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Dernier message de la page précédente, posté par Ubriacone
le 05/07/2020 à 18:45
1 : Albert Batteux
Lorsqu’il reçoit la coupe de France des mains du Président Vincent Auriol, le 14 mai 1950, le capitaine rémois Albert Batteux l’ignore encore mais les dirigeants l’ont choisi pour remplacer l’entraîneur Henri Roessler qui part pour Marseille. A 31 ans et alors même que sa carrière de joueur n’est pas terminée, il relève le défi.

https://www.dailymotion.com/video/x2jb7q9

Fils d’un cheminot rémois, né dans une famille de 14 enfants dont 7 garçons tous footballeurs, Batteux commence sa carrière de joueur au Stade de Reims à 18 ans alors que le club est encore en D2. Il découvre la première division après la guerre. Il joue au poste d’inter aux côtés de Marche, Pierre Sinibaldi avec qui il est appelé en sélection en 1948. International à huit reprises, il sera même capitaine lors des quatre dernières. Nommé entraîneur, il poursuivra sa carrière jusqu’en 1952 où une blessure va le contraindre à arrêter pour se consacrer pleinement au banc.

Il devient l’architecte du football champagne ; un jeu court, offensif, spectaculaire et pratiqué au sol. A cet effet, ils privilégient des petits gabarits, vifs et techniques. Le jeu aérien ? Connait pas !
D’ailleurs, il invente les corners « à la rémoise », c’est-à-dire qu’ils ne recherchent pas la tête d’un joueur devant le but (il n’a jamais recherché de joueur ayant ce profil), mais jouent court pour rentrer balle à pieds dans la surface.
George Graham, secrétaire de la fédération écossaise déclare après une victoire de Reims face aux Hibernians en 1956 : « Les français ont joué comme doit être joué le football, c’est-à-dire balle à terre. Ils ont également montré comment une équipe doit s’emparer de la balle et monter à l’attaque dans un mouvement collectif ».
Afin d’appliquer son jeu, Batteux va s’atteler au cours des premières années à rajeunir l’équipe (Flamion, Pierre Sinibaldi, Marche vont progressivement partir) et miser sur le profil de petit gabarit qu’il recherche : Glovacki, Appel, Templin, Bliard, Méano puis ensuite Fontaine, Vincent, Piantoni, Muller, Akesbi. Mais le maître d’œuvre qu’il a choisi à 20 ans et joue à Angers : Raymond Kopa.
Au milieu, il s’appuie sur un travailleur de l’ombre en qui il a une confiance absolue : Armand Penverne. Quant à la défense il laisse Robert Jonquet y régner en maître. Batteux a trouvé la recette gagnante pour régner sur le football français pendant dix ans.
Albert Batteux n’est seulement un tacticien, c’est avant tout un meneur d’hommes comme il l’avait été précédemment sur le terrain. C’est aussi un humaniste qui responsabilise ses joueurs. Toute son approche du métier tient dans ses quelques phrases : « J’ai ma méthode qui consiste faire confiance aux gens, à leur expliquer ce qui ne va pas, plutôt que les brutaliser. Crier pendant un match ne sert à rien. Mais je sais à l’occasion être dur à ma manière. La logique porte davantage que l’injure. A Reims, pour que tout soit clair entre mes joueurs et moi, je pratique de cette manière : tous les samedis je les réunis. Tout est passé au crible, tout est nettoyé comme un vêtement. Et avant de quitter la pièce, tout doit être propre et net. J’exige des joueurs qu’ils me disent tout sur eux-mêmes. C’est ainsi que se forge un moral. Un match est souvent soumis aux impondérables dont les effets sont parfois déterminants. Comme je ne peux prévoir le déroulement, je fais appel à l’intelligence, à la stratégie de mes joueurs. Le football est certes un sport d’athlètes mais dont l’aspect spécifique reste la maîtrise technique au service de l’intelligence ».
