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Un Indien dans la ville

Avec ses cheveux noirs et son regard sombre, l’international paraguayen Florencio Amarilla a joué l’Indien dans une centaine de films, à la grande époque du western spaghetti.

Pelé, Alfredo Di Stéfano, Bobby Moore, Zinédine Zidane, Djibril Cissé... La liste des joueurs qui ont fait des apparitions au cinéma est aussi longue que truffée de navets. Parmi eux, Florencio Amarilla, ancien international paraguayen, peut se targuer d’avoir eu un petit rôle dans l’un des classiques du cinéma, Patton. En 1971, l’épopée du général George S. Patton durant la Seconde Guerre mondiale, scénarisée par Francis Ford Coppola, et réalisée par le metteur en scène de La Planète des singes, Franklin J. Schaffner, rafle sept statuettes dorées. Cette 43e cérémonie des Oscars est surtout marquée par l’absence de George C. Scott. L’acteur, Oscar du premier rôle pour son interprétation de Patton, a préféré rester chez lui pour suivre un match de hockey sur glace à la télévision plutôt que de goûter « à un défilé de viande interminable » . C’est la première fois dans l’histoire de Hollywood qu’un comédien fait ainsi faux bond à l’Académie des Oscars. C’est aussi la première et dernière fois qu’un footballeur voit son nom apparaître au générique d’un film oscarisé.

Just Fontaine et les faux papiers


Au départ, rien ne prédestine vraiment Florencio Amarilla à se retrouver devant les caméras de cinéma. Né en 1935 à Coronel Bogado, au Paraguay, le Guarani rêve juste d’une carrière de footballeur. Après s’être exilé en Argentine pour y jouer sous les couleurs du club amateur de Buenaventura, le gaucher revient au pays et signe, en 1953, un contrat avec le Nacional Asunción, l’un des clubs phares de la capitale paraguayenne. Très vite, la vitesse d’Amarilla et ses frappes de mulet lui ouvrent les portes de la sélection... Et de la gloire, le 14 juillet 1957, lorsque Amarilla permet aux siens de se qualifier pour le mondial suédois grâce à un hat trick historique contre l’Uruguay. Un an plus tard, pour son entrée en lice dans une Coupe du monde marquée par le génie de Pelé, la Albirroja affronte, à Norrköping, la France de Kopa, Piantoni et Just Fontaine. Malgré un doublé d’Amarilla en vingt minutes, sa sélection finit par s’écrouler, 7-3.

« Il m’arrivait d’entraîner mes joueurs avec un déguisement d’Indien et de la peinture plein le visage, parce que je n’avais pas eu le temps de me changer. » Florencio Amarilla
L’élimination du Paraguay est vite digérée par l’attaquant. Pisté par l’Espanyol Barcelone, Amarilla pose finalement ses valises au Real Oviedo, promu en Liga. À l’époque, la législation franquiste n’autorise que les Espagnols ou les oriundi à jouer en Liga. Pourtant, les Asturiens parviennent à naturaliser Amarilla sans encombre... Malins, les dirigeants du club ont filé 25 000 pesetas à une Barcelonaise pour qu’elle déclare que le joueur est bien son fils. Malgré des papiers bidon, le joueur a du mal à s’adapter au football espagnol. Pire, il se blesse au tendon d’Achille, alors qu’il est en fin de contrat avec Oviedo. Lâché par ses dirigeants, Amarilla décide de financer lui-même l’opération (chose rare pour l’époque) afin de retrouver très vite un nouveau club. Après quelques mois de convalescence, il rebondit à Elche, loin de la fraîcheur des Asturies et des coups de gueule de son jeune coéquipier, Luis Aragonés. Là encore, l’expérience ne dure pas. Depuis l’opération, Amarilla boitille, il n’est plus le même joueur et doit se contenter de cachetonner dans une ribambelle de clubs de seconde division espagnole, parmi lesquels Almería, où il signe en 1967.

