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Frédéric Thiriez : « On apprend de ses erreurs »

On l’avait quitté en 2016, démissionnaire de son poste de président de la LFP après quatorze ans à siéger sur le trône du football professionnel français. Quatre ans plus tard, à l’aube de la nouvelle année, revoilà Frédéric Thiriez, cette fois dans la peau d’un candidat au poste de président de la Fédération française de football. L'avocat de 68 ans présente son projet, basé sur le foot amateur, mais revient aussi sur quelques vieux dossiers (l'affaire Luzenac, son rapport aux supporters), tout en évoquant ses premiers souvenirs de ballon rond et de main courante. Entretien.

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Quand est-ce que l'idée de vous présenter comme candidat à la présidence de la FFF vous est-elle venue ? Est-ce qu'il y a eu un déclic ?
Le déclic, c'est le jour où l'on a arrêté les championnats nationaux en France. J'étais très étonné que l'on prenne une décision aussi précipitée alors que tous nos voisins européens continuaient. En France, on a un peu tendance à croire que l’on a raison contre tout le monde. Ce n'est pas du tout ma philosophie, il faut que la France ose regarder ce qui se fait ailleurs. Je me suis donc dit qu'il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas dans nos instances, que ce soit à la Ligue ou à la Fédération. Il fallait que je me réinvestisse.

« Deux millions de licenciés, c'est indigne de notre pays. »

Après plus de vingt ans passés au sein des instances, vous avez pu quitter ce monde après votre démission de la LFP en 2016. En avez-vous profité pour faire votre bilan et analyser ce que vous avez bien fait ou moins bien fait ?
Mon bilan, je l'ai dressé quand j'ai quitté la Ligue, il y a du positif et du négatif. Mais ce n'est pas le passé qui m'intéresse, c'est l'avenir. Nous n'avons jamais connu une crise pareille et c'est l'avenir du foot en France qui me concerne. On parle beaucoup du foot professionnel, à juste titre, et j'espère que l'équipe de Vincent Labrune va réussir à s'en sortir. Mais on parle beaucoup moins du foot amateur, c'est ce qui me préoccupe. Dans le foot, c'est la masse qui fait l'élite. Aujourd'hui, il y a une baisse des licenciés qui atteint parfois 20% dans certains clubs et donc une baisse des recettes. Il y a également une chute des sponsors avec la crise économique, ils ne veulent plus mettre d'argent dans des clubs amateurs, même réputés. On peut aussi parler des bénévoles : ils sont 400 000, ils font tourner la machine et ils sont découragés. Dans mon projet fédéral, j'imagine deux choses : un plan de sauvetage du foot amateur, puis un plan très ambitieux de développement de la pratique qui se situe à un niveau indécent aujourd'hui en France. Deux millions de licenciés, c'est indigne de notre pays.

« Mon souhait, ce n’est pas d’être élu président de la FFF pour avoir une fonction ou occuper un poste. »

Vous désirez atteindre le nombre de quatre millions de licenciés en dix ans. Vous estimez que l’on n’a pas le temps de faire bouger les choses sur un simple mandat de quatre ans ?
Passer à quatre millions de licenciés en quatre ans, ce n’est pas réaliste. Je veux m’expliquer sur le chiffre : ce n’est pas inventé, mais on sait qu’il y a au moins quatre millions de personnes aujourd’hui en France qui jouent au football. Je pense que c’est un objectif atteignable, mais sur dix ans. Et parmi ces 4 millions de licenciés, je mentionne un million de filles. Pourquoi n’avons-nous que 200 000 licenciées chez les femmes ? Ce n’est pas normal. Il y en a 700 000 en Allemagne, 2 700 000 aux USA. On est un peu machistes en France, mais quand même. Il y a plein de filles qui aimeraient jouer au football, mais les clubs ne peuvent pas les accueillir.

Vous ne craignez pas de fixer des objectifs trop élevés ?
Si on n’a pas d’ambition ou de rêve, on est morts. Mon souhait, ce n’est pas d’être élu président de la FFF pour avoir une fonction ou occuper un poste. Ma carrière est derrière moi, je crois avoir fait mes preuves dans différents domaines, mais je veux aujourd’hui faire bouger les choses. Il faut aussi faire rêver les gens autour du football.