Lorsque Kopa arrive à Reims en 1951, Batteux l’héberge et s’en occupe comme un fils. Kopa se souvient : « Psychologue, technicien, celui que je parviendrai au fil du temps à appeler Bébert, sans jamais pouvoir le tutoyer connaît toutes les ficelles du métier. Et surtout, il comprend parfaitement la nature humaine, sait appréhender tous les caractères, toutes les situations. (…) Albert Batteux s’est forgé une connaissance au contact des gens, préférant le vécu à la théorie. Avec pour philosophie une confiance absolue en l’homme ».
Entre 1955 et 1962, il accepte le poste de sélectionneur national en parallèle de sa fonction en club. Il emmènera l’équipe de France en demi-finale de la coupe du monde 1958 avec six de ses joueurs (et même huit en comptant ses anciens protégés Kopa et Marche). Son départ marque le point de départ d’une longue traversée du désert pour le football français dont ses anciens disciples Michel Hidalgo et Aimé Jacquet réussiront à le sortir.
En 1960, le grand Barça s’intéresse à lui mais après discussion avec ses dirigeants, il préfère rester au club et signe un nouveau contrat de trois ans assorti d’une augmentation.
Mais trois ans plus tard, la situation au club a bien changé et la direction invoquant des raisons budgétaires, ne le renouvelle pas. Mais les vraies raisons sont moins claires. Avec le recul Batteux livrait l’analyse suivante : « On a voulu tourner le dos à la Batteusite et à des principes de base du succès du club. Il fallait changer, faire le contraire ».
Son histoire avec Reims s’achève. Privé de leur mentor, le club descend en deuxième division l’année suivante.
Après un intermède de quatre ans dans le modeste club grenoblois, Batteux un nouveau projet ambitieux à Saint Etienne. Il succède à Jean Snella, son ancien adjoint en équipe de France pendant le mondial 1958 qui a remporté trois titres avec les Verts.
Batteux va appliquer les méthodes qui sont les siennes pour faire de Saint Etienne la meilleure équipe française remportant trois titres consécutifs et deux coupes de Frances. Mais Roger Rocher n’est pas Henri Germain et le courant ne passe pas. Il quitte les Verts en 1972.
Avec 8 championnats remportés, il est entraîneur français le plus titré de l’histoire.
Aucun autre entraîneur français ne peut revendiquer une telle influence dans le jeu et une telle paternité sur les succès futurs. Jean Vincent, Robert Herbin, Aimé Jacquet et Michel Hidalgo formés à son école, ont prolongé sa philosophie de jeu.
Il décède en 2003. Une des tribunes du stade Delaune porte depuis son nom.
Réponse de Fred Astaire
le 05/07/2020 à 19:38
Bravo !
Dommage qu'on ne puisse pas noter sur les topics. Surtout depuis que mon nouveau statut me permet la notation libre.
Garde le sous le coude pour le ressortir sous un article qui vaudra le coup. Par exemple lors de la prochaine "épopée" européene des Rouges et blancs.
Réponse de bobbyschanno
le 18/07/2020 à 14:13
Té ! Pas grand-chose à voir avec la sauce, mais puisque j'y pense...

J'avais évoqué il y a quelques semaines, à propos d'une conversation, Thomas Römer. Je mets ici un résumé de son livre majeur (les pages correspondent à l'édition poche de 2017).

Thomas Römer, L’invention de Dieu, 2014 : ''Le monothéisme […] comporte à la fois une composante ségrégationniste et une composante universaliste.''

Parfois ardue, l’enquête conduite par Thomas Römer est néanmoins toujours passionnante. Grâce à de fines analyses, il pose des hypothèses solides pour expliquer la naissance du monothéisme juif et ainsi répondre à la question : ''Comment un dieu parmi les autres est-il devenu Dieu ?''

Yhwh serait donc initialement un dieu lié à la guerre et à l’orage. Il aurait été d’abord vénéré dans une région comprise entre l’Egypte et le Néguev. Ce n’est qu’à partir de la fin du deuxième millénaire/début du premier millénaire avant J.-C. que son culte s’installe en Israël. Son temple le plus connu est alors celui de Jérusalem, qu’il partagerait cependant avec une divinité solaire (peut-être Shamash). Mais d’autres lieux de culte de Yhwh existaient alors, à Dan, à Béthel, à Samarie, à Sichem, à Arad, à Beer-Sheva, etc.

