Une caméraUne caméra qui illustre les papiers contenant une vidéoPhylactèrePictogramme représentant un phylactère (bulle utilisée dans les bandes déssinées) servant à illsutrer les commentaires envoyés par les lecteursTrophéePictogramme représentant un trophée. Ce picto illustre la section résultats / classement de SOFOOT.com Logo FacebookIcone facebook faisant le lien avec la page Facebook de notre siteFlècheUne flèche servant à la navigation. Le sens de la flèche change en fonction du contexte où elle est utiliséeLogo Google +Lien vers notre page Google+Icone "Hamburger"Icone composé de trois lignes noires horizontales identiques, les unes au dessus des autres, servant à illustrer la notion de "menu".Logo, InstagramPetit appareil photo servant à lier vers notre page InstagramPouce vers le hautPictogramme représentant une main fermée en poing avec le pouce dressé vers le haut. Illustration de la notion de "like" des réseaux sociauxMoinsLe signe mathématique "moins" Appareil photoUn appareil photo qsui illustre les articles avec photoPlusLe signe mathématique "plus" LoupePictogramme représentant une loupe, illsutrant la notion de "recherche" sur le site.Répondre àUne flèche arrondie, pointant vers la gauche et servant à évoquer la réponse à un commentaireEtoileEtoile à 5 branches, illustrant la notion de "mise en favoris"Logo twitterPetit oiseau illustrant le lien vers notre compte Twitter
MATCHS 11 Résultats Classements Options

Football History X

Précédent 1 2 ... 8 9 10 ... 16 17 18 Suivant
Dernier message de la page précédente, posté par Fred Astaire
le 30/06/2020 à 16:09
Bel hommage.
Je n'en peux plus, la suite, la suite !
Réponse de Ubriacone
le 30/06/2020 à 16:13
Je pense que Robert Marion tu ne l'avais pas dans ta liste.
Ce message a été modifié.
Réponse de Ubriacone
le 30/06/2020 à 17:33
15 : René Bliard
Mondial 1958. Just Fontaine entre dans la légende en inscrivant 13 buts dans la compétition. Ce record inamovible aurait bien pu ne jamais voir le jour. Peu avant le début de la compétition, alors que les français sont arrivés en Suède pour préparer leur premier match, son coéquipier à Reims René Bliard se blesse à l’entrainement. Aveuglé par le soleil, il bute contre une motte de terre et se fait une entorse à la cheville gauche. Le natif de Dizy près d’Epernay, est forfait pour la coupe du monde.
Bien que remplacé par Raymond Bellot, c’est en réalité Just Fontaine qui va en profiter pour être titularisé avant-centre, poste promis à Bliard. Fontaine devait initialement être la doublure de Raymond Kopa et le reste de l’attaque composé autour de la star madrilène.
Et René Bliard est un formidable buteur qui vient juste d’inscrire un doublé en finale de la coupe de France.
https://www.youtube.com/watch?v=2CoW8BTsd3U

Mais surtout, il a joué plusieurs saisons aux côtés de Kopa. Les deux hommes ont des automatismes. Cette association plaidait en sa faveur alors de son côté Fontaine n’avait jamais joué avec le madrilène même si Justo venait d’inscrire 34 buts lors de cette saison 57-58 marquée par le doublé pour le club champenois.
Mais retour cinq ans en arrière, René Bliard a 21 ans, il intègre l’équipe première mais ne fait qu’une seule apparition. C’est au cours de la saison 54-55 qu’il explose et devient meilleur du championnat 1955 avec 30 buts, à la surprise générale. Champion de France, il va découvrir la toute nouvelle coupe d’Europe des clubs des champions. Buteur en quarts et en demies, il ne pourra rien en finale face au Real. Il est également meilleur buteur du club cette saison là avec 19 réalisations.
La saison 56-57 est plus délicate. Orphelin de Kopa, il joue et marque moins. Il est un temps envisagé qu’il serve de monnaie d’échange dans le cadre du transfert de Piantoni. Il n’en sera finalement rien et il réalise une très bonne saison 57-58.
Moins performant lors de la saisons 58-59, de 1959, il quitte le club après la finale de C1 perdue pour le Red Star après 111 buts en 177 matchs.
Réponse de Fred Astaire
le 30/06/2020 à 18:08
Message posté par Ubriacone
Je pense que Robert Marion tu ne l'avais pas dans ta liste.


Bien sûr que si. Je l'avais même mis environ vers la 16/18ème place.
Réponse de Ubriacone
le 30/06/2020 à 19:02
En attendant de passer à la suite, un article... on ne peut plus d'actualité:

Octobre 1957. L’épidémie de grippe asiatique frappe la France. Même le journal L’Equipe écrit: « Deux sujets sont actuellement au premier plan de l’actualité: le Bébé Lune et la grippe asiatique ». En pleine saison de football, le championnat de France est touché par la pandémie. Le 13 octobre, pour la 8e journée, se joue au stade Bollaert le match au sommet du moment, entre le leader, Lens, et son second, Reims.



A Reims, c’est l’hécatombe
Albert Batteux, l’entraîneur rémois, a du mal à trouver onze joueurs valides pour composer son équipe. Il dit même: « S’il le faut, je reprendrai du service ». Il prend la précaution d’emporter à Lens ses chaussures de foot, au cas où…

Simon Zimny, Armand Penverne, Roger Piantoni sont frappés par la grippe. Ils se soignent à coups de cachets d’aspirine et d’infusions. René Bliard (appendicite chronique) est également souffrant. Bruno Rodzik (entorse de la cheville) et Robert Siatka (claquage survenu le mercredi précédent avant le match de jubilé de Roger Marche et Robert Jonquet au Parc des Princes) sont aussi hors d’état de jouer. Ils sont tous internationaux. Batteux ne peut compter que sur cinq titulaires habituels. Raoul Giraudo, à peine guéri, tiendra
sa place. Dominique Colonna est fiévreux, mais il jouera quand même Batteux doit donc puiser dans l’équipe réserve. Et encore de nombreux premiers réservistes (Lamartine, Baratto, Maouche, Desruisseaux, Prodocimi) sont dans l’incapacité de jouer. Sont alignés les militaires Jean Davanne et Guy Gouttes (20 ans, vainqueur du concours du jeune footballeur en 1955), André Batteux (un des frères de l’entraîneur, habituellement remplaçant de l’équipe amateurs) et deux juniors, Edmond Biernat (18 ans) et Claude Dubaële (17 ans).

Le matin du match, le président de Reims, Henri Germain a rappelé à ses joueurs l’épisode cruel de la saison précédente, quand son équipe, finaliste de la première Coupe d’Europe avait été éliminée de la Coupe de France par les amateurs d’El Biar, l’équipe algéroise.

C’est en effet à un match de Coupe entre pros un peu trop sûrs d’eux et challengers survoltés que les supporters qui s’entassent dans le stade Bollaert assistent. A la 59e minute, sur une nouvelle attaque rémoise, Fontaine, qui a reçu le ballon de Dubaële, sert Biernat. En position d’inter droit, le gamin trompe Arnold Sowinski et donne la victoire aux Rémois. Lens subit sa première défaite de la saison et laisse la place de leader à son vainqueur. L’Equipe titre le lendemain: « Reims leader grâce à la grippe ». Le club champenois ne quittera plus la tête du classement et remportera son 4e titre de champion de France (après 1949, 1953 et 1955).
Du jour au lendemain, Biernat fait la une des journaux.


On apprend que le junior, qui a débuté à l’A.S.Verrerie de Reims, joue depuis peu en CFA. Il est élève au collège technique de Reims. Albert Batteux est mêrme passé le chercher au lycée le matin du match. On découvre aussi que lui et son copain Dubaële sont frappés par la grippe le lendemain du match !

Biernat fait aussi la couverture pleine page de France-Football :


Jambe cassée en 1961

Gloire sans lendemain. Le « Petit Fontaine », comme il fut surnommé, ne s’imposera pas à Reims. Après son exploit initial, il n’aura joué que 6 matches en pros, en 1959-60, saison au cours de laquelle il sera sélectionné en équipe de France amateurs. Il passera ensuite à Nancy. Après une belle première saison 1960-61 où il inscrira 12 buts en 20 matches de championnat, il verra son ascension stoppée par une fracture de la jambe, le 1er octobre 1961, lors d’un match Nancy-Rennes. Il jouera encore deux saisons dans le club lorrain (21 matches, 7 buts), puis à Strasbourg (de 1963 à 1965) et au Stade Français (1965-66) mais sera rarement titulaire: 14 matches, 1 but dans ces deux clubs.

Accordéon, vélo et marathon
Il sera ensuite entraîneur-joueur en amateurs, à Lisieux, Honfleur, Palaiseau. Futur conseiller fiscal, Biernat est aussi musicien. Il enregistre même un disque d’accordéon en 1966.


En 1975, à 36 ans, il fait le Tour de France à vélo. Juste suivi d’un médecin et d’un masseur, il précède de 24 heures les coureurs de la grande Boucle dont il suit le même parcours. Il participera jusque dans les années 2000, à de nombreux marathons.

Au début des années 1990, au sein de l’association Reims Champagne Sport, il tente de reprendre le Stade de Reims, qui restera son club de coeur.

REIMS bat LENS 1-0 (mi-temps: 0-0).
22 133 spectateurs.
Arbitre: M.Lequesne.
But: Biernat (59e).
LENS: Sowinski – Fiori, Kowal, Hassouna – Ziemczak,
Carlier – Wisnieski, Dereuddre, J.M. Courtin, Théo, Stiévenard.
Entraîneur: Michlovsky.
REIMS: Colonna – Gouttes, Jonquet, Giraudo –
Dubaële, Davanne – André Batteux, Vincent, Fontaine, Leblond, Biermat.
Entraîneur: Albert Batteux.
Réponse de Ubriacone
le 30/06/2020 à 19:27
14 : Robert Siatka
Homme de l’ombre, Robert Siatka débarque en provenance d’Alès à 19 ans en 1953. Les premières saisons sont celles de l’apprentissage, son temps de jeu augmente et sera titulaire à partir de 1956 disputant la finale de coupe d’Europe.
Surnommé « Cheval » tant sa résistance est grande, il va régner sur le milieu de terrain rémois pendant près de 10 ans le plus souvent aux côtés d’Armand Penverne.
Il se taille un palmarès de premier plan : 4 titres de champion, 1 coupe de France et une finale de coupe d’Europe (il ne jouera pas celle de 1959) pour un total de 259 matchs et 17 buts.
A l’issue de la saison 1963, la dernière avant la relégation, il part pour Nantes, nouvelle place forte du foot français où il remporte le premier titre du club en 1965.
Avec l’équipe de France, il dispute le match pour la 3ème place de l’Euro 1960 (défaite face à la Tchécoslovaquie, ce qui sera sa seule sélection).
Depuis le décès de Michel Hidalgo, Robert Siatka est le dernier rémois de la finale 1956 encore en vie.
Ce message a été modifié.
Réponse de Fred Astaire
le 30/06/2020 à 19:41
Message posté par Ubriacone
14 : Robert Siatka
Homme de l’ombre, Robert Siatka débarque en provenance d’Alès à 19 ans en 1953. Les premières saisons sont celles de l’apprentissage, son temps de jeu augmente et sera titulaire à partir de 1956 disputant la finale de coupe d’Europe.
Surnommé « Cheval » tant sa résistance est grande, il va régner sur le milieu de terrain rémois pendant près de 10 ans le plus souvent aux côtés d’Armand Penverne.
Il se taille un palmarès de premier plan : 4 titres de champion, 1 coupe de France et une finale de coupe d’Europe (il ne jouera pas celle de 1959) pour un total de 259 matchs et 17 buts.
A l’issue de la saison 1963, la dernière avant la relégation, il part pour Nantes, nouvelle place forte du foot français où il remporte le premier titre du club en 1965.
Avec l’équipe de France, il dispute le match pour la 3ème place de l’Euro 1960 (défaite face à la Tchécoslovaquie, ce qui sera sa seule sélection).
Depuis le décès de Michel Hidalgo, Robert Siatka est le dernier rémois de la finale 1956 encore en vie.