Vous avez l’image d’un homme lié intimement au football professionnel. Est-ce que cela peut vous desservir dans le combat que vous voulez mener en faveur du foot amateur ?
J'en ai assez que l'on oppose sans cesse football professionnel et amateur. Nous ne pouvons pas vivre les uns sans les autres. Le foot appartient à tout le monde, je tenais le même discours lorsque j'étais président de la LFP. Ensuite, vous oubliez peut-être que mon engagement initial est à la Fédération. Je suis entré dans le foot comme membre de la commission de discipline de la FFF en 1991 avant d'être élu au comex. Et c'est après que je suis arrivé à la Ligue.


Il est surtout question de la perception que les gens ont de vous. Par exemple, quand Noël Le Graët arrive à la présidence de la FFF, il a l'étiquette du président de Guingamp, un club avec lequel il a connu le foot amateur. Vous n'avez pas ce genre d'expérience.
Je pourrais vous répondre que Noël Le Graët a aussi été président de la Ligue avant d'être à la Fédé. Pour le reste, je compte mener une campagne de terrain auprès du foot amateur. Les dirigeants sont souvent contents de me rencontrer, ils me disent que je ne suis pas comme ils l'imaginent. Je pense que l'image dont vous parlez va changer parce qu'elle ne correspond pas à la réalité.

« Je suis un homme de passions. Je suis gourmand de la vie. J'ai la passion du foot, mais pas seulement : il y a aussi mon métier d'avocat, la montagne en tant qu'alpiniste, la musique vu que je suis chanteur lyrique, le théâtre... Même si mon engagement dans le sport est peut-être le plus important. Je crois que la France est malade, fracturée, et je veux que le sport devienne le ciment de cette société. »

Justement, qui êtes-vous Frédéric Thiriez ?
Je suis un homme de passions. Je suis gourmand de la vie. J'ai la passion du foot, mais pas seulement : il y a aussi mon métier d'avocat, la montagne en tant qu'alpiniste, la musique vu que je suis chanteur lyrique, le théâtre... Même si mon engagement dans le sport est peut-être le plus important. Je crois que la France est malade, fracturée, et je veux que le sport devienne le ciment de cette société. Ma mission, c'est de redonner l'espoir aux jeunes. Je l'ai vu renaître, cet espoir, quand j'ai emmené ces onze garçons et filles sur l'Everest. Avant de partir, ils étaient en difficulté sociales et professionnelles. Quand ils sont revenus, ils étaient transfigurés. Et sur les onze, dix ont trouvé un CDI dans l'année suivante. Cela montre la force incroyable du sport.

Quels sont vos premiers souvenirs du foot amateur ?
Mes meilleurs souvenirs, c’est quand j’emmenais mes gamins le samedi au PUC (Paris Université Club, à Charléty), en tant que parent. C’est extraordinaire et c’est là où l’on voit la richesse réelle du monde amateur : des gens pour qui il n’y a pas d’heures, pas de « c’est samedi ou c’est dimanche » , ils pensent d’abord et toujours aux gamins. Pour vous donner un autre exemple, dans mon club de futsal en banlieue parisienne (ASC Garges Djibson Futsal), ce qui me frappe là-bas, c’est que quand les gamins ont des difficultés à l’école, ils ne vont pas voir leur professeur. Ils vont voir l’entraîneur. C’est l’entraîneur qui devient leur conseiller et c’est formidable. Seul le foot permet ça.


Est-ce que ce sont vos parents qui vous ont initié au foot ?
Dans ma famille, il y avait une règle absolue : 1 - Tu travailles bien à l’école. 2 - Tu fais du sport. 3 - Tu fais de la musique. C’était obligatoire, les trois. Comme musique, j’avais choisi le piano, et comme sport, du fait que mon père faisait du rugby, j’avais également choisi le rugby et j’en ai fait jusqu’en juniors au PUC. J’étais néanmoins déjà fan de foot et j’écoutais le foot à la radio dès la fin des années 1950, je me souviens encore des exploits de Fontaine, de Kopa, j’ai vécu de près l’épopée de Saint-Étienne, mais là plus comme fan que comme pratiquant, puisque j’étais joueur de rugby trois-quarts aile au PUC.