Plus généralement, Yhwh n’était alors pas la seule divinité vénérée. Progressivement, néanmoins, ce dieu imposa sa suprématie car il avait partie liée avec la monarchie, notamment en Juda. Il absorba alors les caractéristiques du dieu solaire avec lequel il partageait le temple de Jérusalem. ''Vénéré, dans le royaume du Nord, sous les traits d’un taureau ou d’une manière anthropomorphe sous la forme d’un dieu de l’orage'', Yhwh avait sans doute une statue à son effigie dans le temple de Jérusalem (ce n’est qu’à l’époque perse que s’imposa un aniconisme radical). En outre, il était très probablement flanqué d’une parèdre, Ashérah, qui avait peut-être aussi sa statue dans le temple.

C’est en fait le demi-échec des Assyriens devant Jérusalem en 701 avant J.-C. qui serait ''à l’origine de l’importance symbolique de Jérusalem en tant que ville de Yhwh.'' La ville fut en effet la seule du royaume de Juda à ne pas avoir été conquise lors de cette campagne militaire : en l’épargnant, Yhwh aurait ainsi désigné sa ville. De la sorte, ''dans la conscience judéenne, la quasi-défaite fut transformée en une victoire triomphante.'' Il s’ensuivit ''une sorte de centralisation du culte et de l’administration sur Jérusalem'', les autres lieux de culte perdant de leur prestige.

Une nouvelle étape dans ''l’évolution du culte de Yhwh'' fut ensuite franchie avec ''la réforme de Josias ou plutôt de ses conseillers''. Bien qu’elle ''ne se soit pas immédiatement imposée'', elle consacrait Yhwh comme ''le dieu ''un'' (pas encore unique, mais unitaire)'' et faisait de ''Jérusalem le seul endroit légitime pour pratiquer le culte sacrificiel.''
Décisive sur le chemin qui mena au monothéisme juif, la réforme de Josias n’était cependant pas inédite dans le Proche-Orient ancien. Akhénaton, au XIVe siècle, Nabuchodonosor, au XIIe siècle, Sennakérib, aux VIIIe-VIIe siècles, ou encore Nabonide, au VIe siècle, prirent des mesures semblables qui conduisirent à un culte monolâtre rendu à une divinité désignée comme plus importante que les autres : respectivement Aton, Mardouk, Assour et Sin. Ainsi, si elle n’était pas encore le monothéisme, la monolâtrie instaurée par la réforme de Josias lui ouvrait la porte.

C’est sans doute après le retour d’exil, sous l’autorité de Cyrus, que les fonctionnaires royaux et les prêtres du temple franchirent le pas. Pourquoi ? Parce qu’il fallait répondre à une interrogation majeure, à une crise sans précédent : l’écrasement du royaume de Juda, la destruction du temple de Jérusalem, l’exil à Babylone.

