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Gamel : « Certains joueurs fument des joints en permanence »

Après avoir connu Mamadou Niang au Qatar, emmené le PSG en finale de la Ligue des champions et fait plus de 20 heures d’avion, Christophe Gamel a posé ses valises aux Fidji. Où il est désormais sélectionneur national et où il essaye de mettre fin à la consommation de cannabis chez les joueurs tout en créant un nouveau projet de jeu. Sacré programme.

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Christophe, ton parcours est un peu original. Peux-tu nous l’expliquer en détail ?
J’ai évidemment joué au foot, mais je n’ai jamais été pro. Je suis originaire de Meaux et j’ai commencé dans un petit club, à l’ASM Ferté-sous-Jouarre, que je salue au passage. Je suis allé jusqu’en 4e division sinon, en passant par Saint-Raphaël, par Lorgues, et j’ai fini en Italie, à Sant’Apollinare – Cassino, entre Rome et Naples. Là-bas, j’ai eu Aldo D’Urso comme entraîneur et c’est lui qui m’a donné envie d’aller plus loin en tant que coach. J’ai arrêté de jouer à trente-trois ans, mais j’ai toujours entraîné les équipes de jeunes partout où je suis passé, des poussins, des benjamins... Ensuite, j’ai eu une proposition de Combes-Bagneux, en D2 féminine, mais ça a été une expérience terrible, dans le mauvais sens. J’ai beaucoup appris, j’étais à fond. On a raté de peu la montée, j’ai démissionné.

Que se passe-t-il ensuite ?
Je reçois alors un coup de fil d’un pote agent. Il me propose d’aller filer un coup de main à des francophones en Hongrie, au DVTK, à 20 kilomètres de Budapest. Pendant deux ans, j’ai fait préparateur physique et adjoint. On a un ou deux joueurs qui sont devenus internationaux, c’était super ! Avant de partir, je me suis toutefois pété les ligaments de la cheville en jouant un match avec les joueurs. À mon retour à Maisons-Alfort, je reçois une proposition du Qatar, de la part d'Hassan Harmatallah, le DTN. C’était pour devenir préparateur physique et entraîneur adjoint avec les U17 du Qatar, aux côtés d’Alain Lavaron. On a disputé la Coupe d'Asie des nations, mais on ne l'a pas gagnée et derrière, ça s'arrête pour nous. Derrière, j’ai réussi à rebondir à Al-Rayyan Club. Il y avait Mamadou Niang. J’ai découvert Paulo Autuori, un super mec qui entraînait l’équipe première. Je n’ai jamais eu de problèmes là-bas, c’étaient des années merveilleuses. J’ai pu rencontrer Bruno Metsu, Georges Van Straelen. Mais j’ai eu un enfant et j’ai dû rentrer en France.


C’est alors que tu reçois un coup de fil très intéressant...
Effectivement, on m’a proposé un super projet avec Farid Benstiti, qui arrivait de Russie. C’était pour entraîner l’équipe féminine du Paris Saint-Germain et j’y ai passé quatre années phénoménales. On a bien professionnalisé tout ça. On a réussi à faire une finale de Ligue des champions. En championnat, on a toujours terminé deuxième derrière la meilleure équipe du monde, Lyon. J’ai encore quelques nouvelles de Laure Boulleau ou Laura Georges. Ça a été une expérience de folie. J’ai eu la chance de croiser Carlo Ancelotti, ça reste un exemple. Même Giovanni Mauri. Des gens d’une simplicité...