On entend souvent que le football devrait s’inspirer du rugby sur certains points, notamment sur les valeurs. C’est votre avis ?
Je me suis souvent fait regarder de travers par mes clubs lorsque je leur disais qu’il y avait beaucoup à prendre du rugby. J’ai toujours donné deux exemples : le respect de l’arbitre et la vidéo. Je me suis toujours battu pour avoir la vidéo, notamment quand j’étais président, puisque j’étais allé plaider devant l’International Board quand la France avait officiellement fait une proposition pour le football assisté de la vidéo. J’étais accompagné par Pascal Garibian, on avait prévu tout le mécanisme, mais cela avait été rejeté. C’est seulement dix ans plus tard, d’une certaine façon, que l’on m’a donné raison.

« On sait que ce que les gamins voient à la télévision, ils le reproduisent le dimanche. »

On évoque peu la question des agressions systématiques des arbitres dans le monde amateur. Que faire pour contrer cette violence ? Quels outils leur donner ?
Aujourd’hui, il nous manque 2000 arbitres, et la violence, la haine qui peuvent être présentes sur les terrains ne sont pas du tout étrangères à cette crise de l’arbitrage. Malheureusement, hormis la répression, il n’y a pas de remède miracle. Le vrai remède, c’est l’éducation. Dès 6 ans, les encadrants, les coachs doivent apprendre aux enfants à respecter l’arbitre. Il faut aussi que les grands donnent l'exemple. On sait que ce que les gamins voient à la télévision, ils le reproduisent le dimanche.

Vous comptez faire un tour des régions. Est-ce que vous pourrez aller partout ? Nous pensons à la Corse, par exemple, après les événements survenus lors de la finale de Coupe de la Ligue Bastia-PSG en 2015.
Je vais vous donner un scoop (rires) : il est évident que je vais aller en Corse. J'ai même eu le président de la Ligue corse au téléphone, il a été très aimable. J'irai partout.

Vous n'avez donc pas peur de la défiance de certains supporters de l'époque, qui sont aussi nombreux à être bénévoles dans les clubs amateurs ?
J'aimerais dissiper un malentendu au sujet des supporters. C'est vrai que je me suis battu contre la violence dans les stades et contre les fumigènes, qui sont interdits par la loi. Pour autant, j'ai le sentiment que les supporters sont indispensables au foot. Je leur avais même proposé de modifier les statuts de la Ligue pour leur donner un siège au conseil d'administration. Malheureusement, cela n'a pas pu se faire parce que les autres n’ont pas pu se mettre d’accord entre eux, mais il ne faut pas désespérer, ça peut encore se produire. J'avais même accepté à un moment que l'on puisse utiliser des fumigènes avec des accords préalables. J'ai une réputation de sévère, mais je crois que cela ne correspond pas à la réalité.



Il y avait quand même une défiance dans de nombreux stades avec des banderoles ou des chants contre vous. Qu'avez-vous appris de cette période ?
Heureusement, on apprend de ses erreurs. J'en ai fait à la Ligue, je peux même vous en donner une : quand je ne suis pas descendu sur le terrain lors de Bastia-PSG. Je regrette cette erreur. On m'avait dit que je ne devais pas y aller à cause des risques d'incidents... Mais même si j'aurais eu le droit à des cris, j'aurais dû descendre.

Un autre dossier épineux : celui de Luzenac. Dans l'imaginaire des gens, vous êtes celui qui a dit non. Quel regard portez-vous sur cette affaire six ans plus tard ?
Je comprends très bien la déception, voire la colère des joueurs et dirigeants de Luzenac qui pensaient avoir gagné le droit de jouer en Ligue 2. Le problème, c'est que le foot est un univers gouverné par des règles. Or, il y a des règles pour l'accession au monde du foot professionnel : financières (DNCG), sociales et techniques puisqu'il faut avoir un stade. Il se trouve que Luzenac ne répondait pas à ces conditions techniques indispensables malgré les nombreuses relances des services de la Ligue. Mon rôle, c'était de faire respecter ces règles. Et il y a eu une décision unanime du conseil d'administration de dire : non, Luzenac ne pourra pas jouer en Ligue 2. J'assume cette décision, contrairement à l'histoire de la poignée de main. Et puisque j'entends de grosses erreurs, je vous confirme que le Conseil d'État a donné raison à la Ligue sur le fond de l'affaire Luzenac. Pour moi, c'est une affaire terminée.