D’une part, les fonctionnaires royaux correspondent à ''l’Ecole deutéronomiste'', qui avait déjà ''accompagné, voire mis en œuvre la réforme de Josias. Ce groupe est obsédé par la fin de la monarchie et la déportation des élites de Juda, et cherche à expliquer l’exil en construisant une histoire de Yhwh et de son peuple allant des débuts sous Moïse jusqu’à la destruction de Jérusalem et la déportation de l’aristocratie – c’est ce récit que relate la Bible hébraïque du Deutéronome jusqu’au deuxième livre des Rois.
Pour ce faire, les deutéronomistes retravaillent les anciens rouleaux de l’époque assyrienne et bâtissent ainsi une histoire cohérente, divisée en différentes périodes […]. Il s’agit de présenter tous les événements négatifs – la division de la royauté en royaume de Juda et royaume d’Israël ou les invasions assyrienne et babylonienne – comme des conséquences ''logiques'' de la désobéissance du peuple et de ses chefs à la volonté de Yhwh. Or la volonté de Yhwh est justement exprimée dans le livre du Deutéronome, qui rappelle l’''alliance'' ou le traité originel entre Yhwh et Israël. C’est Yhwh qui a provoqué l’invasion babylonienne pour punir Juda du culte qu’il rendait à d’autres divinités […]. Les deutéronomistes cherchent ainsi à contrecarrer l’idée selon laquelle Mardouk et les autres dieux babyloniens auraient vaincu Yhwh. […]
Evidemment, l’histoire deutéronomiste n’est pas une œuvre d’historiographie ou d’histoire au sens moderne du terme […] ; elle demeure une tentative de construire le passé pour expliquer le présent.
L’exil et la déportation sont le thème global de cette histoire qui relie les diverses traditions et périodes pour aboutir à la fin de la monarchie, la destruction de Jérusalem et la perte du pays, événements qui, selon les deutéronomistes, résultent de la colère de Yhwh. Juda et Jérusalem ne peuvent échapper à l’attaque babylonienne parce que c’est Yhwh lui-même qui a envoyé cette armée annihiler Juda et Jérusalem […].
Par cette affirmation, les auteurs de l’histoire deutéronomiste voulaient montrer que la chute de Jérusalem ne signifiait pas que les dieux babyloniens avaient vaincu le dieu national de Juda. Les événements de 597 et 587 ne pouvaient être expliqués que si la colère de Yhwh était l’agent de l’effondrement de Juda. Si Yhwh avait utilisé le roi de Babylone et ses dieux, cela signifiait aussi qu’il les contrôlait, qu’ils étaient ses outils. Or cette idée prépare le chemin vers des affirmations clairement ''monothéistes'' qui se trouvent dans les dernières retouches de l’histoire deutéronomiste.
De nombreux textes du Deutéronome enjoignent à leurs destinataires de ''ne pas courir après d’autres dieux''. Dans ces textes, la perspective est clairement monolâtrique ; les ''autres dieux'' ne sont pas niés dans leur existence, on interdit seulement aux Israélites de marcher à leur suite, allusion probable à des processions où l’on sortait des statues divines. Dans des textes plus récents ajoutés durant l’époque perse, on insiste en revanche sur le fait que Yhwh est le Dieu unique et qu’il n’en existe pas d’autres à côté de lui […].
Mais si Yhwh est non seulement la divinité tutélaire d’Israël mais encore le seul ''vrai Dieu'' de l’univers, comme l’affirme le chapitre 4 du Deutéronome, comment expliquer alors qu’il entretienne une relation privilégiée avec Israël ? La réponse se trouve pour les deutéronomistes dans l’idée d’élection : Yhwh a choisi Israël comme son peuple particulier au milieu de toutes les nations. […]
Ainsi, pour les deutéronomistes, Yhwh est certes le dieu qui règne sur tous les peuples, néanmoins, il entretient une relation particulière avec Israël. C’est une manière remarquable de maintenir l’ancienne idée de Yhwh comme dieu national ou tutélaire, tout en affirmant qu’il est le seul vrai dieu'' (pages 285-288).

