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Fradi-Újpest : mafia versus « fils à papa »

Le clash des vaisseaux amiraux de Budapest abrite en coulisses un combat de coqs bien sapés au carnet d’adresses digne d’un Jean-Michel Aulas. À ma gauche, Gábor Kubatov, patron du Ferencváros et super pote du Premier ministre hongrois Viktor Orbán. À ma droite, Roderick Duchâtelet, proprio de l’Újpest FC depuis 2011 et rejeton de Roland D, l’ex-PDG du Standard. Let’s go pour la battle des ego.

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Dur dur de regarder tranquille un match avec Viktor Orbán. Surtout quand on connaît l’admiration de l’homme fort de la Hongrie pour le foot. Et d’autant plus quand la bronca se dirige vers la tribune officielle d’où l’on assiste avec le très controversé chef du gouvernement à un Chelsea-Ferencváros de gala inaugurant la toute neuve Groupama Aréna de Budapest. C’était le 10 août 2014, le Mou was there, et Gábor Kubatov, boss du « Fradi » , avait le masque du type gonflé par les supporters véners. L’explication ? Les ultras vert et blanc s’indignaient du coût stratosphérique de leur jardin retapé. Treize milliards de forints (43,5 millions d’euros) pour un wannabe Wembley de 22 000 places érigé sur les ruines du stade Florián Álbert. Lui-même fossoyeur de l’antique Üllői Úti Stadion, théâtre d’une branlée d’anthologie encaissée contre la Yougoslavie (1-7) le 29 octobre 1997, lors du barrage aller comptant pour le Mondial 98. Une folie, dans un pays où le salaire moyen s'élève à 500 euros.

Kubatov : cuites et pouvoir


Auréolé de son statut de secrétaire général de la Fidesz (le parti aux affaires), l’ami Kubatov d’origine azérie a enfilé le costume de rénovateur d’une pelouse mythique en perdition. Le 13 avril 2012, il annonce devant un parterre de micros et de caméras l’érection du stade le plus sûr et le plus moderne de Hongrie. Ladite Groupama, donc, au détriment d’une icône magyare. Dans le lot : un resto, une boutique « Fradi » , un musée et des vestiaires élargis de 40 à 400 mètres carrés. Du lourd. L’ambition colle au personnage, iconoclaste à souhait : « Durant les années 90, il était entouré de gardes du corps de la mafia, puis a ouvert un atelier de réparation de voitures, dont il a correctement vécu. Il est l’un des rares à avoir la confiance d’Orbán. En partie car il n’a pas d’ambitions politiques, mais aussi car il n’a pas d’amis au sein de la Fidesz. Et même s’il se considérait comme un hooligan, il n’était pas du genre briseur de dents » , commente le journaliste Támás Fábián du site d’info Index.hu.

Car jeune, le père de Gábor l’emmenait voir le « Fradi » chaque week-end. Son grand frère a bossé vingt piges dans le staff. Il le traînait au bar Simon, où les joueurs se murgeaient avec les gars du secteur 2, communauté resserrée de « Fradistas » (15 à 20 personnes) dont la plupart des membres étaient videurs ou agents de protection rapprochée la nuit. Le mini-gang frayait avec le crime organisé dans les 90’s. Parmi eux figurait György Szilágyi, aujourd’hui chez les extrémistes du Jobbik. Tel un Robin Leproux danubien, Kubatov s’est appliqué à nettoyer les travées de la Groupama. L’ex-dirigeant du PSG avait interdit de Parc des Princes certains « historiques » d’Auteuil et Boulogne. Lui a patiemment attendu que le « secteur 2 » vieillisse ou que des éléments perturbateurs soient envoyés en taule tout en renforçant la protection autour de l’enceinte et en échafaudant une stratégie de communication résolument orientée familles. Le stade est à moitié vide, mais ça marche.

Duchâtelet : la chanson de Roland


La famille, justement, c’est ce à quoi Roderick Duchâtelet doit son parachutage en Hongrie. Biberonné aux acquisitions de son multimillionnaire de père (Saint-Trond, Standard de Liège, Charlton, Carl Zeiss Jena en Allemagne et Alcorcón en Espagne), il débarque avec cinq millions en poche à l’automne 2011 et entend redonner à Újpest son lustre doré des seventies. C’est-à-dire sept titres nationaux consécutifs (1969-1975) et deux quarts de finale de Ligue des champions (1972-73). Contacté pour driver les Violets, Duchâtelet Senior a refusé et utilisé son bagout pour recommander sa progéniture. Mais Roderick n’a pas vraiment flirté avec les sommets continentaux. La dernière campagne remonte à 2009-2010, donc avant lui, et s’est soldée par une élimination au second tour de la Ligue Europa contre le Steaua Bucarest. Constat moyen aussi côté OTP Bank Liga, la Ligue 1 locale. Meilleur rang : 6e en 2013-2014. Même si les « Lilla » ont remporté une Coupe de Hongrie (2014).


Il lui a évidemment fallu un temps d’adaptation entre le Beerschot AC (club d’Anvers qu’il pilotait et dont la licence professionnelle a été supprimée en mai 2013 après avoir été déclaré en banqueroute) et l’ancienne team de la police pestoise, cent trois saisons de suite dans l’élite à son actif. Mais Roderick s’accroche, malgré les rumeurs incessantes de revente. Dont l’une devint quasiment réalité. En janvier 2015, il a failli céder le club à un conseiller d’Orbán nommé Tibor Győri. Échec de la négo. Qu’importe le deal, le patriarche est aux aguets : « Le vrai patron, c’est Roland, mais chaque club a son proconsul gérant les affaires courantes. La famille essaie de transformer ses achats en pyramide. Le Standard est sur le toit, et Charlton s’y glissera s’ils montent en Premier League. Peut-être que son fils a déjà réfléchi à celui qui va prendre son siège à Újpest, mais la question de savoir qui a le contrôle ne se pose pas » , pose la plume belge Stéphane Vande Velde, spécialiste de la dynastie Duchâtelet.

Chez les Duchâtelet, on rameute des joueurs issus d’équipes « amies » (donc leur appartenant) histoire de renforcer l’effectif sans trop raquer. Le Canari de formation Loïc Négo fut l’un de ceux-là, brinquebalé entre Liège, Charlton et Újpest jusqu’à ce qu’il détale au Videoton FC fin-août. La « moule-frites connection » a mieux profité à Kylian Hazard, petit frère de, qui s’est engagé pour trois ans et demi en juin. Ah, et le fanion des « lilla » virevolte sur le parvis de la mairie d’arrondissement. Pour l’heure, le FTC parade avec 19 longueurs d’avance sur le Paksi FC et 21 sur Újpest, quatrième. Difficile de croire que les Violets reproduiront l’exploit du 11 septembre 2010, lorsqu’ils avaient humilié les Vert et Blanc 6-0 au Szusza Ferenc Stadion et rebaptisé leur fanzine grâce à ce score démentiel. Les bourreaux ? Simon, Tisza (deux fois), Rajczi (idem) et Mitrović. Cette année, les dés sont pipés, et le « Fradi » champion d’automne avec une seule défaite. Là, c’est la rivalité qui trinque.

Par Joël Le Pavous
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