Derrière, l’aventure des Fidji peut commencer. Explique-nous...
Entre-temps, j’active mes réseaux. Didier Chambaron, qui travaille à Chicago pour la FIFA, que je connais, me demande de lui envoyer mon CV, car il va aller dans les îles. Je reçois quelque temps plus tard un coup de fil d’Océanie, c’est Patrick Jacquemay, un francophone basé à Auckland. Il me dit qu’un pays va peut-être avoir besoin de quelqu’un prochainement. Je regarde un peu où c’est et je me dis que ça va faire une trotte (rires). J’aime bien aller à contre-courant, j’ai toujours fait ça. J’ai eu deux rendez-vous avec la Fédération des Fidji et en un mois, entre mi-novembre et mi-décembre, c’était bouclé. Le plus dur, c’est de laisser mon fils en France. J’ai signé un an et demi. Frank Farina (ancien joueur de Strasbourg et de Lille, ndlr) était là avant moi. C’est une chance et un honneur de le remplacer. J’ai présenté un projet avec un développement du football local, des jeunes, des filles. Il faut être gagnant-gagnant. Les gens à la fédé sont sains ! Pour venir, j’ai pris un vol de 11 heures depuis Paris pour la Corée du Sud. Trois heures d’escale ensuite et un autre vol de 10 heures vers les Fidji. Je suis parti le 4 janvier, je suis arrivé le 6 et j’ai enchaîné le boulot directement l’après-midi.

Qu’est-ce que vous connaissiez des Fidji avant d’y venir ?
Juste les îles paradisiaques pour les lunes de miel (rires) ! J’en ai aussi entendu parler lors des Jeux olympiques de Rio en 2016 avec l’équipe de rugby à sept. C’est un vrai pays de rugby, d’ailleurs. Ce sont des gens qui ont une nature sportive, mais qui n’ont aucune organisation.


De quels moyens disposez-vous ?
Que ce soit d’un point de vue financier ou matériel, j’en ai très peu. Au dernier camp que j’ai fait, j’avais deux gars qui avaient leurs chaussures complètement trouées. Je suis allé chez le cordonnier pour réparer ça. Il y a une académie internationale à Ba, mais je n’ai pas grand-chose là-bas, deux terrains de qualité médiocre. Et la douche froide quasiment tous les jours. Même s’il fait chaud, ce n’est pas forcément agréable. À Suva, la capitale, j’ai un terrain, ça me suffit. J’ai du matériel, des chambres très correctes, une salle à manger. C’est parfait pour travailler. Ils aiment le foot ici. Forcément, ce n’est pas comme en France, mais il y a du monde au stade. Le classement FIFA (181e actuellement, ndlr), ce n’est pas la priorité. Je veux d’abord développer le foot, créer un projet de jeu et une identité du foot fidjien. Effectuer du gros travail, ça paie toujours !

Êtes-vous tout seul ou avez-vous quand même un staff ?
J’avais un adjoint, mais il est parti avec les dix-sept ans pour un tournoi international à Tahiti. Y a pire (rires) ! Mais il va revenir. Sinon, j’ai aussi un kiné que j’ai transformé en préparateur physique, il est super.

Y a-t-il des choses qui vous ont surpris en arrivant ?
Il y a un championnat local aussi et les équipes sont plus fortes que notre sélection. Du coup, c’est parfois difficile de motiver les joueurs. Je me bats aussi contre la drogue. J’ai mis un place un programme anti-dopage parce que certains joueurs fument des joints en permanence. Si on veut atteindre un certain niveau, il faut nettoyer tout ça. C’est un de mes objectifs.


Quel est le niveau de vos joueurs et comment faites-vous pour en trouver ?
J’ai un seul joueur professionnel, il s’agit de Roy Krishna, qui évolue en A-League avec les Wellington Phoenix. Ce sera normalement mon capitaine, mon relais sur le terrain. Je viens d’en découvrir un à Stoke City, Scott Wara. C’est un agent qui m’a parlé de lui. Et sinon, je vais sur Wyscout, j’appelle des mecs. Je regarde mon réseau, à droite, à gauche. Je cherche aux États-Unis, en Asie. J’avais repéré Leroy Jennings également, mais il a refusé. Visiblement, il va être sélectionné par l’Australie. Je comprends. L’équipe est en pleine reconstruction. On va désormais essayer de poser le ballon et éviter le kick and rush. Je revois tout le modèle de jeu. Ça va prendre du temps. Je sais que je vais prendre des pilules au départ, mais j’ai vu du potentiel. Je crois en ce projet ! Je change beaucoup de joueurs dans l’équipe. On m’appelle le cleaner... ou l’incorruptible aussi ! Faut que les mecs aient les pieds corrects ! je suis très strict, mais ils ont besoin de ça. J’essaie de les responsabiliser. Il y a quelques colosses. Les mecs ont beau faire deux mètres, si je dois leur monter sur la gueule, je le ferai ! Il y a pas mal de mecs en surpoids. Ils n’ont pas de notions diététiques.