Et le dernier madrilène de la finale de 56 encore en vie est Francisco Gento.
Et de celle de 59, Colonna et Fontaine pour les Rémois, Santamaria, Gento, Santisteban et Antonio Ruiz pour les Madrilènes.
Réponse de Ubriacone
le 01/07/2020 à 17:58
13 : David Guion
14 mai 2016. Reims accueille Lyon pour la dernière journée de L1. Les rouge et blanc n’ont pas leur destin entre les mains mais peuvent se maintenir en cas de victoire si Toulouse ne gagne pas à Angers. Se retrouver dans cette situation est déjà un exploit en soi puisque les rémois semblaient irrémédiablement condamnés un mois plus tôt. Jean-Pierre Caillot tente alors le fameux électrochoc en virant son coach. Exit Olivier Guégan qui avait maintenu le club l’année précédente, l’équipe première est confiée à l’entraineur de l'équipe B : David Guion.
L’équipe enchaîne alors les victoires et s’offre une once d’espoir. Bien aidés par des lyonnais démobilisés, ils mènent rapidement 2-0 puis 3, puis 4. Lyon réduira le score mais c’est maintenant du côté d’Angers que tous les regards se tournent. Après une mi-temps sérieuse (et bien que n’ayant eux même plus rien à jouer) les joueurs du SCO mènent 2-1 mais vont se relacher en seconde. Le TFC égalise mais à ce moment-là Reims est encore sauvé. Arrive ce coup-franc dans les arrêts de jeu qui sauvent les toulousains et envoient le Stade en L2.
La mission impossible de Guion a échoué d’un rien et le technicien retourne en CFA.
Caillot préfère confier la mission « remontée immédiate » à un spécialiste de l’exercice : Michel Der Zakarian. Mais l’expérience est un échec et il part à la fin de la saison. A 50 ans, l’heure de David Guion a enfin sonné, il se voit confier l’équipe première. Il va entraîner pour la fois de sa carrière une équipe professionnelle.

Ancien joueur pro, David Guion n’a jamais joué au Stade de Reims (son frère Pascal y a évolué dans les années 90). Il a entraîné les amateurs de Chambéry qu’il a propulsé en quart de finale de la coupe en ayant sorti trois L1. Son histoire avec Reims commence en 2012. Sa mission est de développer le centre de formation nouvellement créé et entraîner l’équipe B tombée au fin fond de la DH.
L’objectif est atteint au-delà de toutes les espérances. Les U19 atteignent la finale de Gambardella en 2014 et les U17 sont champions de France (avec Siebatcheu et Oudin) en 2015, tout cela alors que le centre n'a que trois d'existence !
Quant à l’équipe B, elle remonte de deux divisions pour se stabiliser en CFA (niveau infranchissable pour les réserves professionnelles).

L’équipe première sera son plus grand défi. Pour remonter en L1, il bouleverse l’effectif laissant partir des cadres plus concernés par le projet (Charbonnier, Weber) pour recruter des joueurs de L2 affamés (Da Cruz, Chvalerin, Abelhamid, Chavarria). Il donne sa chance aux jeunes (Oudin, Siebatcheu, Mendy) et replace Diego Rigonato dans les meilleures conditions. Tactiquement, il s’appuie sur une défense solide et un bloc bas pour se projeter en contre. Reims survole la L2 établissant un nouveau record de points marqués.
Pour son retour en L1, c’est un groupe légèrement renforcé qui va appliquer les mêmes principes avec les mêmes résultats. L’équipe termine 8ème pour sa première saison puis 6ème l’année suivante avec la meilleure défense du championnat (21 buts).
Réponse de Fred Astaire
le 02/07/2020 à 18:50
J'espère que tu ne vas faire traîner ton top 10 sur 10 jours ?
Ce message a été modifié 2 fois.
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 16:27
12 : Francis Méano
25 juin 1953. Six personnes trouvent la mort dans collision entre une voiture et un camion des pompes funèbres entre Witry-lès-Reims et Isles-sur-Suippe, parmi eux Francis Méano 22 ans, ailier gauche et du Stade de Reims et grand espoir du football français, ainsi que son épouse et son père venu leur rendre visite. Périrent également son ami et ancien gardien du but rémois Antonio Abenoza, sa fiancée et leur hôte qui conduisait le véhicule. Peu après l’accident, un terrible orage éclate et gêne les secours qui mettront des heures à désincarcérer les corps.
A l’annonce du drame, l’émotion est immense. Une foule gigantesque se masse le long du convoi funéraire et dans la cathédrale de Reims où se dresse une chapelle ardente et se déroulent ses obsèques.
Francis Méano était un prodige. International junior, il remporte le championnat d’Europe 1949, premier titre international du football français, en écrasant les hollandais 4-1 chez eux en finale.
Dans la foulée, il rejoint le Stade à 18 ans. Il brille dès sa première saison. Immédiatement titulaire, il inscrit 11 buts en championnat et s’offre la coupe de France (la première du club) en ouvrant le score en finale face au Racing et son « gardien cambrioleur » René Vignal.

https://www.dailymotion.com/video/x2jb7q9

Ce succès précoce l’amène aussi en sélection en décembre 1949 (défaite 3-2 face à la Yougoslavie en éliminatoires du mondial).
Longtemps blessé la saison 50-51 (fracture du péroné), il revient à son meilleur niveau lors de la saison suivante en inscrivant 13 buts. Il honore ainsi sa deuxième sélection lors d’une victoire 2-1 face à l’Autriche à Vienne.
La saison 52-53 précédant la tragédie sera sa plus réussie. Il réussit le doublé championnat de France – coupe latine en inscrivant un but en demies face à Valence puis en finale face au Milan. C’est au sommet de sa gloire qu’il va trouver la mort moins d’un mois plus tard.
Quelques années après l’accident, la tribune latérale qui fut reconstruite prit alors le nom de Francis Méano. Le nom est resté malgré la reconstruction totale du stade dans les années 2000.
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 17:47
11 : René Masclaux
D’une relégation à l’autre.
1964, coup de tonnerre sur le football français, le « grand Reims » est relégué en deuxième division. Impensable pour un club qui a dominé les 15 dernières années et même récemment avait terminé deuxième la saison précédente et champion deux ans plus tôt.
Lueur d’espoir au milieu du chaos, les juniors remportent la coupe Gambardella et annoncent - du moins on veut y croire- le renouveau du club. En réalité, très peu parmi cette bande de gamins entraînée par l'ancien coéquipier de Kopa, Claude Prosdocimi réussira à percer. Mais l’un d’eux va tout de même marquer l’histoire du club par sa longévité exceptionnelle: l’arrière droit René Masclaux.
Immédiatement promu en équipe première, il découvre la D2 à 19 ans aux côtés de Jean Wendling en défense. Le joueur montre ses qualités. Pas le meilleur techniquement mais c’est un battant qui ne lâche rien.
La deuxième saison est la bonne : Reims est champion de D2. Mais le club ne parvient pas à se maintenir en D1 pour la dernière « vraie » saison de Kopa (il conservera ensuite une licence au club pour dépanner).
Retour à nouveau à la case D2 avec une montée ratée de peu en barrages. Le club y passera deux autres saisons avant de remonter avec cette fois-ci de toutes autres ambitions. Reims va passer toute la décennie 70 en D1. A 25 ans, Masclaux est désormais capitaine du club et le restera jusqu’à sa dernière apparition en rouge et blanc. Il est de tous les combats comme la demi-finale de coupe 1972 perdue aux tirs aux buts face à Marseille au Vélodrome et bien sûr la finale 1977 face à St Etienne où il est le héros malheureux sur un pénalty sifflé après une faute inexistante sur Farison.
Son histoire ne pouvait se terminer que sur une… relégation, celle de 1979 qui scelle le sort du club pour les 30 années à venir. Après 24 ans au club, le recordman de matchs disputés avec l’équipe première (553) est prié de partir raccrocher les crampons sans même un merci. Les temps ont décidément bien changé à la tête du club…
Son fils Christophe, également arrière latéral, sera joueur du club dans les années 80 en D2.
Réponse de Flofred
le 03/07/2020 à 18:31
Il va faire son top 10 en 10 semaines Fred. Insoutenable suspens.
Réponse de Fred Astaire
le 03/07/2020 à 18:41
Message posté par Flofred
Il va faire son top 10 en 10 semaines Fred. Insoutenable suspens.


Albert Batteux, Henri Germain, Kopa, Jonquet, Penverne, Vincent, Piantoni, Fontaine, Bianchi et X. Mais qui sera le tant convoité 10ème, ce mystérieux Monsieur X ?
Réponse de Fred Astaire
le 03/07/2020 à 18:44
Message posté par Ubriacone
12 : Francis Méano
25 juin 1953. Six personnes trouvent la mort dans collision entre une voiture et un camion des pompes funèbres entre Witry-lès-Reims et Isles-sur-Suippe, parmi eux Francis Méano 22 ans, ailier gauche et du Stade de Reims et grand espoir du football français, ainsi que son épouse et son père venu leur rendre visite. Périrent également son ami et ancien gardien du but rémois Antonio Abenoza, sa fiancée et leur hôte qui conduisait le véhicule. Peu après l’accident, un terrible orage éclate et gêne les secours qui mettront des heures à désincarcérer les corps.
A l’annonce du drame, l’émotion est immense. Une foule gigantesque se masse le long du convoi funéraire et dans la cathédrale de Reims où se dresse une chapelle ardente et se déroulent ses obsèques.
Francis Méano était un prodige. International junior, il remporte le championnat d’Europe 1949, premier titre international du football français, en écrasant les hollandais 4-1 chez eux en finale.
Dans la foulée, il rejoint le Stade à 18 ans. Il brille dès sa première saison. Immédiatement titulaire, il inscrit 11 buts en championnat et s’offre la coupe de France (la première du club) en ouvrant le score en finale face au Racing et son « gardien cambrioleur » René Vignal.

https://www.dailymotion.com/video/x2jb7q9

Ce succès précoce l’amène aussi en sélection en décembre 1949 (défaite 3-2 face à la Yougoslavie en éliminatoires du mondial).
Longtemps blessé la saison 50-51 (fracture du péroné), il revient à son meilleur niveau lors de la saison suivante en inscrivant 13 buts. Il honore ainsi sa deuxième sélection lors d’une victoire 2-1 face à l’Autriche à Vienne.
La saison 52-53 précédant la tragédie sera sa plus réussie. Il réussit le doublé championnat de France – coupe latine en inscrivant un but en demies face à Valence puis en finale face au Milan. C’est au sommet de sa gloire qu’il va trouver la mort moins d’un mois plus tard.
Quelques années après l’accident, la tribune latérale qui fut reconstruite prit alors le nom de Francis Méano. Le nom est resté malgré la reconstruction totale du stade dans les années 2000.


