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George, la vraie légende d’Anfield

Il a remporté six Ligue des Champions sans claquer un seul but mais est connu comme le loup blanc à Liverpool. George Sephton n’est pas un simple speaker, c’est la mémoire vivante d’Anfield, envoyée au charbon en 1971 sous l’ère Bill Shankly pour être toujours en poste un demi-siècle plus tard. Braqué à trois reprises par des policiers, deux fois annoncé mort, il a croisé James Bond et était payé 2,50 livres par match à ses débuts. George Sephton est "The Voice of Anfield".

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Avril 1971. La nuit enveloppe Liverpool et les projecteurs d’Anfield font office de phare dans l’obscurité. George Sephton est assis dans les gradins. Lise, sa femme, est de la partie. Depuis plusieurs semaines, George a le speaker du stade dans le pif. « Il était catastrophique, vraiment, jure-t-il, un demi-siècle plus tard, posé sur le parvis de l’antre mythique. Le pire, c’est quand on jouait les matchs de coupe d’Europe, il avait toujours des problèmes avec les noms étrangers. » Au micro à l’époque, le frère d’un certain Alan Jackson, précédent speaker, qui avait placé son frangin à sa place après avoir décroché un contrat de six mois dans une radio à Manchester. « Autant Alan était un très bon "stadium announcer", autant son frère, c’était imbuvable. Il lui arrivait de couper des actions de jeu ou de lancer des vinyles au mauvais moment. » Ce soir de printemps, il craque. « Il a refait une erreur, c’était gênant. Ma femme m’a regardé et m’a dit que je n’aurais pas mieux fait que lui. » Il ne fallait pas chauffer le George ! Tout juste rentré chez lui, l’analyste en informatique – poste qu’il occupera durant 35 ans avant sa retraite en 2009 – prend la plume. En deux temps trois mouvements, sa lettre pour Peter Robinson, l’un des hauts secrétaires du Liverpool FC, est couchée sur une feuille, timbrée et postée. « Je ne m’attendais pas à avoir une réponse. Mais on m’a convoqué, j’ai eu une longue discussion avec Peter. Il m’a mis à l’essai et 50 ans plus tard j’y suis encore. Je n’ai jamais eu de contrat ! » , se marre-t-il.


Dis, tu ne serais pas Paul McCartney ?

George Sephton a traversé les époques comme nul autre sur les bords Mersey. Sa longévité en Premier League est devenue son étendard, une obsession pour les médias britanniques, friands au possible de ces portraits que l’on dresse ensuite dans des bouquins pour les placer sur les étagères poussiéreuses d’une librairie. Six Ligue des champions, trois coupes de l’UEFA, quatre Supercoupe d’Europe, douze couronnes d’Angleterre, six FA Cup, huit coupes de la Ligue, ce n’est plus un pedigree, mais un musée. « Chaque jour je me dis que j’ai une chance incroyable de pouvoir vivre tout ça. Je suis tombé à la bonne époque. » Celle des baby-boomers. Le môme voit le jour neuf mois après la fin du second conflit mondial, ce qui convoque le plaisir de retrouver la paix en Europe et le nouveau monde qu’il s’ouvrira en parallèle de l’adolescence. Le Merseybeat, l’explosion du rock, de la pop, des concerts de Noël dans le Nord de Liverpool où « pour huit livres sterling on avait Gerry and The Pacemakers. Il nous manquait deux livres pour avoir les Beatles. Vous imaginez, 10 livres pour faire venir les Beatles, c’est insensé quand on y repense. » À l’Institute High School, le midi, George, pourtant pas très sociable, file au sous-sol pour « voir ces grands mecs qui tentaient de faire des trucs avec leur guitare. L’un s’appelait George Harrison, l’autre Paul McCartney » et mon petit doigt me dit que leur avenir était tout tracé. « C’était un lieu magique. Les radios pirates apparaissaient, tout le monde ou presque avait une guitare. Cette décennie et ce choc culturel ont changé la ville pour toujours. » La musique s’émancipe, George avec et le football devient enfin une matière concrète. Le cœur de sa famille est rouge depuis le début du XXe siècle, mais à la maison, le quotidien est cyclique. Le samedi, la mère, Amy, employée dans un cinéma, reste à la maison. Ted, le paternel, plombier la semaine, va vider sa pinte à Anfield où il avait fait un essai non concluant en 1923. Un père jugé « traditionnaliste, sexiste » et qui ne l’a jamais emmené au stade. « Il considérait que c’était son truc à lui. »


