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Fritz Walter, l’étoile filante de Thionville

Le Tour revient en France après une escapade en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg. Pourtant, il y a 77 ans, la partie mosellane de la Lorraine faisait partie du Troisième Reich, et les équipes de foot du coin étaient intégrées aux divisions allemandes. Si les archives ne racontent que peu de choses de cette période, le club de Thionville a, lui, bien noté qu’un futur champion du monde a porté ses couleurs entre avril et juin 1943. Un passage aussi fugace que mystique, si tant est que l’on ait levé les yeux au ciel au bon moment.

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Le 1er juillet 1940, les leaders de la France Libre décident d'emprunter à René d’Anjou sa croix de Lorraine pour en faire le symbole de la Résistance. Mais avant que celle-ci puisse orner le blason du FC Metz et du Thionville FC, les clubs mosellans ont dû se ranger derrière un autre insigne, celui de la Croix gammée. Le 22 juin de la même année, la France du maréchal Pétain dépose les armes et abandonne la Moselle à l’Allemagne nazie. Thionville reprend son appellation germanique de « Diedenhofen » et intègre le Gau Westmark ( « la Marche de l’Ouest » en VF), district englobant l’ensemble du département de la Moselle, mais aussi la Sarre et le Palatinat. Un sort auquel est irrémédiablement scellé celui de la Sportive thionvilloise. Le club a déjà évolué sous pavillon allemand, puisque c’est durant la précédente annexion (1871-1918) qu’il a été fondé en 1905 sous le nom de « Fuẞball-Club Diedenhofen » . Triples champions de Lorraine dans leurs folles années 1920, les Bleu et Or vont eux aussi connaître leur grande dépression. Dès la saison 1941-1942, la désormais Turn und Sportgemeinschaft Diedenhofen est inscrite en seconde division régionale, dans la poule ouest de la Lothringenmeisterschaft. L’objectif est de décrocher sa place en Gauliga Westmark, dans laquelle évolue le FC Metz, rebaptisé « FuẞballVerein Metz » et grimé de bleu et de noir, aux côtés du FC Kaiserslautern ou du FC Saarbrücken. Tous se disputent la place qualificative pour la phase finale de la Deutsche Meisterschaft, l’élite du football allemand.

Dans les pas de Charlemagne


Difficile aujourd’hui de savoir comment évoluait le TSG Diedenhofen au cours d’une période hors des radars. « À part quelques coupures de presse allemande, on ne dispose que de très peu d’archives sur l’histoire sportive mosellane entre 1940 et 1944 » , indique l’historien Philippe Wilmouth, pourtant spécialiste de l’Occupation allemande en Moselle durant la Seconde Guerre mondiale. Disons qu’entre les drames humains et les enjeux politiques du moment, les préoccupations étaient autres à cette période de l'histoire. La TSG Diedenhofen étant administrée à cette époque par des Allemands parachutés et les populations françaises ayant déserté le pays, peu de témoins ou de documentations permettent de raviver les souvenirs. Même ceux censés incarner la mémoire du club, comme Christian Ragni, sont pris au dépourvu. « On ne sait pas grand-chose de ce qui s’est passé sportivement et humainement dans le club pendant la guerre, reconnaît désœuvré celui qui fut le président du Thionville FC entre 1977 et 2011. Le seul élément qui est arrivé à nos oreilles est le passage d’un certain Fritz Walter » . À l’évocation de ce nom, le récit s’enrobe immédiatement d’une saveur habituellement réservée aux mythes ou aux contes populaires. Car la présence du milieu de terrain de Kaiserslautern est autant chargée de mystère que celle de Charlemagne à la fin du VIIIe siècle : on sait qu’ils ont tous deux séjourné dans la cité thionvilloise, sans que personne ne sache vraiment ce qu’ils y ont fait.