Emouvant portrait. Il était né la même année que Kopa et Piantoni. Génération en or !
Réponse de Fred Astaire
le 03/07/2020 à 18:56
Message posté par Ubriacone
11 : René Masclaux
D’une relégation à l’autre.
1964, coup de tonnerre sur le football français, le « grand Reims » est relégué en deuxième division. Impensable pour un club qui a dominé les 15 dernières années et même récemment avait terminé deuxième la saison précédente et champion deux ans plus tôt.
Lueur d’espoir au milieu du chaos, les juniors remportent la coupe Gambardella et annoncent - du moins on veut y croire- le renouveau du club. En réalité, très peu parmi cette bande de gamins entraînée par l'ancien coéquipier de Kopa, Claude Prosdocimi réussira à percer. Mais l’un d’eux va tout de même marquer l’histoire du club par sa longévité exceptionnelle: l’arrière droit René Masclaux.
Immédiatement promu en équipe première, il découvre la D2 à 19 ans aux côtés de Jean Wendling en défense. Le joueur montre ses qualités. Pas le meilleur techniquement mais c’est un battant qui ne lâche rien.
La deuxième saison est la bonne : Reims est champion de D2. Mais le club ne parvient pas à se maintenir en D1 pour la dernière « vraie » saison de Kopa (il conservera ensuite une licence au club pour dépanner).
Retour à nouveau à la case D2 avec une montée ratée de peu en barrages. Le club y passera deux autres saisons avant de remonter avec cette fois-ci de toutes autres ambitions. Reims va passer toute la décennie 70 en D1. A 25 ans, Masclaux est désormais capitaine du club et le restera jusqu’à sa dernière apparition en rouge et blanc. Il est de tous les combats comme la demi-finale de coupe 1972 perdue aux tirs aux buts face à Marseille au Vélodrome et bien sûr la finale 1977 face à St Etienne où il est le héros malheureux sur un pénalty sifflé après une faute inexistante sur Farison.
Son histoire ne pouvait se terminer que sur une… relégation, celle de 1979 qui scelle le sort du club pour les 30 années à venir. Après 24 ans au club, le recordman de matchs disputés avec l’équipe première (553) est prié de partir raccrocher les crampons sans même un merci. Les temps ont décidément bien changé à la tête du club…
Son fils Christophe, également arrière latéral, sera joueur du club dans les années 80 en D2.


Kopa va jouer en 2ème division ! ce fut la stupeur dans la France du football et un sujet de conversation dans les cours de récré.
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 19:05
10 : Jean Vincent
1956. Profitant de la manne du transfert de Raymond Kopa au Real Madrid, le Stade de Reims est un désormais un club riche. Il rompt alors avec sa politique de recrutement de jeunes à fort potentiel pour attirer des joueurs confirmés. L’ailier gauche Jean Vincent symbolise cette nouvelle politique. Il débarque du LOSC, grand rival de Reims depuis dix ans qui, en difficulté financière, cède son joyau pour 19,5 millions d’anciens francs. Bien que Nice et le Racing aient proposé davantage, il privilégie le projet sportif des rouge et blanc.
A 26 ans, Jean Vincent a déjà tout connu ou presque. Un championnat d’Europe juniors (avec Francis Méano), un titre de champion, deux coupes de France et une finale de coupe latine avec le LOSC et bien sûr l’équipe de France où il a fait son trou depuis maintenant trois ans.
Bien que satisfaisante sur le plan individuel, sa première saison en Champagne est à oublier. Pour la saison 57-58, l’équipe reçoit le renfort d’une autre star confirmée : Roger Piantoni. Avec également Fontaine et Bliard en attaque, les rémois réalisent le doublé coupe-championnat (le seul de leur histoire) et envoient 6 joueurs au mondial suédois dans la foulée.
Lors de la finale de C1 1959, il blesse Kopa qui affronte ses anciens coéquipiers avec le maillot merengue. Incident diplomatique car la star madrilène est sur le point de revenir à Reims et il a la dent dure : « Jean Vincent m’a blessé et il l’a fait exprès ». Les retrouvailles s’annoncent houleuses mais il n’en sera rien. Mais si le Raymond est soupe au lait, il sait aussi passer l’éponge. Les deux hommes se côtoient depuis des années en équipe de France. Leur association au sein de l’attaque la plus forte de l’histoire du club (avec Piantoni, Fontaine et Muller) fera des ravages au cours du championnat 1960 qu’ils survolent.
Sa carrière en bleu se poursuit également avec succès jusqu’en 1961, mais c’est véritablement l’épopée du mondial 1958 qui marque l’apogée de sa carrière aux côtés de Kopa, Fontaine et Piantoni. Seul survivant de cette ligne d’attaque à l’Euro 1960, il est capitaine mais ne peut éviter une double défaite.
Un troisième titre viendra s’ajouter en 1962 (le dernier du club), où il joue un rôle déterminant après les blessures de Kopa, Fontaine et Piantoni.
Jean Vincent restera jusqu’à l’année de la relégation en 1964. A 34 ans, il boucle sa carrière après 317 matchs et 92 buts avec Reims.
C’est sur le banc que Jean Vincent va connaître sa troisième vie sportive, du côté de Nantes. Double champion et vainqueur de la coupe, son nom reste associé à la série d’invincibilité de 5 ans à domicile entre 1976 et 1981.
Réponse de Flofred
le 03/07/2020 à 19:06
Message posté par Fred Astaire
Albert Batteux, Henri Germain, Kopa, Jonquet, Penverne, Vincent, Piantoni, Fontaine, Bianchi et X. Mais qui sera le tant convoité 10ème, ce mystérieux Monsieur X ?


Thomas Foket. Jai déjà fait son portrait huhuhi
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 19:08
Et non Monsieur X n'est pas 10ème mais 9ème... et il faudra attendre demain pour le connaitre!
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 19:10
Message posté par Flofred
Thomas Foket. Jai déjà fait son portrait huhuhi


Tiens j'en profite, vu qu'on fait de plus en plus dans la frite à chaque mercato: Wout Faes et Thibaut De Smet, ça vaut quoi?
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 19:12
Message posté par Fred Astaire
Emouvant portrait. Il était né la même année que Kopa et Piantoni. Génération en or !


et coéquipier de Jean Vincent (né un an plus tôt) avec l'équipe de France juniors championne d'Europe 1949 aux Pays-Bas
Ce message a été modifié.
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 19:21
Message posté par Ubriacone
Tiens j'en profite, vu qu'on fait de plus en plus dans la frite à chaque mercato: Wout Faes et Thibaut De Smet, ça vaut quoi?


ou alors on reproduit la technique du LOSC des années 80. Recruter des joueurs belges pour remplir le stade avec des spectateurs qui viennent de l'autre côté des Ardennes (bon Heylens, Desmet et Vandenbergh ça avait quand même plus de gueule !)
Réponse de Flofred
le 03/07/2020 à 19:22
Wout Faes, je le trouve très faible. C'est un ancien de la maison mauve mais une cata franchement.

Pour l'autre, je ne l'ai jamais vu à l'œuvre mais il n'a pas marqué de son empreinte le championnat belge.
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 19:31
Mouais. Au pire on ouvrira une friterie.

Sinon j'ai pas suivi, ça donne quoi Engels à Aston Villa?
Des chances de revenir en sélection?
Réponse de Fred Astaire
le 03/07/2020 à 19:32
Arrange-toi pour boucler ton top avant dimanche soir. Quand c'est So Foot ça traîne moins.
Bianchi si haut que ça ?
Je ne sais pas si je vais m'endormir sans savoir qui sera le fameux 9ème (Henri Roessler ?).
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 20:30
Message posté par Fred Astaire
Arrange-toi pour boucler ton top avant dimanche soir. Quand c'est So Foot ça traîne moins.
Bianchi si haut que ça ?
Je ne sais pas si je vais m'endormir sans savoir qui sera le fameux 9ème (Henri Roessler ?).