« Putain, qu’est-ce que j’ai fait ? »

Avec ses potes de classe, il fend la glace. Fin janvier 1960, durant de longues heures, c’est la file d’attente près de Stanley Park. Au programme, un tour de Cup contre Manchester United. « C’était juste avant mes 14 ans. Quel moment incroyable. Voir toutes ces personnes dans le kop, toutes en costume avec une casquette. On ne voyait que des têtes dépasser. » Pendant 10 ans, George se glisse dans la muraille rouge, la joue malin en débarquant « deux heures avant le match pour ne pas être en bas écrasé contre les barrières » . Des mouvements de foule qu’il voit du haut de sa cabine de speaker à partir du 14 août 1971. Liverpool-Nottingham Forest, George vit son dépucelage. « Quand j’ai grimpé les marches pour accéder à mon poste et que j’ai vu 50 000 personnes dans le stade, j’étais pétrifié. Je me suis dit : "Putain, qu’est-ce que j’ai fait ?" Soit je reprenais ma valise et je rentrais chez moi, soit je me lançais. J’ai pris une grande inspiration et finalement tout s’est bien passé. Je n’oublierai jamais, j’ai débuté le même jour que Kevin Keegan. C’est même le premier buteur que j’ai annoncé. » Le Liverpool de Bill Shankly s’impose 3-1, George est adopté et peut récupérer son enveloppe. « J’étais payé 2,50 livres par match. Je l’aurais fait gratuitement, c’était un tel privilège. » Une telle chance, ça se travaille. Le septuagénaire ne rapplique pas les mains vides à Anfield. Valise à vinyles dans les années 1970 et 1980 sur fond de Frankie Goes to Hollywood, CD’s à gogo à l’aube du XXIe siècle puis clés USB désormais, histoire de gagner en praticité et rapidité. « J’ai toujours deux clés USB mais aussi trois copies en CD de You will never walk alone. Cela m’est arrivé une fois, il y a 35 ans, d’oublier ma mallette. Plus jamais je n’ai fait cette erreur. » Sa femme le considère comme un parano, lui rétorque « qu’anticiper le pire est la meilleure manière de ne rien oublier » , même si les temps modernes ont sérieusement réduit son champ d’expression. « Maintenant, trois jours avant le match, je reçois une liste avec tout ce qui doit être fait à la seconde près. Je partage même mon bureau avec le mec de la VAR. Le pire, c’est en coupe d’Europe. »

Vidéo

Surtout, ne le laissez pas entrer !


Tiens, la compétition reine. Elle retourne souvent l’estomac de Liverpool, celui de George aussi. C’est à travers elle qu’il inscrit le seul hat-trick de sa carrière. Enfin, un hat-trick pas très commode. Trois épisodes, trois anecdotes. En 1981, au Parc des princes, Liverpool-Real Madrid. George doit assurer son rôle de speaker, mais galère à entrer dans le stade, trouve une faille, et se retrouve nez à nez avec un CRS. L’Anglais n’a pas d’accréditation sur lui, le policier sort son arme et lui intime l’ordre de quitter le Parc. Un membre du staff des Reds passe par là et calme le jeu. Bis repetita trois ans plus tard à Rome. Cette fois, celui qui l’a embauché, Peter Robinson, lui conseille d’aller au stadio Olympico dans le bus des joueurs pour éviter la même mésaventure. « C’était comme un rêve, mais à l’arrivée au stade, sur la pelouse, un mec de l’UEFA me demande où est mon badge. Je ne l’avais pas encore récupéré. L’officiel de l’UEFA part et revient avec des policiers qui sortent leur arme et me crient : « Sors d’ici !". Là encore, j’ai pu être sauvé par un membre du staff. » Le pire reste le Heysel, en 1985. « J’étais dans la cabine de speaker, à l’angle du stade, près des supporters de la Juventus. Un responsable de l’UEFA arrive et m’ordonne de dire aux fans de Liverpool qu’à la moindre invasion de la pelouse, le match sera annulé. Je ne pouvais pas dire ça. Au premier but, ça aurait été un vrai bain de sang. C’était beaucoup trop tendu et on ne savait même pas combien il y avait de morts… » Là encore, un policier vient le braquer. « Mais j’ai tenu tête et le capitaine de Liverpool est entré au même moment dans la pièce. C’est la seule fois où j’ai été content que l’on perde. »