D’autre part, ''contrairement à l’histoire deutéronomiste, l’écrit sacerdotal ne s’intéresse pas à l’histoire de la monarchie ni à la perte du pays. Pour lui, tout est donné, établi dès les origines : l’interdit de consommer le sang […], la circoncision […], la Pâque […] ainsi que les lois rituelles et sacrificielles, et tout est révélé au peuple dans le désert par l’intermédiaire de Moïse. La première édition de cet écrit sacerdotal, qui fut augmentée par la suite, s’est probablement terminée avec le rituel du Yom Kippour […]. A l’opposé du discours deutéronomiste, qui insiste sur une ségrégation stricte entre le peuple de Yhwh et les autres peuples, le milieu des prêtres présente un discours monothéiste inclusif qui cherche à définir la place et le rôle d’Israël et de Yhwh au milieu de tous les peuples et de leurs dieux respectifs. Dans ce but, il développe, à l’aide des noms divins, ''trois cercles'' ou trois étapes de la manifestation de Yhwh.
Dans les récits sacerdotaux des origines du monde et de l’humanité ainsi que du Déluge, Yhwh se révèle à toute l’humanité comme ''Elohim''. Ce mot peut se traduire par ''(un) dieu'', '' (des) dieux'', voire par ''Dieu''. […] Ce nom est à la fois un singulier et un pluriel. D’une certaine manière, tous les dieux peuvent être des manifestations du dieu unique. Pour le milieu sacerdotal, cela signifie que les peuples rendant un culte à un dieu créateur vénèrent, sans le savoir, le dieu qui se manifestera plus tard à Israël sous le nom de Yhwh.
Aux Patriarches et à leurs descendants, Yhwh se révèle, selon l’écrit sacerdotal, comme étant ''El Shadday''. […]
A Moïse seulement, et par son intermédiaire à Israël, Dieu se révèlera sous son nom de ''Yhwh''. C’est là le seul privilège d’Israël qui peut ainsi rendre à ce dieu le culte adéquat. Cependant Israël ne doit pas ''profiter'' de cette connaissance, d’où l’interdiction, qui se précise durant la seconde partie de l’époque perse, de prononcer le nom de Yhwh. […]
Suivant le récit sacerdotal, toutes les institutions cultuelles et rituelles sont données aux Patriarches et à Israël avant l’organisation politique d’Israël, ce qui veut dire qu’il n’y a besoin ni de pays ni de royauté pour pouvoir vénérer Yhwh d’une manière adéquate. Ce découplage du culte de Yhwh des institutions politiques et du lien avec le pays prépare en quelque sorte l’idée d’une séparation entre le domaine religieux et le domaine du politique'' (pages 296-298).

Il est également probable que le mazdéisme perse influença le judaïsme naissant. ''On constate, par exemple, dans de nombreux psaumes de l’époque perse ainsi que dans d’autres textes, que Yhwh est présenté comme trônant au milieu de l’assemblée céleste et dépassant tous les autres dieux, qui sont de fait dégradés en ''anges'' ou en ''saints'' (Ps 89,6 et 103,20). Ce maintien de l’ancien panthéon peut s’expliquer, au moins partiellement, par une double influence perse : Yhwh est présenté à l’image du grand roi perse qui, en fait, est le seul vrai roi dominant tous les rois des autres peuples ; mais Yhwh correspond également, de cette manière, à Ahura-Mazda qui, au moins après la réforme zoroastrienne, siège, seul vrai Dieu souverainement établi, au sommet du panthéon traditionnel.
Par ailleurs, il est unanimement reconnu que la figure de Satan en tant que membre d’une cour céleste n’est attestée, dans les textes bibliques, qu’à partir de l’époque perse. On le voit, en effet, apparaître dans le prologue du livre de Job, où Yhwh trône au ciel entouré de ses ministres, parmi lesquels un ''satan'', un ''adversaire'', qui ressemble un peu aux agents secrets des rois perses. On a inséré la figure du satan dans le prologue du livre de Job pour dédouaner Yhwh d’avoir, sans raison apparente, envoyé toutes sortes de malheurs à Job. […]
L’insistance sur Satan comme protagoniste du mal induit désormais un dualisme où le mal apparaît comme virtuellement aussi puissant que le Dieu créateur du bien. Et l’on peut, en effet, se demander si son apparition est influencée par le dualisme perse qu’on observe dans l’affrontement entre Ahura-Mazda et Angra Mainyu (Ahriman). Dans les textes de la Bible hébraïque, ce dualisme n’est pas développé ; il se fait, en revanche, de plus en plus jour dans certains courants du judaïsme des époques hellénistique et romaine, et il n’est pas impossible que ce soit dans ces courants apocalyptiques que l’on puisse déceler une forte influence iranienne'' (pages 301-303).