Bon je suis sympa, je vais mettre fin à tes souffrances. Mais c'est bien parce que c'est toi.
Réponse de Ubriacone
le 03/07/2020 à 20:31
9 : Henri Roessler
Henri Roessler rejoint le club, d’abord en tant que joueur pendant la guerre. Enfin le club, pas exactement…
En cette période troublée, le Stade de Reims est mis en sommeil au profit d’une sélection fédérale Reims-Champagne priée de jouer… en bleu. A une époque où la Gestapo torture et assassine le résistant communiste Auguste Delaune, le rouge ne fait pas fureur. Hommage lui sera rendu à la libération quand le stade sera rebaptisé en son honneur et le club retrouvera ses véritables couleurs.
Mais en cette année 1943, c’est bien à Reims-Champagne que débarque Roessler peu avant Pierre Flamion et Roger Marche. L’équipe est alors entrainée par l’ancienne gloire du Lille d’avant-guerre, Jules Vandooren. Elle va atteindre la finale de la coupe de France 1944.
A 33 ans, Roessler a également connu une belle carrière en D1, à Troyes et au Red Star où il a même gagné un championnat (de la zone occupée) une coupe de France.
Assez étonnamment l’alsacien, connait aussi à cette époque l’équipe de France alors que sa région est devenue un Reichsgau et ses habitants des Volksdeutsche.
Mais son histoire avec le Stade de Reims à proprement parler, commence véritablement en 1945 avec le retour de la première division. Henri Roessler succède alors sur le banc à l’arménien Sarkis Garabedian, ce qui ne l’empêche pas de continuer à jouer deux saisons de plus. Roessler est alors loué par le nouveau quotidien local L’Union pour « sa connaissance du jeu, son expérience des hommes et son autorité ».
Il compte sur une équipe forte qui se met en place avec Pierre Sinibaldi, Favre, Marche, Flamion, Batteux, Petitfils et déjà une jeune à la classe folle : Robert Jonquet.
Ce groupe atteint la 4ème place pour sa première année en D1, puis la 2ème et enfin la 3ème. Sinibaldi, Marche, Flamion et Batteux seront appelés successivement en sélection.
La saison 48-49 sera celle de la consécration. L’équipe est championne de France pour la première fois de son histoire. L’année suivante, c’est la coupe qui rejoint la ville des Sacres.
Cependant Henri Germain, n’est pas homme à se reposer sur ses lauriers. A peine le capitaine Albert Batteux a soulevé la coupe de France, il est nommé entraîneur. L’histoire de Roessler à Reims est terminée. Il part alors à Marseille où il va atteindre le record de longévité sur le banc phocéen soit… quatre saisons (ils ont toujours adoré la stabilité sur la Canebière).
Réponse de Ubriacone
le 04/07/2020 à 11:45
8 : Armand Penverne
« J’ai toujours passé ma balle en fonction de l’efficacité et par conséquent à l’homme démarqué alors même que j’avais la tentation de la garder un peu pour briller. C’est évidemment pour ça que mon jeu a manqué de clinquant. Mais la vraie question est de savoir s’il a été utile à l’équipe ».
Voilà ainsi résumé la carrière d’Armand Penverne taulier du milieu de Reims et de l’équipe de France dans les années 50. Travailleur de l’ombre, il marquera tout de même 33 buts en rouge et blanc dont un décisif en demi-finale de la C1 1959 face aux Young Boys de Berne.
Fils d’un officier de marine, Armand Penverne quitte très jeune la Bretagne pour la région parisienne où il débute le football à Versailles. Il arrive à Reims en 1947 à 21 ans. Il remporte le titre de 1949 mais avec un temps de jeu encore restreint. C’est au cours de la saison suivante qu’il devient titulaire et remporte la coupe de France. Il participe ensuite à tous les succès du club : les titres en 53, 55, le doublé coupe-championnat en 1958, le coupe latine en 1953 et la finale de C1 en 1959.
Il rate uniquement celle de 1956 en raison d’une opération au ménisque.
En 1959, il quitte Reims pour le Red Star en compagnie de Biard, Desruisseau et Maouche après 333 matchs sous le maillot rémois. Malgré ce transfert, il continue à habiter Reims et à s’entrainer avec ses anciens coéquipiers.
Parti ensuite à Limoges, sa route croise celle d’un apprenti technicien du nom de Guy Roux. Celui-ci rendra hommage à l’humilité de ce grand joueur qui « laissait sa voiture au garage la semaine, pour se rendre à l’entraînement en solex ».
Sélectionné à 39 reprises en équipe de France à partir de 1952, il dispute les coupes du monde 1954 et surtout l’épopée de 1958. Robert Jonquet blessé, il porte le brassard dans le match pour la 3ème place remporté 6-3 face à l’Allemagne.
Réponse de Fred Astaire
le 04/07/2020 à 12:38
Bianchi qui n'a rien gagné sera donc devant Penverne. Pourquoi pas devant Piantoni, tant qu'on y est ?
Un véritable scandale !
Alors je n'ai pas peur de le dire: Monsieur So Foot, vous êtes un salaud !
Réponse de Ubriacone
le 04/07/2020 à 12:39
7 : Roger Piantoni
A l’issue d’une saison 56-57 très décevante, un constat s’impose. Raymond Kopa parti l’année précédente, manque cruellement à l’équipe. Même avec l’arrivée des internationaux Just Fontaine et Jean Vincent, l’attaque est moins performante qu’autrefois. Henri Germain cherche donc un autre attaquant confirmé.
Coup de pouce du destin, le FC Nancy est relégué en D2. Leur star Roger Piantoni est sur le marché. Son choix se porte vite vers Reims qui lâche 25 MF (nouveau record) dans l’affaire.
A 26 ans, le gaucher est un redoutable buteur, auteur de 113 réalisations avec les lorrains. La modeste équipe de Nancy ne lui a jamais permis de débloquer son palmarès mais lui a ouvert les portes de l’équipe de France dès 1952. Il a également brillé dans un match amical remporté face au Real Madrid 4-2 à Chamartin où il marque un but.
D’entrée son entente avec Fontaine, Bliard et Vincent fait des étincelles et Reims réalise le doublé. Les quatre hommes partent pour le mondial suédois avec la fin que l’on connait.
Il découvre la C1 en 1959. En quarts de finale retour face au Standard Liège, Reims doit réaliser un exploit pour remonter le 0-2 subi à l’aller. Il rate d’abord un pénalty à l’heure de jeu. Les belges y voient le tournant du match et se croient qualifiés. Erreur : Piantoni se rattrape quelques minutes plus tard en ouvrant la marque sur coup-franc. Fontaine plante ensuite un doublé. En 25 minutes, ils ont renversé le Standard.
Il est ensuite décisif en demies face aux Young Boys de Berne où son doublé qualifie les rémois. Il ne pourra cependant rien en finale face au Real.

https://www.youtube.com/watch?v=Be2ryijYTRU

https://www.youtube.com/watch?v=YyIvuPT4IHk

En 1960, River Plate souhaite le recruter et propose 40 MF. Les dirigeants rémois ne ferment pas la porte mais les deux graves blessures de Just Fontaine à six mois d’intervalle stoppent net les discussions. Fontaine ne retrouvera jamais son niveau. A présent c’est Piantoni le buteur.
De fait, il porte l’équipe durant la saison 60-61 également marquée par une blessure de Kopa. Il termine meilleur buteur du championnat en 1961 avec 28 buts et marque face aux anglais de Burnley en C1 malgré l’élimination.
Il remporte un dernier titre en 1962, jouant à nouveau un rôle déterminant avec 16 buts. Opéré du genou en 1963, il ne reviendra plus jamais à son meilleur niveau et jouera de moins en moins.
A l’issue de la relégation en 1964, il quitte le club comme tant d’autres après 198 matchs et 132 buts.
Réponse de Ubriacone
le 04/07/2020 à 12:39
Message posté par Fred Astaire
Bianchi qui n'a rien gagné sera donc devant Penverne. Pourquoi pas devant Piantoni, tant qu'on y est ?
Un véritable scandale !
Alors je n'ai pas peur de le dire: Monsieur So Foot, vous êtes un salaud !


et oui, devant Piantoni aussi...
Réponse de Fred Astaire
le 04/07/2020 à 13:42
Message posté par Ubriacone
et oui, devant Piantoni aussi...

sans commentaires!
Réponse de Ubriacone
le 04/07/2020 à 15:47
6 : Carlos Bianchi
Avril 1989. Dieu débarque dans mon collège !
Que le très catholique Pensionnat du Sacré-Cœur me pardonne ce blasphème, mais c’est bien Diego Armando Maradona qui pendant ces vacances de Pâques vient faire le show à Reims pour inaugurer le programme de stages pour jeunes « Planète foot » lancé par son ami et compatriote Carlos Bianchi. A cette époque, Bianchi n’entraine plus le Stade de Reims depuis un an mais ses enfants sont scolarisés dans cet établissement qui possède par ailleurs des installations sportives idéales pour son projet.
Car Carlos Bianchi et Reims, c’est une histoire d’amour qui commence 16 ans plus tôt lorsque Robert Marion fait venir l’avant-centre Velez Sarsfield pour en faire le successeur de son compatriote Delio Onnis parti à Monaco. Si Onnis était un redoutable buteur, ce n’est rien comparé aux statistiques hallucinantes que Bianchi affiche à seulement 24 ans : 121 reprises en… 165 matchs en championnat argentin ainsi que 7 fois en 14 sélections avec l’Albiceleste. C’est l’archétype du goleador argentin dans toute sa splendeur.
Besoin de temps pour s’adapter au jeu européen? Oui bien sûr… Buteur dès la première journée face à Monaco (qui n’alignait pas Onnis ce jour-là), doublé lors de la deuxième journée face au Paris FC (les clubs parisiens seront ses proies de prédilection tout au long de son séjour en Champagne), un triplé face à Angers un peu plus tard et la cerise sur le gâteau, un quintuplé dans le match complètement fou face à Monaco lors de la dernière journée où il croise pour la première fois la route d’Onnis (qui lui en plantera quatre) en France, score final 8-4 pour Reims !
Soit un total 30 pions en 33 matchs pour sa première saison en rouge et blanc. Il aurait pu en inscrire davantage si sa route n’avait pas croisé celle du boucher stéphanois Merchadier (le même qui brisera nos rêves quatre ans plus tard) mais suffisant pour être meilleur buteur du championnat pour la première fois de sa carrière. Reims termine 6ème du championnat. En coupe de France, il inscrit deux triplés face à Toulouse puis le PSG qualifiant le club pour les demies où ils perdent 1-0 face au nouveau champion, Saint Etienne.

https://www.youtube.com/watch?v=DMGB7--ybJE

La saison 74-75 illustre à merveille la Bianchi dépendance du club. Dans la forme de sa vie, l’argentin plante 6 buts au PSG lors de la deuxième journée. S’ensuivent des victoires face à Bastia, Bordeaux, Marseille, Monaco, Nîmes et Nantes. Reims est alors solide leader de D1 et Bianchi a inscrit 12 buts en 10 matchs.
Mais tout cela était trop beau pour être vrai, le 9 octobre il participe à un match amical avec un sélection mixte Reims-Paris au Parc des Princes face au Barça. 14 ans après Just Fontaine, la malédiction frappe à nouveau l’avant-centre du Stade : triple fracture de la jambe après un choc avec Gallego. Il sort sur une civière, sa saison est foutue, celle de Reims aussi qui en son absence (il reviendra tout de même pour les 8 dernières journées mais loin de son meilleur niveau) fait une fin de saison médiocre et termine à une très décevante 11ème place.
Bianchi abandonne donc à Onnis son titre de meilleur buteur. Pas pour longtemps…
Il boucle la saison suivante à 34 buts et reprend son bien. Avec leur buteur aligné lors des 38 rencontres, Reims termine 5ème, leur meilleur classement depuis 1963.
Malgré un nouveau titre de meilleur buteur (le troisième en quatre ans) avec 28 buts, la saison 76-77 est compliquée et l’équipe termine 11ème. La fin de saison sera plus frustrante encore. Il sort avec deux côtes cassées face à Nice en demi-finale de la coupe. C’est un déchirement, il ne pourra pas disputer la finale, le match le plus important de ses quatre années passées au club.
En difficulté financière, le club le vend au PSG. Il part après 107 buts en 124 matchs en championnat, troisième total de l’histoire du club derrière les 122 buts de Just Fontaine (en 131 matchs !) et les 145 Pierre Sinibaldi (qui eut besoin de 210 matchs pour parvenir à ce total).
C’est désormais du côté de Paris que Carlos fera parler la foudre. Il s’adjuge deux nouveaux titres de meilleur buteur portant son total à cinq et est même élu meilleur joueur du championnat en 1977. Mais sportivement le PSG ne joue pas les premiers rôles et n’a rien de plus à lui offrir.
Il rejoint alors Strasbourg tout frais champion de France et va découvrir la coupe d’Europe où il inscrit 3 buts en 3 matchs et les propulse en quarts. Mais il ne s’entend pas avec Gilbert Gress et quitte le club après une saison moyenne. Il aura inscrit 179 buts en 220 matchs de D1, « seulement » le 9ème total de l’histoire (les 8 autres comptant largement plus de match). En revanche au ratio but par match joué, seuls Josip Skoblar et Just Fontaine ont fait mieux que lui. A titre de comparaison, son éternel rival Delio Onnis a eu besoin de 449 matchs pour inscrire ses 299 buts.
Carlos Bianchi retrouve ensuite Velez Sarsfield et continue à planter, toujours et encore. Meilleur buteur en 1981 pour la 8ème fois de sa carrière, il devient le meilleur buteur de l’histoire de son club avec 206 buts en 324 matchs.
Survient alors l’acte 2 de son histoire avec Reims. Sollicité par les dirigeants, il revient au club en 1984 alors âgé de 35 ans. L’équipe est alors en D2. Bianchi vient pour y finir sa carrière mais également en démarrer une nouvelle, d’entraineur.
Il s’assoit sur le banc pour la première en janvier 1985 comme adjoint de Pierre Phelipon avant de prendre la place de ce dernier un mois plus tard. Reims retrouve alors un jeu offensif et spectaculaire, mais l’équipe joue de malchance et rate de peu l’accession trois fois d’affilée. Ils se consolent avec la coupe de France où ils atteignent les demies années de suite. En 1987, Marseille est beaucoup trop fort et encaisse 7-1 sur les deux matchs.
C’est surtout la demi-finale 1988 face à Metz qui est restée dans les mémoires. Ecrasés 4-0 à l’aller à St Symphorien, les rémois se ruent à l’attaque au match retour. Après avoir touché la barre, Didier Christophe ouvre la marque de la tête. Lafond double le score juste avant la pause. A l’heure de jeu, Prince inscrit le 3ème. Delaune entre en fusion. Didier Christophe touche à nouveau deux fois le poteau. Mais dans la foulée, les messins réduisent la marque et douchent les derniers espoirs rémois.