«  J’ai dû annoncer 6 minutes de temps additionnel alors que Liverpool était qualifié. Rafa Benitez s’est retourné vers moi comme si c’était de ma faute... »

Le regard qui tue de Rafa Benitez

La mort l’a aussi frôlé directement. En 1989, son fils Rob est à Hillsborough avec « un ami et son père » pour la demi-finale de cup face à Nottingham Forest. « Autour de lui, des gens sont morts, mais il a pu s’échapper par une porte. Pendant deux heures j’ai attendu son coup de fil, c’était horrible. » Puis à deux reprises, The Voice est annoncé mort. D’abord en 2008 lors du mariage de son fils. « L’un de ses amis était à Anfield ce jour-là et n’a pas entendu ma voix. Il lui a envoyé un message en demandant si j’allais bien. Le lendemain, dans un journal local, on pensait que j’avais passé l’arme à gauche. » En 2009, une radio locale le met carrément entre quatre planches à la suite d’un malaise lors d’un hommage au Cavern pub, repaire des Beatles. « J’avais juste faim et je ne me sentais pas bien. Ma femme a entendu à la radio que j’avais été transporté à l’hôpital dans un état critique et que j’étais mort. N’importe quoi… » La vie de George Sephton vaut un scénario de long-métrage et les seuls six matchs qu’il a loupé en un demi-siècle de carrière en disent beaucoup sur l’implication du bonhomme, passé de Bill Shankly à Kenny Dalglish, de Rafa Benitez à Jürgen Klopp. Benitez qui le regardera droit dans les yeux pendant une demi-finale de Ligue des champions contre Chelsea, en 2005. « J’ai dû annoncer 6 minutes de temps additionnel alors que Liverpool était qualifié. Rafa Benitez s’est retourné vers moi comme si c’était de ma faute, mais j’avais juste lu le panneau du quatrième arbitre. Quelques jours après le match, des gens m’arrêtaient au supermarché en me demandant : "Pourquoi vous avez dit six minutes de temps additionnel ?" Je n’y étais pour rien ! »



Et la relation avec le groupe pro dans tout ça ? « Sur l’effectif actuel, à peine deux joueurs doivent me connaître. Ce n’est plus l’époque où parfois je mangeais avec les joueurs. Mais Jürgen Klopp, c’est différent. Une semaine après son arrivée à Liverpool, je me retrouve derrière lui dans un escalier d’Anfield. Je l’interpelle pour me présenter et il me stoppe immédiatement en me disant : "Oh, vous êtes la fameuse voix d’Anfield". Il m’a serré la main, je n’avais plus de voix. En à peine dix jours au club, il connaissait même la dame qui prépare le thé. Encore une fois, je me suis dit que j’avais une chance incroyable de vivre cette vie-là. » Le jour de son 65e anniversaire, alors qu’il est au resto, son portable sonne à tout-va. Kenny Dalglish vient de l’intégrer au panthéon du club lors d’une interview : « George fait partie de l’histoire et de la tradition de Liverpool, glisse l’ancien attaquant. S’il partait, ce serait plus important que si moi je partais. » Sa cinquantième saison sera-t-elle celle qui refermera le livre ? « J’y pense, mais rien n’est arrêté. Après un soir de match je peux reprendre ma voiture, me planter dans un lampadaire et mourir. J’espère juste que l’on n’attendra pas trente années supplémentaires avant de redevenir champion d’Angleterre. » George part dans tous les sens : « Une fois, j’ai même croisé Daniel Craig dans un salon du stade. J’ai dit bonjour à James Bond quoi ! Tant que je pourrais vivre ces moments suspendus à Anfield, je le ferai. » Jusqu’au bout des arrêts de jeu, qu’il annonce avec cette voix grave depuis août 1971.

Par Florent Caffery, à Liverpool Photos : Manon Cruz.
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