Ainsi, ''la Bible hébraïque se présente à nous, dans ses trois parties, comme un ''document monothéiste'', mais les auteurs et rédacteurs bibliques ont également gardé des traces polythéistes, comme dans le livre de Job ou dans de nombreux psaumes où Yhwh apparaît entouré de sa cour céleste. Il y a donc, partiellement au moins, une intégration de l’héritage polythéiste dans le discours monothéiste. D’ailleurs les auteurs du Nouveau Testament comme ceux du Coran vont être confrontés au même problème, à savoir la gestion d’une pluralité dans la confession d’un Dieu unique. Le monothéisme biblique n’est donc pas une doctrine, il est pluriel et invite à une réflexion sur la relation difficile entre l’unicité et la diversité'' (page 309).

Au total, ''l’événement décisif pour la transformation de Yhwh, dieu un, en Yhwh, dieu unique, fut la destruction de Jérusalem en 587 et la dispersion géographique des Judéens entre la Palestine, Babylone et l’Egypte d’abord, régions auxquelles s’ajoutèrent assez vite l’Asie Mineure et le bassin méditerranéen. L’absence d’un roi, d’un temple en fonction et d’un pays autonome rendait impossible la vénération de Yhwh comme un dieu national ou tutélaire de la royauté. Ainsi que le montre la deuxième partie du livre d’Esaïe, beaucoup de Judéens avaient alors pensé que le ''bras de Yhwh'' était bien court, et qu’il fallait sans doute se chercher d’autres dieux auxquels se vouer. C’est, paradoxalement, dans cette situation de crise que différents groupes issus du clergé et d’anciens hauts fonctionnaires de la cour conçoivent différents modèles explicatifs pour surmonter la crise et inventer une nouvelle façon de comprendre la relation entre Yhwh et Israël. […]
La polémique contre les statues et les images des autres dieux a [alors] sans doute conduit à l’invention d’un culte aniconique de Yhwh et à l’absence d’une statue dans le temple reconstruit de Jérusalem. En effet, à côté du temple, vont se développer, probablement dès l’époque perse, des synagogues, où le culte de Yhwh ne se fonde plus sur le clergé et des sacrifices sanglants, mais sur la lecture de la Torah. Cette Torah, le Pentateuque, est éditée, dans une première version, au milieu de l’époque perse, vers 400-350 avant notre ère. Il regroupe les écrits sacerdotaux, une partie des textes deutéronomistes et d’autres encore, et trouve sa cohérence dans le fait qu’il contient tous les commandements divins transmis au peuple, par Moïse [et non par un roi, comme c’est toujours le cas au Proche-Orient : voir, par exemple la stèle d’Hammourabi], au Sinaï. Cela signifie qu’on n’a plus besoin ni de la royauté ni d’un pays (le Pentateuque s’arrête avant la conquête du pays) pour connaître les volontés de Yhwh.
D’une certaine manière, le judaïsme naissant invente ainsi la séparation entre le pouvoir politique et la pratique religieuse et entre une pratique religieuse et un territoire spécifique, permettant au judaïsme de fonctionner comme une religion de diaspora. La transformation de Yhwh en dieu unique est achevée par le refus du judaïsme de l’appeler par son nom et, surtout, par la traduction de la Torah en grec, ce qui permet alors au monde entier (vu de la perspective gréco-romaine) de le découvrir et, éventuellement, de se tourner vers lui'' (pages 331-332).

Pour finir, la postface de 2017 a le bonheur de rappeler que ''cohabitent dans la Bible hébraïque deux monothéismes différents'', l’un exclusif et l’autre universaliste. ''Se crée, de cette manière, une tension entre inclusion et ségrégation, entre cohabitation et confrontation. Sur le plan psychologique, on peut faire remarquer que toute identité se construit entre ces pôles mais, sur le plan historique et politique, il faut noter que les religions monothéistes ont souvent favorisé la version exclusive, et souvent guerrière, du monothéisme. Il est temps de se rappeler la variante pacifique et de l’explorer dans le contexte actuel qui, de nouveau, est dominé par une rhétorique guerrière, qu’elle soit religieuse ou laïque'' (page 337).
Réponse de Nerazzurro
le 19/07/2020 à 16:26
Ils ont fermé Footballia ????????????
Réponse de gil morrissao roland larque
le 03/08/2020 à 11:48
Merci Ubriacone d'avoir placé Bianchi à cette place. Je te voyais pas avoir fait de l'école privé catholique.