Te fais-tu chambrer par tes proches quand il te parle de ton nouveau poste ? Ils doivent penser que tu prends le petit dej avec des noix de coco, que l’après-midi tu la passes à la plage...

C’est évidemment l’image que les gens en ont ! On m’a un peu chambré au début, mais j’invite tout le monde à voir ce qui se passe là-bas. Tu t’entraînes sur un terrain qui a de la terre, du sable même si le terrain de l’équipe nationale, à Suva, est très beau. Il n’a rien à envier à certaines équipes de Ligue 1 et de Ligue 2.

As-tu eu l’occasion de visiter un peu les Fidji ?
La seule fois où j’ai eu un peu de temps pour moi, c’est quand ils m’ont laissé deux nuits au Sheraton à Nadi. Avant ça, j’avais fait du sept sur sept pendant un mois. À l’hôtel, j’en ai pris plein les yeux, c’était un petit coin de paradis !

Avec les journalistes, là-bas, ça se passe comment ?
Je suis assez ouvert. On n’a pas les mêmes intérêts qu’eux, mais ça fait partie du jeu. L’objectif, à travers des interviews comme celle-ci, c’est aussi de permettre à de nouveaux joueurs de nous rejoindre. Un ancien collègue de St-Maur m’a dit qu’il avait des origines fidjiennes.

Le rugby a une place importante aux Fidji. Est-ce qu’il y a des rugbymen qui pourraient devenir footballeurs ?
Tout le monde ne peut pas être pro au rugby. Je veux pas leur voler des joueurs, juste les réorienter. J’en ai repéré un d’ailleurs. Je veux d’ailleurs inviter l’équipe nationale de rugby qui a été championne olympique à Rio pour notre premier match. Il faut créer l’événement. J’ai également remis en place le haka local, c’est une tradition. Ça représente leur culture, leur tradition. Ici, ça s’appelle le Cibi.

La FIFA va ouvrir la Coupe du monde à 48 pays. Ça donne de l’espoir ou pas ?
Ce changement de format, c’est loin et court à la fois. Ce sera pour nos jeunes qui ont entre 15 et 17 ans en ce moment. L’Océanie a désormais une place directe, c’est un réel espoir. Le top, ce serait une place et demie, avec un barrage. Ça motiverait plus, car la place est sans doute réservée à la Nouvelle-Zélande. C’est un espoir, mais mitigé.


D’ailleurs, en parlant de Nouvelle-Zélande, vous les affrontez deux fois le mois prochain...
Il y a des attentes importantes. Cela fait neuf ans qu’ils n’ont pas battu les Néo-Zélandais et quatre ans et demi qu’il n’y a pas eu un match nul je crois. Ça va être compliqué. On n’est pas défaitistes, mais réalistes. J’ai regardé les derniers matchs des All-Whites, j’ai repéré quelques joueurs. (Chris) Wood, qui évolue à Leeds, (Michael) McGlinchey, qui est un très bon milieu de terrain. Il donne le tempo ! Enfin, j’ai également pu voir le petit (Monty) Patterson, un très bon jeune qui monte. Ça s’annonce très dur, mais ça ne veut pas dire impossible. Ensuite, on affrontera la Nouvelle-Calédonie, une équipe qui a bien progressé. J’ai pris plaisir à la voir jouer. On les respecte et on sait que la moindre erreur nous sera fatale. Sur coups de pied arrêtés, on se fait trouer et ça ne s’apprend pas en un mois. Je sais bien où je veux aller. Il faut qu’on soit l’élément perturbateur et pourquoi pas rêver ?

Propos recueillis par Tanguy Le Séviller
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