« Excusez-moi, mais, que le président de la Ligue s'exprime sur un dossier de la LFP, ça ne me paraît pas scandaleux ! »

Dans le rapport de la cour d'appel de Bordeaux rendu en juin 2019, il est tout de même précisé que la décision litigieuse est « intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière » , notamment parce que vous avez fait part publiquement de votre hostilité à ce que le club de Luzenac soit autorisé à participer à la L2 « en méconnaissance du principe d'impartialité » . Vous ne reconnaissez donc aucune erreur ?
Excusez-moi, mais, que le président de la Ligue s'exprime sur un dossier de la LFP, ça ne me paraît pas scandaleux ! Même si la décision a été annulée pour cette raison de procédure, le conseil d'État a jugé sur le fond que la Ligue avait raison, que voulez-vous que je vous dise de plus ? Ah si, je peux vous dire une chose : je reconnais que le passage du monde amateur à celui professionnel est difficile. Il y a une grosse marche à franchir, il y a sans doute des progrès à faire pour mieux préparer les clubs, comme la création d’une troisième division professionnelle, par exemple, qui permettrait de casser cette marche en deux. Et cela pourrait nous éviter à l'avenir des histoires aussi tristes que celle de Luzenac.

Excusez-nous d'en revenir à Luzenac, mais vous parlez des règles dans le foot. En l'occurrence, vous n'aviez visiblement pas le droit de vous exprimer sur le sujet avant que le conseil d'administration ne prenne sa décision.
(Il coupe.) Vous ne voulez pas voir la réalité en face, je suis désolé. La réalité, c'est que le Conseil d'État a jugé définitivement que Luzenac ne pouvait pas aller en Ligue 2. Vous pouvez raconter ce que vous voulez, la vérité est là.

Nous ne remettons pas en cause la décision du Conseil d'État, mais il est étonnant de ne pas vous voir accepter votre erreur dans le cadre de la procédure à l'époque.
La cour d'appel de Bordeaux est soumise au Conseil d'État. Arrêtez, c'est mon métier : vous avez les tribunaux administratifs, la cour administrative d'appel et le Conseil d'État, qui a jugé définitivement que Luzenac ne pouvait pas accéder à la Ligue 2.



Vous n'étiez pas président de la LFP à cette époque, mais comment expliquer que Rodez a pu monter en L2 en 2018. En quoi les dossiers sont différents et les connaissez-vous ?
Je ne connais pas le dossier Rodez. Je ne peux pas me souvenir de tous les dossiers de la Ligue. Il faudrait regarder le cas de Rodez, mais il y a sûrement une différenciation entre ce cas et celui de Luzenac.


Revenons-en à votre campagne et plus particulièrement à votre liste. Pour le moment, seul le nom de Basile Boli a été dévoilé. Un nom qui compte, mais à notre connaissance, Basile n’est pas connu pour être un emblème du foot amateur ou pour avoir évolué au sein d’une équipe féminine.
(Rires.) J’imagine effectivement mal Basile jouer dans une équipe féminine.

« Dans ma liste, il y aura des femmes, de la diversité et surtout des gens de terrain. »

Plus sérieusement, y-aura-t-il une réelle pluralité au sein de votre liste ?
Oui. Dans ma liste, il y aura des femmes, de la diversité et surtout des gens de terrain. Mais je ne dévoilerai pas mon onze de départ à deux mois du coup d’envoi, je donnerai ma liste le 13 février. Il y aura quelques surprises agréables, je vous le dis. Mais quant à Basile, même s’il n’a pas joué en féminines, il faut savoir d’où il vient. Il jouait à l’âge de six ans en banlieue parisienne à Romainville. Il est sorti du monde amateur. Basile, c’est un bel exemple de ce que le rêve du football peut apporter à un gamin. Ma liste sera à l’image de cela.