Bianchi c'est un 9. un 9 qui a fait rêver, un 9 plusieurs fois meilleur butteur du championnat. je comprends parfaitement son haut positionnement dans ce classement avec en plus son rôle d'entraineur.

Avant d'aller entrainer Velez il est parti pour une demi saison Nice. Ce fut un contexte local complexe. Cette demi saison sur le banc avec un bilan ultra mitigé conclu par un match de légende en Barrage.

Je me pose plein de questions sur Bianchi en tant qu'entraineur et sur le fait qu'il n'ai jamais pu prendre en main Albiceleste.

@ Bobbyschano
Tu connais Israel Finkelstein ?
Réponse de Ubriacone
le 03/08/2020 à 12:02
Pour écrire l'article sur Bianchi, je suis tombé sur un passage du bouquin de Pierre Menes (j'avais d'autres sources heureusement!).
Cette génération qui a découvert le foot dans les années 70 a été marquée ce joueur.
Bianchi sélectionneur? Les experts "argentins" du site en sauront plus mais le clientélisme au sein de la fédé argentine n'a certainement pas joué en sa faveur.
Réponse de KurJahwa
le 03/08/2020 à 12:11
lourd à digérer mais intéressant Bobby
Réponse de bobbyschanno
le 03/08/2020 à 17:53
Message posté par gil morrissao roland larque


@ Bobbyschano
Tu connais Israel Finkelstein ?


Oui.
Ce message a été modifié.
Réponse de gil morrissao roland larque
le 04/08/2020 à 02:33
edit trop vite
Réponse de Polstergeist
le 04/08/2020 à 06:54


Et Sidney Applebaum, tu le connais aussi ?
Réponse de bobbyschanno
le 04/08/2020 à 08:06
Message posté par Polstergeist
Et Sidney Applebaum, tu le connais aussi ?


Non.
Réponse de Flofred
le 04/08/2020 à 09:04
Et Jean-Michel tropcourt?
Réponse de bobbyschanno
le 04/08/2020 à 09:12
Message posté par Flofred
Et Jean-Michel tropcourt?


Nan.
Réponse de Coco Arribas
le 04/08/2020 à 22:38
https://www.eurosport.fr/water-polo/gra … tory.shtml

J'ai hésité à mettre ça sur le topic "JO" mais j'espère trouver plus de complément ici à cette histoire que j'ai trouvé passionnante.

Une question me vient en lisant cet article :
Comment la Hongrie, qu'on lit plutôt révolutionnaire dans cet article et pas apte à se faire marcher sur les pieds, a pu accepter d'avoir Orban comme premier ministre (même si ça manifeste un minimum) ? Ou alors je le vois plus méchant qu'il ne l'est et c'est juste un Macron ?
(J'avoue que ça n'a pas grand chose à voir avec l'article que je voulais partager mais ça m'intrigue/m'inquiète la situation hongroise).
Ce message a été modifié.
Réponse de Polstergeist
le 04/08/2020 à 23:18
Message posté par Coco Arribas
https://www.eurosport.fr/water-polo/grands-recits-6-decembre-1956-du-sang-dans-la-piscine_sto7824630/story.shtml

J'ai hésité à mettre ça sur le topic "JO" mais j'espère trouver plus de complément ici à cette histoire que j'ai trouvé passionnante.

Une question me vient en lisant cet article :
Comment la Hongrie, qu'on lit plutôt révolutionnaire dans cet article et pas apte à se faire marcher sur les pieds, a pu accepter d'avoir Orban comme premier ministre (même si ça manifeste un minimum) ? Ou alors je le vois plus méchant qu'il ne l'est et c'est juste un Macron ?
(J'avoue que ça n'a pas grand chose à voir avec l'article que je voulais partager mais ça m'intrigue/m'inquiète la situation hongroise).


Article intéressant et qui a en effet davantage sa place ici, en effet.