https://www.youtube.com/watch?v=MXPYT4vC7hM

C’était le dernier match de Carlos Bianchi sur le banc de Reims mais sa carrière ne fait que commencer… La suite c’est 7 championnats, 4 copa libertadores et 3 coupes intercontinentales avec Velez Sarsfield puis Boca Juniors.
Réponse de Ubriacone
le 04/07/2020 à 16:06


Beh quoi? Il est pas magnifique mon Carlos?
C'est un parti pris mais vaut-il mieux être un grand joueur au milieu de tant d'autres dans une équipe exceptionnelle ou un grand joueur qui a lui seul porte une équipe moyenne?
La réponse justifie le classement. D'ailleurs sans Bianchi, le Stade des années 70 n'était même pas une équipe moyenne mais plutôt une équipe de bas de tableau.
Certes il n'a rien gagné mais il a hissé le club à la 6ème puis la 5ème place du championnat ainsi qu'en demi-finale puis en finale de la coupe. Et sans ce maudite blessure en 1974, qui sait jusqu'où cette équipe aurait pu aller. Le titre était tout à fait envisageable (et si ce fut le cas, adieu l'épopée européenne des Verts en 76!).
Toujours concernant cette blessure, une anecdote racontée par le beau-père d'un ami qui jouait en équipe réserve au Stade à l'époque. Il voyait systématiquement passer les joueurs pro quand ils revenaient de convalescence. Tous sauf Bianchi! Lui à peine sa jambe ressoudée, ils l'ont renvoyé direct en équipe première et tous les matchs pendant 90 minutes.
Réponse de Richard Vagner Love is Over
le 04/07/2020 à 16:58
en 73 ou 74, ma maman vivait à Reims et dans son immeuble, se trouvait l'appartement de Bianchi. du moins, une de ses adresses?
ma maman s'appelle "Pelé", donc tu avais côte à côte sur les boîtes aux lettres, Pelé & Bianchi.
en tous cas, mon papa rémois également, raconte toujours cette histoire. huhu
Réponse de Flofred
le 04/07/2020 à 17:00
Très belle histoire familiale.

Tu pourras raconter à tes mouflets comment Richard t'aura brisé le cœur en 2020...
Réponse de Fred Astaire
le 04/07/2020 à 17:03
Message posté par Ubriacone
Beh quoi? Il est pas magnifique mon Carlos?
C'est un parti pris mais vaut-il mieux être un grand joueur au milieu de tant d'autres dans une équipe exceptionnelle ou un grand joueur qui a lui seul porte une équipe moyenne?
La réponse justifie le classement. D'ailleurs sans Bianchi, le Stade des années 70 n'était même pas une équipe moyenne mais plutôt une équipe de bas de tableau.
Certes il n'a rien gagné mais il a hissé le club à la 6ème puis la 5ème place du championnat ainsi qu'en demi-finale puis en finale de la coupe. Et sans ce maudite blessure en 1974, qui sait jusqu'où cette équipe aurait pu aller. Le titre était tout à fait envisageable (et si ce fut le cas, adieu l'épopée européenne des Verts en 76!).
Toujours concernant cette blessure, une anecdote racontée par le beau-père d'un ami qui jouait en équipe réserve au Stade à l'époque. Il voyait systématiquement passer les joueurs pro quand ils revenaient de convalescence. Tous sauf Bianchi! Lui à peine sa jambe ressoudée, ils l'ont renvoyé direct en équipe première et tous les matchs pendant 90 minutes.


Du coup tu l'as jamais vu jouer en live ?
Réponse de Ubriacone
le 04/07/2020 à 17:16
Message posté par Fred Astaire
Du coup tu l'as jamais vu jouer en live ?


Si... en vétérans.

Plus sérieusement, j'ai commencé à traîner mes guêtres à Delaune, un ou deux ans après qu'il ait raccroché. On s'est loupé de peu.
Par contre la demi-finale de 1988 où il était entraîneur, je m'en souviens encore comme si c'était hier tellement j'en ai chialé.
Enfoirés de messins (tu vois Richard, on est deux à pas les aimer^^)
Réponse de Ubriacone
le 04/07/2020 à 18:43
5 : Just Fontaine
13 buts pour l’éternité. En devenant recordman de buts marqués sur une coupe du monde en 1958, Just Fontaine est entré dans la légende. Mais il serait parfaitement injuste de réduire sa carrière à ce simple fait d’armes, car Just Fontaine est tout simplement le buteur le plus prolifique que le championnat de France et le football français dans son ensemble aient connu, bien que sa carrière ait été ralentie par un interminable service militaire puis stoppée jeune par deux graves blessures.
Fontaine débarque à Reims en 1956 après le départ de Kopa pour le Real. Même s’il jouit d’une belle réputation de buteur et a déjà été appelé en sélection à plusieurs reprises, son arrivée au club est loin de faire les gros titres, c’est Jean Vincent qui est la recrue phare du club cet été là.
Arrivé à Nice de son Maroc natal trois ans plus tôt, Fontaine s’est très vite fait un nom mais la guerre d’Algérie va imposer 30 mois de service militaire aux jeunes hommes de sa génération (il est deux ans plus jeune que Kopa et Piantoni et trois que Vincent). Entre 1953 et 1956, il passe ainsi plus de temps au bataillon de Joinville que sur la Côte d’Azur. Bien que champion de France en 1956, il ne joue en réalité que 17 matchs et voit Ujlaki et Nurenberg lui voler la vedette. Bref Nice ne compte plus vraiment sur lui et Henri Germain qui a flairé la bonne affaire ne se fait pas prier pour le récupérer. Un nouveau coup de maître pour le président rémois.
Pour sa première saison au club, il inscrit 30 buts devancé au classement des buteurs par le racingman Cisowski, mais le club ne gagne rien.
La saison 57-58 est marquée par le doublé coupe-championnat. Fontaine marque 34 fois (en 26 matchs !) et devient meilleur buteur du championnat pour la première fois. Il marque également en quarts, en demies et en finale de la coupe de France, gagnant sa place pour le mondial en Suède (où il n’est pas encore considéré comme titulaire avant la blessure de René Bliard). On connait la suite. Justo sera récompensé de sa saison exceptionnelle par la 3ème place au ballon remporté par Kopa.
A peine redescendu de son nuage suédois, il va découvrir la coupe d’Europe des clubs champions, de la seule façon qu’il connaisse… en plantant 10 buts (meilleur buteur du tournoi une fois encore) dont deux décisifs face au Standard de Liège en quart de finale retour.

https://www.youtube.com/watch?v=Be2ryijYTRU

Et peu importe si Cisowski a repris son bien en championnat (où Justo n’a planté « que » 24 fois).
En 1959, l’Espanyol Barcelone lorgne sur le buteur français. Si le club n’est pas le plus huppé du pays, le championnat espagnol reste néanmoins la référence en Europe. C’est le joueur en personne qui coupe court aux discussions. Car la saison suivante s’avère exceptionnelle avec le retour de Kopa, l’attaque du mondial 1958 reconstituée fracasse les défenses et survole le championnat. Fontaine entre à nouveau dans le livre des records (avec Piantoni), fait unique dans l’histoire de la D1, deux joueurs de la même équipe réussissent un quadruplé. Bordeaux est pulvérisé 8-2.
Reims est inarrêtable… mais hélas pas la carrière de Justo au plus haut niveau qui va prendre fin brutalement le 20 mars 1960, il n’a pas encore 27 ans. Face à des Sochaliens qui jouent leur maintien, il s’écroule dès la première minute après un tacle de Sekou Touré. Fracture tibia-péroné gauche, saison terminée. Auparavant buteur à 28 reprises, il finira malgré tout et pour la seconde fois de sa carrière, meilleur buteur du championnat. Ironie du sort, la saison suivante c’est Sekou Touré qui lui succèdera.
A peine revenu de blessure, la malédiction le poursuit le 1er janvier 1961. Dans un choc avec le limougeaud Kowal, sa jambe gauche cède à nouveau. Ses apparitions en équipe première seront dès lors épisodiques. Il ne joue pour ainsi dire aucun rôle dans le dernier titre de 1962 (Hassan Akesbi a été recruté pour lui succéder).
Sa carrière s’arrête à 122 buts en 131 matchs avec Reims, ce qui en fait le meilleur buteur de l’histoire en première division devant Pierre Sinibaldi et ses 115 buts (mais qui a joué beaucoup plus de matchs pour atteindre ce total). Toutes compétitions confondues, c’est Sinibaldi qui détient le record avec 157 (contre 145 pour Fontaine) mais celui-ci tient compte de ses 30 buts pendant la guerre qui faussent la comparaison. En ratio, avec près d’un but par match sur sa période rémoise, personne n’a fait mieux dans l’histoire. Seuls Josip Skoblar et Carlos Bianchi s’en rapprochent (en comptant les buts de sa période niçoise, il est devancé par Skoblar mais ça n’a pas grand sens de comparer de comparer des années faussées par le service militaire alors que le yougoslave n’a joué que pendant les meilleures années de sa carrière).
Son histoire en sélection ne se résume pas uniquement au mondial 1958. Même si sa blessure lui fait manquer l’Euro 1960, il totalise 21 sélections et… 30 buts, ratio record que là encore personne n’est prêt d’aller chercher.
Par la suite, Justo aura 1000 vies. Sélectionneur, premier entraîneur de l’histoire du PSG, (mauvais) chanteur, premier vainqueur de l’histoire du loto foot (si si)…
Justo est un des derniers de 1958 encore en vie. Il vit à Toulouse et est très discret. Une de ses dernières apparitions publiques a été lors des obsèques de son ami Raymond Kopa en 2017 à Angers.
Merci pour tout monsieur Fontaine !

https://www.dailymotion.com/video/x2kqz9d

https://www.dailymotion.com/video/x4jl0dn

https://www.youtube.com/watch?v=ITz5TCFJyzU

https://www.youtube.com/watch?v=EBnCeiApu98

https://www.youtube.com/watch?v=fLaOthNwX3k

https://www.youtube.com/watch?v=9YG19Ai1O4M
Réponse de Richard Vagner Love is Over
le 04/07/2020 à 18:51
Message posté par Flofred
Très belle histoire familiale.