Raquel Welch et Conan le Barbare


À l’époque, Almería est une destination prisée par les producteurs de westerns spaghettis. Les paysages arides du désert de Tabernas et la beauté naturelle du Cabo de Gata leur permettent de recréer sur Celluloïd les paysages de l’Ouest américain à moindre coût. Encore faut-il trouver des figurants capables de jouer les Indiens. Ça tombe bien, Florencio Amarilla a une bonne tête de Sioux. « J’étais au Gran Hotel en train de boire une bière lorsqu'un type de deux mètres s’est approché de moi. Il castait des gens dans la région et m’a dit que j’avais le profil idéal pour jouer dans des westerns. J’ai dit oui sans me poser de questions. » Quelques jours plus tard, Amarilla se pointe sur le tournage des Cent Fusils pour y jouer un Indien, Yaqui, opprimé par des colons d’origine espagnole. Le film, resté célèbre pour avoir montré pour la première fois à l’écran une scène d’amour interraciale, est le premier western d’une longue série dans la filmographie d’Amarilla. Outre le plaisir de partager l’affiche avec Burt Reynolds et Raquel Welch – « une bombe érotique » , dixit Amarilla –, le Paraguayen découvre les joies des fiches de salaire en dollars. « Quand j’ai été payé pour la première fois, ma femme m’a demandé si je n’avais pas fait un braquage. » Il y a un peu de ça. En 1970, dans El Condor, où il partage l’affiche avec Lee Van Cleef, Amarilla interprète le rôle du bras droit du chef apache allié à un prospecteur qui veut s’emparer d’un fort rempli d’or... En 1971, l’attaquant joue un Indien Tarahumara belliqueux dans Catlow. En 1973, dans le film La Poussière du soleil, Amarilla se met dans la peau d’un Indien sauvagement torturé par un cow-boy pas vraiment bien dans ses santiags. Un bon souvenir, selon l’intéressé. « Je me suis mangé des roustes pendant tout le tournage, j’avais du faux sang partout sur le corps. J’ai adoré, explique celui qui n’a jamais vraiment eu besoin d’apprendre le moindre scénario. Généralement, on me demandait de baragouiner du guarani, pour que ça fasse authentique. Je n’avais pas vraiment de consignes, donc je disais ce qui me passait par la tête. »


Malgré la succession de tournages et des véritables liens d’amitié tissés avec Yul Brynner, Charles Bronson, Bud Spencer ou Terence Hill, Amarilla n’oublie pas sa passion première. Pendant l’âge d’or du western, il écume ainsi tous les clubs de la région en tant qu’entraîneur. Quitte à se pointer en costume d’époque aux entraînements : « Il m’arrivait de diriger mes joueurs avec un déguisement d’Indien et de la peinture plein le visage parce que je n’avais pas eu le temps de me changer. » En 1982, Amarilla met définitivement son accoutrement d’Indien au placard pour les besoins du tournage de Conan le Barbare, avec Arnold Schwarzenegger. C’est le chant du cygne pour celui qui se retrouve au chômage technique : pour cause, le western est devenu ringard. Deuxième coup dur, le Paraguayen est obligé de dire adieu à ses activités dans le football après avoir été victime d’une thrombose. Au chômage et sans le sou, il finit par se voir proposer un emploi fictif d’intendant, en 2006, par le modeste club de Comarca de Nijar. Il se voit même offrir une maison par ses dirigeants. Il refuse. « Je préfère vivre dans la dépendance du stade, près des champs. J’aime être libre, j’aime admirer la nature. C’est comme ça que je suis heureux. » Et puis, c’est toujours plus confortable qu’un tipi.

Article paru dans le SO FOOT 126.
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Par Javier Prieto Santos. Propos d’Amarilla tirés du livre Amarilla, el futbolista que quiso ser actor de Juan Gabriel Garcia (La Voz de Almería, 2008).
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