Sur Orban, c'est la seconde fois qu'il est aux manettes. Il avait déjà été PM au tournant du siècle. La victoire électorale qui l'a ramené au pouvoir en 2010 (?) a été très nette. Elle est intervenue dans un contexte très difficile pour la Hongrie (conséquences économiques de la crise de 2008...). Ce qui est assez "flippant", c'est le glissement du bonhomme du centre-droit (on va dire) vers le conservatisme et le populisme.

À noter que beaucoup de Hongrois quittent leur pays (vers l'Autriche notamment) et que la politique nataliste très généreuse d'Orban risque d'être insuffisante pour empêcher le déclin de la population.

(Le phénomène est encore pire en Bulgarie, je crois. Il faudrait demander à Totti).
Réponse de Alpa Chino
le 05/08/2020 à 10:04
Et un bel article de Jérôme Latta des Cahiers du foot sur Guadalaraja 86. Un peu trop court malheureusement mais tant de choses ont été dites sur ce match.

https://www.lemonde.fr/blog/latta/2020/ … adalajara/
Réponse de 2yemklubapanam
le 05/08/2020 à 12:58
Message posté par Polstergeist
Article intéressant et qui a en effet davantage sa place ici, en effet.

Sur Orban, c'est la seconde fois qu'il est aux manettes. Il avait déjà été PM au tournant du siècle. La victoire électorale qui l'a ramené au pouvoir en 2010 (?) a été très nette. Elle est intervenue dans un contexte très difficile pour la Hongrie (conséquences économiques de la crise de 2008...). Ce qui est assez "flippant", c'est le glissement du bonhomme du centre-droit (on va dire) vers le conservatisme et le populisme.

À noter que beaucoup de Hongrois quittent leur pays (vers l'Autriche notamment) et que la politique nataliste très généreuse d'Orban risque d'être insuffisante pour empêcher le déclin de la population.

(Le phénomène est encore pire en Bulgarie, je crois. Il faudrait demander à Totti).


C'est une caractéristique des régimes populistes européens. Les jeunes polonais et italiens font de même. Du coup, il y a un phénomène politique qui est la mise en danger du système de retraite.
A noter que les polonais accueillent énormément d'ukrainiens qui viennent s'enrichir en acceptant les salaires que les polonais ne veulent plus.
Et ce n'est même pas la faute de Bolkestein...
Réponse de Polstergeist
le 05/08/2020 à 13:54
Message posté par 2yemklubapanam
C'est une caractéristique des régimes populistes européens. Les jeunes polonais et italiens font de même. Du coup, il y a un phénomène politique qui est la mise en danger du système de retraite.
A noter que les polonais accueillent énormément d'ukrainiens qui viennent s'enrichir en acceptant les salaires que les polonais ne veulent plus.
Et ce n'est même pas la faute de Bolkestein...


Oui et à court et moyen terme, ce sont la productivité ou la compétitivité de ces pays qui en patissent. Un cercle vicieux.

Il y avait un bon article d'un journal autrichien sur la situation bulgare récemment. Les chiffres sont terribles. Je viens de jeter un oeil à l'article wiki sur les démographies hongroises et bulgares, et le déclin démographique a commencé dans ces pays dès le début des années 80. Mais pour la Bulgarie, c'est un effondrement assez incroyable.
Réponse de montrealyonnais
le 05/08/2020 à 15:09
Pour ceux qui comprennent l'anglais, le Guardian a produit une très bonne série de petits podcasts, Forgotten stories of football : https://www.theguardian.com/football/se … f-football . Le format est parfait pour une petit pause café prolongée :)

Le dernier en date raconte la fameuse histoire de l'ancien capitaine des bleus, Alexandre Villaplane, devenu escroc à la petite semaine puis, sous-lieutenant dans la Gestapo. Sa section est chargée de "nettoyer" le Périgord de la résistance. Coupable du massacre de Mussidan le 11 juin 1944 (52 morts, une dizaine de son fait), il est fusillé quelques mois plus tard à Montrouge.
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