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Grimacez, vous êtes filmés

Testée à grande échelle lors de la finale de la Ligue des champions 2017, la reconnaissance faciale, une technologie entre autres utilisée comme outil de contrôle et de surveillance des supporters, a fait son grand retour aux alentours du Liberty Stadium, le 27 octobre dernier, à l'occasion du match entre Swansea et Cardiff City. Et traîne dans son sillage un bon paquet de polémiques et d'interrogations quant aux futurs implications et enjeux que son utilisation soulève auprès des fans.

Certaines statistiques ne laissent pas vraiment place à l'interprétation. Il y a deux ans et des poussières, à l'Euro 2016, on apprenait que pas moins de 2200 caméras zieutaient les fans en tribunes, comme aux abords des stades qui accueillaient la compétition. Soit environ une caméra de surveillance pour 200 spectateurs. Un chiffre qui a déjà des airs de micro-obsession sécuritaire, mais qui pourrait ne représenter d'ici quelques années que la partie émergée de l'iceberg. Non content de se faire filmer, le supporter de football verra peut-être bientôt son joli minois scanné, scruté et intégré à une base de données qui répertorie ses faits et gestes. La faute à une technologie, la reconnaissance faciale, qui commence à faire doucement, mais sûrement son trou au sein du football professionnel.

Big Brother is watching Brøndby


L'illustration la plus emblématique du phénomène ? Le club danois de Brøndby. Ce dernier est devenu le premier club de football du monde à introduire officiellement la technologie de reconnaissance faciale dans son stade en juin dernier, pour repérer et expulser plus aisément la cinquantaine de fans violents qui, bien qu'interdits de stade, tentent tout de même d'entrer dans son enceinte. De quoi donner des idées à d'autres formations du continent. Y compris à Manchester City. Du moins si l'on en croit le Sunday Times, qui affirmait mi-août que le club mancunien réfléchirait à la mise en place d'une technologie de reconnaissance faciale pour filtrer les entrées au stade. Pour pouvoir pénétrer dans l'enceinte, les supporters ne devraient plus avoir besoin de billets, simplement de faire un selfie avec leur téléphone. Le logiciel de reconnaissance faciale ferait alors le reste du travail, identifiant les individus aptes à assister au match, de ceux qui sont interdits de se rendre au stade. Simplissime sur le papier, beaucoup plus complexe a mettre en œuvre en réalité, comme l'explique Vince Alm, porte-parole de l'association des supporters du pays de Galles. Ce fan des Bluebirds est monté au créneau après que les supporters qui se sont rendus au South Wales Derby, un match entre Cardiff City et Swansea le 27 octobre dernier, ont été surveillés par une technologie de reconnaissance faciale.

Le bide de Cardiff


« À ma connaissance, c'est la première fois qu'ils utilisent cet outil de surveillance au Liberty Stadium depuis la finale de C1 qui avait opposé la Juventus au Real Madrid en 2017, estime-t-il. Quoi qu'il en soit, le résultat avait été désastreux à l'époque : on avait dénombré plus de 2500 fans mal identifiés... » Un énorme bide dû aux carences d'une technologie encore largement perfectible et notamment plus susceptible de mal identifier les visages d'individus noirs et/ou de sexe féminin. De fait, selon une étude publiée en février 2018 sur le site du MIT Media Lab, l’un des laboratoires de recherche du prestigieux Massachusetts Institute of Technology, les logiciels de reconnaissance faciales de Microsoft et d'IBM identifiaient correctement seulement 79% et 65% des femmes noires utilisées comme échantillon test par le MIT. « À écouter les diverses entreprises qui développent des programmes de reconnaissance faciale, le taux d'erreurs est aujourd'hui beaucoup plus bas, développe Vince Alm. Mais vous savez quoi ? Que ces sociétés disent vrai ou pas, ce n'est même pas l'efficacité de cette technologie qui pose problème à la base. Mais son utilisation même. »

« Le danger, c'est qu'on stérilise l'audience des stades »


La reconnaissance faciale reste en effet un outil de surveillance controversé, parfois décrit comme une dérive potentielle, caractéristique d'États ou d'organisations hyper surveillés, voire carrément liberticides. Exemple en Chine, où la reconnaissance faciale alimente en données le « crédit social » , un système à points qui évalue le comportement des citoyens dans les lieux publics et sur internet. Développé depuis 2014 pour être théoriquement lancé à grande échelle en 2020, ce système, qui semble sorti tout droit d'un trip sous acide de Philip K. Dick, induit des pénalités pour les individus « mal notés » , notamment dans leur accès aux transports. Les sanctions peuvent entraîner jusqu'à l'interdiction pure et simple de prendre le train ou l'avion. De quoi se demander si le stade de football et ses alentours ne pourraient pas, eux aussi, devenir un jour un grand lieu de surveillance et de normalisation des comportements des supporters.


Si, en France, l'identification de personnes par analyse automatique sans consentement préalable est interdite dans l'espace public (à quelques exceptions près), le Royaume-Uni franchit déjà occasionnellement le pas, comme l'illustre le recours ponctuel à de telles technologies de surveillance au Liberty Stadium. « La question maintenant c'est : si on commence à utiliser ça dans les lieux publics, où est-ce que ça s’arrête ? reprend Vince Alm. Est-ce qu'on va utiliser la reconnaissance faciale à l'intérieur même du stade, pour identifier les individus qui s'agitent trop, jurent trop, qui pourraient poser des problèmes ? Où s’arrête la légitimité de la surveillance, au nom de la sécurité ? » Voilà qui pose évidemment question, alors que les stades de football, aussi bien lors du printemps arabe que plus récemment en Algérie, ont servi de formidables caisses de résonance politique et démocratique, à des populations soumises à des régimes souvent décrits comme autoritaires et policiers. « Le danger, c'est qu'on stérilise l'audience des stades » , craint Vince Alm.

Menace rampante


Tout cela relève néanmoins encore du domaine fictif, alors que la reconnaissance faciale reste un outil encore très marginalement utilisé dans les stades du Vieux Continent. « Il y a beaucoup de rumeurs qui circulent en ce moment sur l'usage de la reconnaissance faciale, décrypte Amanda Jacks, un cadre de la Football Supporters Federation (FSA), une organisation représentant les fans de foot en Angleterre et au pays de Galles. Mais en ce moment, on n'est pas du tout inquiets par le développement d'une telle technologie au sein des clubs du pays. On garde en revanche un œil sur tout ça, c'est vrai. Mais retenez que les clubs ont déjà des moyens de surveillance extrêmement sophistiqués et performants comme la CCTV (Closed-circuit television camera), ces caméras de surveillance qui truffent déjà les stades. » Reste que l'essor et le perfectionnement à grande vitesse de la reconnaissance faciale peuvent faire baliser les supporters qui font dans l'anticipation. Comme Vince Alm, qui joue la carte de la méfiance : « Je n'utilise pas la reconnaissance faciale sur mon téléphone, vous ne savez pas qui va exploiter les données biométriques de votre visage... Je veux dire, que font-ils avec cela ? Donc, on surveille comment tout cela évolue. » Une sage décision, pour peut-être éviter que les stades de football ne se mettent à ressembler à une micro dystopie orwellienne à ciel ouvert, dans un futur pas si lointain.

Par Adrien Candau Tous propos recueillis par AC
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