent les supporters barcelonais. C'est le coach idéal pour diriger le FC Barcelone. Même chose si j'étais président du Real ! Car Pep est un grand entraîneur. Cela fait des années que je répète qu'il a tout pour être un excellent directeur technique. Vous pouvez consulter les archives, je le disais déjà il y a 20 ans !  » Au temps des premiers émois, lorsque tout n'était encore qu'insouciance.

Ce qu'il ne révèle pas, c'est que le Portugais connaît également l'institution blaugrana sur le bout des doigts, puisqu'il y débarque lors de la saison 1996/97, dans les bagages de Bobby Robson. Suite à un énième imbroglio politique, le président de l'époque, Josep Lluís Núñez, se sépare du vénérable Johan Cruijff, et jette son dévolu sur le technicien britannique. Durant toute la saison, celui que la presse surnomme rapidement « el Traductor » va faire bien plus que simplement traduire les attaques des journalistes. Mourinho va parler pour son boss, le défendre corps et âmes, et surtout roder les bases de sa relation toute personnelle avec les médias catalans. Même son de cloche dans le vestiaire, où il s'efforce de combler le fossé naissant entre les « cruijffistes » et les partisans du président Núñez. D'un côté, José contribue à tirer le meilleur du jeune Ronaldo, lusophone et fer de lance du nouveau Barça voulu par Núñez. Tout en veillant à gagner la confiance de Guardiola, capitaine emblématique de la machine de guerre pensée par Cruijff. Une fois n'est pas coutume, le trait d'union du club, c'est lui.

«  Je t'aime… Moi non plus  »

Pep et José se découvrent, s'apprécient et causent tactique en catalan pendant des heures et des heures. « Nous échangions régulièrement lorsque nous avions tous les deux des doutes. Chacun exposait ses idées, mais je ne me souviens pas de cela comme quelque chose qui définissait notre relation… Il était l'adjoint de M. Robson, et j'étais un simple joueur. Rien de plus, confesse Guardiola, avant de s'aventurer sur un terrain nettement plus glissant. C'était une amitié… Enfin, non, pas tout à fait une réelle amitié, mais plus une solide relation de travail… » Et Mourinho d'abonder dans ce sens : « Vous ne pouvez pas aider, mais plutôt apprendre de joueurs d'un tel calibre. Vous comprenez énormément sur les relations humaines. Les joueurs de ce niveau n'acceptent pas ce que vous leur dites juste parce que vous représentez l'autorité. Vous devez constamment leur prouver que vous êtes dans le vrai. La vieille histoire du coach qui a toujours raison n'existe pas dans un club comme Barcelone. L'entraîneur est un guide. Il donne des pistes, et les joueurs les interprètent à leur manière. C'est devenu l'essence de ma philosophie : guider et découvrir.  »

Le Barça remporte Coupe et Surpercoupe d'Espagne, avant d'empocher la Coupe des vainqueurs de coupe, mais cale sur la Liga. Robson est sacrifié sur l'autel Oranje, Louis van Gaal le remplace et relègue Mourinho a un poste d'assistant chargé de superviser adversaires et futures recrues. Un rôle qui lui reste en travers de la gorge. Michael Reiziger, illustre représentant de la nouvelle colonie batave, se souvient : « Il était très intéressé par tout le monde, et insistait sur le moindre détail qui n'allait pas. On sentait qu'il voulait vraiment faire partie intégrante du groupe. Il se tenait au courant de tout, et pas seulement de choses relatives au coaching de l'équipe. Les joueurs adoraient ça, mais je ne suis pas sûr que Van Gaal partageait ce sentiment. Entre eux, c'était à celui qui parlerait le plus. José n'était déjà plus un assistant normal, on sentait qu'il aspirait à autre chose…  » Le Mou prend son mal en patience et digère comme il peut sa mise à l'écart. Dans l'ombre, renforcé par les liens tissés avec les cadres de l'effectif, il rêve de vengeance et trépigne à l'idée de prendre à son tour possession du banc de touche. Trois longues saisons auront finalement raison de sa patience.