Tu pourras raconter à tes mouflets comment Richard t'aura brisé le cœur en 2020...


quand je leur dirai qu'ils ont failli s'appeler Vagner, Dias et Goncalves, je pense qu'ils remercieront le FC Metz ces petits ingrats.
Réponse de Fred Astaire
le 04/07/2020 à 19:47
Message posté par Ubriacone
5 : Just Fontaine
13 buts pour l’éternité. En devenant recordman de buts marqués sur une coupe du monde en 1958, Just Fontaine est entré dans la légende. Mais il serait parfaitement injuste de réduire sa carrière à ce simple fait d’armes, car Just Fontaine est tout simplement le buteur le plus prolifique que le championnat de France et le football français dans son ensemble aient connu, bien que sa carrière ait été ralentie par un interminable service militaire puis stoppée jeune par deux graves blessures.
Fontaine débarque à Reims en 1956 après le départ de Kopa pour le Real. Même s’il jouit d’une belle réputation de buteur et a déjà été appelé en sélection à plusieurs reprises, son arrivée au club est loin de faire les gros titres, c’est Jean Vincent qui est la recrue phare du club cet été là.
Arrivé à Nice de son Maroc natal trois ans plus tôt, Fontaine s’est très vite fait un nom mais la guerre d’Algérie va imposer 30 mois de service militaire aux jeunes hommes de sa génération (il est deux ans plus jeune que Kopa et Piantoni et trois que Vincent). Entre 1953 et 1956, il passe ainsi plus de temps au bataillon de Joinville que sur la Côte d’Azur. Bien que champion de France en 1956, il ne joue en réalité que 17 matchs et voit Ujlaki et Nurenberg lui voler la vedette. Bref Nice ne compte plus vraiment sur lui et Henri Germain qui a flairé la bonne affaire ne se fait pas prier pour le récupérer. Un nouveau coup de maître pour le président rémois.
Pour sa première saison au club, il inscrit 30 buts devancé au classement des buteurs par le racingman Cisowski, mais le club ne gagne rien.
La saison 57-58 est marquée par le doublé coupe-championnat. Fontaine marque 34 fois (en 26 matchs !) et devient meilleur buteur du championnat pour la première fois. Il marque également en quarts, en demies et en finale de la coupe de France, gagnant sa place pour le mondial en Suède (où il n’est pas encore considéré comme titulaire avant la blessure de René Bliard). On connait la suite. Justo sera récompensé de sa saison exceptionnelle par la 3ème place au ballon remporté par Kopa.
A peine redescendu de son nuage suédois, il va découvrir la coupe d’Europe des clubs champions, de la seule façon qu’il connaisse… en plantant 10 buts (meilleur buteur du tournoi une fois encore) dont deux décisifs face au Standard de Liège en quart de finale retour.

https://www.youtube.com/watch?v=Be2ryijYTRU

Et peu importe si Cisowski a repris son bien en championnat (où Justo n’a planté « que » 24 fois).
En 1959, l’Espanyol Barcelone lorgne sur le buteur français. Si le club n’est pas le plus huppé du pays, le championnat espagnol reste néanmoins la référence en Europe. C’est le joueur en personne qui coupe court aux discussions. Car la saison suivante s’avère exceptionnelle avec le retour de Kopa, l’attaque du mondial 1958 reconstituée fracasse les défenses et survole le championnat. Fontaine entre à nouveau dans le livre des records (avec Piantoni), fait unique dans l’histoire de la D1, deux joueurs de la même équipe réussissent un quadruplé. Bordeaux est pulvérisé 8-2.
Reims est inarrêtable… mais hélas pas la carrière de Justo au plus haut niveau qui va prendre fin brutalement le 20 mars 1960, il n’a pas encore 27 ans. Face à des Sochaliens qui jouent leur maintien, il s’écroule dès la première minute après un tacle de Sekou Touré. Fracture tibia-péroné gauche, saison terminée. Auparavant buteur à 28 reprises, il finira malgré tout et pour la seconde fois de sa carrière, meilleur buteur du championnat. Ironie du sort, la saison suivante c’est Sekou Touré qui lui succèdera.
A peine revenu de blessure, la malédiction le poursuit le 1er janvier 1961. Dans un choc avec le limougeaud Kowal, sa jambe gauche cède à nouveau. Ses apparitions en équipe première seront dès lors épisodiques. Il ne joue pour ainsi dire aucun rôle dans le dernier titre de 1962 (Hassan Akesbi a été recruté pour lui succéder).
Sa carrière s’arrête à 122 buts en 131 matchs avec Reims, ce qui en fait le meilleur buteur de l’histoire en première division devant Pierre Sinibaldi et ses 115 buts (mais qui a joué beaucoup plus de matchs pour atteindre ce total). Toutes compétitions confondues, c’est Sinibaldi qui détient le record avec 157 (contre 145 pour Fontaine) mais celui-ci tient compte de ses 30 buts pendant la guerre qui faussent la comparaison. En ratio, avec près d’un but par match sur sa période rémoise, personne n’a fait mieux dans l’histoire. Seuls Josip Skoblar et Carlos Bianchi s’en rapprochent (en comptant les buts de sa période niçoise, il est devancé par Skoblar mais ça n’a pas grand sens de comparer de comparer des années faussées par le service militaire alors que le yougoslave n’a joué que pendant les meilleures années de sa carrière).
Son histoire en sélection ne se résume pas uniquement au mondial 1958. Même si sa blessure lui fait manquer l’Euro 1960, il totalise 21 sélections et… 30 buts, ratio record que là encore personne n’est prêt d’aller chercher.
Par la suite, Justo aura 1000 vies. Sélectionneur, premier entraîneur de l’histoire du PSG, (mauvais) chanteur, premier vainqueur de l’histoire du loto foot (si si)…
Justo est un des derniers de 1958 encore en vie. Il vit à Toulouse et est très discret. Une de ses dernières apparitions publiques a été lors des obsèques de son ami Raymond Kopa en 2017 à Angers.
Merci pour tout monsieur Fontaine !

https://www.dailymotion.com/video/x2kqz9d

https://www.dailymotion.com/video/x4jl0dn

https://www.youtube.com/watch?v=ITz5TCFJyzU

https://www.youtube.com/watch?v=EBnCeiApu98

https://www.youtube.com/watch?v=fLaOthNwX3k

https://www.youtube.com/watch?v=9YG19Ai1O4M


On entendait même sa voix au Parc faire de la "réclame" pour... Ripolin. Le running gag consistait pour le public à scander en même temps que Justo le dernier mot: RI-PO-LIN.
Réponse de Ubriacone
le 04/07/2020 à 20:05
Message posté par Fred Astaire
On entendait même sa voix au Parc faire de la "réclame" pour... Ripolin. Le running gag consistait pour le public à scander en même temps que Justo le dernier mot: RI-PO-LIN.


Alors une idée du top 4 dans l'ordre (dans le désordre je pense qu'il y a pas beaucoup de suspense hein)?
Réponse de Fred Astaire
le 04/07/2020 à 20:31
Message posté par Ubriacone
Alors une idée du top 4 dans l'ordre (dans le désordre je pense qu'il y a pas beaucoup de suspense hein)?



1er Raymond Kopa: la star qui fit connaître Reims au monde entier.
2ème Albert Batteux: le créateur du jeu rémois.
3ème Henri Germain: le président emblématique (votre Santiago Bernabeu).
4ème Robert Jonquet: le taulier, l'homme le plus titré.
Ce message a été modifié.
Réponse de Ubriacone
le 05/07/2020 à 10:54
4 : Robert Jonquet
Avec 502 matchs de championnat de division 1 sous les couleurs du Stade de Reims auxquels il convient d'ajouter les rencontres jouées en période de guerre à partir de 1942, Robert Jonquet est le recordman absolu de l’histoire du club. Il sera également capitaine de l'équipe pendant des années.
Il est également le seul joueur rémois à avoir conquis cinq titres de champion de France et disputé les quatre finales européennes du club (2 en coupe latine et 2 en C1) mais aussi les deux coupes de France et tous les trophées mineurs (coupe Drago, coupe Mohammed V). Le titre de 1962 est la seule ligne du palmarès du Grand Stade auquel Jonquet n’a pas pris part.
Originaire de la région parisienne, Jonquet suit ses parents dans la Marne à 17 ans où il devient apprenti coiffeur. Repéré par le Stade de Reims, il signe en échange d’une paire de chaussures à crampons. Svelte, souple, racé, gabarit atypique pour un défenseur central, il devient rapidement une des pièces maîtresses de Roessler puis de Batteux au centre de la ligne défensive Stadiste. Très impénétrable, Jonquet n’aime pas beaucoup parler. Ses partenaires s’en chargent. « Je ne me sens jamais plus en confiance que derrière lui », assure ainsi le gardien Dominique Colonna. Amoureux du beau jeu – « Le football est fait pour créer et non pour détruire » - Jonquet ne laisse rien au hasard pour tout ce qui entoure sa profession. En dehors du football, la chasse qu’il pratique deux fois par semaine, est sa seconde passion. On lui reprochera d’ailleurs d’y consacrer trop de temps. En 1960, après un cinquième titre de champion, il est prié par les dirigeants d’aller exercer ses talents ailleurs. « Je ne veux pas qu’on dise « on garde Jonquet à cause de ce qu’il a été ». Lorsque l’on a été quelqu’un dans le football, il faut savoir s’arrêter à temps pour ne pas tout abîmer »
Il partira finalement à Strasbourg avant de revenir à Reims comme entraîneur une première fois en 1964 au moment de la rétrogradation en D2, puis en 1980. Il regrette alors l’évolution des mœurs dans le football : « L’esprit de club n’existe plus. J’ai connu des pigeons voyageurs. Aujourd’hui, il me semble qu’on joue quelquefois en pensant qu’on sera bientôt ailleurs. »
Au niveau international, il connaît la première de ses 58 sélections le 4 avril 1948 face à l’Italie (1-3). Il est capitaine lors de la coupe du monde 1958. En demi-finale la France et le Brésil sont à égalité 1-1 peu avant la mi-temps. Après un choc avec Vava, Jonquet se fracture le péroné. Réduits à dix (le règlement ne permet pas les remplacements), les français encaissement très vite un second but. Une piqûre de novocaïne et il retourne sur le terrain finir la rencontre… sans pouvoir faire mieux que de la figuration. Cette blessure ruine totalement les espoirs des français qui craquent ensuite (5-2).

https://www.youtube.com/watch?v=SjI3TUL3ee8

Ecarté après une phase finale du championnat d’Europe décevante en 1960, il met un terme à sa carrière sous le maillot bleu.
Il décède à Reims en 2008. C’est tout naturellement qu’une des tribunes du nouveau stade Delaune inauguré un an plus tard portera son nom.

Extrait de « Stade de Reims, une histoire sans fin » de Pascal-Grégoire Boutreau et Tony Verbicaro.
Ce message a été modifié.
Réponse de Ubriacone
le 05/07/2020 à 12:48
3 : Raymond Kopa
Que dire de plus sur Raymond Kopaszewski, le plus grand joueur de l’histoire du Stade de Reims, qui n’ait déjà été écrit ?
Son enfance dans une famille de mineurs d’origine polonaise du nord de la France ; son accident qui lui coûta un doigt et paradoxalement le sauva peut être de la mine et l’amena à une carrière de footballeur ; ses premières années à Angers où il rencontra sa femme et où le stade porte désormais son nom (bien qu’il n’y ait jamais rien remporté) ; ses quatre titres de champion de France avec le Stade de Reims ; son mondial 1954 raté où des abrutis lui criaient de « retourner à la mine », ses trois coupes d’Europe des clubs champions avec le Real Madrid aux côtés d’Alfredo Di Stefano ; sa troisième place au mondial 1958, son Ballon d’or ; son retour à Reims qu’il suivit sans rechigné en D2 ; son engagement en faveur du statut des footballeurs professionnels qui lui vaudra une lourde suspension ; son fils décédé enfant d’une maladie inconnue à l’époque et qui l’amènera à être acteur dans la lutte contre le cancer ; sa participation au Paris-Dakar; sa marque de chaussures de sport ; sa légion d’honneur (jamais donnée à un footballeur avant lui)… Par où commencer ?

