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  1. // Coronavirus

Cioni : « Ma crise, c'est Bastia contre le PSG »

Gérant actif de la conserverie de Casatorra quand il ne porte pas le brassard de capitaine du Sporting Club de Bastia, Gilles Cioni revient sur la crise sanitaire provoquée par la pandémie de coronavirus et qui touche de plein fouet son entreprise. Car les boîtes d'agroalimentaire sont, malgré ce que l'on pourrait penser, largement concernées par le ralentissement économique actuel.

Félicitations pour la montée en National, Gilles ! Mais on imagine que tu as eu du mal à la fêter, entre le confinement et la gestion de ta conserverie qui vend 300 tonnes de marchandises par an. Les commandes ont explosé ?
On a eu un pic d’activité les deux dernières semaines de mars, après l'annonce du confinement. Tu l'as vu, les gens se sont littéralement rués dans les magasins. De notre côté, on a donc eu énormément de drives et de demandes de grandes surfaces. Et puis après... Au mois d'avril, on a fait -40%. Celui de mai sera catastrophique, comme le reste de la saison d'ailleurs. Là, on est déjà à -50%.

On pouvait pourtant croire que la demande allait se prolonger, vu que tu vends en majorité des boîtes de conserve. Des produits qui périment peu, et qui ont un certain succès en cette période de crise...
« C'est clair que j'aurais préféré démarrer ma vie de jeune entrepreneur dans d'autres conditions, je me tape une pandémie mondiale pour mes débuts ! »
On ne travaille pas uniquement avec la saisonnalité, comme d'autres. On est un peu plus protégé qu'eux, mais ça reste précaire. En réalité, on savait que le pic de mars allait représenter l'arbre cachant la forêt. Parce qu'une fois que les gens ont fait leur stock, ils ne viennent plus. À moins qu'ils ne mangent que des pois chiches ! (Rires.) Non, ils ne peuvent pas manger que nos produits à nous.


Il faudrait donc compter sur les touristes ?
On a certes une clientèle locale, mais on ne peut pas négliger l'influence des touristes. Le million de personnes ou plus qui débarquent en Corse entre mai et octobre, ça pioche dans mes produits.
« Je ne mettrai personne dehors, mes employés sont ma priorité. Je ne suis pas tout seul, on fait du mieux qu'on peut et on est en mode guerrier. Avec les gars, on va faire le dos rond et on va y arriver. »
En juin, je double par exemple mon chiffre par rapport à un mois de janvier ou février. Cette année, c'est impossible. Je peux me tromper, hein, mais je ne vois pas les gens se déplacer en masse. Les Italiens, qui ont beaucoup morflé, ne bougeront sûrement pas. Donc si tu veux, je préfère être pessimiste. Même avec la réouverture des restaurants avec lesquels je travaille, disons en juin, ce sera des tables espacées d'un mètre cinquante et des normes drastiques d'hygiène. Des masques, du gel... S'il faut payer le serveur, le plongeur, le cuisinier pour quatre fois moins de clients, comment ça peut marcher ? En 2008, les commerçants se sont surtout pété la gueule l'année d'après. Cette année morte, on va la traîner comme un boulet. Les grossistes n'ouvrent pas non plus, puisqu'ils sont également dans la panade. Résultat : ça affecte directement mon chiffre d'affaires. C'est clair que j'aurais préféré démarrer ma vie de jeune entrepreneur dans d'autres conditions, je me tape une pandémie mondiale pour mes débuts !

Sans oublier que certains endroits sont actuellement totalement à l'arrêt, en Corse.
Il y a des endroits dévastés, oui. Porto, Cargèse... Des lieux très touristiques, où les magasins sont fermés dans ces conditions de ralentissement global. Il n'y a rien d'ouvert, ou un magasin sur cinq. Tout le monde en paye les conséquences.


Vous n'exportez pas ?
On exporte sur le continent, mais pareil, on exporte trois fois moins que l'an dernier. Même les grandes enseignes sont prudentes, et commandent le minimum. Il y a aussi moins de transport maritime, tout est lié... Peut-être que j'aurai une bonne surprise en juin, mais je n'y crois pas.


Tu as sept salariés, tu es allé jusqu'à envisager la réduction de ton effectif ?

Non, je ne licencie personne.
« L'arrêt des entraînements me permet seulement d'évacuer le stress de la compétition, surtout qu'on est champions. Mis à part ça, je passe maintenant mes trois heures de foot quotidiennes au bureau. »
J'ai en revanche eu recours au dispositif en place de chômage partiel, vu qu'il y a beaucoup moins de fabrication. Moi aussi, je suis obligé de m'adapter. En revanche, je ne mettrai personne dehors. Mes employés sont ma priorité, ils ont vingt ans de boîte... On va s'accrocher jusqu'au bout, pour garder tout le monde. Je ne parle même pas de faire des bénéfices ou de mettre de l'argent dans les poches, il s'agit seulement de sauver l'institution. Si je suis à zéro, c'est-à-dire à l'équilibre, en décembre, je me considérerai comme chanceux. Tu sais, il y a de grosses boîtes qui sont vraiment dans la merde en Corse. C'est du costaud, comme crise ! Elle est anxiogène, parce que c'est la totale inconnue pour la suite. Tu ne sais pas ce qu'il va se passer derrière, d'autant que je pense qu'on en est seulement au début. Je la prends comme un match de Bastia, qui doit affronter le Paris Saint-Germain. Je ne suis pas tout seul, on fait du mieux qu'on peut et on est en mode guerrier. Avec les gars, on va faire le dos rond et on va y arriver.


Potentielle conséquence positive du confinement : tu as plus de temps pour toi, quand même ?
Pas vraiment, tu as toujours quelque chose à faire. Sortir une statistique, un prix, les références d'une vente, faire de la paperasse ou des bilans, mettre à jour les situations des salariés...
« Lorsque tout ira mieux, il y a des chances pour que les gens reprennent leurs mauvaises habitudes. À mon avis, le jour d'après ressemblera au jour d'avant. »
L'arrêt des entraînements me permet seulement d'évacuer le stress de la compétition, surtout qu'on est champions. Mis à part ça, je passe maintenant mes trois heures de foot quotidiennes au bureau.

Tu parles de « totale inconnue pour la suite » , mais est-ce que tu crois au « nouveau monde meilleur » ou au contraire au désastre complet que certains évoquent ?
Je pense que tout ne peut pas s'effondrer du jour au lendemain, et que l'activité va reprendre. De manière générale, la population s'est beaucoup tournée vers les solutions locales ces derniers temps. Mais honnêtement, je doute que ça dure et que les mauvaises habitudes ne reprennent pas le dessus. Ça m'étonnerait qu'il y ait un cataclysme mondial amenant à un bouleversement profond du mode de consommation. Lorsque tout ira mieux, et malgré le fait que l'économie locale comme la consommation régionale soient primordiales – on essaye d'ailleurs d'acheter près d'ici pour nos produits et on transforme tout sur notre territoire, même si on doit importer des marchandises qui n'existent pas sur l'île –, il y a des chances pour que les gens reprennent leur comportement passé et rachètent par exemple en Chine... À mon avis, le jour d'après ressemblera au jour d'avant.

Propos recueillis par Florian Cadu, à Bastia
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