Comme le rappelle le Dr. Markwart Herzog, spécialiste du football sous l’ère nazie, le commissaire du Reich pour l’éducation physique Hans von Tschammer und Osten avait pour devise « Mes meilleurs sportifs doivent être mes meilleurs soldats » . Le sélectionneur de l’équipe nationale de l’époque, Sepp Herberger, tentait vaille que vaille que ses joueurs bénéficient de passe-droits, mais il était inconcevable que Fritz Walter ne devienne un planqué en temps de guerre. Question d’image. Le fils de la Betzenberg se retrouve donc enrôlé dans la Wehrmacht, mais conserve toutefois son statut de sportif, avec les complications qui en découlent. En effet, à cette époque, les footballeurs professionnels peuvent devenir des Urlauber, des joueurs en congé, ce qui leur permet de revenir taper le cuir pour le compte de leur club d’origine lorsqu'ils sont en permission. C’est ainsi qu’en 1942, Fritz Walter entre un peu plus dans la légende du K'lautern en plantant treize buts face au FK Pirmasens, sur les 26 inscrits par les Pfälzer ce jour-là. Mais les joueurs mobilisés peuvent également être intégrés dans l’équipe des villes où ils sont stationnés. Ils deviennent donc des Gastspieler, des joueurs invités, statut que peut postuler Walter au moment où il est envoyé en Lorraine en décembre 1942.

Mission Gauliga


Sepp Herberger aurait voulu que Walter joue à Metz pour ne pas perdre son niveau. Sauf que les Grenats évoluaient alors dans la même division que Kaiserslautern, ce qui aurait provoqué un conflit d’intérêts évident. C’est ainsi que Fritz Walter a atterri chez les voisins thionvillois. La ville abritait alors une des plus grosses garnisons d’infanterie de la région et c’est dans celle-ci qu’est affecté le soldat Walter. Un homme qui passait sa vie en crampons et qui a dû se faire aux bottes de fantassin. Un joueur qui était déjà considéré comme la pépite du FC Kaiserslautern, avant d’en devenir l’icône. Un garçon qui, deux ans plus tôt, avait inscrit à 19 ans un triplé face à la Roumanie pour sa première sélection avec la Mannschaft. En avril 1943, les dirigeants du TSG Diedenhofen arrivent à convaincre la star de venir fouler la pelouse de l’actuel stade Jeanne-d’Arc. Les Mosellans espéraient profiter de son talent pour les derniers matchs de la saison et accéder à la Gauliga. Pourtant, l’expérience thionvilloise de Fritz Walter se résumera à seulement quelques matchs disputés en trois petits mois. Juste le temps de mettre un bref coup de projecteur sur le club mosellan. Car en juin 1943, le prodige allemand sera déployé sur d’autres missions, notamment en Corse et en Sardaigne, et ira garnir dès le mois d’août l’effectif des Rote Jäger, un onze militaire constitué des meilleurs joueurs allemands basé près de Hambourg.



À la fin de la guerre, il échappera de peu à la déportation dans un goulag sibérien, alors qu’il est fait prisonnier par l’Armée rouge en Roumanie. Un soldat hongrois qui l’admirait le reconnaîtra, le fera passer pour un Autrichien enrôlé de force dans la Wehrmacht et Fritz Walter rentrera chez lui à Kaiserslautern, compléter sa série mythique de 327 buts inscrits en 384 matchs sous le maillot des Roten Teufel. Pour comprendre l’envergure du personnage, il faut remonter en octobre 1942. L’Allemagne remportait un amical 5-2 contre la Slovaquie. Il s’agissait de la centième victoire de l’histoire de la Mannschaft, mais aussi du dernier match international disputé pendant la guerre. Pour tous les joueurs qui y ont participé, cette rencontre a été synonyme de fin de carrière en sélection, à l’exception de deux joueurs : Andreas Kupfer et Fritz Walter. En 1950, le premier deviendra capitaine de la sélection nationale pour son 44e et dernier match, disputé face à la Suisse, laissant l’honneur à Fritz Walter d’être le seul joueur ayant porté le maillot allemand d'avant-guerre à avoir participé au « Miracle de Berne » en finale du Mondial 54 face à la Hongrie de Puskás. De son côté, la Sportive thionvilloise réintégrera les championnats français dès la Libération en 1944. Partie de DH, elle arrivera à se faufiler jusqu’en D2 lors des saisons 1979-1980 et 1980-1981. Comme quoi, le vœu de ceux qui ont aperçu la comète Fritz Walter a fini par se réaliser.



Par Julien Duez et Mathieu Rollinger Propos de PW et CR recueillis par MR. Remerciements à l’Ascomémo de Hagondange, pour la mise à disposition des travaux de Gilbert Untersinger sur le football en Moselle de 1937 à 1947.
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