J’ai eu la chance de rencontrer Raymond Kopa quelques années avant sa mort à Angers. Bon pied, bon œil il commence tout de suite par me parler de son déplacement quelques jours plus tôt à Nantes où « on » s’est fait voler. « On » ? Le Stade de Reims bien évidemment dont son rôle de Président d’Honneur (fonction jadis créée pour Henri Germain et exercée jusqu’à sa mort) lui tenait particulièrement à cœur, lui suivait l’équipe même en ligue 2 dès qu’il en avait l’occasion.

Repéré par Albert Batteux, Kopa arrive à Reims en 1951. Ce transfert aurait très bien pu ne jamais voir le jour. Kopa et Germain ne sont pas d’accord sur la prime à la signature, c’est Batteux qui arrondira les angles.
Sa technique faite de dribbles et de feintes rend complètement fou les défenseurs même si elle apparaît déroutante selon les standards de l’époque. Le public ne comprend pas tout de suite son jeu mais Batteux va l’aider à le canaliser. L’international Antoine Cuissard déclarait : « Je n’ai jamais au cours de ma carrière rencontré d’avant-centre aussi empoisonnant à surveiller. Il est insaisissable. Si on l’attaque, il vous met dans le vent grâce à ses crochets et à ses contre-pieds. Si on l’attend, il dévie le ballon sur un partenaire avec une précision d’horloger. A moins de commettre une faute, il est quasiment impossible de l’arrêter lorsqu’il descend avec son ami Glovacki. On leur banderait les yeux qu’ils se trouveraient quand même ».
Kopa était avant tout un formidable joueur collectif qui la technique servait avant tout à servir ses partenaires. La presse anglaise le surnommera même Napoléon.
Très vite, il va être l’objet de fautes et agressions en tout genre. Tous les moyens sont bons pour l’abattre et sa carrière ne sera pas épargnée par les blessures en tout genre.
La première victoire de Napoléon a lieu en 1953. Tout juste auréolé de son premier titre de champion, il découvre sa première compétition internationale : la coupe latine. Il est étincelant et permet de battre Valence 2-1 puis le Milan 3-0 en finale (il est buteur à chaque fois). Mais ce succès est minoré par l’absence des véritables champions d’Espagne et d’Italie.
Deux ans plus tard, nouveau titre et nouvelle participation à la coupe latine. Cette fois-ci pas de seconds couteaux, le Milan qu’ils retrouvent en demi-finale est un ogre qu’ils abattront au prix de deux prolongations après 139 minutes d’un intense combat. Pour la première fois, le chemin de Raymond Kopa va croiser la route du Real Madrid en finale mais les rémois épuisés par leur demi ne peuvent lutter. Les espagnols, du moins certains d’entre eux, connaissaient déjà Kopa qui quelques mois plus tôt avec l’équipe de France avait ébloui Chamartin dans une victoire historique 2-1 sur leur hôte.

https://www.ouest-france.fr/sport/footb … ll-6783218

Les retrouvailles ont lieu l’année suivante en 1956 en finale de la toute première coupe d’Europe des clubs champions. Blessé à la cheville, il décide malgré tout en accord avec Batteux de jouer pour faire taire les polémiques (il a d’ores et déjà signé au Real Madrid). Battu 4-3, Kopa quitte Reims pour son adversaire du soir.

https://www.dailymotion.com/video/xbyo2j

En 1959, c’est avec le maillot merengue qu’il retrouve ses anciens coéquipiers en finale de la coupe d’Europe. Victorieux 2-0, il remporte sa troisième C1 d’affilée.

https://www.dailymotion.com/video/x5j0b1g

Ironie du sort comme trois ans auparavant, c’est dans les coulisses de ce match que les dirigeants des deux clubs scellent le transfert de Kopa. Il est cette fois-ci, à nouveau joueur du Stade de Reims.
Il remporte deux nouveaux titres en 1960 et 1962 et inscrira ses deux derniers but en coupe d’Europe face à l’Austria Vienne.

https://www.youtube.com/watch?v=Eqbr0HwpymA

Objet de brutalité à répétition de la part des défenses adverses, il passe sur le billard une première fois pour les chevilles. De son propre aveu, il joue désormais à 50% de ses moyens et va manquer l’Euro 1960.
Sa fin de carrière sera marquée par un combat qui lui tient à cœur : le droit des joueurs professionnels à disposer de sa carrière. Appuyé par le tout nouveau syndicat des joueurs, l’UNFP fondé avec Eugène N’Jo-Léa et Just Fontaine, Kopa vide son sac en 1963 dans les colonnes de France Dimanche « Les joueurs sont des esclaves… Aujourd'hui, en plein XXe siècle, le footballeur professionnel est le seul homme à pouvoir être vendu et acheté sans qu'on lui demande son avis ». Les instances nationales sclérosées le condamnent à une suspension de six mois avec sursis.
D’autant plus que cette affaire intervient sur fond de dispute avec le sélectionneur national Georges Verriest qui coïncide avec l’agonie de fils Denis, qui décède d’un lymphosarcome à 4 ans et demi.
La fédération ne rate pas l’occasion pour se « payer Raymond Kopa ». Elle lui inflige alors une suspension de deux mois ferme qui lui font manquer 8 rencontres avec Reims lors de la saison 63-64. Suspension qui aura pour conséquence la rétrogradation.
Sa carrière internationale est également terminée mais la suite lui rendra raison. Incapable de qualifier la France ni pour le mondial 1962, ni pour l’Euro 1964, le nom du sinistre Georges Verriest terminera dans les poubelles de l’histoire tout comme ceux des dirigeants fédéraux de l’époque ainsi que ceux des incompétents qui leur succéderont sur le banc des bleus pendant 15 ans.
Il lui reste le Stade de Reims, qu’il suit fidèlement en deuxième division en 1964. Le club remonte deux ans plus tard mais dans l’incapacité de se renforcer, redescend aussitôt. Le 27 avril 1967, il inscrit son dernier but en D1 face à Valenciennes et le 10 juin dispute son dernier match face à Nîmes.
Il conserve alors une licence au club « pour faire le nombre » mais plus jouer. Son dernier match sera le 15 décembre 1968 en coupe de France face au RC Paris (tout un symbole) alors relégué en DH.
Présent sur place pour disputer un match de vétérans, il est rajouté in extremis sur la feuille de match après la blessure d’un titulaire pendant l’échauffement. Une seconde blessure à la 22ème minute, l’amène à entrer en jeu. Il inscrit son ultime but pour une victoire 4-1. La partie à peine terminée, il va également disputer son match avec les vétérans !
Il conservera cette licence jusqu’en 1971 pour permettre au club de compter 11 joueurs pros dans l’effectif, condition sine qua non pour être admis en D1.

https://www.youtube.com/watch?v=CbXlsCoXQvc

https://www.youtube.com/watch?v=Ip6GyeYJLYQ
Réponse de Flofred
le 05/07/2020 à 12:54
Quel scandale monsieur !
Ce message a été modifié.
Réponse de Ubriacone
le 05/07/2020 à 13:31
En parlant de scandale, lorsque le site proposait encore ses "Tops", on avait droit à d'innombrables commentaires du type "c'est honteux que X soit devant Y ou que Z ait été zappé".

Pour ma part, le seul véritable scandale a été d'oublier Robert Jonquet dans la liste des 100 meilleurs français (surtout pour foutre ces tocards de Cantona et Benzema dans les 20 premiers, devant Just Fontaine):

https://www.sofoot.com/ils-ont-marque-l … 22542.html
Réponse de Fred Astaire
le 05/07/2020 à 14:08
Message posté par Ubriacone
En parlant de scandale, lorsque le site proposait encore ses "Tops", on avait droit à d'innombrables commentaires du type "c'est honteux que X soit devant Y ou que Z ait été zappé".

Pour ma part, le seul véritable scandale a été d'oublier Robert Jonquet dans la liste des 100 meilleurs français (surtout pour foutre ces tocards de Cantona et Benzema dans les 20 premiers, devant Just Fontaine):

https://www.sofoot.com/ils-ont-marque-l … 22542.html


Penverne absent aussi, et Pogba devant Ben Barek...36ème !
Ce message a été modifié.
Réponse de Ubriacone
le 05/07/2020 à 15:27
2 : Henri Germain
Henri Germain est né en 1906 à Ludes, dans le même village que son acolyte Victor Canard, dont le parcours restera indissociable d’abord au Sporting club rémois puis au Stade de Reims, jusqu’au divorce entre les deux hommes en 1953. Germain qui chapeaute le volet sportif depuis 10 ans (laissant à Canard l’administratif) prend seul les rênes du club.
Sa plus grande qualité est de reconnaître la valeur des hommes et savoir s’entourer des meilleurs.
Le premier d’entre eux se nomme Albert Batteux qui se voit propulser à sa plus grande surprise, entraîneur en lieu et place de Henri Roessler alors qu’il n’a que 31 ans et plusieurs années en tant que joueur devant lui. Mais le potentiel que Germain a décelé chez son capitaine n’attendra pas.
Secondé par le fidèle Pierre Perchat, secrétaire général du club, Germain peaufine sa stratégie : « Nous sommes opposés aux transferts spectaculaires et coûteux. C’est une politique de jeunes que nous poursuivons ». La traduction de ces principes s’appelle Raymond Kopa qui débarque d’Angers à 20 ans. L’autre axe de la stratégie sportive est la création d’une équipe réserve composée d’amateurs souvent très jeunes pour préparer les futurs joueurs de demain et fournir des joueurs à l’équipe première en cas d’absences trop nombreuses. Un grand nombre des cadres du « Grand Reims » ont débuté dans cette structure.
Le recrutement et la formation sont les deux clés de la réussite rémoise. Mais le développement du club champenois est freiné par une réalité démographique : Reims n’est pas une grande ville et ne peut espérer des affluences supérieures à 10 000 spectateurs. Afin d’atteindre des pointes à 20 000 pour les grands matchs, une tribune du stade Delaune est agrandie (elle deviendra la Méano après le décès de ce dernier) mais le compte n’y est toujours pas. Les matchs de coupe d’Europe se joueront à Paris et le club se lance alors dans l’organisation de matchs amicaux de prestige à l’extérieur, parfois en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud. Très lucratives, ces tournées ont aussi un coût sportif comme lorsque par exemple Léon Glovacki rentre blessé d’un match en Algérie en 1954.
Disputant parfois plus de 80 matchs par an, Reims ne sera jamais en mesure d’être champion et réaliser un parcours européen la même année. Ce sera fromage ou dessert !
Influent auprès des instances nationales, Germain défend les intérêts de son club comme en 1961 où il parvient à ce que ne soit pas adopté une mesure concernant la recette des matchs de D1 (La billetterie ne serait plus partagée entre les deux équipes mais intégralement conservée par le club qui reçoit. Pour Reims qui remplit les stades partout où il se déplace, cette mesure aurait été catastrophique).
Visionnaire, Henri Germain comprend très tôt la nécessité de donner une dimension européenne au football. Il est l’un des promoteurs des coupes d’Europe avec Santiago Bernabeu son homologue du Real Madrid. Les deux hommes se connaissent et organisent depuis le début des années 50 des matchs amicaux, ils négocieront ensuite par deux fois le transfert de Raymond Kopa, dans un sens puis dans l’autre. En 1960, Germain milite pour la création d’un championnat d’Europe des clubs regroupant les 16 ou 20 meilleures équipes du continent : « Il n’y a pas suffisamment de grandes équipes en France pour attirer le grand public ». Trop révolutionnaire pour l’époque.