Cas de divorce

Début 2000, il quitte le club en même temps que le pélican hollandais, et s'en va tracer le chemin qui le mènera au statut de « Special One » . Un surnom qu'il se forge aussi grâce à ses nombreux coups d'éclat face au Barça. Première pierre en 2005, dans un huitième de finale de Ligue des champions perdu 2-1 au Camp Nou : « Quand j'ai vu Rijkaard entrer dans le vestiaire de l'arbitre à la mi-temps, je n'ai pas pu y croire. Mais quand j'ai vu Drogba se faire expulser, je n'ai pas été surpris.  » Seconde salve en octobre 2006, en phase de poules cette fois-ci. Après six minutes de temps additionnel durant lequel Chelsea égalise, Frank Rijkaard se précipite sur l'arbitre. Mourinho n'est pas bien loin et, dans la mêlée, le pourtant très pieux Edmilson dégoupille en ordonnant au Portugais de « fermer sa gueule  » . Enfin, la sortie la plus mémorable pour tout socio catalan reste celle sur Messi en février 2006, suite à l'expulsion d'Asier del Horno. « Devrait-on suspendre Messi pour avoir joué la comédie ? Car il a joué la comédie ! La Catalogne est un pays de culture et sait ce qu'est du bon théâtre... du théâtre de qualité. J'ai déjà été au théâtre à Barcelone et je peux vous assurer qu'il est de qualité. On pourrait peut être le suspendre pour que le gamin apprenne la leçon... Réflexion faite, il vaut mieux qu'il ne l'apprenne pas, car il en sait déjà beaucoup… » José vient de commettre l'irréparable en s'attaquant ouvertement à deux monstres sacrés de la Catalogne dans la même phrase. D'abord Messi. Ensuite le Grand Théâtre du Liceu, l'Opéra Garnier local, fer de lance de la culture catalane.


Un sacrilège qui n'empêche pas le Lusitanien, dont l'égo est gonflé à bloc, de briguer à nouveau le poste d'entraîneur blaugrana en 2008. Sans club, il dépose sa candidature à la succession de Rijkaard. Johan Laporta ne donne pas suite, et préfère nommer à sa place l'entraîneur de la réserve qui n'est autre que Pep Guardiola. Dès lors, Mourinho cristallisera parfois sa haine du Barça dans le reflet que lui offre son ancien allié. Pire, après l'avoir éliminé avec l'Inter de Milan dans la fameuse scène dite de « l'arrosage automatique » , il pousse le vice jusqu'à prendre les rennes du carrosse d'en face et s'enferme définitivement dans sa guerre froide à lui. Leur relation s'embourbe alors dans la rancœur historique qui lie les deux camps, avec le lot d'excès qu'elle comporte.

« Et si on faisait un break ?  »

Outre son doigt dans l'œil de Tito Vilanova, José s'attarde aussi sur Pep. Comme ce soir d'avril 2011, avec encore une fois la Champions comme point de discorde : « Au-delà de la désignation de l’arbitre et de la pression pour que ce ne soit pas Proença (ndlr : arbitre portugais qui aurait avantagé le Real de Mourinho, selon Guardiola), une nouvelle ère a commencé. Jusqu’à présent, nous avions un groupe d’entraîneurs, très petit, qui ne parlait pas des arbitres. Et un groupe, dont je fais partie, qui critique les arbitres quand ils font des erreurs. Avec les déclarations de Guardiola, il y a un nouveau groupe qui a pour seul but de critiquer le discernement de l’arbitre. Je n’avais jamais vu cela de ma vie. » Acculé, son amant catalan était alors sorti de son flegme légendaire : « Comme M. Mourinho m'a tutoyé, moi aussi je vais le tutoyer. Il m'a appelé Pep, je vais donc l'appeler José. Où est la caméra de M. José ? Demain, à 20h45, nous nous affronterons sur le terrain. En dehors, il a déjà gagné, il a gagné toute l'année. Je lui offre sa Ligue des champions particulière en dehors du terrain. Qu'il la ramène à la maison et qu'il en profite ! Dans cette salle, il est le putain de chef, le putain de maître. Je ne veux pas rivaliser avec lui un seul instant…  » Ambiance.

À tel point que l'ombre de Mourinho plane également sur le départ de Guardiola. Pour en avoir le cœur net, il suffit de lire entre les lignes : « Je m’en vais parce que je suis vide. Le temps use et je suis usé. Je me suis vidé, j’ai maintenant besoin de me remplir. Je pense sincèrement que celui qui me succédera pourra donner des choses que je ne peux plus donner. Pour être assis ici (en salle de presse, ndrl) tous les trois jours, l’entraîneur doit se sentir fort, avoir de la vie, de la passion. Je dois récupérer cette passion et cela ne se récupère qu’en prenant du recul et en se reposant. Sinon, je pense que nous nous serions fait du mal. Je sais ce que je laisse, mais c’est le moment. Je sais que ce que j’emporte avec moi, c’est ce qu’il me reste… » Loin des yeux, mais pas si loin du cœur.

À lire Le Cas Mourinho, Thibaud Leplat (Hugo Sport, 220p, 16,50€)

Par Paul Bemer
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