Ce sera important de sortir néanmoins de ce côté « Paris, capitale » qui vous caractérise si bien ? Entre votre enfance, vos divers métiers effectués à Paris...
Je suis d'origine lilloise alors, vous verrez, il y aura peu de Parisiens dans cette liste. Mais vous me donnez là l’opportunité de vous parler du deuxième grand axe de mon projet qui concerne la gouvernance. Je pense qu’on ne gouverne plus de manière verticale, de Paris aux autres régions. Je suis pour décentraliser la gouvernance, en s’appuyant davantage sur les ligues régionales et les districts. Je suis pour professionnaliser davantage l’appareil fédéral en permettant carrément la rémunération des dirigeants, y compris au niveau des districts, ce qui aujourd’hui n’est pas le cas. Je suis pour associer les anciens internationaux aux décisions. En France, on a ce gros défaut : on ne respecte et on n’utilise pas les anciens qui sont pourtant là, prêts à servir. Ils nous ont fait rêver et ils ont des conseils à donner : je veux créer un comité des internationaux qui sera auprès du comité exécutif et qui donnera son avis. Ces joueurs-là, une quinzaine par génération différente, seront aussi pour ceux qui veulent des ambassadeurs du football dans les territoires. Ils iront porter la parole du foot dans les écoles et dans les clubs amateurs. Il faut une Fédération plus participative, plus représentative de la diversité et du monde du football.

« J’ai souvent comparé le foot à un jardin avec des très belles fleurs, des tulipes. »

Vous répétez que vous n’êtes pas candidat contre Noël Le Graët, mais pouvez-vous néanmoins faire un bilan de ses neuf années de présidence ?
Je suis candidat pour mon projet. Point. Le bilan de Noël Le Graët, chacun le fera lorsqu'il se portera candidat. Moi, j’ai déjà souligné certains points positifs : les résultats de toutes les équipes de France, les contrats de sponsoring qui sont à un bon niveau, la gestion financière de la Fédération est saine. Mais il y a des points beaucoup moins positifs, comme le football amateur qui a été un peu oublié. La vitrine c’est bien, mais il n’y aurait pas de vitrine s’il n’y avait pas la base. J’ai souvent comparé le foot à un jardin avec des très belles fleurs, des tulipes. Celles-là, qui sont nos grands joueurs, elles n’existeraient pas s’il n’y avait pas ce terreau qui se trouve en dessous. Ce terreau, c’est le foot amateur.

Noël Le Graët vous avait appelé pour vous nommer à la LFP en 1995. Vous avez connu des hauts et des bas, c'était notamment compliqué à la fin de votre dernier mandat à la Ligue. Quelle est votre relation aujourd’hui avec lui ? Vous vous parlez toujours ?
Bien sûr, je l’ai par ailleurs eu au téléphone pour lui dire que j’allais me présenter et cela s’est très bien passé. Ma relation avec Noël Le Graët est très simple : quand j’étais à la Fédération, il m’a appelé pour que je rejoigne son équipe en 1995, ce que j’ai fait, j’étais même parmi les plus proches à ce moment-là. Ensuite, j’ai été élu président de la LFP et on a gardé de très bonnes relations, même lorsqu'il a été élu président de la Fédération en 2011.

Alors, les relations se sont tendues à ce moment-là ?
(Il marque une pause) Je vais vous dire une chose : je défendais l’autonomie de la LFP en tant que président et lui présidait la Fédération, et avait une conception extensive de son rôle et sans doute moins respectueuse de l’autonomie de la Ligue. On s’est accrochés deux-trois fois, mais cela n’empêche que l’on a gardé d’excellentes relations. Et si Noël Le Graët est candidat, je ne ferai pas campagne contre Noël Le Graët.

Comment a-t-il réagi à votre appel ?
Il n’était pas surpris, il a été très aimable. Et puis vous savez, il en avait certainement entendu parler... C’est un petit monde, le football. Propos recueillis par Andrea Chazy et Clément Gavard