Bien que loué pour ses qualités humaines et jugé paternaliste avec ses joueurs, il n’en garde pas moins l’intérêt collectif pour seule boussole. Il n’hésitera jamais à trancher quand il estime qu’un joueur fait la saison de trop comme ce 3 janvier 1960 où Reims pourtant leader du championnat est écrasé 6-1 à Angers. Il passe un message on ne peut plus clair au mythique Robert Jonquet, 35 ans dont 18 passés au club : « C’est une catastrophe ! C’est la dernière année de Bob. J’estime que le Stade doit tout à Marche, Penverne et Jonquet mais ce dernier s’il aime bien ces couleurs doit songer à son avenir ». En congédiant ainsi son capitaine et plus ancien joueur pour la prochaine saison, Germain prouve une fois encore que pour lui personne n’est irremplaçable.
Les deux autres joueurs cités dans sa phrase avaient subi le même sort, Roger Marche transféré au Racing sans en avoir été averti en 1954 en gardera un souvenir amer.
Germain est également très dur en affaires. Roger Piantoni qui se voit refuser un transfert vers River Plate en 1960 en sait quelque chose. Il ne se sépare d’une star que quand il a son successeur sous le coude et la somme pour le recruter. Il sait aussi les convaincre de rester comme Albert Batteux courtisé par le Barça et Just Fontaine par l’Espanyol.
En 1963, coup de tonnerre : le contrat d’Albert Batteux n’est pas renouvelé. Les raisons de ce départ sont officiellement budgétaires mais l’alliance magique est cassée. Une page se tourne définitivement. Sans son entraîneur mythique le club est rétrogradé l’année suivante.
En retrait du club entre 1966 et 1970 où il laisse la main à José Perez, il revient aux affaires lors du retour du Stade en première division pour apporter son nom en caution. Mais déjà âgé, il va largement déléguer à Serge Batteux (le neveu d’Albert) pour le domaine technique et Serge Bazelaire pour le domaine administratif. Mais l’objectif est clair : redonner ses lettres de noblesse au club.
En 1977, fatigué des dérives du football moderne, il laisse définitivement la place à Serge Bazelaire après la défaite en finale de coupe de France. Il deviendra Président d’honneur du club, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1990. Il ne verra pas son club sombrer en DH après deux liquidations judiciaires. Un dernier hommage lui est rendu par Albert Batteux dans les colonnes de France Football : « Fut-il vraiment comme on l’a dit et décrit ce phénomène, ce fou de foot, ce monument, ce géant ? Je ne le pense pas. Il fut beaucoup mieux que cela : il fut un homme exemplaire en cela qu’il possédait la plupart des qualités morales, celles que l’on voudrait retrouver chez tous les êtres humains, ce qui permettrait la solution de très nombreux problèmes. Et je ne pense pas seulement à ceux du football ! (…) En vous remerciant de tout ce que vous m’avez permis de devenir grâce à toutes vos qualités humaines et bien sûr de grand président ».
La tribune présidentielle de Delaune porte aujourd’hui évidemment son nom.
Réponse de Ubriacone
le 05/07/2020 à 15:37
En parallèle du foot, Henri Germain a fondé sa propre maison de champagne dans le village de Rilly-la-Montagne dont est originaire la famille de ma mère. Elle est d'ailleurs née dans une maison qui jouxtait la sienne. Mes oncles ont ensuite travaillé dans son entreprise.
Réponse de So-Frites
le 05/07/2020 à 15:50

Ô mais notre Ubri est un "noble", plein de $ !^^

Sinon félicitations, un muchacho qui a fait parti de la maison blanche ne mérite pas d'être N°1, c'est dit!
Ce message a été modifié.
Réponse de Ubriacone
le 05/07/2020 à 18:45
1 : Albert Batteux
Lorsqu’il reçoit la coupe de France des mains du Président Vincent Auriol, le 14 mai 1950, le capitaine rémois Albert Batteux l’ignore encore mais les dirigeants l’ont choisi pour remplacer l’entraîneur Henri Roessler qui part pour Marseille. A 31 ans et alors même que sa carrière de joueur n’est pas terminée, il relève le défi.

https://www.dailymotion.com/video/x2jb7q9

Fils d’un cheminot rémois, né dans une famille de 14 enfants dont 7 garçons tous footballeurs, Batteux commence sa carrière de joueur au Stade de Reims à 18 ans alors que le club est encore en D2. Il découvre la première division après la guerre. Il joue au poste d’inter aux côtés de Marche, Pierre Sinibaldi avec qui il est appelé en sélection en 1948. Champion de France en 1949, il remporte la coupe l'année suivante. International à huit reprises, il sera même capitaine lors des quatre dernières. Nommé entraîneur, il poursuivra sa carrière jusqu’en 1952 où une blessure va le contraindre à arrêter pour se consacrer pleinement au banc.

Il devient l’architecte du football champagne ; un jeu court, offensif, spectaculaire et pratiqué au sol. A cet effet, ils privilégient des petits gabarits, vifs et techniques. Le jeu aérien ? Connait pas !
D’ailleurs, il invente les corners « à la rémoise », c’est-à-dire qu’ils ne recherchent pas la tête d’un joueur devant le but (il n’a jamais recherché de joueur ayant ce profil), mais jouent court pour rentrer balle à pieds dans la surface.
George Graham, secrétaire de la fédération écossaise déclare après une victoire de Reims face aux Hibernians en 1956 : « Les français ont joué comme doit être joué le football, c’est-à-dire balle à terre. Ils ont également montré comment une équipe doit s’emparer de la balle et monter à l’attaque dans un mouvement collectif ».
Afin d’appliquer son jeu, Batteux va s’atteler au cours des premières années à rajeunir l’équipe (Flamion, Pierre Sinibaldi, Marche vont progressivement partir) et miser sur le profil de petit gabarit qu’il recherche : Glovacki, Appel, Templin, Bliard, Méano puis ensuite Fontaine, Vincent, Piantoni, Muller, Akesbi. Mais le maître d’œuvre qu’il a choisi à 20 ans et joue à Angers : Raymond Kopa.
Au milieu, il s’appuie sur un travailleur de l’ombre en qui il a une confiance absolue : Armand Penverne. Quant à la défense il laisse Robert Jonquet y régner en maître. Batteux a trouvé la recette gagnante pour régner sur le football français pendant dix ans.
Albert Batteux n’est seulement un tacticien, c’est avant tout un meneur d’hommes comme il l’avait été précédemment sur le terrain. C’est aussi un humaniste qui responsabilise ses joueurs. Toute son approche du métier tient dans ses quelques phrases : « J’ai ma méthode qui consiste faire confiance aux gens, à leur expliquer ce qui ne va pas, plutôt que les brutaliser. Crier pendant un match ne sert à rien. Mais je sais à l’occasion être dur à ma manière. La logique porte davantage que l’injure. A Reims, pour que tout soit clair entre mes joueurs et moi, je pratique de cette manière : tous les samedis je les réunis. Tout est passé au crible, tout est nettoyé comme un vêtement. Et avant de quitter la pièce, tout doit être propre et net. J’exige des joueurs qu’ils me disent tout sur eux-mêmes. C’est ainsi que se forge un moral. Un match est souvent soumis aux impondérables dont les effets sont parfois déterminants. Comme je ne peux prévoir le déroulement, je fais appel à l’intelligence, à la stratégie de mes joueurs. Le football est certes un sport d’athlètes mais dont l’aspect spécifique reste la maîtrise technique au service de l’intelligence ».
Lorsque Kopa arrive à Reims en 1951, Batteux l’héberge et s’en occupe comme un fils. Kopa se souvient : « Psychologue, technicien, celui que je parviendrai au fil du temps à appeler Bébert, sans jamais pouvoir le tutoyer connaît toutes les ficelles du métier. Et surtout, il comprend parfaitement la nature humaine, sait appréhender tous les caractères, toutes les situations. (…) Albert Batteux s’est forgé une connaissance au contact des gens, préférant le vécu à la théorie. Avec pour philosophie une confiance absolue en l’homme ».
Entre 1955 et 1962, il accepte le poste de sélectionneur national en parallèle de sa fonction en club. Il emmènera l’équipe de France en demi-finale de la coupe du monde 1958 avec six de ses joueurs (et même huit en comptant ses anciens protégés Kopa et Marche). Son départ marque le point de départ d’une longue traversée du désert pour le football français dont ses anciens disciples Michel Hidalgo et Aimé Jacquet réussiront à le sortir.
En 1960, le grand Barça s’intéresse à lui mais après discussion avec ses dirigeants, il préfère rester au club et signe un nouveau contrat de trois ans assorti d’une augmentation.
Mais trois ans plus tard, la situation au club a bien changé et la direction invoquant des raisons budgétaires, ne le renouvelle pas. Mais les vraies raisons sont moins claires. Avec le recul Batteux livrait l’analyse suivante : « On a voulu tourner le dos à la Batteusite et à des principes de base du succès du club. Il fallait changer, faire le contraire ».
Son histoire avec Reims s’achève. Privé de leur mentor, le club descend en deuxième division l’année suivante.
Après un intermède de quatre ans dans le modeste club grenoblois, Batteux un nouveau projet ambitieux à Saint Etienne. Il succède à Jean Snella, son ancien adjoint en équipe de France pendant le mondial 1958 qui a remporté trois titres avec les Verts.
Batteux va appliquer les méthodes qui sont les siennes pour faire de Saint Etienne la meilleure équipe française remportant trois titres consécutifs et deux coupes de Frances. Mais Roger Rocher n’est pas Henri Germain et le courant ne passe pas. Il quitte les Verts en 1972.
Avec 8 championnats remportés, il est entraîneur français le plus titré de l’histoire.
Aucun autre entraîneur français ne peut revendiquer une telle influence dans le jeu et une telle paternité sur les succès futurs. Jean Vincent, Robert Herbin, Aimé Jacquet et Michel Hidalgo formés à son école, ont prolongé sa philosophie de jeu.
Il décède en 2003. Une des tribunes du stade Delaune porte depuis son nom.
Précédent 1 2 ... 8 9 10 ... 16 17 18 Suivant

Connectez vous pour participer à cette discussion

Hier à 16:00 Pour Havertz, la C1 n'est pas une nécessité 23
Partenaires
Olive & Tom MAILLOTS FOOT VINTAGE Foot.Fr : Boutique De Foot : Maillot, Survêtement, Chaussures, Ballons Pronostic Foot 100% Gratuits ! + de 100 Matchs analysés / semaine Tsugi
Hier à 11:21 Le Cameroun n'organisera finalement pas le Final 4 de la C1 africaine 5 Hier à 11:20 Vers un échange Kepa-Oblak ? 32